Le 29 septembre 2026, l’US Navy a annoncé l’attribution à Boeing d’un contrat de plusieurs milliards de dollars pour produire son appareil F/A-XX. Selon le communiqué du constructeur, le F/A-XX est destiné à remplacer la flotte de F/A-18 Super Hornet de la Navy. L’annonce a été faite par le Pentagone et non par la seule Navy, qui intervient via le département de la Guerre, appellation désormais utilisée par l’administration américaine pour le département de la Défense.
Le communiqué de Boeing ne chiffre pas le contrat. Le montant a été précisé par les autorités : le département de la Guerre indique un contrat d’une valeur supérieure à 20 milliards de dollars pour la phase de développement complet du F/A-XX, couvrant plusieurs avions d’essai destinés aux tests au sol, de navigabilité, de systèmes et d’intégration des armements. Il s’agit donc, à ce stade, d’un contrat de développement et non d’une commande de série.
Les informations publiques restent limitées. Boeing précise que les détails techniques et programmatiques du F/A-XX restent classifiés au titre des lois américaines sur la sécurité nationale et l’exportation. Le constructeur met en avant, sans les détailler, des progrès en matière d’architecture de systèmes de mission ouverte, de systèmes de mission avancés, d’allonge et de capacité opérationnelles ; ces éléments relèvent de la présentation de l’industriel.
D’autres sources apportent des indications générales. Selon FlightGlobal, l’appareil devrait adopter une configuration sans empennage et offrir une capacité furtive à long rayon d’action aux groupes aériens embarqués. Des responsables de la Navy ont précédemment indiqué que le F/A-XX devrait disposer d’un rayon d’action supérieur d’environ 25 % à celui du F-35C et de capacités de brouillage plus avancées que celles du Growler ; il est aussi conçu dès l’origine pour contrôler plusieurs drones de combat collaboratifs (CCA). La Navy a opté pour un appareil entièrement piloté, après avoir initialement envisagé une configuration optionnellement pilotée.
Sur la motorisation, les éléments disponibles sont antérieurs à l’attribution : en 2024, le contre-amiral Michael Donnelly indiquait que la Navy s’orientait vers un moteur dérivé d’une solution existante, plutôt que vers la technologie à cycle adaptatif financée par l’US Air Force. Rien dans les annonces du 29 septembre ne confirme ou n’infirme ce choix.
Le communiqué de Boeing mentionne uniquement le Super Hornet. Les sources officielles et spécialisées élargissent ce périmètre : le nouvel appareil doit compléter puis remplacer les F/A-18E/F Super Hornet et les EA-18G Growler à partir des années 2030, et opérer aux côtés du F-35C et des drones CCA. Le chef des opérations navales, l’amiral Daryl Caudle, a notamment justifié le programme par le fait que les Growler ne resteront pas indéfiniment en service et que le F/A-XX devra assurer la mission de guerre électronique.
Le Super Hornet, dont le premier vol remonte à 1995, constitue aujourd’hui la base des groupes aériens embarqués de la Navy, aux côtés du F-35C. Le calendrier de sa fin de production se précise : le même jour, la Navy a attribué à Boeing un contrat de 16,7 millions de dollars pour planifier l’arrêt des chaînes de production du Super Hornet et du Growler.
Le besoin est ancien. Le F/A-XX constitue le volet chasseur d’attaque de la famille de systèmes NGAD de la Navy ; le besoin existe depuis 2008, avec une demande d’information formelle en 2012, en vue de remplacer le Super Hornet dans les années 2030. Le NGAD de la Navy est distinct du programme homonyme de l’US Air Force.
La compétition a opposé plusieurs industriels : Boeing était en concurrence avec Northrop Grumman depuis l’élimination de Lockheed Martin en mars 2025.
Le financement a connu des fluctuations importantes. Pour 2025, l’enveloppe prévue pour l’appareil avait été réduite de 67 %, les 10,3 milliards de dollars demandés sur 2025-2028 étant ramenés à 3,3 milliards. En juin 2025, la demande budgétaire du Pentagone pour l’exercice 2026 ne comprenait qu’environ 74 millions de dollars pour le F/A-XX, somme suffisante pour maintenir les travaux de conception mais pas pour attribuer un contrat. Le Congrès est ensuite intervenu : il a alloué 897 millions de dollars au programme dans la loi de crédits de défense pour l’exercice 2026 et imposé au Pentagone l’attribution d’un contrat de développement.
L’annonce a plusieurs fois été reportée. La Navy devait initialement désigner le lauréat avant fin août 2026 ; l’attribution est finalement intervenue juste avant la clôture de l’exercice budgétaire, le 30 septembre 2026, date à laquelle les crédits ajoutés pour le programme devaient expirer.
Pour Boeing, cette attribution fait suite à une autre. Il s’agit de la deuxième sélection du groupe pour un chasseur de « 6e génération », après l’attribution du programme F-47 de l’US Air Force en 2025. Cette décision fait de Boeing le seul fournisseur de chasseurs de sixième génération aux États-Unis, une situation que l’on n’avait plus observée depuis les années 1970, aucune entreprise n’ayant remporté depuis lors deux compétitions distinctes de chasseurs de première ligne pour l’Air Force et la Navy.
Dans le communiqué, Steve Parker, président-directeur général de Boeing Defense, Space & Security, indique que la conduite simultanée de deux programmes de chasseurs avait été anticipée par l’entreprise, qui a investi en conséquence dans ses installations, ses technologies et ses effectifs. Boeing poursuit la construction à St. Louis de son site de production sécurisé, présenté comme le plus grand des États-Unis.
Côté concurrent, Northrop Grumman conserve deux des plus importants programmes du Pentagone, le bombardier B-21 et le missile intercontinental Sentinel.







