Née de la scission de Texelis au 1er janvier 2026, la nouvelle entité Texelis Defense affirme son rang de spécialiste français de la mobilité militaire. Entre l’accélération du programme Serval, le lancement d’une gamme 8×8 et ses premiers pas dans le monde du chenillé, l’entreprise limousine entame l’année avec un agenda chargé et des ambitions à la mesure d’un secteur de la défense en pleine effervescence.
Une scission menée à bien après une année 2025 record
Avec 110 millions d’euros de chiffre d’affaires, Texelis a bouclé 2025 sur un nouveau record. Un résultat qui a servi de tremplin à une transformation organisationnelle d’envergure : depuis le 1er janvier 2026, le groupe n’existe plus en tant qu’entité unique. Deux sociétés lui ont succédé — Texelis Defense, tournée vers la mobilité militaire, et Texelis Transport, spécialisée dans le transport collectif de passagers — à l’issue d’un an de travaux.
Sur le site de Limoges, 35 000 m² de halls de production ont été répartis à parts égales entre les deux entités. Transferts d’équipements, investissements dans l’appareil productif et déploiement de nouveaux systèmes informatiques ont été conduits sans interruption des activités. Une soixantaine de recrues supplémentaires — soit près de 20 % de l’effectif d’avant-scission — ont rejoint les rangs, portant Texelis Defense à 220 personnes et Texelis Transport à 190. Texelis Defense est par ailleurs appelée à intégrer le groupe KNDS, leader européen des systèmes de défense, dès le deuxième trimestre 2026.
Le Serval, moteur domestique et locomotive à l’export
Texelis Defense assure depuis Limoges le développement et la production des organes de mobilité du VBMR Léger Serval, avant assemblage à Roanne par KNDS France, au sein du Groupement Momentané d’Entreprises VBMR Léger. La Loi de Programmation Militaire prévoit 2 038 véhicules d’ici 2035, dont 1 405 avant 2030, avec une accélération des livraisons dès cette année.
Le programme gagne également en dimension internationale. La Croatie a commandé 15 exemplaires fin 2025, destinés à être déployés aux côtés de 18 obusiers Caesar. La Belgique, dans le cadre du programme CaMo, en a retenu 123, avec la perspective d’acquisitions complémentaires. Ces premières commandes export, passées via KNDS France ou en cours de négociation, ouvrent un nouveau chapitre pour le programme Scorpion.
Du roué au chenillé : un nouveau cap technologique
Après des décennies de maîtrise des systèmes à roues, Texelis Defense franchit en 2026 une frontière technologique en faisant ses débuts dans la mobilité chenillée. Le TED (Track Electrified Drivetrain), dont les premiers travaux ont débuté en 2025, est conçu pour assurer la propulsion du Vector de Milrem Robotics — véhicule autonome polyvalent de 20 tonnes, considéré comme l’un des systèmes non habités terrestres les plus prometteurs au monde.
Polyvalent par conception, le Vector couvre un large spectre d’applications, de l’appui à la cavalerie et l’accompagnement des chars de bataille aux missions logistiques et de transport d’effecteurs. En positionnant le TED sur ce segment à forte croissance, Texelis Defense élargit son offre bien au-delà du seul domaine roues.

Celeris : une gamme qui s’étend du 4×4 au 8×8
La plateforme Celeris poursuit son développement. Après le 4×4 et le 6×6, Texelis Defense mène en parallèle trois projets 8×8 distincts pour des clients et des usages différents, avec l’ambition de reproduire sur ce segment le modèle de succès bâti sur les formats inférieurs.
Côté 4×4, trois véhicules issus de la même base structurent désormais l’offre commerciale : le P2 Tiger de l’indonésien PT SSE, lancé en 2025 comme référence sur le marché des blindés multirôles en Asie du Sud-Est ; le M1 du canadien INKAS, présenté sur les grands salons de défense ; et le SCATA Mk1 du finlandais SCATA, dont le partenariat a été signé en 2025 et le véhicule sera révélé à Eurosatory 2026.
Ces développements reposent sur une méthode commune : association de composants déjà qualifiés, adaptation d’architectures éprouvées et co-développement agile. Ce modèle permet à des partenaires industriels de concevoir et produire localement de nouvelles familles de véhicules haute mobilité aux standards OTAN, dans des délais réduits.

Un ancrage international consolidé en 2025
L’exercice 2025 a également été marqué par des commandes de clients historiques. Sisu (Finlande) et Yugoimport (Serbie) ont passé des ordres sur des sous-ensembles de mobilité, tandis que Texelis Defense accompagnait la montée en cadence du blindé léger GTP de Sisu pour la Finlande et la Suède — deux nouveaux membres de l’OTAN engagés dans un effort de réarmement significatif. Un programme qui illustre l’imbrication croissante entre coopérations industrielles et politiques de défense collective en Europe du Nord.
Texelis Transport : carnet bien garni et cap sur l’innovation
De son côté, Texelis Transport aborde son autonomie avec un portefeuille d’activités solide. Le site de Limoges a lancé la fabrication des ponts pour le tramway Ixège d’Alstom, achevé les livraisons pour les métros MP14 parisiens et assuré les premières livraisons pour les métros à pneus de Lyon et de Marseille. À l’international, la société fournira les systèmes de transmission de puissance du futur tramway de Philadelphie — un contrat en sous-traitance d’Alstom portant sur jusqu’à 100 rames entre 2027 et 2030.
Un site ouvert à Casablanca en 2025, certifié ISO 9001 avant la fin de l’année, ancre par ailleurs l’entreprise sur les marchés africains. Dans le ferroviaire régional, Texelis Transport mise sur le projet TELLi et sa solution SILK (Sustainable Low Wear Kinetics) — une liaison au sol légère et économe — pour se positionner sur les futurs appels d’offres de renouvellement des flottes TER.
Chacune dotée de ses propres équipes, outils et marchés, Texelis Defense et Texelis Transport engagent leur premier exercice en toute autonomie. Pour la première, l’intégration prochaine au sein de KNDS devrait encore amplifier sa capacité d’action à l’échelle européenne.







