La Nouvelle Donne nucléaire


Dans un contexte de course aux armements, couplé à une militarisation de l’espace, ainsi qu’au démantèlement des organes juridiques de contrôle, les grandes puissances se retrouvent avec de multiples épées de Damoclès nucléaires, et ce, malgré les traités FNI, ABM, et START3.

Il est avéré depuis 2018 que la Russie a effectué des percées dans le domaine hypersonique. Ces nouvelles capacités tactiques et stratégiques sont-elles opérationnelles, ou bien est-ce un ultime coup de bluff du Kremlin ? D’après le scientifique français Jean-Pierre PETIT, spécialiste des plasmas et ancien directeur de recherche sur les torpilles MHD, les caractéristiques décrites sur ces nouveaux armements sont crédibles. Les Russes auraient-ils abouti dans ce domaine ? Si c’est le cas, l’avantage est de taille, pour dissuader toute attaque ou riposte du tonnerre de l’Oncle Sam. Les États-Unis, quant à eux, disposent toujours de missiles à courte et moyenne portée, déployées en Europe de l’Est et braquées sur la patrie de Tsiolkovski, grâce aux coopérations dans l’OTAN.

La volonté de coopération n’est qu’une façade pour développer son emprise, sinon elle serait déjà élargie à toutes les puissances nucléaires, officielles ou non, mais en vue d’une pacification plutôt qu’à l’exacerbation des tensions.

Il faut tout de même relativiser, dans la position où il est, Vladimir Poutine n’a pas d’autre choix que d’adopter une telle attitude. Dans les rapports de force du théâtre mondial de la politique, le Président russe est obligé d’être plus honnête que la moyenne et de dire ce que tout individu intelligent a déjà compris. À la moindre erreur, il sera davantage dans le collimateur de la Communauté Internationale ; il est donc condamné à poursuivre son numéro d’équilibriste (qu’il réussit avec brio…)

Poutine n’a pas le choix stratégique – ses paroles sont en quelque sorte des sommations – pour le maintien de la paix. En revanche tous les pays ont été avertis que lorsque la Russie jugera (c’est à dire n’importe quand) que le maintien de la paix chez elle ne sera plus possible, elle frappera la première (les pions blancs des échecs), ce qui est un avantage certain.

Les positions sont tendues mais pas encore cristallisées au point de basculer dans la « Troisième Guerre mondiale ». Et dans toute cette crise qui rappelle les heures sombres de la Guerre froide, la relative et apparente béatitude Française est-elle en train d’évoluer ?

Josselin PETIOT

LTN (RC) – DMD 18

 

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