Le Chef de bataillon Michel Edmé Antoine FORGET est mort au combat le 7 octobre 1950 sur la Route coloniale 4 (RC 4), au Tonkin, alors qu’il commandait le 3e bataillon du 3e Régiment étranger d’infanterie (3e REI) pendant le désastre de Cao Bang.
Michel Edmé Antoine Forget est né le 8 février 1911 à Paris. Il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr au sein de la 118e promotion, dite « du Tafilalet » (1931-1933), d’où il sort classé 4e sur 323 élèves-officiers. À l’issue de sa formation, il est affecté au 1er Régiment étranger d’infanterie (1er REI), marquant ainsi le début d’une carrière entièrement tournée vers la Légion étrangère.
Officier de valeur, Michel Forget se distingue dès la campagne de 1939-1940. En 1940, alors lieutenant, il est cité à l’ordre du régiment et de la brigade (ordre nᵒ 323/C du 30 septembre 1940), puis à l’ordre de l’armée (ordre nᵒ 1168/C du 23 septembre 1942), témoignages d’une conduite exemplaire au feu. Ces citations, obtenues pendant la Seconde Guerre mondiale, confirment son engagement et son autorité naturelle sur les hommes.
Après 1945, il poursuit sa carrière dans les rangs de la Légion, servant notamment en Afrique du Nord, où il noue des liens durables avec d’autres officiers appelés à jouer un rôle majeur en Indochine, comme le commandant de Chergé (chef du 3ᵉ Tabor).
Fin août 1950, le Chef de bataillon Forget prend le commandement du 3e bataillon du 3e REI (III/3e REI), stationné à Cao Bang, dans la Haute-Région du Tonkin. Ce bataillon, aguerri par plusieurs années de combats sur la RC 4 depuis 1948, constitue l’ossature de la défense du sous-secteur placé sous les ordres du lieutenant-colonel Charton.
Dès sa prise de commandement, le CBA Forget s’investit totalement dans son unité, participant à toutes les opérations dans un contexte de pression viet-minh croissante sur la RC 4.
À la suite de la chute de Dong Khê (18 septembre 1950) et de l’échec des tentatives françaises pour reprendre le poste, le haut commandement décide l’évacuation de Cao Bang. Le 3 octobre, la colonne Charton, forte d’environ 2 250 combattants (dont le III/3e REI du commandant Forget et les 600 goumiers du 3e Tabor du commandant de Chergé), quitte Cao Bang avec véhicules, canons et civils.
Les combats s’enchaînent rapidement : le 5 octobre, le III/3e REI est accroché à Quang Liet ; le 6, le 3ᵉ Tabor escalade la cote 590, tandis que la colonne se fractionne sous la chaleur et les attaques. Le 7 octobre au matin, sur la cote 477 (à environ 10 km au sud-ouest de Dong Khê), le dispositif français est encerclé par des forces viet-minh très supérieures en nombre.
Le commandant Forget mène personnellement ses légionnaires à l’assaut d’un piton où l’ennemi a installé un appui-feu. Au cours de cette attaque, il est touché par deux rafales. Mortellement blessé, il expire assisté de ses légionnaires et du commandant de Chergé, qui recueille ses dernières paroles : « Dites à mes hommes qu’ils se sont conduits en dignes successeurs de leurs anciens ; le bataillon était un peu lourd dans la marche, mais je suis fier de lui. »
Le médecin-capitaine Roger Asquasciati, du III/3e REI, est tué à ses côtés alors qu’il le soignait. Le 3e bataillon du 3e REI est pratiquement anéanti dans la tourmente : sur 635 légionnaires engagés, seuls 32 parviendront à s’échapper.
Michel Forget figure parmi les officiers de Légion les plus cités pour leur sacrifice au cours de la guerre d’Indochine. Son nom est inscrit dans les listes officielles des officiers morts au champ d’honneur du 3ᵉ REI, avec la mention « + 07.10.1950 Quang Liet ».
Des récits d’anciens combattants et des travaux d’historiens militaires (notamment ceux relatifs à la bataille de la RC 4 et au désastre de Cao Bang) ont perpétué la mémoire de son dernier combat et de son attachement à ses hommes
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Son nom est désormais associé à la caserne du 3ème Régiment étranger d’infanterie à Kourou (Guyane).









