14 février 1916 – Naissance du général Marcel BIGEARD (Indicatif « Bruno »).

Marcel Bigeard est l’une des figures les plus singulières de l’histoire militaire française contemporaine. Entré dans l’armée comme simple soldat de deuxième classe en 1936, il a terminé sa carrière quarante ans plus tard avec le grade de général de corps d’armée, après avoir traversé trois guerres, exercé des fonctions ministérielles et siégé dix ans à l’Assemblée nationale. Son parcours, celui d’un fils d’ouvrier lorrain devenu l’un des officiers les plus décorés de France, illustre à la fois les ressorts de la méritocratie militaire républicaine et les contradictions douloureuses des guerres de décolonisation.

Marcel Bigeard naît le 14 février 1916 à Toul, sous-préfecture de Meurthe-et-Moselle, dans une famille modeste et profondément patriote. Son père, Charles Bigeard (1880-1948), est aiguilleur à la Compagnie des chemins de fer de l’Est. Sa mère, née Marie-Sophie Ponsot (1880-1964), tient le foyer avec autorité. Il a une sœur aînée, Charlotte, de quatre ans son aînée. L’enfance en Lorraine, terre marquée par les guerres et l’occupation, ancre chez le jeune Marcel un sentiment patriotique tenace qui ne le quittera plus.

À quatorze ans, contraint par les nécessités financières familiales, il quitte l’école et entre comme employé à la succursale de la Société Générale de Toul, où il travaille pendant six ans. Cette expérience forgera chez lui une connaissance des réalités sociales et une proximité durable avec les milieux populaires. Le 6 janvier 1942, il épouse à Nice son amie d’enfance, Gaby Grandemange. Leur fille unique, Marie-France, naît le 13 février 1946.

La Seconde Guerre mondiale : des corps francs à la Résistance

Appelé sous les drapeaux en septembre 1936, Bigeard effectue son service militaire au 23e régiment d’infanterie de forteresse (23e RIF) à Haguenau, en Alsace. Libéré avec le grade de caporal-chef en septembre 1938, il est rappelé six mois plus tard, le 22 mars 1939, devant l’imminence du conflit. Promu sergent, il est affecté au 79e régiment d’infanterie de forteresse, dans le sous-secteur fortifié de Hoffen, sur la ligne Maginot.

Dès le déclenchement de la « drôle de guerre », Bigeard se porte volontaire pour les corps francs de son régiment. Il prend la tête d’un groupe de combat en Alsace, dans le secteur de Trimbach, et est successivement promu sergent-chef puis adjudant. Blessé et cité, il est fait prisonnier par les Allemands le 25 juin 1940 et interné dans un stalag en Allemagne. Après deux tentatives infructueuses, il parvient à s’évader en novembre 1941 et gagne la zone libre.

Il rejoint alors l’armée de Vichy au Sénégal, où il sert chez les tirailleurs sénégalais à Thiès. Lorsque l’armée d’Afrique bascule dans le camp allié, à la suite du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord en novembre 1942, Bigeard est nommé sous-lieutenant et se porte volontaire pour les services spéciaux. Formé aux techniques de sabotage et au parachutisme, il est parachuté en Ariège en août 1944 sous le nom de guerre « Commandant Aube ». Il prend le commandement d’un maquis de la Résistance et contribue à la libération de Foix avec le concours d’un commandant espagnol républicain et d’un major britannique. À la fin de la guerre, il a atteint le grade de capitaine.

L’Indochine : trois séjours et l’épreuve de Diên Biên Phu

La carrière de Bigeard prend un tournant décisif avec la guerre d’Indochine, où il effectue trois séjours successifs entre 1945 et 1954. Affecté au 23e régiment d’infanterie coloniale, il débarque à Saïgon le 25 octobre 1945 et commande une compagnie lors des opérations de pacification en Cochinchine. En juillet 1946, il forme une unité de commandos volontaires au sein du bataillon autonome thaï, dans la région de Thuan Chau, au sud-est de Diên Biên Phu. Il rentre en France en septembre 1947.

Son deuxième séjour, de février 1948 à novembre 1950, le voit commander un groupement du 3e régiment de parachutistes coloniaux et mettre sur pied le 3e bataillon thaï, fort de quelque 2 500 hommes. C’est lors de son troisième et dernier séjour que sa légende prend véritablement forme. En septembre 1951, il prend le commandement du 6e bataillon de parachutistes coloniaux (6e BPC). Promu chef de bataillon en janvier 1952, il conduit son unité dans une série d’engagements majeurs : le parachutage sur Tu Lê en octobre 1952, face aux divisions 308 et 312 du Viêt-minh, l’opération sur Na San, l’opération Hirondelle sur Lang Son en juillet 1953, puis l’opération Castor sur Diên Biên Phu le 20 novembre 1953.

Le 31 décembre 1953, Bigeard prend le commandement du Groupement aéroporté n° 4 et intervient au Moyen-Laos. Mais c’est le 16 mars 1954 qu’il entre dans l’histoire en étant parachuté avec le 6e BPC sur la cuvette de Diên Biên Phu, déjà assiégée par les forces du général Giap. Il y sert comme adjoint du colonel Langlais et devient l’un des animateurs de la défense du camp retranché. Nommé lieutenant-colonel au cours des combats, il se bat jusqu’à la chute du camp, le 7 mai 1954.

Fait prisonnier par le Viêt-minh avec plusieurs milliers de soldats français, Bigeard endure quatre mois de captivité dans des conditions éprouvantes. Libéré en septembre 1954, il quitte définitivement l’Indochine le 25 du même mois. Cette expérience le marque durablement, tant par le souvenir des camarades disparus dans les camps viêt-minh que par les leçons tactiques tirées de l’affrontement avec une armée révolutionnaire.

De gauche à droite : Bigeard, l’aumônier Heinrich et Langlais.

La guerre d’Algérie : du 3e RPC à la bataille d’Alger

À peine rentré d’Indochine, Bigeard est envoyé en Algérie. Le 25 octobre 1955, il prend le commandement du 3e bataillon de parachutistes coloniaux, bientôt transformé en 3e régiment de parachutistes coloniaux (3e RPC), dans la région de Constantine. Son unité réalise le 21 février 1956, en Kabylie, la première opération héliportée de l’histoire militaire française.

Au-delà de ses qualités de tacticien au sol, Bigeard se distingue en Algérie comme l’un des acteurs décisifs de l’invention de l’aéromobilité tactique. Jusqu’alors, en Indochine, les rares hélicoptères disponibles — des Hiller légers rattachés à l’armée de l’Air — n’avaient servi qu’aux évacuations sanitaires. Dès la fin du conflit indochinois, cependant, l’armée de Terre avait perçu le potentiel de la voilure tournante pour la manœuvre de combat. En mai 1955, le Groupement d’hélicoptères n° 2 (GH.2), rapatrié d’Indochine et basé à Aïn-Arnat près de Sétif sous les ordres du chef de bataillon Marceau Crespin, réalise les premiers héliportages d’assaut au profit d’unités parachutistes dans les Aurès, avec des Sikorsky H-19. Les Vertol H-21C, surnommés « Bananes », arrivent le mois suivant. C’est dans ce contexte que Bigeard, à la tête du 3e RPC, s’empare de cet outil nouveau. Dès le 22 février 1956, il conduit l’opération 744 au Djebel, en Kabylie : cette opération héliportée, l’une des toutes premières de l’armée française, se solde par la capture de 43 fellaghas, l’arrestation de 96 suspects et la saisie de 92 fusils et 24 pistolets. Le 8 mars suivant, l’opération 962 confirme l’efficacité du procédé avec un bilan plus lourd encore : 126 rebelles tués, 14 prisonniers et 114 armes récupérées, dont des mortiers et des fusils mitrailleurs.

Bigeard comprend immédiatement que l’hélicoptère change la nature même du combat de contre-guérilla. Il fait effectuer à ses parachutistes des « sauts de puce » d’un piton à l’autre, les repositionnant par voie aérienne sur les itinéraires de décrochage de l’adversaire pour couper ses routes de repli. Le binôme troupes aéroportées-hélicoptère d’assaut révèle alors toute l’efficacité du concept. Comme le souligne l’article de Frédéric Bos publié dans la revue Stratégique (n° 93-96, 2009), Bigeard considère que l’hélicoptère, compte tenu du potentiel qu’il représente, ne peut et ne doit pas être considéré comme un simple moyen de transport, mais bien comme un engin d’assaut à employer avec une troupe dont l’élan donnera le rendement maximum aux possibilités offertes par la troisième dimension. Cette vision opérationnelle rejoint celle du commandant Crespin et du chef d’escadron Déodat du Puy-Montbrun, patron des escadrilles opérationnelles du GH.2, qui structurent en juillet 1957 les Détachements d’intervention héliportée (DIH). Chaque DIH intègre des hélicoptères moyens de transport (H-21C, puis H-34), un hélicoptère léger servant de PC volant (Bell 47, puis Alouette II), des hélicoptères armés d’appui-protection, et des unités d’infanterie légère — parachutistes ou commandos — projetées directement sur les zones d’implantation rebelle repérées par le renseignement. Les DIH innovent aussi en réalisant les premiers héliportages de nuit, en développant l’infiltration à très basse altitude pour déjouer les guetteurs, et en créant les premiers commandos de récupération d’équipages.

Les détachements d’intervention héliportés dans la
guerre irrégulière.

L’efficacité du dispositif est considérable : dans la seule région de Tébessa, entre novembre 1957 et juillet 1958, le GH.2 transporte 42 500 commandos et 342 blessés en 2 817 heures de vol. L’ensemble des commandants d’opérations parachutistes — Bigeard au 3e RPC, Jeanpierre et Dufour au 1er REP — reconnaissent que les opérations ont atteint un rendement exceptionnel grâce aux DIH. Cette doctrine, forgée dans l’empirisme du terrain algérien par une poignée de chefs iconoclastes, constitue l’acte fondateur de l’aéromobilité française. Elle sera étudiée de près par le Pentagone et massivement reprise par l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam, avec la création de la 1st Cavalry Division (Airmobile) en 1965. L’ALAT d’aujourd’hui considère les sept années de guerre d’Algérie comme le creuset où se sont forgés les concepts qui fondent encore sa doctrine contemporaine.

Le 16 juin 1956, dans le massif des Némentchas, Bigeard est grièvement blessé d’une balle au thorax alors qu’il donne l’assaut à une position rebelle. Rapatrié en métropole, il est décoré le 14 juillet 1956 par le président René Coty et reçoit la plaque de grand officier de la Légion d’honneur. De retour en Algérie, il échappe le 5 septembre à un attentat au cours duquel il est touché de deux balles à l’humérus et d’une au foie.

Au début de l’année 1957, le 3e RPC est engagé, au sein de la 10e division parachutiste du général Massu, dans la bataille d’Alger. La mission des parachutistes consiste à rétablir l’ordre dans la ville et à démanteler les réseaux du Front de libération nationale (FLN) responsables de plusieurs séries d’attentats à la bombe contre des civils. Cette période reste la plus controversée de la carrière de Bigeard. 

De 1959 à 1960, il sert comme chef de secteur opérationnel en Algérie. Lorsqu’éclate le putsch des généraux en avril 1961, Bigeard, alors en poste à Bouar en République centrafricaine où il commande le 6e régiment interarmes d’outre-mer, se prononce contre les putschistes, par fidélité au général de Gaulle et à la légalité républicaine.

Après son séjour en Centrafrique (1960-1963), Bigeard suit un stage d’auditeur libre à l’École supérieure de guerre en 1963. Promu général de brigade, il est nommé en 1967 commandant des forces armées supérieures de Dakar, au Sénégal. Il exerce ensuite le commandement des forces françaises dans l’océan Indien, de 1971 à 1973, avec un séjour à Madagascar. Il est promu général de corps d’armée en décembre 1973 et achève sa carrière militaire active comme commandant de la IVe région militaire à Bordeaux.

La vie politique : secrétaire d’État puis député

Le 30 janvier 1975, le président Valéry Giscard d’Estaing nomme Bigeard secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense, Yvon Bourges, dans le gouvernement de Jacques Chirac. À ce poste, il s’attache à la condition militaire et parvient à apaiser les tensions au sein des garnisons, alors traversées par la contestation des comités de soldats. Il quitte ses fonctions le 4 août 1976, mettant ainsi fin à sa carrière sous l’uniforme.

En mars 1978, Giscard d’Estaing lui demande de se présenter dans la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle, à Toul, pour remplacer une candidate UDF décédée. Élu député, apparenté au groupe UDF, Bigeard préside la commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale de 1978 à 1981. Il est réélu en juin 1981 puis en mars 1986. Parlementaire engagé, il intervient régulièrement sur les questions de défense, de sécurité et de politique étrangère. Il perd son siège en juin 1988, battu de justesse par un candidat socialiste. Cette défaite met fin à ses dix années de vie parlementaire.

Retiré dans sa maison de Toul, Bigeard consacre ses dernières années à l’écriture. Auteur prolifique, il publie au total une quinzaine d’ouvrages, parmi lesquels Pour une parcelle de gloire, Aucune bête au monde, De la brousse à la jungle ou encore Ma guerre d’Indochine et Ma guerre d’Algérie. Son dernier livre, Mon dernier round, paraît en 2009. Il y dénonce notamment le sort réservé aux harkis par le général de Gaulle après les accords d’Évian. Un dernier ouvrage posthume, Ma vie pour la France, est publié en 2010 aux éditions du Rocher.

Tout au long de sa retraite, Bigeard continue de s’exprimer dans les médias sur les sujets d’actualité, avec le franc-parler qui l’a toujours caractérisé. Il reste une figure familière du monde combattant et de la communauté parachutiste.

Un style de commandement singulier

Marcel Bigeard a laissé dans l’armée française l’image d’un chef atypique. Sorti du rang, il cultivait une proximité constante avec le soldat de base. Il était connu pour mener systématiquement ses hommes de l’avant, refusant de porter une arme, et pour ne jamais exiger d’eux ce qu’il n’aurait pas fait lui-même. Cette posture lui valait une grande popularité auprès de la troupe, mais des relations parfois tendues avec sa hiérarchie.

Sportif rigoureux et ascétique, il imposait un entraînement physique intense et incarnait un idéal de rusticité militaire. On lui doit la création de la fameuse « casquette Bigeard », confectionnée à partir du tissu excédentaire des shorts de l’uniforme tropical, devenue un symbole chez les parachutistes coloniaux. Son indicatif radio, « Bruno », est resté son surnom dans la mémoire combattante. Il aimait à répéter cette maxime devenue célèbre dans les troupes aéroportées : « C’est possible, ce sera fait. Si c’est impossible, ça se fera. »

Marcel Bigeard s’éteint le 18 juin 2010 à son domicile de Toul, à l’âge de 94 ans, un jour symbolique correspondant à l’anniversaire de l’appel du général de Gaulle. Les obsèques ont lieu le 21 juin en la cathédrale Saint-Étienne de Toul, en présence de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing et du ministre de la Défense Hervé Morin. Le lendemain, le Premier ministre François Fillon lui rend les honneurs militaires aux Invalides.

Bigeard avait exprimé le souhait que ses cendres soient dispersées au-dessus de Diên Biên Phu, afin de rejoindre symboliquement ses camarades tombés au combat. Le gouvernement vietnamien s’y étant opposé, un premier projet de transfert aux Invalides, soutenu par le ministre Gérard Longuet et une quarantaine de parlementaires, est abandonné en raison de controverses liées à la guerre d’Algérie. Finalement, le 20 novembre 2012, les cendres du général sont déposées au Mémorial des guerres en Indochine de Fréjus, lors d’une cérémonie en présence de l’ancien président Giscard d’Estaing et du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

La 50e promotion de l’École militaire interarmes (2010-2012) a pris le nom de baptême « Général Bigeard ». De nombreuses voies publiques portent son nom en France, notamment à Toul, Aix-en-Provence, Briey et Villeneuve-Loubet. En octobre 2024, une statue de 2,50 m réalisée par le sculpteur Boris Lejeune a été inaugurée à Toul, suscitant à nouveau un débat public sur la mémoire de la guerre d’Algérie.

Marcel Bigeard restera dans notre histoire militaire comme l’incarnation d’un type de soldat : le combattant sorti du rang, forgé par l’épreuve, qui gravit un à un tous les échelons de la hiérarchie au prix de blessures, de captivités et de deux décennies de guerres. Son parcours, de la Société Générale de Toul aux Invalides, épouse les fractures du siècle français — la débâcle de 1940, la Résistance, l’Indochine, l’Algérie. Il n’échappe pas non plus aux ombres de ce siècle.

Lire sur TB : La bataille de Timinoum (1957)

La légende Bigeard : une rage de vaincre rare aujourd’hui.

Bigeard s’entretient avec le journaliste Jacques Chancel (1974).

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2 Commentaires

  1. La statue du général Bigeard a été installée à Toul en catimini. Il le disait lui-même:  » j’ai trop aimé la France pour accepter ce qu’elle est devenue ».
    https://www.lefigaro.fr/culture/une-statue-du-general-bigeard-fait-polemique-a-toul-20241028

    Alors que les héritiers des saboteurs en usinesde 39-40, des fans de Staline et de Mao, loin des goulags mais toujours à déambuler entre Bastille et Nation, tous les héritiers des porteurs de valises et d’Action Directe beuglent bruyamment, complices de l’avancée de l’obscurantisme religieux (fini « l’opium du peuple » ?) qui tue à nouveau dans notre pays.

    Réécrivant sans arrêt l’Hisoire, jouant du discours victimaire pour mieux faire porter le poids de leurs crimes sur ceux qui les ont combattus.

    Hier « rouges », aujourd’hui »woke », ils ne sont qu’admiration que pour nos ennemis et prêtent leurs collaborations actives pour nous détruire.

    Et ils ont des sponsors financiers plus d’avoir des complices dans les milieux politique, judiciaire et médiatique…

    En cela, ils si sont constants et leur travail de sape à déjà entamé la capacité de la France à perdurer.

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