La direction générale de l’armement (DGA) a remis le 16 juin 2026 à l’armée de l’Air et de l’Espace son 50e et dernier Mirage 2000D rénové à mi-vie (RMV), marquant l’achèvement d’un programme lancé en 2015.
Le programme portait sur la modernisation de 50 appareils de série ainsi que de deux avions bancs d’essais (ABE) affectés à DGA Essais en vol, soit 52 aéronefs au total. Les deux premiers exemplaires ont été rénovés par Dassault Aviation, industriel concepteur de l’appareil, avant que la production en série ne soit transférée au Service industriel de l’aéronautique (SIAé). Les Ateliers industriels de l’aéronautique (AIA) de Clermont-Ferrand ont assuré cette montée en cadence, en intercalant les chantiers de modernisation avec les opérations de maintenance courante afin de limiter l’indisponibilité des appareils pour les forces.
Entré en service au début des années 1990, le Mirage 2000D est un monoréacteur à aile delta motorisé par un turboréacteur SNECMA M53-P2, dédié à l’origine aux missions d’attaque au sol à basse altitude et par tout temps. La rénovation à mi-vie porte sur quatre axes principaux :
- Armement air-sol : intégration d’un pod canon de 30 mm couplé à une conduite de tir améliorée, donnant à l’appareil une capacité d’appui-feu rapproché qu’il ne possédait pas jusqu’ici.
- Armement air-air et autoprotection : remplacement du missile Magic II, en service depuis les années 1980, par le missile MICA en version infrarouge (MICA IR), à guidage autodirecteur.
- Avionique : refonte de l’ensemble des systèmes électroniques embarqués, avec l’ouverture du cœur système de l’avion — une première pour ce type de rénovation — permettant l’ajout de fonctions de calcul, de conversion de données et de communication, développées en partie par l’armée de l’Air et de l’Espace elle-même.
- Soutien à la mission : mise à niveau des simulateurs et des systèmes de préparation de mission au sol.
Selon la DGA, cette modernisation vise à maintenir le Mirage 2000D en condition opérationnelle au-delà de 2030, face à l’évolution des menaces sur les théâtres d’opérations. L’appareil, qui a notamment été engagé au Mali, en Irak et en Syrie dans des missions de frappe et de renseignement, doit conserver un rôle dans la flotte de combat française en attendant son remplacement à terme par le Rafale.






