IN MEMORIAM – Aviateur Victor SAYARET (décédé le 19 juillet 1980)

Victor, Louis, Georges, Marie Sayaret naît le 3 décembre 1889 à Annonay (Ardèche) dans une famille de boulangers. Entré en apprentissage à la sortie de l’école communale, il devient électricien mais décide à l’âge de 20 ans, juste avant de devoir effectuer son service militaire, de s’engager volontairement dans l’armée pour une période de 4 ans.

Il intègre alors par choix le 11e régiment de dragons de Belfort en juin 1909 et découvre qu’il supporte assez mal toute remarque venant de sa hiérarchie, au point de collectionner les jours d’arrêts… Mais il va néanmoins parvenir à obtenir le grade de brigadier à la fin de l’année 1911, étant rendu à la vie civile au mois de juin 1913 au terme de son engagement. Il s’établit alors Annonay et y exerce la profession de dessinateur quand la Première Guerre mondiale le rappelle sous les drapeaux.

Il est alors mobilisé au 2e régiment de dragons, son unité de réserve, et sert en Lorraine puis dans les Flandres. Comme beaucoup de cavaliers rendus inutiles avec la guerre des tranchées il se porte volontaire pour l’aviation et y est accepté au mois de février 1915, gagnant les écoles de pilotage. Il en ressort breveté et, promu au grade de maréchal des logis, est affecté à l’escadrille V 24 au mois de mai 1915 sur le terrain d’Arcy-Sainte-Restitute dans l’Aisne, près de Soissons. L’unité migre peu après sur la Somme et c’est là que Victor Sayaret se distingue en forçant un avion ennemi qui l’attaquait à se poser dans ses lignes, le 18 juin 1915, à une époque où ces victoires sont rarissimes.

La V 24 s’installe ensuite en Champagne et Sayaret, nommé adjudant au mois d’avril 1916, va quitter son unité le mois suivant pour être muté dans la chasse à l’escadrille N 57 en pleine bataille de Verdun. C’est là que d’une part il va se marier avec sa fiancée lors d’une permission, et d’autre part démontrer ses talents de chasseur en remportant pas moins de 5 victoires homologuées durant toute l’année 1916, devenant ainsi un as et ayant l’honneur de voir son nom figurer dans le communiqué aux armées du 2 novembre 1916 alors qu’il a été promu adjudant-chef.

Quittant la N 57 pour la N 76 le 1er février 1917, il va servir avec sa nouvelle unité en Champagne durant tout le restant de l’année 1917 et y remporter sa 7e et dernière victoire officielle le 5 juin. Le 22 décembre 1917, étant jugé fatigué par plus de deux années au front, il est retiré des opérations pour finir la guerre en tant qu’instructeur au tir sur la base de Cazaux, où il sera promu au grade de sous-lieutenant.

Démobilisé en 1919, il va vite reprendre les commandes d’un avion en trouvant un emploi à la Compagnie des Messageries Aériennes (CMA) fondée par Louis Breguet et qui relie la capitale à plusieurs villes du Nord, dont Bruxelles puis Londres. Il quittera la CMA en 1924 pour devenir pilote d’essais chez Farman, puis en 1928 pilote à la CIDNA qui relie Paris aux pays de l’est, étant affecté sur la ligne Paris-Prague-Bucarest. Devenu un pilote de transport chevronné, il est maintenu sur sa ligne en 1933 quand la CIDNA est fusionnée avec d’autre sociétés aériennes pour devenir la société Air France. Il en devient un des pilotes les plus expérimentés et la presse salue son millionième kilomètre parcouru en 1934. Il va ensuite s’installer à Dakar à la fin des années 1930 pour réaliser des traversées de l’Atlantique Sud à bord de Farman quadrimoteurs.

Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé avec son grade de capitaine de réserve dans l’aviation de l’AOF. Démobilisé, il est rappelé à l’activité en juin 1943 pour servir d’instructeur à l’école du personnel naviguant de Casablanca où il est promu au grade de commandant. Démobilisé en 1946 à l’âge de 56 ans, il reprend son travail de conseiller technique à Air France jusqu’à sa retraite. Il est décédé le 19 juillet 1980.

Source : AS 14-18

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