Pierre Messmer, né le à Vincennes (Seine) et mort le à Paris, est un homme d’État français.
Engagé dans les Forces françaises libres (FFL), il est après-guerre administrateur colonial. Il est impliqué dans la Guerre du Cameroun entre 1956 et 1958, où il pilote la contre-insurrection contre les indépendantistes communistes de l’UPC. Ministre des Armées du général de Gaulle de 1960 à 1969, il est nommé ministre d’État chargé des Départements et Territoires d’Outre-Mer en 1971.
Pierre Messmer occupe le poste de Premier ministre du au , sous la présidence de Georges Pompidou et l’intérim d’Alain Poher. Il est également maire de Sarrebourg de 1971 à 1989 et président du conseil régional de Lorraine de 1978 à 1979.
Chancelier de l’ordre de la Libération et chancelier honoraire de l’Institut de France, il est membre de l’Académie française de 1999 à sa mort. En 2005, il avait appelé à voter « non » au référendum de 2005 sur le traité européen.
Mobilisé en 1939, il est sous-lieutenant au 12e régiment de tirailleurs sénégalais. Le , alors stationné dans l’Allier avec le lieutenant Jean Simon, ils entendent à la radio la demande d’armistice du maréchal Pétain. Affectés dans l’après-midi à Pau, ils obtiennent la permission de rejoindre par leurs propres moyens leur nouvelle affectation en empruntant une vieille moto. Refusant de cesser le combat, les deux jeunes gens traversent le Massif central pour éviter les colonnes allemandes. Leur moto tombant en panne, ils font du stop jusqu’à Tarascon avant de prendre le train à Beaucaire pour Marseille où ils arrivent le au soir. Le , Jean Simon rencontre le capitaine au long cours Humbert Vuillemin, commandant du Capo Olmo qui cherche des hommes sûrs pour l’aider à détourner le navire italien vers l’Angleterre. En lisant Le Petit Provençal, les deux officiers prennent connaissance de l’appel du 18 Juin lancé par le général de Gaulle et embarquent avec quelques autres clandestins. Le soir du , au sein d’un convoi, le bateau simule une avarie de machine et se détourne vers l’ouest. Le lendemain matin l’équipage est informé de la décision du commandant.
Le Capo Olmo arrive à Gibraltar le , puis rejoint Liverpool le . La cargaison du navire qui se compose de 481 tonnes de matériel de guerre divers en particulier douze avions Glenn Martin en caisses, des camions et tracteurs d’aviation, est ensuite vendue aux Anglais, permettant à la France libre de subsister pendant les trois premiers mois.
Messmer et Simon intègrent la 13e DBLE et participent ensemble aux combats en Érythrée, en Syrie, à Bir Hakeim et en Tunisie en 1943. En , Messmer part en mission aux Antilles avant d’être affecté à Londres à l’état-major du général Kœnig, commandant en chef des Forces françaises de l’intérieur (FFI) et commandant supérieur des forces françaises en Grande-Bretagne. En il est envoyé en Normandie et participe à la libération de Paris et à la libération de la France. Le il reçoit la Légion d’honneur des mains du général de Gaulle lors d’une cérémonie à l’Arc de triomphe.
Parachuté en Indochine en août 1945, Pierre Messmer est fait prisonnier par le Việtminh et s’évade après deux mois de captivité. Il rejoint Hanoï où il est démobilisé et rendu à la vie civile. De retour à Paris, il confie à de Gaulle en tête à tête que, Saïgon mise à part, la France ne contrôle rien au Viêt Nam, la seule solution possible étant de négocier avec Hô Chi Minh. Pierre Messmer est par la suite colonel de réserve.
Ministre des Armées de 1960 à 1969, ministre d’Etat chargé des DOM-TOM (1971-72) et Premier ministre de 07/1972 au mois de 05/1974.
Il a ete également député UDR puis RPR de Moselle, conseiller régional, président du Conseil régional de Lorraine, conseiller général de Moselle et maire de Sarrebourg pendant 18 ans.
Par ailleurs président de l’Institut Charles de Gaulle (1992-1995) puis de la Fondation Charles de Gaulle (1995-1998), il est élu, le 25/03/1999, à l’Académie française au fauteuil de Maurice Schumann.
Par décret du Président de la République du 6/06/2006, il est nommé Chancelier de l’Ordre de la Libération en remplacement du Général d’armée Alain de Boissieu décédé.
Il est décédé le 29 août 2007 à l’Hôpital du Val-de-Grâce à Paris. Il est inhumé à Saint-Gildas de Rhuys dans le Morbihan.
• Grand Croix de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 23 juin 1941
• Croix de Guerre 39/45 (6 citations)
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Médaille des Evadés
• Médaille Coloniale avec agrafes « AFL« , « Erythrée » – « Libye » – « Bir-Hakeim », « Tunisie 42-43 », « Extrême-Orient »
• Médaille Commémorative 39/45
• Officier de l’American Legion
• Commandeur du Nichan Iftikhar (Tunisie)
• Commandeur de l’Ordre Royal du Cambodge