Rubrique mensuelle de veille sur les drones navals réalisée par le capitaine de frégate (R) Marc Grozel et le magazine Marine & Océans à partir des principales informations disponibles en sources ouvertes sur le sujet.
ALLEMAGNE
Mehler Protection présente un antidrone de dernier recours pour navires
Le SCILT Naval est un système de lutte antidrone (C-UAS, counter-unmanned aircraft systems) destiné à protéger un navire contre les petits drones aériens : drones FPV pilotés en vue immersive, drones kamikazes et munitions rôdeuses, isolés ou en essaim. Il a été présenté fin août 2026 au salon SMM de Hambourg par Mehler Protection, spécialiste allemand de la protection balistique installé à Fulda. C’est la version navale du SCILT terrestre dévoilé en février 2026.
Le système se veut la dernière couche de défense active du bord, avec trois niveaux d’alerte : détection, approche, engagement. Ses capteurs électro-optiques et ses effecteurs, qui tirent des munitions de calibre de chasse, sont répartis autour du navire pour couvrir tous les secteurs. Il peut être relié au système de combat ou fonctionner seul. Un opérateur reste dans la boucle dans un premier temps, et l’automatisation doit venir progressivement. Le développement a duré 18 mois et compté 48 séries d’essais.
Analyse
Il s’agit d’une annonce industrielle. Mehler Protection ne publie ni portée, ni masse, ni client, ni calendrier, et aucun type de navire n’est encore désigné. L’annonce montre toutefois que l’industrie allemande prend en compte la menace des petits drones contre les navires, notamment en escale, en transit dans un canal ou lors d’une opération amphibie, situations dans lesquelles l’artillerie classique est mal adaptée.
Source : ES&T, 31 août 2026
Quantum Systems se lance en mer
Quantum Systems, fabricant allemand de drones militaires connu pour ses drones aériens à voilure fixe, a présenté le 14 septembre 2026 à Sesimbra (Portugal), pendant l’exercice Repmus 2026 de l’Otan consacré aux systèmes sans équipage, deux drones navals.
Le Seavex est un drone de surface (USV, unmanned surface vehicle) de 8,5 m et 4,5 t. Il peut tenir la mer jusqu’à 2 mois avec 400 kg de charge utile, un radar de surveillance portant à 48 nautiques et un radar antidrone. Il peut lancer et récupérer des drones aériens, accueillir des drones sous-marins, les recharger et récupérer leurs données. Le Subvex est un drone sous-marin (UUV, unmanned underwater vehicle) capable de plonger à 6 000 m, de naviguer jusqu’à quatre jours ou de rester posé sur le fond plusieurs semaines en écoute passive. Les deux engins doivent maintenant passer des essais à la mer.
Analyse
Quantum Systems élargit son portefeuille au domaine maritime, en invoquant la situation sécuritaire en Baltique. La partie « intelligence » est facilitée par son logiciel MOSAIC UXS, déjà utilisé sur ses drones aériens et terrestres. Les plateformes navales sont en revanche nouvelles pour l’entreprise et, même si elle ne le précise pas, il est probable qu’une partie en soit sous-traitée. La tendance à utiliser un même logiciel pour des drones aériens, de surface et sous-marins se confirme.
Source : Naval News, 14 septembre 2026
Diehl Defence et FLANQ s’allient sur les drones navals
Diehl Defence, missilier allemand du groupe Diehl, et FLANQ, jeune entreprise du nord de l’Allemagne spécialisée dans les drones navals pilotés par intelligence artificielle, ont signé un protocole d’accord, annoncé le 25 septembre 2026. Il porte sur des drones de surface et sous-marins emportant capteurs et effecteurs, pour la surveillance de zone, la lutte contre les mines et la frappe.
FLANQ apporte l’autonomie, le logiciel de mission et la fusion de données. Diehl apporte ses effecteurs et son savoir-faire de production industrielle. Les deux partenaires visent un premier démonstrateur avant la fin de 2026, pour la Marine allemande et l’export.
Analyse
Le protocole ne décrit encore aucun système précis. Mais le rapprochement d’un grand missilier et d’une jeune pousse du logiciel pourrait donner naissance à un acteur important des drones navals en Allemagne. La concentration des entreprises du secteur se poursuit.
Source : The Defense Post, 25 septembre 2026
ANGOLA
Des hélicoptères-drones pour les nouvelles corvettes angolaises
La marine angolaise a reçu fin août 2026 six HT-100 NAVAL, hélicoptères sans pilote du suisse ANAVIA, livrés par le groupe de défense émirien EDGE. Destinés à la surveillance et au renseignement, ils équiperont, à raison de deux par navire, les trois corvettes BR71 Mk II de 71 m commandées par Luanda et construites par CMN à Cherbourg et ADSB à Abu Dhabi. La première a été mise à l’eau en mars 2026 à Cherbourg.
Le HT-100 NAVAL a deux rotors engrenants, sans rotor de queue. Sa masse maximale au décollage est de 120 kg, dont 60 kg pour la charge utile et le carburant. Il vole jusqu’à 6 h avec une charge légère, utilise du kérosène aviation et apponte automatiquement grâce à un guidage radar indépendant du GPS, jusqu’à une mer de force 3.
Analyse
Avec le HT-100 NAVAL, la marine angolaise dote ses corvettes d’une véritable composante aérienne. Le système doit encore faire ses preuves en ambiance maritime. Il reste léger, et son endurance de 6 h n’est obtenue qu’avec une très faible charge utile.
Source : Naval News, 11 septembre 2026
ARABIE SAOUDITE
Des marins saoudiens formés sur l’Akinci
Baykar a annoncé le 25 septembre 2026 que 30 marins saoudiens, 15 pilotes et 15 techniciens, avaient achevé leur formation sur l’Akinci, drone de moyenne altitude et longue endurance (MALE), au centre d’essais et de formation de Çorlu, en Turquie. Le contrat, signé en juillet 2023, couvre l’armée de l’air et la marine saoudiennes. Baykar le présente comme le plus important contrat d’exportation de défense de l’histoire turque.
Analyse
La marine saoudienne se rapproche de la mise en service de l’Akinci, mais ni la date, ni la base de déploiement, ni le nombre d’appareils ne sont connus. Avec l’Akinci et les armements antinavires récemment testés, elle se dote d’un système de combat qui pourrait modifier l’équilibre des forces dans sa zone.
Source : Naval News, 27 septembre 2026
AUSTRALIE
Le drone Triton opérationnel en Australie
Le ministère australien de la Défense a annoncé le 22 septembre 2026 la capacité opérationnelle initiale du MQ-4C Triton de l’américain Northrop Grumman, drone de surveillance maritime à haute altitude et longue endurance dérivé du RQ-4 Global Hawk. Trois des quatre Triton commandés ont été livrés, le quatrième étant attendu en 2028. Ils opèrent depuis la base de Tindal, dans le Territoire du Nord, et sont mis en œuvre par le 9e escadron de la base d’Edinburgh, en Australie-Méridionale.
Ils complètent les 14 avions de patrouille maritime P-8A Poseidon et les quatre MC-55A Peregrine de renseignement et de guerre électronique, dérivés du Gulfstream G550, déclarés opérationnels le même jour.
Analyse
L’Australie est le seul pays, avec les États-Unis, à exploiter le Triton. La commande initiale envisageait jusqu’à sept appareils, avant d’être ramenée à quatre. Avec ce drone très endurant, l’Australie améliore nettement la surveillance de son espace maritime et des activités chinoises dans sa région. Il est probable que ses données soient partagées avec l’US Navy, ce qui confirme le rôle de l’Australie comme allié majeur des États-Unis dans la zone.
Source : The Aviationist, 22 septembre 2026
AZERBAÏDJAN
Bakou produit ses drones de surface avec la Turquie
Le 6 septembre 2026, le président Ilham Aliyev a inspecté deux drones de surface de la marine azerbaïdjanaise. Ils sortent d’une chaîne de production commune à MIRAS, entreprise militaro-industrielle publique azerbaïdjanaise, et au chantier naval turc DEARSAN.
Le SALVO, d’environ 15 m, est un drone armé de reconnaissance, d’escorte et de combat de surface. Un exemplaire avait déjà été montré lors d’un exercice en Caspienne en août 2025. Le KAYRA, d’environ 7 m, est un drone kamikaze.
Analyse
Le nombre de drones que souhaite acquérir la marine azerbaïdjanaise reste inconnu. L’association avec un chantier turc expérimenté est sans doute le moyen le plus rapide d’acquérir un savoir-faire et de produire des drones opérationnels.
Source : Defence Blog, 6 septembre 2026 ; Baird Maritime, 8 septembre 2026
BELGIQUE / UKRAINE
La Belgique offre à l’Ukraine trois systèmes de déminage
Le ministère belge de la Défense a attribué le 14 septembre 2026 à Exail Robotics Belgium, filiale belge du groupe français Exail spécialiste des drones navals et de la guerre des mines, un contrat de 9,87 millions d’euros pour trois systèmes Trident destinés à l’Ukraine. Le contrat court sur 24 mois et a été passé sans mise en concurrence, au nom de l’urgence.
Le Trident (Tactical RHIB for Identification and Disposal of Explosive Naval Threats) est une embarcation pneumatique semi-rigide conçue pour détecter et neutraliser les mines. Elle met en œuvre le K-STER C, un drone sous-marin consommable qui se détruit avec la mine. Long de 1,50 m pour 55 kg, il porte une charge creuse à l’avant, un sonar double fréquence, une caméra jour/nuit et un projecteur. Il a une heure d’autonomie, une vitesse maximale de 5 nœuds, une immersion de 300 m et une portée de 1 500 m.
Analyse
La commande illustre l’implication de la Belgique dans le soutien à l’Ukraine, et le recours à une industrie implantée sur son sol. Le couple Trident / K-STER C forme un système de lutte contre les mines moderne et éprouvé. L’Ukraine devra maintenant former rapidement des équipes pour l’engager en opérations, la menace des mines restant forte en mer Noire.
Source : Militarnyi, 26 septembre 2026
CHINE
Un navire-mère pour drones sous-marins géants ?
Un navire d’un type nouveau est en construction au chantier Hudong-Zhonghua de Shanghai. Selon l’analyste H. I. Sutton, il pourrait être le premier navire-mère au monde conçu pour mettre en œuvre de très grands drones sous-marins. Sa coque, proche de celle d’un navire amphibie, comporte à l’arrière un radier ouvert : un berceau y descend sous la coque au moyen de 12 bras verticaux pour mettre à l’eau et récupérer les engins. Un grand hangar, situé en avant, pourrait abriter environ 4 drones.
Deux types de drones sous-marins géants, de 35 et 45 m environ, ont déjà été observés en essais à Hainan. Ils sont 6 à 8 fois plus grands que l’Orca, le grand drone sous-marin de Boeing en service dans l’US Navy.
Analyse
La fonction du navire n’est pas confirmée, mais l’hypothèse est crédible. Si elle se vérifie, la Chine serait la première marine à disposer d’un tel bâtiment, avec des possibilités d’emploi inédites. Le premier exemplaire ne devrait pas être opérationnel avant plusieurs mois. Ce programme montre que la marine chinoise innove de plus en plus, portée par des budgets importants. L’emploi massif de grands drones sous-marins pourrait l’aider à rattraper son retard en nombre de plateformes sous-marines.
Source : Naval News, 15 septembre 2026
DANEMARK
Premiers drones Saildrone sous pavillon national
Saildrone, constructeur américain de drones de surface à propulsion éolienne et solaire, a annoncé le 22 septembre 2026 l’immatriculation de quatre drones Voyager au Danemark. C’est la première fois qu’un drone de la société obtient un pavillon national. Les règles d’immatriculation ont été établies avec l’Autorité maritime danoise.
Longs de 10 m, ces Voyager opèrent déjà dans les eaux territoriales et la zone économique exclusive danoises en Baltique, au profit des forces armées. Saildrone, qui a créé une filiale européenne au Danemark en août 2026, prévoit d’y immatriculer d’autres drones des types Voyager, Surveyor et Spectre.
Analyse
L’événement est notable : il est comparable, dans le domaine aéronautique, à une certification. Pour Saildrone, c’est une étape qui peut lui ouvrir d’autres marchés européens. Et la création d’un cadre réglementaire pour les drones de surface va dans le sens de leur intégration dans le monde maritime. Ce n’est qu’une première étape, mais elle fera probablement école.
Source : Business Wire, 22 septembre 2026
ÉTATS-UNIS
L’US Navy commande ses 30 premiers drones de surface moyens
Le 29 septembre 2026, l’US Navy a signé trois accords de production portant chacun sur 10 drones de surface moyens (MUSV, medium unmanned surface vessels). Les lauréats sont HII, premier constructeur naval militaire américain, avec son Romulus, Saronic, jeune entreprise texane, avec son Marauder, et Galliano Marine Services, du groupe louisianais Edison Chouest, dont le modèle n’a pas été dévoilé. Le coût moyen est d’environ 40 millions de dollars par navire. Les premières livraisons sont attendues d’ici fin septembre 2027.
Le Marauder, de 55 m, est surtout logistique : il peut emporter jusqu’à 150 t, soit quatre conteneurs de 40 pieds. La famille Romulus de HII dépasse 25 nœuds. HII a achevé en septembre la première coque d’un Romulus 151, et 4 autres sont en construction.
L’US Navy avait lancé cette compétition en mars 2026, après l’abandon de son programme de drones de surface d’attaque modulaires Masc (Modular Attack Surface Craft). Les industriels financent leurs prototypes et ne reçoivent de commande qu’après des essais à la mer réussis. 7 entreprises avaient été retenues pour ces essais. Le programme est financé par les 2,1 milliards de dollars votés en 2025, et une seconde phase a été ouverte le 23 septembre.
Analyse
Le programme avance très vite. Si les délais sont tenus, l’US Navy disposera rapidement de trente navires et renforcera nettement sa capacité logistique. La méthode est pragmatique : elle vise des drones matures, au prix sans doute d’exigences revues à la baisse. Mais elle repose sur l’investissement des chantiers sur leurs fonds propres, ce qui représente un risque notable pour eux.
Source : Naval News, 30 septembre 2026 ; WorkBoat, 30 septembre 2026
L’US Navy veut des drones de combat sur ses porte-avions
Le 31 août 2026, l’US Navy a publié une demande d’informations pour doter ses porte-avions des classes Nimitz et Ford d’avions de combat collaboratifs (CCA, Collaborative Combat Aircraft), des drones de combat appelés à voler aux côtés des avions pilotés. Les réponses étaient attendues pour le 18 septembre.
Le drone devra coûter au plus 30 millions de dollars, emporter quatre armes de 1 100 kg chacune au maximum, rester 30 minutes sur zone, décoller par catapulte, apponter avec brin d’arrêt et opérer jusqu’à une mer de force 5. Il doit s’intégrer au groupe aérien embarqué avec les mêmes contraintes que les avions actuels.
Analyse
L’annonce est majeure. L’US Navy pourra s’appuyer sur l’expérience de l’US Air Force, qui a baptisé le 14 septembre ses deux premiers drones de ce type FQ-42A « Vengeance » (General Atomics) et FQ-44A « Fury » (Anduril), et sur celle du Kratos XQ-58 Valkyrie des Marines. Le défi technique est important, notamment en raison des systèmes de catapultage différents des deux classes de porte-avions. Seul Northrop Grumman a fait décoller et apponter un drone sur porte-avions, avec le X-47B. Pour la Marine nationale, ce programme sera à suivre de près : il pourrait remodeler la composition des groupes aériens embarqués.
Source : Stars and Stripes, 1er septembre 2026 ; Defense News, 14 septembre 2026
L’US Navy apprend à ravitailler ses drones en mer
Le 11 août 2026, au large de la Virginie, l’US Navy a ravitaillé à plusieurs reprises un drone de surface Devil Ray T38 de l’américain MARTAC, grâce à un dispositif robotisé de capture et de connexion remorqué, conçu par la jeune entreprise israélienne Sealartec. Une centaine de cycles de connexion ont été réalisés en quelques jours, et environ 1 500 litres de carburant ont été transférés au total.
Le 11 septembre, dans le Pacifique, le destroyer USS Chafee (DDG 90) a ravitaillé le Seahawk, drone de surface de 40 m construit par Leidos. Du personnel doit encore monter à bord du drone pendant l’opération, ce qui limite ces ravitaillements par mauvais temps. En 2025, le démonstrateur Defiant de la Darpa, l’agence américaine de recherche de défense, avait déjà mené près de Port Hueneme un transfert en mer, avec de l’eau à la place du carburant, sans personne à bord.
Analyse
L’objectif de l’US Navy est de maintenir ses drones en mer le plus longtemps possible, au sein des groupes navals déployés. Le ravitaillement autonome est une étape nécessaire, mais pas la seule : la maintenance automatisée ou à distance en est une autre. On verra probablement apparaître des drones ravitailleurs chargés de soutenir d’autres drones, de surface, sous-marins voire aériens.
Source : USNI News, 7 septembre 2026 ; Military Times, 24 septembre 2026
Seasats engrange 24 millions de dollars de commandes
Seasats, fabricant californien de petits drones de surface solaires, a annoncé le 8 septembre 2026 plus de 24 millions de dollars de commandes fermes enregistrées en un seul mois, auprès de l’US Navy, des Marines et d’autres clients de la sécurité nationale. Les contrats mêlent ventes de drones et services : Seasats exploite et entretient alors lui-même les drones pour ses clients.
La demande porte surtout sur le Lightfish, drone solaire d’environ 3,5 m conçu pour la surveillance à longue distance, mis à l’eau par deux personnes et capable de tenir la mer plusieurs mois. Un Lightfish a traversé le Pacifique jusqu’au Japon en 150 jours. Un autre a franchi en mai 2026 le détroit de Taïwan, en suivant des navires de guerre chinois qui n’émettaient pas leur signal d’identification.
Analyse
Seasats assure ainsi l’avenir de ses systèmes, même si le nombre de Lightfish utilisés par les forces américaines reste inconnu. Ces chiffres confirment que l’US Navy et les Marines ont pris le virage de la robotisation, y compris sous forme de services.
Source : Ocean News & Technology, 8 septembre 2026
Bulwark Dynamics veut ravitailler les plages par drone
Bulwark Dynamics, jeune entreprise de San Francisco, développe la famille Caravel de drones de débarquement logistiques, capables de livrer du fret par mer agitée, en eaux peu profondes et en zone de brouillage. Le constructeur annonce jusqu’à 10,4 t de charge et 1 100 nautiques de rayon d’action, avec des conteneurs standard.
Début 2026, un prototype de 4,6 m a réalisé seul toute la séquence : transit, échouage, déchargement et retrait de la plage. Des versions de 10,7 m et 16,8 m, portant un ou deux conteneurs de 20 pieds, sont en développement. En septembre, l’entreprise a levé 6,8 millions de dollars et signé un accord avec le chantier japonais Onomichi Dockyard pour une production en série.
Analyse
Le concept est bien adapté à la zone indopacifique, faite d’îles et de littoraux. Ces drones permettraient de déployer du matériel vers les côtes depuis de gros navires restés au large, en réduisant fortement les effectifs exposés et les risques.
Source : The Defense Post, 10 septembre 2026 ; Baird Maritime, 9 septembre 2026
Premier contrat de production pour le drone ravitailleur MQ-25
L’US Navy a attribué le 14 septembre 2026 à Boeing un contrat de 562 millions de dollars pour le premier lot de production à faible cadence du MQ-25A Stingray, drone ravitailleur embarqué sur porte-avions. Il porte sur trois appareils, livrables en 2029, et finance des pièces à long délai pour les trois appareils du lot suivant, qui doit être commandé en 2027.
Le programme prévoit 76 appareils. Le MQ-25 doit ravitailler en vol les avions du groupe aérien embarqué, à commencer par les F/A-18E/F Super Hornet, qui assurent aujourd’hui eux-mêmes cette mission de « nourrice ». Le premier appareil représentatif de la série a volé le 25 avril 2026. Les essais sur porte-avions viendront ensuite, pour une mise en service opérationnelle prévue en 2029.
Analyse
L’étape est cruciale. Le passage par une production à faible cadence est classique dans les programmes américains. Libérer les Super Hornet de leur rôle de ravitailleur augmentera le nombre d’avions de combat disponibles. Boeing a déjà proposé une version de son drone à l’US Air Force et cherchera probablement à l’exporter.
Source : Military Times, 15 septembre 2026
Les Marines testent un drone de surface pour le déminage côtier
Le Corps des Marines a évalué pendant deux semaines, au camp Pendleton en Californie, un drone de surface commercial dont le fabricant n’a pas été nommé. Il s’inscrit dans le système Leon (Littoral Explosive Ordnance Neutralization), destiné à repérer et neutraliser les engins explosifs depuis les petits fonds jusqu’à la plage.
Leon comprend cinq éléments : un engin télécommandé, un équipement de plongée, un drone sous-marin, un drone de surface et un robot terrestre amphibie. Tous visent à tenir les démineurs à distance du danger.
Analyse
Les Marines, comme l’US Army et l’US Navy, robotisent de plus en plus leurs capacités, et la lutte contre les mines n’échappe pas à la règle. L’originalité de Leon est de combiner des drones de surface, sous-marins et terrestres.
Source : Army Recognition, 17 septembre 2026
Saildrone cartographiera les fonds de l’Atlantique pour l’US Navy
Le service océanographique de l’US Navy (Navoceano) a attribué à Saildrone une commande de 10 millions de dollars pour cartographier les fonds marins dans les eaux internationales de l’Atlantique, de 2026 à fin 2027. La mission sera confiée à des drones Surveyor : 20 m de long, environ 15 t, coque en aluminium, sondeur multifaisceaux grands fonds et autonomie de 100 jours.
Analyse
Ces missions permettront à l’US Navy d’accumuler des données précieuses pour ses futures opérations, au profit de ses sous-marins, de ses drones sous-marins et de ses avions de patrouille maritime.
Source : The Defense Post, 17 septembre 2026
MARTAC augmente sa capacité de production
MARTAC, constructeur floridien de drones de surface rapides, s’est associé au chantier floridien SŌLACE Boats pour produire jusqu’à 100 Devil Ray T38 de plus par an. L’ensemble de son réseau de production doit à terme pouvoir livrer 200 à 300 de ces drones par an. Le T38 mesure 12,2 m, emporte 1 814 kg de charge utile et dépasse 50 nœuds.
Analyse
MARTAC n’annonce pas de nouvelle commande. Il se prépare à une demande qu’il juge très probable à court ou moyen terme, alors que l’US Navy passe des démonstrations à de véritables flottes de drones.
Source : Army Recognition, 16 septembre 2026
Un hélicoptère des forces spéciales se pose sur une barge autonome
Selon Sea Machines Robotics, entreprise de Boston spécialisée dans les systèmes de navigation autonome, un hélicoptère MH-47G Chinook du 160e régiment d’aviation des opérations spéciales (160th Soar) de l’US Army s’est posé sur une de ses barges autonomes et y a été réapprovisionné. L’entreprise y voit une première. La barge a été rendue autonome par un kit de conversion de type SM300, qui peut équiper d’autres navires. La date et le lieu de l’essai n’ont pas été communiqués.
Analyse
L’essai ouvre la voie à de nombreux concepts d’emploi. Des barges autonomes pourraient par exemple ravitailler discrètement, et avec peu de risques, des hélicoptères en zone hostile, puis à terme des drones de surface, sous-marins ou aériens.
Source : Naval News, 23 septembre 2026
L’US Navy crée un centre dédié à l’emploi de ses drones
Le secrétaire à la Marine par intérim, Hung Cao, et le chef des opérations navales, l’amiral Daryl Caudle, ont inauguré le 24 septembre 2026 le RASWDC (Robotic and Autonomous Systems Warfighting Development Center), centre de développement de l’emploi au combat des systèmes robotisés et autonomes. Placé sous le commandement des forces de la flotte, il est installé en Virginie.
Il travaille en parallèle avec le responsable de portefeuille des systèmes robotisés et autonomes (DRPM RAS), placé hors de la chaîne hiérarchique ordinaire des acquisitions et rendant compte directement au sommet du département. Le DRPM RAS gère l’acquisition, les normes techniques et la mise en service, tandis que le nouveau centre se consacre à l’emploi opérationnel.
Analyse
L’US Navy veut robotiser une partie de sa flotte et se dote de structures dédiées pour accélérer le mouvement. Elles devraient favoriser l’arrivée rapide des drones aériens, de surface et sous-marins dans les forces.
Source : Defense Daily, 25 septembre 2026
HII agrandit son usine de drones sous-marins
HII agrandit de 25 % son site de production de drones sous-marins de Pocasset, dans le Massachusetts, annonce du 22 septembre 2026. L’extension doit notamment répondre aux besoins de l’US Navy pour le Lionfish, petit drone sous-marin de chasse aux mines et de reconnaissance dérivé du REMUS 300. HII a livré le 42e Lionfish fin 2025, et le programme pourrait atteindre 200 exemplaires. Le groupe dit avoir livré plus de 750 drones REMUS dans plus de 30 pays.
Analyse
HII adapte son outil industriel aux besoins de l’US Navy, mais cette extension servira aussi les nombreux clients de la famille REMUS, notamment dans l’Otan. Avec le Lionfish, l’US Navy renforce encore ses moyens de détection, et la cible de 200 exemplaires pourrait être dépassée.
Source : Army Recognition, 27 septembre 2026
GRÈCE
Ucandrone propose un drone chasseur de mines
Ucandrone, fabricant grec de drones du groupe EFA, présente l’ARGO, un drone de surface de guerre des mines. Selon Army Recognition, il a été évalué par la marine grecque lors de l’exercice Uvex 1/26. Ce catamaran électrique de 3 m pèse 82 kg à vide et annonce jusqu’à 105 kg de charge utile.
Il détecte les mines de façon autonome grâce à un sonar multifaisceaux, un lidar (télémètre laser) et un logiciel d’intelligence artificielle. Il peut ensuite lancer jusqu’à huit petits drones sous-marins kamikazes pour les détruire. Chacun mesure 60 cm, pèse 5,8 kg dont 3 kg d’explosif, plonge à 31 m, file 10 nœuds et dispose de 7 h d’autonomie.
Analyse
Avec ce système, la Grèce prépare une capacité nationale de guerre des mines à bas coût. La marine grecque n’a toutefois pas encore commandé d’ARGO, et ses performances restent celles annoncées par le constructeur.
Source : Army Recognition, 16 septembre 2026
INDE
La marine indienne veut une munition rôdeuse à 1 000 km
La marine indienne a lancé une demande d’informations (RFI, request for information) pour une munition rôdeuse de moyenne portée, c’est-à-dire un drone kamikaze capable de survoler une zone avant de frapper, tirée depuis des navires ou des véhicules terrestres contre des cibles en mer et à terre.
Elle demande plus de 1 000 km de portée, au moins 9 h d’endurance, une vitesse d’au moins 75 nœuds en croisière et de 200 nœuds en attaque, une précision inférieure à 1 m, au plus 2,5 m de long et 3 m d’envergure, et un fonctionnement sans signal de navigation par satellite. Le système doit être conçu et fabriqué en Inde, ou proposé par un industriel étranger associé à une entreprise indienne.
Analyse
Des industriels indiens disposent de plateformes ayant la portée requise, mais elles devront être adaptées au milieu naval. Des sociétés étrangères pourraient aussi s’allier à des entreprises indiennes. Il ne s’agit encore que d’une demande d’informations : il faudra attendre l’appel d’offres pour connaître budget, quantités et calendrier.
Source : Naval News, 7 septembre 2026
INDONÉSIE
Jakarta mise sur ses propres drones sous-marins
Le chef d’état-major de la marine indonésienne, l’amiral Muhammad Ali, a annoncé le 15 septembre 2026 le développement de drones sous-marins avec l’industrie nationale. Ils serviront à surveiller les détroits stratégiques et les voies maritimes de l’archipel, à détecter les navires étrangers et à recueillir des données sur les fonds et les courants.
La marine dispose déjà d’un prototype, le KSOT (sous-marin automatique sans équipage) du chantier public PT PAL : 15 m de long, 20 nœuds, 350 m d’immersion. Présenté en octobre 2025, il a tiré une torpille légère quelques semaines plus tard.
Analyse
La pertinence de tels drones pour surveiller en permanence un archipel aussi vaste ne fait aucun doute. Mais l’industrie sous-marine indonésienne reste jeune, et le pays cherchera probablement des coopérations avec des nations expérimentées dans ce domaine.
Source : The Defense Post, 15 septembre 2026
IRAN / ÉTATS-UNIS
Téhéran revendique la capture de drones sous-marins américains
Le 8 septembre 2026, la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir capturé un drone sous-marin américain à l’entrée du détroit d’Ormuz : un Dive-LD de l’américain Anduril, long de 5,8 m, de 1,2 m de diamètre, pesant près de 3 t et capable de plonger à 6 000 m. Le Pentagone a confirmé la perte d’un engin tombé en panne et resté immobile plus d’une journée, un modèle ancien sans données sensibles selon lui.
Le 27 septembre, le CGRI a revendiqué une deuxième capture : un REMUS 600, dans sa version de chasse aux mines Mk 18 Mod 2 Kingfish de l’US Navy. Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a démenti, assurant garder le contrôle de tous ses drones.
Analyse
La première capture est avérée, la seconde reste une revendication démentie. Ces épisodes posent de nombreuses questions : comment l’engin a-t-il été récupéré, par brouillage, prise de contrôle ou moyen mécanique ? Ses données étaient-elles protégées ? Que peut en tirer l’Iran ? Téhéran pourrait s’en servir comme monnaie d’échange ou comme base pour des systèmes nationaux, comme il l’a fait avec des drones aériens américains capturés, notamment le RQ-170. Et ses partenaires seront très intéressés par ces informations.
Source : TWZ, 8 septembre 2026 ; Reuters, 9 et 27 septembre 2026
JAPON
Tokyo veut 17 drones MQ-9B pour sa marine
Dans sa demande de budget pour 2027, déposée le 31 août 2026, le ministère japonais de la Défense prévoit 292,2 milliards de yens, environ 1,8 milliard de dollars, pour 17 MQ-9B SeaGuardian. Ces drones de surveillance maritime de moyenne altitude et longue endurance (MALE) de l’américain General Atomics sont destinés à la Force maritime d’autodéfense (JMSDF, Japan Maritime Self-Defense Force), qui vise une flotte de 23 appareils. Les garde-côtes japonais exploitent déjà ce drone. La demande doit être arrêtée par le gouvernement en décembre.
Analyse
Associés aux avions de patrouille maritime Kawasaki P-1, ces drones permettraient à la marine japonaise de bâtir un système de surveillance endurant et à plusieurs niveaux. Pour General Atomics, cette commande consoliderait sa présence en Asie et la pérennité du programme MQ-9B.
Source : Naval News, août 2026 ; Army Recognition, 3 septembre 2026
POLOGNE
WB Group élargit sa gamme de drones de surface
WB Group, groupe privé polonais spécialiste des communications militaires et des drones, dont la munition rôdeuse Warmate, a présenté en septembre 2026 au salon MSPO de Kielce le StormRider 550. Ce drone de surface de 5,5 m et 650 kg environ est destiné à la patrouille, la reconnaissance, l’entraînement et la frappe dans les eaux territoriales, intérieures et portuaires.
Il existe en deux versions : une coque haute avec mât, radar, sonar et capteur électro-optique pour la surveillance, et une coque basse pour la frappe. Propulsé par un moteur hors-bord, il croise à 4 à 6 nœuds, atteint 30 nœuds et tient 24 heures. Son grand frère, le StormRider 850, peut emporter un tourelleau téléopéré ou un lanceur de munitions rôdeuses Warmate.
Analyse
WB Group, déjà présent sur une large gamme de drones aériens, construit maintenant une gamme de drones de surface. Pour la Pologne, l’enjeu est de disposer d’une base industrielle et technologique de défense (BITD) complète dans tous les domaines des drones, en vue d’un éventuel conflit en Baltique.
Source : Militarnyi, 9 septembre 2026
POLOGNE / NORVÈGE
WB Group et Kongsberg construiront ensemble des drones navals
WB Electronics, filiale de WB Group, et Kongsberg Defence & Aerospace, branche défense du groupe norvégien Kongsberg (missiles, tourelleaux, systèmes navals), ont signé le 8 septembre 2026 au salon MSPO un accord pour développer et produire ensemble des drones de surface. Pensés pour la Baltique, ils assureront la reconnaissance avec plusieurs capteurs et pourront à terme emporter des armes contre des navires.
Le 7 octobre à Gdynia, en présence du ministre polonais de la Défense, les deux groupes ont présenté l’avancement de leur coopération, dans le cadre d’un projet industriel en Poméranie. Selon la presse polonaise, les investissements annoncés dépassent 650 millions de zlotys pour WB Group et 200 millions pour Kongsberg.
Analyse
L’accord est remarquable par son caractère européen, alors que la plupart des drones de surface viennent aujourd’hui d’Ukraine ou des États-Unis. Il associe le savoir-faire polonais en drones et l’expérience navale et missilière de Kongsberg. Les premiers produits concrets restent à présenter.
Source : Evertiq, 9 septembre 2026 ; defence24.pl, 7 octobre 2026
ROYAUME-UNI
Oshen veut tendre des barrages d’écoute avec des mini-drones
Oshen, entreprise britannique de Plymouth spécialisée dans les petits voiliers autonomes de collecte de données, a engagé 6 C-Star lors de l’exercice Repmus 2026 de l’Otan, du 31 août au 25 septembre au Portugal. Le C-Star est un mini drone de surface de 1,2 m et 50 kg, équipé d’un hydrophone du britannique SEA, spécialiste de l’acoustique sous-marine.
L’idée est de déployer en grand nombre ces capteurs peu coûteux pour former une « ligne de piquets » acoustique, que l’on peut redessiner selon la menace. Oshen prévoyait aussi d’envoyer 8 C-Star en octobre en Californie pour l’exercice Maritime Big Play de l’US Navy.
Analyse
L’approche est originale. Il faudra toutefois en savoir plus sur l’hydrophone, notamment sa profondeur d’immersion, et sur la manière de relayer les données. Ces réseaux d’hydrophones flottants pourraient couvrir de larges zones, mais le traitement d’un tel volume de données reste le vrai défi.
Source : Defence Blog, 23 septembre 2026 ; Naval News, 25 septembre 2026
SubSea Craft rend son drone MARS reconfigurable
SubSea Craft, constructeur britannique de la région de Portsmouth, connu pour son embarcation submersible VICTA destinée aux nageurs de combat, a doté son drone de surface MARS d’une soute à « cassettes ». Ces modules peuvent être installés, retirés ou échangés en cours de déploiement par une équipe de deux personnes.
Les cassettes peuvent accueillir des munitions rôdeuses, des mini-torpilles, des drones aériens ou des bouées acoustiques. Une munition rôdeuse ALTIUS de l’américain Anduril a ainsi été intégrée sans aucune modification du drone.
Analyse
Ce système fait du MARS un drone très souple, adaptable rapidement à de nouvelles missions et à de nouvelles charges utiles. SubSea Craft ne précise pas, en revanche, s’il a obtenu des commandes.
Source : Naval News, 4 septembre 2026
ROYAUME-UNI / ÉTATS-UNIS
Première torpille lourde tirée depuis un grand drone sous-marin
Le 13 septembre 2026, au large de l’Écosse, une torpille lourde américaine Mk 48 a été lancée depuis l’Excalibur, grand drone sous-marin (XLUUV, extra-large unmanned underwater vehicle) de la Royal Navy, dans le cadre du volet technologique du partenariat Aukus entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Le gouvernement britannique a annoncé le tir le 22 septembre.
L’Excalibur est un démonstrateur de 12 m et 19 t environ, issu du projet Cetus. Il a été construit par MSubs, constructeur britannique de submersibles basé à Plymouth, et remis à la Royal Navy en mai 2025.
Analyse
L’Excalibur ne possède pas de tube lance-torpilles : le lancement a probablement été effectué depuis un berceau externe. Rien n’a été dit non plus d’une éventuelle cible, ni de la manière dont elle aurait été acquise. Ce tir historique n’est donc qu’une première étape. Il montre toutefois que la capacité de combat d’un drone sous-marin se rapproche. Les deux problèmes majeurs restent l’acquisition et l’identification de la cible, et l’autonomie de décision nécessaire pour autoriser un tir.
Source : Maritime Executive, 22 septembre 2026 ; Army Recognition, 23 septembre 2026
RUSSIE
Une base de drones de surface en Crimée
Selon CyberBoroshno, groupe ukrainien de renseignement en sources ouvertes, la Russie a construit au moins 21 abris couverts pour drones de surface sur la rive sud du lac Donuzlav, une baie de l’ouest de la Crimée reliée à la mer Noire par un étroit chenal. Protégés par des merlons de sable et des filets de camouflage, ils sont répartis sur deux sites, près de la base aérienne de Donuzlav et de l’ancienne base navale de Novoozerne.
Les travaux ont commencé en février 2026 et étaient en grande partie achevés à la mi-mars. Cette base pourrait soutenir des attaques contre la navigation en mer Noire, les moyens militaires ukrainiens et les villes côtières comme Odessa et Mykolaïv.
Analyse
La Russie cherche à retrouver une capacité offensive en mer Noire, et les drones de surface peuvent l’y aider. Elle reste toutefois en retard sur l’Ukraine dans ce domaine. Pour Kiev, cette base va devenir une cible prioritaire.
Source : The Defense Post, 4 septembre 2026
La flotte de la Baltique se camoufle contre les drones
Deux petits bâtiments anti-sous-marins du projet 1331M basés à Kronstadt ont été photographiés en août 2026 avec un camouflage inédit : façades d’immeubles et front de mer peints sur la coque, rayures de tigre sur les affûts d’artillerie et une partie de la coque peinte en noir. D’autres navires de la flotte de la Baltique arborent un motif « zébré », et certains ont reçu des filets de protection improvisés contre les drones.
Selon Militarnyi, la marine russe espère ainsi compliquer le guidage des drones, notamment de ceux qui reconnaissent leur cible par intelligence artificielle.
Analyse
La marine russe reconnaît ainsi la menace des drones et cherche des parades. L’efficacité de ces camouflages reste à prouver au combat. Et les logiciels de reconnaissance d’image pourraient apprendre à les déjouer.
Source : Militarnyi, 14 septembre 2026
SUÈDE
Le GhostFoiler, drone de surface sur foils, a pris son envol
Aston Harald Composite, petit chantier suédois spécialisé dans les composites, a réalisé fin août 2026 à Stockholm le premier vol du GhostFoiler, un drone de surface à foils, ces ailes immergées qui soulèvent la coque au-dessus de l’eau. Ce catamaran en fibre de carbone est propulsé par deux moteurs électriques de 10 kW du motoriste suédois Zparq.
Ses foils et ses commandes de vol viennent d’EvoloFoil, entreprise issue de recherches menées depuis 2008 à l’Institut royal de technologie (KTH) de Stockholm. Le drone devait participer à l’exercice Repmus 2026 avec l’équipe suédoise.
Analyse
Les foils sont courants dans la plaisance, mais faire voler un drone de ce type exige de maîtriser de nombreuses techniques. Aucune donnée de dimensions, de vitesse ou d’autonomie n’a été publiée, ce qui rend son potentiel difficile à évaluer. L’intérêt militaire d’un drone à foils est pourtant réel, notamment pour sa vitesse d’intervention et lors de la phase finale d’une attaque.
Source : Defence Blog, 31 août 2026
TURQUIE
L’Akinci frappe une cible navale à plus de 250 km
Baykar, fabricant turc de drones (TB2, TB3, Akinci), a annoncé le 11 septembre 2026 qu’un Akinci, drone de combat de moyenne altitude et longue endurance (MALE), avait atteint une cible en mer à plus de 250 km avec un İHA-300, missile balistique supersonique du missilier public turc Roketsan. Le tir a eu lieu en mer Noire, au large de Sinop. Baykar le présente comme le tir le plus lointain jamais réalisé depuis un aéronef turc. L’Akinci avait déjà intégré les missiles İHA-122 et İHA-230.
Analyse
Baykar et Roketsan élargissent très vite la panoplie de l’Akinci. Beaucoup de données restent floues : masse, charge militaire et autodirecteur du missile, conditions de tir, type de cible, fixe ou mobile, et surtout qui l’a détectée, identifiée et désignée. Équipé de cette arme, l’Akinci devient néanmoins une menace aéromaritime crédible. Reste à savoir à quels pays la Turquie proposera cette configuration.
Source : Army Recognition, 15 septembre 2026
Le TB3 largue des bouées acoustiques depuis le TCG Anadolu
Lors de l’exercice Denizkurdu-I/2026 de la marine turque, du 20 au 25 septembre, un Bayraktar TB3, drone de combat embarqué de Baykar, a décollé du porte-aéronefs d’assaut TCG Anadolu (L-400) et largué deux bouées acoustiques, qui écoutent les bruits sous la surface, depuis une nacelle SAS POD fixée sous l’aile. Il a coordonné son action avec un avion de patrouille maritime. C’est une capacité nouvelle pour le TB3. L’américain MQ-9B a déjà démontré ce type de mission.
Analyse
La marine turque et Baykar franchissent une étape, même si le type des bouées, actives ou passives, n’est pas précisé. Avec cette capacité, l’Anadolu peut devenir un pôle de lutte anti-sous-marine. Le TB3 pourrait à terme devenir un drone anti-sous-marin embarqué, ce qui intéresserait des marines comme celles de l’Inde ou de l’Indonésie.
Source : NTV, 22 septembre 2026 ; Defence-Industry.eu, 24 septembre 2026
UKRAINE
Un drone de surface porte-intercepteurs contre les Shahed
Le Magura MV11, nouveau drone de surface de 12 m du groupe UFORCE, fondé par des Ukrainiens et installé à Londres, a été présenté en août 2026 avec 18 drones intercepteurs Sting de l’ukrainien Wild Hornets, chacun dans son lanceur vertical. Le Sting vole jusqu’à 280 km/h et porte à 37 km selon son fabricant. Il vise les drones d’attaque de type Shahed, ou Geran dans leur version russe, et Lancet.
Le MV11 emporte 2,2 t de charge utile, tient sept jours en mer et dispose d’un tourelleau de 12,7 mm.
Analyse
Le concept permettrait à l’Ukraine d’installer en mer une première ligne de défense contre les drones d’attaque. L’information ne précise pas comment ces drones seraient détectés et suivis. Un navire-mère assurant la détection avec radar et capteurs optroniques, et contrôlant plusieurs MV11 armés de Sting, aurait tout son sens.
Source : Defence-Industry.eu, 5 septembre 2026
Premier duel de drones de surface, remporté par l’Ukraine
Pour la première fois, un drone de surface en a détruit un autre au combat. Vers le 12 septembre 2026 en mer Noire, le Sargan-3000 de la marine ukrainienne, construit par l’ukrainien Nordex et armé d’un tourelleau téléopéré Protector de 12,7 mm du norvégien Kongsberg, a coulé un drone de surface d’attaque russe, une version améliorée de l’Orcan. Il agissait sur renseignement de la direction du renseignement militaire ukrainien (HUR). Les drones russes de ce type sont basés dans le nord-ouest de la Crimée, notamment au lac Donuzlav.
Analyse
L’événement est historique, même si les circonstances exactes de l’engagement restent floues. Ce type de combat est appelé à se répéter, avec des flottes mixtes de drones aériens, de surface et sous-marins. La maîtrise de l’information, des liaisons de données et de l’autonomie de décision embarquée deviendra le facteur décisif de ces affrontements.
Source : Naval News, 12 septembre 2026
Lexique des acronymes
- AIS : Automatic Identification System / système d’identification automatique des navires
- ASM : lutte anti-sous-marine
- Atols : Automatic Take-Off and Landing System / système automatique de décollage et d’atterrissage
- Aukus : Australia, United Kingdom, United States / partenariat de sécurité entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis
- AWOTF : Air Wing of the Future / groupe aérien embarqué du futur (US Navy)
- BDA : Battle Damage Assessment / évaluation des dommages infligés
- BITD : base industrielle et technologique de défense
- C-UAS : Counter-Unmanned Aircraft System / lutte anti-drones aériens
- C-UUV : Counter-UUV / lutte anti-drones sous-marins
- Catobar : Catapult Assisted Take-Off But Arrested Recovery / décollage catapulté et appontage avec brins d’arrêt
- CBARS : Carrier-Based Aerial-Refueling System / système de ravitaillement en vol embarqué
- CCA : Collaborative Combat Aircraft / avion de combat collaboratif, drone équipier d’un appareil piloté (« loyal wingman »)
- CCV : Common Combat Vessel / navire de combat « commun » (Royal Navy)
- Centcom : United States Central Command / commandement militaire américain pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale
- CEPA/10S : Centre d’expérimentations pratiques de l’aéronautique navale / escadrille 10S (Marine nationale)
- CGRI : Corps des gardiens de la révolution islamique (Iran), IRGC en anglais
- Commit : Commando Materieel en IT / commandement du matériel et des systèmes d’information (ministère néerlandais de la Défense)
- CU : charge utile
- CVN : Carrier Vessel Nuclear / porte-avions à propulsion nucléaire (code de coque américain)
- CVW : Carrier Air Wing / groupe aérien embarqué
- Darpa : Defense Advanced Research Projects Agency / agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense
- DDG : Guided-Missile Destroyer / destroyer lance-missiles (code de coque américain)
- DIU : Defense Innovation Unit / unité d’innovation de défense (États-Unis)
- DRPM RAS : Direct Reporting Portfolio Manager for Robotic and Autonomous Systems / responsable de portefeuille en rattachement direct pour les systèmes robotisés et autonomes (US Navy)
- Emals : Electromagnetic Aircraft Launch System / catapulte électromagnétique
- EO/IR : Electro-Optical / Infrared / électro-optique et infrarouge
- FD&I : Futures Development and Integration / développement et intégration des capacités futures (US Coast Guard)
- Flash : Folding Light Acoustic System for Helicopters / famille de sonars trempés de Thales
- FPV : First Person View / pilotage en vue subjective
- Garc : Global Autonomous Reconnaissance Craft / embarcation autonome de reconnaissance (BlackSea Technologies)
- GE : guerre électronique
- GPS : Global Positioning System / système américain de positionnement par satellite
- HALE : High Altitude Long Endurance / haute altitude et longue endurance
- HUR : Holovne Upravlinnia Rozvidky / direction principale du renseignement du ministère ukrainien de la Défense
- IOC : Initial Operational Capability / capacité opérationnelle initiale
- ISR : Intelligence, Surveillance, Reconnaissance / renseignement, surveillance et reconnaissance
- JAGM : Joint Air-to-Ground Missile / missile air-sol interarmées (AGM-179)
- JMSDF : Japan Maritime Self-Defense Force / Force maritime d’autodéfense japonaise
- KSOT : Kapal Selam Otomatis Tanpa Awak / sous-marin automatique sans équipage (marine indonésienne)
- KTH : Kungliga Tekniska högskolan / Institut royal de technologie de Stockholm
- Leon : Littoral Explosive Ordnance Neutralization / neutralisation des engins explosifs en zone littorale (USMC)
- LOI : Letter of Intent / lettre d’intention
- LRIP : Low-Rate Initial Production / production initiale à cadence réduite
- MALE : Medium Altitude Long Endurance / moyenne altitude et longue endurance
- Masc : Modular Attack Surface Craft / embarcation d’attaque modulaire (programme abandonné de l’US Navy)
- MoD : Ministry of Defence / ministère de la Défense (Royaume-Uni)
- MoU : Memorandum of Understanding / protocole d’accord
- MSPO : Międzynarodowy Salon Przemysłu Obronnego / salon international de l’industrie de défense de Kielce (Pologne)
- MTOW : Maximum Take-Off Weight / masse maximale au décollage
- MUM-T : Manned-Unmanned Teaming / coopération entre appareils pilotés et drones
- MUSV : Medium Unmanned Surface Vessel / drone de surface de taille moyenne
- Navair : Naval Air Systems Command / commandement des systèmes aéronautiques navals (US Navy)
- Navoceano : Naval Oceanographic Office / service océanographique de l’US Navy
- NDAA : National Defense Authorization Act / loi américaine de programmation de défense, dont certaines dispositions interdisent l’emploi de composants de fournisseurs chinois désignés
- NISRF : NATO Intelligence, Surveillance and Reconnaissance Force / force de renseignement, surveillance et reconnaissance de l’Otan
- Nucav : Naval Unmanned Combat Aerial Vehicle / drone aérien de combat naval
- OWA : One Way Attack / attaque à sens unique (drone « kamikaze »)
- PAE : Portfolio Acquisition Executive / responsable des acquisitions d’un portefeuille (US Navy)
- PatMar : patrouille maritime
- PEO USC : Program Executive Office for Unmanned Small Combatants / bureau de programme des bâtiments de combat légers et sans équipage (US Navy)
- RAS : Robotic and Autonomous Systems / systèmes robotisés et autonomes
- RASWDC : Robotic and Autonomous Systems Warfighting Development Center / centre de développement de l’emploi au combat des systèmes robotisés et autonomes (US Navy)
- Repmus : Robotic Experimentation and Prototyping with Maritime Unmanned Systems / exercice Otan d’expérimentation des systèmes maritimes sans équipage (Portugal)
- RFI : Request for Information / demande d’informations
- RHIB : Rigid-Hull Inflatable Boat / embarcation pneumatique semi-rigide
- SAR : Search and Rescue / recherche et sauvetage
- SDAM : Système de drone aérien de la Marine / programme français de drone embarqué à voilure tournante
- Sinkex : Sinking Exercise / exercice de destruction à tir réel d’un bâtiment cible
- SMM : Shipbuilding, Machinery & Marine technology / salon international de la construction navale de Hambourg
- Soar : Special Operations Aviation Regiment / régiment d’aviation des opérations spéciales (US Army)
- Surmar : surveillance maritime
- SWAP-USV : Suitable Warfighting Adaptive Payloads – Unmanned Surface Vessel / charges utiles adaptatives pour le combat, appliquées aux drones de surface (programme DIU)
- TCG : Türkiye Cumhuriyeti Gemisi / navire de la République de Turquie (préfixe des bâtiments turcs)
- TNI AL : Tentara Nasional Indonesia – Angkatan Laut / marine indonésienne
- Trident : Tactical RHIB for Identification and Disposal of Explosive Naval Threats / embarcation semi-rigide tactique d’identification et de neutralisation des menaces explosives navales
- TRL : Technology Readiness Level / niveau de maturité technologique
- TTL USV : Torpedo-Tube-Launched Uncrewed Surface Vessel / drone de surface lancé par tube lance-torpilles
- UAV : Unmanned Aerial Vehicle / drone aérien
- UAWC : Unmanned Air Warfare Center / centre de conduite des opérations aériennes sans équipage (porte-avions américains)
- UCAV : Unmanned Combat Aerial Vehicle / drone aérien de combat
- UCLASS : Unmanned Carrier-Launched Airborne Surveillance and Strike / système embarqué de surveillance et de frappe aérienne sans pilote
- UGV : Unmanned Ground Vehicle / drone terrestre
- USA-V : Unmanned Surface and Aerial Vehicle / véhicule sans équipage à la fois de surface et aérien (désignation REGENT)
- USCG : United States Coast Guard / garde-côtes américains
- USF : Unmanned Systems Forces / forces des systèmes sans pilote (Ukraine)
- USMC : United States Marine Corps / corps des Marines américain
- USN : United States Navy / marine américaine
- USS : United States Ship / préfixe des bâtiments de l’US Navy
- USSOCOM : United States Special Operations Command / commandement des opérations spéciales américain
- USV : Unmanned Surface Vehicle / drone de surface
- USVDIV : Unmanned Surface Vessel Division / division de drones de surface (US Navy)
- UUV : Unmanned Underwater Vehicle / drone sous-marin
- UxV : désignation générique des drones, tous milieux confondus
- VTOL : Vertical Take-Off and Landing / décollage et atterrissage verticaux
- XLUUV : Extra Large UUV / drone sous-marin de très grande taille
Le capitaine de frégate (R) Marc Grozel a servi pendant plus de 35 ans dans la Marine nationale, principalement dans l’aéronautique navale (1979 à 2009) où il a occupé différents postes dans les avions de patrouille maritime « Atlantic 1 » puis « Atlantique 2 », totalisant plus de 6 000 heures de vol.
À partir de 2000, il devient l’expert drones (UAV) de la Marine nationale, formé et qualifié pilote sur plusieurs types d’appareils à voilure fixe et tournante, avec plus de cent appontages de drones sur bâtiment à son actif.
De 2009 à 2015, il occupe successivement les fonctions d’officier de marque et d’officier de liaison auprès de la Section technique de l’armée de Terre, d’officier de programme drones à l’État-major de la Marine — suivant à ce titre l’ensemble des programmes UAV de la Marine et de nombreux programmes interarmées —, enfin de chef du détachement drones du CEPA/10S, où il conduit l’expérimentation des UAV à bord des bâtiments de la Marine.
De 2015 à 2022, il rejoint NAVAL GROUP comme expert drones et travaille sur différents programmes, notamment le SDAM, ainsi que sur la R&D et la veille technologique.
Depuis 2000, dans la Marine puis chez Naval Group, il assure une veille permanente sur les systèmes aériens (UAV), de surface (USV) et sous-marins (UUV) : onze notes mensuelles d’analyse par an, par pays et par industriel, des comptes rendus de salons (Le Bourget, Euronaval) et des études spécialisées (UAV VTOL de la gamme 200 kg, UAV convertibles, drones VTOL chinois, comparatif S-100 / Hero / Skeldar, programme CBARS, menace UAV en Méditerranée sud, etc.).
Il est l’auteur de l’un des premiers ouvrages en français consacrés aux drones, Drones, mystérieux objets volants, les yeux et le feu du XXIe siècle (Éditions Lavauzelle, 2008).








