Du 12 au 14 mai 1940, dans la plaine agricole qui s’étend autour de la petite ville belge de Hannut, à mi-chemin entre Liège et Gembloux, deux grandes formations blindées s’affrontent pour la première fois dans l’histoire militaire. D’un côté, le corps de cavalerie du général René Prioux, fort de deux divisions légères mécaniques (2e et 3e DLM) ; de l’autre, le XVIe Armeekorps du général Erich Hoepner, comprenant les 3e et 4e Panzerdivisionen. L’engagement, mené à proximité immédiate des bourgs de Crehen, Thisnes, Merdorp, Jandrenouille, Orp-le-Grand et Marilles, met aux prises plusieurs centaines de blindés sur un front d’une trentaine de kilomètres.
Bien que les chiffres précis varient selon les auteurs, la plupart des sources s’accordent à voir dans cet épisode la première bataille rangée opposant directement de grandes unités cuirassées modernes. La bataille de Hannut intervient à un moment où la doctrine d’emploi des blindés est encore en cours de définition dans les états-majors et où l’expérience de Pologne, en 1939, n’a pas véritablement permis de confronter deux armées blindées de force comparable. À Hannut, ce sont près de 1 100 à 1 200 chars qui sont engagés ou présents sur le théâtre des opérations, selon les estimations retenues.
L’engagement s’inscrit dans la campagne des Dix-huit Jours, qui voit la Belgique envahie le 10 mai 1940 dans le cadre du plan allemand Fall Gelb (« cas jaune »). Il oppose des matériels et des doctrines très différents : à la dispersion relative des blindés français au sein d’un dispositif défensif articulé autour de points d’appui d’infanterie, les Allemands opposent une concentration brutale soutenue par l’aviation et par leur artillerie antichar et antiaérienne. Au terme de trois jours de combats, le corps Prioux, lourdement éprouvé, se replie sur les positions principales de la Ire armée française dans la trouée de Gembloux.

Le contexte stratégique : Fall Gelb et la manœuvre Dyle-Breda
Le plan allemand
Le 10 mai 1940 à l’aube, la Wehrmacht déclenche l’offensive à l’Ouest, sans déclaration de guerre. La directive Fall Gelb, dans sa version finale arrêtée à l’hiver 1939-1940, place l’effort principal au centre du dispositif, à travers les Ardennes. Le groupe d’armées A de Gerd von Rundstedt doit y faire passer le gros des sept divisions blindées du Panzergruppe von Kleist, en direction de la Meuse, de Sedan et de Dinant, puis vers la Manche. Au nord, le groupe d’armées B de Fedor von Bock se voit confier un rôle de leurre stratégique : il doit envahir les Pays-Bas et la Belgique avec suffisamment de force et de bruit pour attirer dans la plaine flamande le meilleur des armées alliées.
C’est dans cette logique que la 6e Armee de Walther von Reichenau reçoit le XVIe Armeekorps motorisé du général Hoepner, qui regroupe les 3e et 4e Panzerdivisionen, à l’avant de son dispositif. La prise par coup de main du fort d’Eben-Emael et des ponts du canal Albert dans la nuit du 10 au 11 mai par les troupes aéroportées allemandes ouvre la voie à une percée rapide à travers la position fortifiée belge. Une fois la ligne du canal Albert tournée, les blindés de Hoepner se dirigent à marches forcées vers l’ouest, en direction de la trouée de Gembloux, ce couloir d’une trentaine de kilomètres entre la Meuse et la Dyle, dépourvu d’obstacle naturel important et historiquement considéré comme une voie d’invasion privilégiée du nord de la France.
La réponse alliée : la manœuvre Dyle-Breda
Du côté allié, l’invasion du 10 mai déclenche l’exécution du plan Dyle, élaboré à l’automne 1939 par le général Maurice Gamelin, généralissime des armées françaises. Ce plan prévoit une entrée rapide en Belgique des meilleures unités du dispositif allié pour aller s’établir sur la ligne Anvers–Louvain–Wavre–Namur, dite ligne KW au nord et position Dyle au centre. Une variante adoptée en mars 1940, la manœuvre Dyle-Breda, étend encore l’avancée prévue jusqu’aux Pays-Bas afin de tendre la main à l’armée néerlandaise. Le groupe d’armées 1 du général Gaston Billotte est chargé d’exécuter ce mouvement.
Au sein de ce groupe d’armées, la 1re armée du général Georges Blanchard a pour mission de tenir la portion la plus sensible du dispositif : la trouée de Gembloux, entre Wavre et Namur, secteur qui ne dispose d’aucun obstacle naturel sérieux. Pour couvrir le déploiement, encore incomplet, des quatre divisions d’infanterie de cette armée – parmi lesquelles la 1re division marocaine et la 15e division d’infanterie motorisée –, Blanchard reçoit en avant-garde le corps de cavalerie du général Prioux. La mission de ce dernier est explicite : retarder les blindés allemands le plus longtemps possible, dans l’idéal jusqu’au 14 mai au matin, afin de permettre l’installation des grandes unités d’infanterie dans la trouée.
Les forces en présence
Le corps de cavalerie français
Le corps de cavalerie est une formation récente. Il a été créé le 26 décembre 1939 pour rassembler les deux premières divisions blindées de la cavalerie française, les 1re et 2e DLM. Le 26 mars 1940, la 1re DLM est toutefois détachée pour exécuter la branche « Breda » de la manœuvre alliée, c’est-à-dire la liaison avec l’armée néerlandaise. Elle est remplacée au sein du corps Prioux par la 3e DLM, plus jeune, constituée le 1er février 1940 et essentiellement encadrée par des réservistes. Ses équipages disposent d’un entraînement plus limité que ceux des deux premières DLM.
Au déclenchement de la campagne, chaque DLM dispose en théorie de 88 chars Somua S35, 88 chars Hotchkiss H35 ou H39 et d’une quarantaine d’automitrailleuses Panhard 178. Selon les sources, le corps Prioux aligne au total entre 411 et 415 chars, autour de 147 automitrailleuses, et environ 104 pièces d’artillerie, dont 40 canons antichars et 12 pièces de défense contre avions. Les ouvrages spécialisés indiquent que seuls environ 239 chars sont réellement engagés dans les combats, le reste étant tenu en réserve, en route ou immobilisé pour des raisons techniques.
La 2e DLM est commandée par le général Gabriel Bougrain. Elle se déploie depuis la Meuse, à hauteur de Huy, en direction du nord-ouest le long de la Méhaigne, petit cours d’eau qui forme un obstacle modeste. La 3e DLM, sous les ordres du général Jean-Léon-Albert Langlois, étend son dispositif de Crehen et Orp jusqu’au sud de Tirlemont, le long de la Petite Gette, autre ruisseau au lit encaissé mais facilement franchissable. Le front total tenu par le corps de cavalerie atteint environ 40 km. Les régiments de tête sont notamment le 11e régiment de dragons portés, fer de lance du dispositif d’infanterie portée, ainsi que le 12e régiment de cuirassiers, le 1er régiment de cuirassiers (colonel de Vernejoul) et le 2e régiment de cuirassiers (colonel Touzet du Vigier), équipés de Somua et de Hotchkiss.
Le XVIe Armeekorps
En face, le XVIe Armeekorps du général Erich Hoepner réunit deux Panzerdivisionen aguerries, qui ont déjà participé à la campagne de Pologne. La 3e Panzerdivision est commandée par le Generalleutnant Horst Stumpff, la 4e Panzerdivision par le Generalmajor Johann Joachim Stever. Les deux divisions sont appuyées par la 20e Infanteriedivision, formation d’infanterie motorisée. Le corps doit recevoir un soutien aérien massif du VIIIe Fliegerkorps de Wolfram von Richthofen, spécialisé dans l’appui rapproché, et notamment d’environ 300 bombardiers en piqué Junkers Ju 87 « Stuka » ainsi que de plusieurs centaines de chasseurs et bombardiers moyens des IVe et IXe Fliegerkorps.
Le total des chars allemands engagés est généralement évalué entre 620 et 674 véhicules. Les deux divisions blindées alignent une majorité de chars légers – environ 500 Panzer I et II – complétés par 73 à 85 Panzer III et 50 à 60 Panzer IV. Le corps Hoepner dispose en outre de 112 automitrailleuses, de 317 pièces d’artillerie, dont 159 canons antichars de 37 mm, et de batteries de Flak de 88 mm qui joueront un rôle déterminant dans la lutte contre les blindés français les plus lourds. La supériorité numérique allemande, qu’il faut nuancer en tenant compte de la valeur intrinsèque des matériels, est de l’ordre de 1,5 à 1 en faveur de la Wehrmacht en chars, et plus marquée encore en pièces antichars et en aviation.
Le terrain et les choix tactiques de Prioux

Le champ de bataille s’étend sur un plateau légèrement vallonné de la Hesbaye liégeoise, parsemé de bois isolés, de grosses fermes carrées et de villages denses. Le réseau routier y est serré ; les bourgs comme Crehen, Thisnes, Merdorp, Jandrain-Jandrenouille, Orp-le-Grand ou Marilles forment autant de points d’appui possibles. Deux cours d’eau modestes structurent le secteur : la Méhaigne au sud, la Petite Gette au nord. Tous deux coulent dans des lits encaissés de deux à trois mètres, présentant de nombreux gués franchissables par des engins chenillés. Aucun ne constitue donc un obstacle antichar suffisant à lui seul. La crête qui relie Hannut, Crehen et Merdorp se révèle l’élément topographique essentiel.
Conformément à la doctrine française d’emploi des blindés en 1940, le général Prioux choisit un dispositif défensif articulé en profondeur. Les bataillons de dragons portés du 11e RDP s’installent dans une série de villages fortifiés tenant lieu de points d’appui ; derrière eux, les chars Somua et Hotchkiss sont disposés par groupes, en réserve mobile, prêts à contre-attaquer en cas de pénétration ennemie. Cette tactique repose sur l’idée que l’infanterie freine et canalise l’adversaire, l’artillerie et les antichars infligent des pertes initiales, et que les chars n’interviennent qu’ensuite, sur un ennemi déjà désorganisé. Le général Billotte, son supérieur, avait suggéré à Prioux de pousser ses blindés plus à l’est pour soutenir les Belges qui reculaient du canal Albert. Prioux refuse : il craint d’exposer ses divisions à découvert sous une Luftwaffe largement maîtresse du ciel, et préfère conserver la profondeur de son dispositif.
Du côté allemand, la doctrine est radicalement différente. Les Panzerdivisionen rassemblent en un seul commandement chars, fantassins motorisés, artillerie autoportée, génie et reconnaissance, dans des proportions qui font de chaque division une unité interarmes capable de manœuvres rapides. Les chars sont employés massivement, en vagues successives, en coopération étroite avec l’aviation d’appui – le fameux « couple Panzer-Stuka » – pour ouvrir des brèches et exploiter dans la profondeur. À Hannut, cette opposition de doctrines va trouver l’une de ses premières expressions à grande échelle.
Les premiers jours : 10 et 11 mai
Le 10 mai 1940 au matin, alors que les troupes allemandes franchissent la frontière belge, le corps Prioux quitte ses cantonnements du nord de la France et s’élance vers Hannut, à plus de 100 km de là. La progression se fait essentiellement par route, de jour et de nuit ; le général Billotte a explicitement ordonné de ne pas interrompre les mouvements pour échapper à la Luftwaffe, le temps pressant. Les colonnes blindées atteignent leurs zones de déploiement dans la journée du 11 et la nuit suivante. Les chars, qui ont parcouru de longues distances sur route, n’ont pas tous bénéficié d’un entretien complet ; certains arrivent avec une autonomie réduite et des chenilles fatiguées.
Les éléments de reconnaissance des deux camps prennent contact dès le 10 et le 11 mai. Des accrochages opposent les escadrons d’automitrailleuses du 12e cuirassiers et leurs homologues allemands de l’Aufklärungs-Abteilung 7 et d’autres unités du XVIe Armeekorps, dans le triangle Liège-Tongres-Namur. L’aviation allemande, déjà très active, harcèle les colonnes alliées en mouvement. De son côté, l’armée belge, débordée par la chute du canal Albert et du fort d’Eben-Emael, entame un repli en direction du nord-ouest, ce qui découvre progressivement le flanc nord du dispositif Prioux. La 3e DLM, encore en cours d’installation, doit déjà accepter le contact dans des conditions précaires.
Dans la soirée du 11 mai, le corps de cavalerie a néanmoins occupé la quasi-totalité de ses points d’appui. Le 11e régiment de dragons portés (colonel des Reveuy) tient la ligne Ophelissen-Marilles-Orp-Hannut-Crehen ; les régiments de cuirassiers et le 1er cuirassiers prennent leurs positions à l’arrière. La défense antichar reste légère, faute de temps. Quelques obstacles antichars de campagne, dont des « éléments Cointet » récupérés sur la ligne KW belge, sont mis en place dans les rues des villages. Côté allemand, la 4e Panzerdivision, qui forme l’avant-garde du XVIe Armeekorps, s’approche par l’est, suivie de près par la 3e Panzerdivision.
12 mai : le premier choc
La journée du 12 mai 1940, un dimanche de Pentecôte, marque le début effectif des combats à grande échelle. Vers 6 heures du matin, des éléments de la 4e Panzerdivision se présentent à l’est de Hannut, où ils croisent des avant-postes du 12e cuirassiers équipés de Hotchkiss H39. Les premiers échanges de coups, à courte distance, sont également les premiers combats char contre char à se dérouler entre de grandes unités blindées dans la campagne de l’Ouest. Vers 7 h 30, conformément aux ordres reçus, les Français évacuent la ville même de Hannut, qui ne constitue pas un point d’appui défensif, pour se replier sur la ligne principale fixée le long de la Petite Gette et autour des villages plus à l’ouest.
Les blindés de la 4e Panzerdivision poussent alors vers Crehen, à quelques kilomètres au sud-ouest. La localité est défendue par des éléments du 2e cuirassiers (colonel Touzet du Vigier), appuyés par des fantassins du 11e RDP. Les combats sont confus, les rues étroites limitant la visibilité. Sous la pression de chars allemands plus nombreux et des fantassins du Schützen-Regiment 12, les Français se replient en fin de matinée vers Jandrain-Jandrenouille et Merdorp. Le 2e cuirassiers, un moment menacé d’encerclement, ne se dégage qu’au prix d’une contre-attaque de la 2e DLM venue du sud, contre-attaque qui occasionne déjà des pertes notables côté français.
Dans l’après-midi, le 35e Panzer-Regiment, commandé par l’Oberst Heinrich Eberbach, pousse en direction de l’ouest le long de la chaussée romaine. Les colonnes allemandes sont prises à partie à Thisnes, à proximité de Merdorp, par des pelotons de Somua S35 du 3e cuirassiers et du 2e cuirassiers. Plusieurs combats à courte distance s’engagent, dans lesquels la qualité de blindage du Somua se révèle. Les obus perforants de 37 mm tirés par les Panzer III de la 4e Panzerdivision rebondissent fréquemment sur les coques moulées des chars français. Thisnes est néanmoins prise par les Allemands en début de soirée, après plusieurs heures d’affrontement.
Plus au nord, la 3e Panzerdivision, qui sort de la zone de rassemblement d’Oreye, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Hannut, ne peut entrer pleinement en ligne que dans la soirée du 12 mai. Ses premiers éléments prennent contact avec la 3e DLM dans le secteur d’Orp-le-Grand et de Marilles. Les engagements y demeurent limités en intensité ce premier jour. À la nuit tombée, le bilan général est partagé : les Allemands ont gagné quelques kilomètres et pris Hannut, Crehen et Thisnes, mais ils ont buté sur des défenses plus solides que prévu et n’ont pas atteint leurs objectifs initiaux. Plusieurs sources estiment que, sur la base des seuls combats de cette journée, les chars français peuvent être considérés comme tactiquement vainqueurs, ayant infligé à la 4. Panzerdivision des pertes supérieures à celles qu’elle leur a fait subir.
Du côté allemand, le général Hoepner doit faire face à plusieurs difficultés. Ses lignes de ravitaillement s’allongent ; son flanc sud, longé par la 2e DLM, lui paraît exposé ; le XXVIIe Armeekorps voisin demeure bloqué au nord de Liège, à 38 km en arrière. Hoepner décide néanmoins de pousser le lendemain en concentrant ses efforts sur la partie ouest du front, où ses observations le portent à croire — à tort sur ce point — qu’il fait face aux divisions françaises les plus solides.
13 mai : la journée décisive
La journée du 13 mai voit l’engagement le plus violent et le plus structuré de la bataille. Au sud, dans le secteur de la 2e DLM, le commandement allemand parvient à atteindre un objectif stratégique majeur en peu de temps. Trois divisions d’infanterie de la 6e Armee – la 35e, la 61e et la 269e Infanteriedivision –, montées en hâte via Liège, s’infiltrent entre les points d’appui français situés au nord de Huy, appuyées par quelques éléments blindés et par l’aviation. Ces unités fixent la 2e DLM sur place et l’obligent à se disperser pour faire face à de multiples menaces simultanées. La conséquence est essentielle : le général Bougrain, qui aurait pu en théorie porter une contre-attaque blindée vers le nord-est et menacer le flanc de Hoepner, se trouve immobilisé et incapable d’intervenir.
Dans l’après-midi, la 2e DLM tente néanmoins une opération d’allègement par un raid de blindés en direction de Thisnes. Une trentaine de chars Somua S35 prennent part à l’assaut. Ils parviennent à détruire quelques engins allemands, mais sont rapidement pris sous le feu d’une batterie de canons antiaériens de 88 mm que les Allemands ont disposés en position antichar à hauteur de Crehen. Le « Flak 18 » de 88 mm – devenu célèbre à partir de cet épisode comme arme antichar de premier rang – s’y montre redoutable : il perfore le blindage du Somua à des distances très supérieures à celles auxquelles les chars français peuvent répliquer efficacement. Le raid s’achève sur un échec coûteux.
Pendant ce temps, à l’ouest de Hannut, le général Hoepner concentre la totalité de ses forces blindées sur un front réduit à une douzaine de kilomètres. La 3e Panzerdivision se déploie au nord, face à Marilles et Orp ; la 4e Panzerdivision au sud, face à Thisnes et Merdorp. La 3e Panzerbrigade (Oberst Friedrich Kühn), avec ses 5e et 6e Panzer-Regimenter, attaque vers 11 h 30, après une préparation aérienne et d’artillerie. Vers midi, les chars allemands abordent les villages barricadés et minés que jalonne la Petite Gette.
L’avance se révèle plus difficile que prévu. Le front du 11e RDP (régiment de dragons portés) tient, soutenu par les Somua S35 du 1er cuirassiers. Le combat à Wansin, où se situe la jonction entre la 2e DLM et la 3e DLM, se prolonge tard dans la nuit : les fantassins français y résistent jusque dans les premières heures du 13. Plus au nord, dans le secteur d’Orp-le-Grand, des chars français parviennent à tenir en échec, en milieu de matinée, une masse d’environ 80 à 100 Panzer pendant plusieurs heures. La progression ne s’y débloque qu’à partir de 13 h 30, lorsque les positions françaises commencent à céder du terrain sous la pression conjointe des chars et des Stuka. Ailleurs, à Merdorp, des Somua tendent des embuscades dans les vergers et le long des haies ; ils détruisent plusieurs Panzer avant d’être eux-mêmes pris à partie par les 88 mm et l’infanterie allemande.
Vers 15 h 30, la 3e DLM, fortement éprouvée, reçoit l’ordre du général Prioux de se replier d’une dizaine de kilomètres sur Perwez, conformément au plan général. Le mouvement s’effectue sans débâcle, mais sous pression. Les chars allemands, mieux à même de poursuivre dans la profondeur, talonnent les arrière-gardes françaises. À la tombée de la nuit, le 3e Panzerdivision a atteint la ligne Thorembais-Saint-Trond–Perwez, tandis que la 4e Panzerdivision s’est avancée plus au sud, vers Branchon et Jauche.
Du côté français, les pertes du 13 mai sont les plus lourdes de la bataille. Les unités d’infanterie portée ont supporté l’essentiel des combats rapprochés ; plusieurs escadrons de Somua et de Hotchkiss ont été décimés par la combinaison de la Flak de 88 mm, des Stuka et des chars allemands. Côté allemand, malgré le succès opérationnel, les pertes en blindés sont également significatives. La 5e Panzerbrigade de la 4e Panzerdivision avertira d’ailleurs, dans les jours qui suivent, qu’une nouvelle journée d’engagement de cette intensité équivaudrait à « un suicide ».
14 mai : le repli sur Gembloux
Le 14 mai, la bataille de Hannut proprement dite touche à sa fin. Les deux DLM exécutent un repli ordonné en direction du sud-ouest, en combattant. Le mouvement les amène sur les positions principales de la 1re armée française, dans la trouée de Gembloux, où la 1re division marocaine du général Mellier et la 15e division d’infanterie motorisée du général Alphonse Juin viennent à peine de prendre leur dispositif. Le corps Prioux, fortement entamé, est versé en réserve de la 1re armée.
La 3e et la 4e Panzerdivision continuent leur progression, mais à un rythme ralenti par l’usure de leurs unités et par la résistance que les troupes françaises encore en mouvement leur opposent. Le 14 mai au soir, leurs éléments de tête butent sur la position d’arrêt française, où s’engage immédiatement la bataille de Gembloux, du 14 au 15 mai. Sur le plan strictement tactique, le corps Prioux a rempli sa mission première : il a retardé d’environ 48 à 72 heures la progression allemande, permettant à la 1re armée de prendre position. Sur le plan opérationnel, c’est cependant l’armée allemande qui a fait avancer la ligne de front d’une vingtaine de kilomètres vers l’ouest.
À l’est, dans le secteur belge, les combats secondaires se poursuivent encore quelques heures. À l’est et au sud-est, plus loin, c’est cependant un autre épisode qui se prépare : le franchissement de la Meuse à Dinant et à Sedan, où les blindés de Hermann Hoth et de Heinz Guderian s’apprêtent à percer le dispositif français à un endroit que Gamelin n’a pas jugé prioritaire de défendre par des forces blindées. Cette percée changera radicalement le sens stratégique de la bataille de Hannut.
Les matériels engagés : un duel inédit
Côté français : Somua S35 et Hotchkiss H39
Le Somua S35 est un char de cavalerie issu d’un programme lancé en 1934 et produit à partir de 1936 par la Société d’outillage mécanique et d’usinage d’artillerie, filiale de Schneider. Engin de 19,5 tonnes, propulsé par un moteur V8 de 190 chevaux, il atteint environ 37 km/h sur route. Son équipage de trois hommes – chef de char, conducteur, pourvoyeur radio – lui permet une autonomie d’environ 230 km sur route. Sa caisse est constituée de pièces moulées en acier au nickel, boulonnées entre elles, dont l’épaisseur atteint 47 mm à l’avant. La tourelle APX-1, d’un blindage maximal de 56 mm, est similaire à celle du char B1 bis. Il abrite un canon SA 35 semi-automatique de 47 mm, capable, selon les sources techniques, de perforer la quasi-totalité des blindages allemands de l’époque à des distances allant jusqu’à 1 000 mètres dans des conditions standard. Une mitrailleuse coaxiale de 7,5 mm Reibel modèle 1931 complète l’armement. Au total, environ 430 Somua S35 ont été produits avant juin 1940.

Le char souffre néanmoins de plusieurs limites bien identifiées. La tourelle est monoplace : le chef de char doit tout à la fois observer, commander, viser et tirer, ce qui réduit la cadence de tir effective. La radio n’équipe en principe que le char du chef de peloton ; les liaisons internes se font alors le plus souvent par fanions. Le poste d’ER 28 destiné aux chars subordonnés n’a pas pu entrer en service avant le 10 mai 1940. L’autonomie reste limitée, et la consommation élevée. Malgré ces handicaps, l’oberst Heinrich Eberbach, qui commande à Hannut le Panzer-Regiment 35 et affronte directement les Somua, déclarera après-guerre que la situation serait devenue « très difficile » si les Français avaient pu engager un grand nombre de Somua contre les Panzer.
Le second char français présent en nombre est le Hotchkiss H35 et sa version améliorée, le H39. Char léger de 10 à 12 tonnes, à équipage de deux hommes, il est armé d’un canon court de 37 mm SA 18, hérité du char Renault FT de 1918, dont la vitesse initiale est faible et la capacité antichar très limitée. À partir du 480e exemplaire produit, un canon long SA 38, plus performant, est monté ; mais la majorité des Hotchkiss engagés à Hannut sont encore équipés du SA 18. Son blindage atteint 40 mm. Sa vitesse maximale est de 28 km/h sur route ; son autonomie d’environ 130 km. Comme le Somua, il dispose d’une tourelle monoplace, et n’est généralement pas équipé de radio. Construit à environ 1 200 exemplaires (toutes versions confondues), il forme l’essentiel des effectifs blindés légers des DLM.
Côté allemand : Panzer I, II, III et IV
Le XVIe Armeekorps déploie une gamme variée de chars, à dominante légère. Le Panzerkampfwagen I, char d’environ 5,4 tonnes armé de deux mitrailleuses de 7,92 mm, n’a aucune capacité antichar. Le Panzer II, char léger d’environ 9 tonnes équipé d’un canon automatique de 20 mm, peut perforer certains blindages légers à courte distance mais demeure très inférieur aux Somua S35. Ces deux types, conçus à l’origine comme chars d’entraînement, forment la majorité des effectifs allemands à Hannut : selon les sources, près de 500 des chars engagés appartiennent à ces deux catégories.
Le Panzer III, char moyen de référence de la Wehrmacht en 1940, dispose d’un canon de 37 mm KwK 36 L/45 dans une tourelle triplace (chef de char, tireur, pourvoyeur), avantage doctrinal majeur. Son blindage frontal de 30 mm reste néanmoins inférieur à celui du Somua. Le Panzer IV, char d’appui d’infanterie de l’époque, est équipé d’un canon court de 75 mm KwK 37 L/24, conçu pour le tir d’explosifs plus que pour la perforation de blindages, et donc moyennement adapté au combat antichar. Les 3e et 4e Panzerdivisionen alignent à elles deux environ 75 Panzer III et 50 Panzer IV à Hannut, en complément des Panzer I et II.
Cette répartition des matériels explique en grande partie le profil du combat. Lors des duels à courte distance, les Panzer I et II sont en infériorité technique manifeste face aux Somua et même aux Hotchkiss munis du canon SA 38. Les Panzer III peinent à perforer le blindage frontal des Somua au-delà de quelques centaines de mètres. Les Allemands compensent par la concentration de la masse blindée et, surtout, par l’emploi en position antichar de canons antiaériens de 88 mm, dont la vitesse initiale et la puissance permettent de venir à bout des blindés français les plus lourds à des distances de plus d’un kilomètre.

Doctrines d’emploi
Les deux camps n’engagent pas leurs chars de la même manière. La doctrine française de la cavalerie place les blindés au sein d’un dispositif interarmes où l’infanterie portée tient les points d’appui, l’artillerie traite l’ennemi en mouvement et où les chars n’interviennent que pour des contre-attaques limitées. Cette doctrine est cohérente avec l’idée d’une bataille principalement défensive, dans laquelle la France entend l’emporter à l’usure. La doctrine allemande, au contraire, fait du char l’outil principal de la rupture, employé en masse sur un front étroit avec un appui aérien et d’artillerie concentré. L’infanterie suit pour nettoyer et tenir le terrain conquis.
À Hannut, la dispersion relative des chars français les empêche de tirer pleinement parti de leur supériorité technique sur les modèles légers allemands. Plusieurs auteurs, dont Gérard Saint-Martin, soulignent que le général Prioux a néanmoins fait un usage des plus modernes de ses blindés, en les conservant concentrés au niveau des divisions plutôt qu’en les saupoudrant. Cette concentration relative explique l’efficacité des Somua dans les engagements de Crehen, Merdorp et Orp. Mais l’absence d’un appui aérien comparable au VIIIe Fliegerkorps et la faiblesse de la coordination radio limitent l’exploitation des succès locaux.
La maîtrise allemande du ciel
L’un des traits dominants de la bataille de Hannut est la supériorité aérienne allemande. Le VIIIe Fliegerkorps de Wolfram von Richthofen est l’instrument privilégié de l’appui rapproché des blindés. Ses 300 Junkers Ju 87 « Stuka », précis et redoutés pour leur sirène psychologique autant que pour leurs bombes, harcèlent les positions françaises, et plus particulièrement les batteries d’artillerie, dont la neutralisation prive les chars Somua d’un soutien décisif. Quelques dizaines de Henschel Hs 123, biplans d’assaut, complètent le dispositif. Les chasseurs Messerschmitt Bf 109 et bimoteurs Bf 110 protègent l’ensemble.
Du côté allié, l’aviation est, à Hannut, presque absente. Le 11 mai, l’armée de l’air française a affecté l’essentiel de ses chasseurs à la protection de la 1re armée. Les groupes restants sont rapidement absorbés par l’escorte de bombardiers chargés de retarder l’avance allemande sur les ponts du canal Albert. Pendant la bataille de Gembloux, qui suit immédiatement, la 1re armée ne disposera plus que des restes d’un groupe de 26 chasseurs et de quelques unités de reconnaissance. La Royal Air Force, engagée plus au nord et concentrée sur la défense de la Belgique et des Pays-Bas, n’intervient que sporadiquement. Cette infériorité aérienne pèse non seulement sur les pertes matérielles directes, mais aussi sur les choix tactiques de Prioux, qui dispose ses unités en profondeur précisément pour minimiser leur vulnérabilité aux Stuka.
Le bilan matériel et humain
Les chiffres avancés pour les pertes en blindés varient d’une source à l’autre, ce qui s’explique par les méthodes de comptabilité différentes des deux états-majors et par le fait que de nombreux chars « hors de combat » à un moment donné ont pu être ensuite réparés. Les estimations les plus couramment citées font état d’environ 105 chars français et 160 à 164 chars allemands mis hors de combat pendant les trois journées de Hannut. Certaines synthèses récentes évoquent jusqu’à 195 chars allemands hors d’usage à l’issue des combats, dont la majeure partie attribuable aux blindés français eux-mêmes, le reste à l’artillerie.
Cette comparaison brute, souvent invoquée pour parler de « victoire technique » française, doit néanmoins être nuancée. D’une part, le repli français laisse aux Allemands le contrôle du champ de bataille : les épaves allemandes peuvent être récupérées, démontées, réparées ; les épaves françaises sont quant à elles définitivement perdues. Selon plusieurs historiens, les Allemands auraient ainsi récupéré et remis en service près des trois quarts de leurs chars endommagés à Hannut, ne perdant définitivement que 49 véhicules. À l’inverse, la majorité des chars français déclarés « hors de combat » sont des pertes irrémédiables.
Sur le plan humain, les pertes du corps Prioux durant les trois jours sont estimées entre plusieurs centaines de tués et blessés. Le seul ensemble Hannut-Gembloux, du 12 au 15 mai, aurait coûté aux forces alliées de l’ordre de 4 000 à 4 500 hommes tués, blessés ou disparus, ainsi qu’un nombre considérable de prisonniers. Côté allemand, le bilan global pour la bataille de Gembloux à elle seule est donné à environ 60 tués et 80 blessés dans les unités les plus engagées ; le total des pertes humaines pour Hannut elle-même est plus difficile à isoler, mais semble inférieur à celui des Alliés.
Une victoire ambiguë
Hannut est à la fois un succès tactique français – la mission de retardement a été remplie, les chars allemands ont subi des pertes lourdes pour l’époque – et un succès opérationnel allemand – l’armée française a été aspirée dans le piège stratégique tendu par von Manstein et Halder, au moment précis où le danger principal se développait ailleurs. Cette dualité explique pourquoi la bataille, longtemps occultée par l’ampleur du désastre français de juin 1940, a fait l’objet d’une attention renouvelée à partir des années 1990 et 2000, comme matrice d’analyse des doctrines blindées et de leur emploi.
La bataille constitue, sur trois jours, la première confrontation à grande échelle entre divisions blindées modernes. Elle illustre, à un moment où la doctrine blindée est encore en construction, les avantages et les limites de deux conceptions différentes : un emploi concentré et offensif des chars du côté allemand, étroitement coordonné avec l’aviation et l’infanterie motorisée ; un emploi plus défensif et plus dispersé du côté français, articulé sur des points d’appui d’infanterie portée.
Sur le plan matériel, elle révèle la valeur des chars français de l’époque, notamment le Somua S35, et la difficulté de pénétration de leur blindage par les armes allemandes courantes. Elle met également en lumière l’importance, déjà décisive, des canons de 88 mm en position antichar et de l’aviation d’appui rapproché, deux facteurs qui rééquilibrent au combat la supériorité technique des engins français. Sur le plan tactique, le corps Prioux a rempli sa mission de retardement et infligé des pertes lourdes au XVIe Armeekorps. Sur le plan stratégique, son sacrifice s’inscrit pourtant dans un piège : l’armée française la plus apte au combat a été attirée au nord, tandis que la décision se jouait, simultanément, sur la Meuse.
Fiches techniques des chars engagés.
Les six modèles de chars présentés ci-dessous sont ceux qui ont combattu à Hannut entre le 12 et le 14 mai 1940. Les caractéristiques retenues correspondent aux versions de production en service à cette date : Somua S35 de série, Hotchkiss H39 (variante améliorée du H35), Panzerkampfwagen I Ausf. B, Panzer II Ausf. C, Panzer III Ausf. E ou F, Panzer IV Ausf. C ou D. Les valeurs sont issues des notices techniques de référence (Musée des Blindés de Saumur, fiches UNABCC pour les chars français, Panzer Tracts et Tank Encyclopedia pour les chars allemands), avec une harmonisation des unités.
SOMUA S35
Char moyen de cavalerie issu du programme d’Automitrailleuse de Combat (AMC) de 1934, construit en pièces moulées et largement considéré, par les historiens et par plusieurs adversaires allemands, comme le meilleur char français disponible en mai 1940.
|
Type |
Char moyen de cavalerie (AMC modèle 1935) |
|
Constructeur |
SOMUA (filiale Schneider), Saint-Ouen |
|
Période de production |
1936 – 1940 |
|
Nombre produit |
environ 430 exemplaires |
|
Équipage |
3 (chef de char/canonnier, conducteur, pourvoyeur radio) |
|
Poids |
19,5 tonnes |
|
Dimensions (L × l × h) |
5,46 m × 2,11 m × 2,59 m |
|
Blindage |
47 mm avant caisse, jusqu’à 56 mm sur la tourelle APX-1 |
|
Armement principal |
Canon SA 35 de 47 mm semi-automatique (118 obus, perforant et explosif) |
|
Armement secondaire |
Mitrailleuse coaxiale de 7,5 mm Reibel mle 1931 (1 250 cartouches) |
|
Moteur |
SOMUA V8 essence de 190 ch à 2 000 tr/min |
|
Boîte de vitesses |
5 rapports avant + 1 arrière |
|
Vitesse max sur route |
37 km/h (pointes à environ 40 km/h) |
|
Autonomie |
230 km sur route / 130 km tout-terrain |
|
Radio |
ER 29 (chef de peloton seulement) ; ER 28 non disponible avant le 10 mai 1940 |
Hotchkiss H39
Char léger d’infanterie et de cavalerie, version améliorée du H35 dotée d’un moteur plus puissant et, à partir du 480e exemplaire, du canon long SA 38. Forme l’essentiel des blindés légers des Divisions Légères Mécaniques en mai 1940.
|
Type |
Char léger de cavalerie et d’infanterie |
|
Constructeur |
Hotchkiss et Cie |
|
Période de production |
1938 – 1940 (H39 ; le H35 a précédé en 1936-1937) |
|
Nombre produit |
environ 1 200 exemplaires (toutes versions H35 + H39 confondues) |
|
Équipage |
2 (chef de char/canonnier, conducteur) |
|
Poids |
environ 12 tonnes |
|
Dimensions (L × l × h) |
4,22 m × 1,95 m × 2,15 m |
|
Blindage |
40 mm maximum |
|
Armement principal |
Canon court SA 18 de 37 mm (puis SA 38, plus long, à partir du 480e exemplaire) — 100 obus environ |
|
Armement secondaire |
Mitrailleuse coaxiale Reibel de 7,5 mm |
|
Moteur |
Hotchkiss 6 cylindres essence, 120 ch (75 ch sur le H35) |
|
Boîte de vitesses |
5 rapports avant + 1 arrière |
|
Vitesse max sur route |
36 km/h (H39) ; 28 km/h (H35) |
|
Autonomie |
environ 130 km sur route |
|
Radio |
non équipé en standard |
Panzerkampfwagen I Ausf. B
Char léger conçu à l’origine comme engin d’instruction, dépourvu de capacité antichar puisque armé seulement de deux mitrailleuses. Demeure néanmoins, en mai 1940, l’un des modèles les plus nombreux dans les Panzerdivisionen.
|
Type |
Char léger (Sd.Kfz. 101) |
|
Constructeur |
Krupp, Henschel, MAN, Daimler-Benz, Wegmann (assemblage) |
|
Période de production (Ausf. B) |
1935 – 1937 |
|
Nombre produit (Ausf. B) |
environ 675 exemplaires |
|
Équipage |
2 (chef de char/mitrailleur, conducteur) |
|
Poids |
5,8 tonnes |
|
Dimensions (L × l × h) |
4,42 m × 2,06 m × 1,72 m |
|
Blindage |
13 mm maximum (caisse et tourelle) |
|
Armement principal |
2 mitrailleuses MG 13 de 7,92 mm (aucune capacité antichar) |
|
Armement secondaire |
— |
|
Moteur |
Maybach NL 38 TR 6 cylindres essence refroidi par eau, 100 ch |
|
Boîte de vitesses |
5 rapports avant + 1 arrière |
|
Vitesse max sur route |
40 km/h |
|
Autonomie |
environ 170 km sur route |
|
Radio |
FuG 2 (récepteur) |
Panzerkampfwagen II Ausf. C
Char léger destiné à compléter les Panzer I en attendant la mise en série des Panzer III et IV. Son canon automatique de 20 mm lui confère une capacité antichar limitée, suffisante face aux blindages légers mais inopérante contre le Somua à toute distance utile.
|
Type |
Char léger (Sd.Kfz. 121) |
|
Constructeur |
MAN, Daimler-Benz, Henschel, Alkett, FAMO, MIAG, Wegmann |
|
Période de production (Ausf. c/A/B/C) |
mars 1937 – avril 1940 |
|
Nombre produit (Ausf. c/A/B/C) |
1 113 exemplaires |
|
Équipage |
3 (chef de char/tireur, pourvoyeur/radio, conducteur) |
|
Poids |
8,9 tonnes |
|
Dimensions (L × l × h) |
4,81 m × 2,22 m × 1,99 m |
|
Blindage |
14,5 mm de base, renforcé à 20-30 mm sur les exemplaires modernisés avant 1940 |
|
Armement principal |
Canon automatique 2 cm KwK 30 L/55 (180 obus, cadence 600 c/min) |
|
Armement secondaire |
Mitrailleuse coaxiale MG 34 de 7,92 mm (2 250 cartouches) |
|
Moteur |
Maybach HL 62 TR 6 cylindres essence, 140 ch |
|
Boîte de vitesses |
6 rapports avant + 1 arrière |
|
Vitesse max sur route |
40 km/h |
|
Autonomie |
environ 200 km sur route |
|
Radio |
FuG 5 |
Panzerkampfwagen III Ausf. E ou F
Char moyen de référence de la Wehrmacht en 1940. Sa principale supériorité doctrinale tient à la tourelle triplace, qui permet une répartition rationnelle des tâches entre chef de char, tireur et pourvoyeur, et à un équipage radio de cinq hommes.
|
Type |
Char moyen (Sd.Kfz. 141) |
|
Constructeur |
Daimler-Benz, Henschel, MAN, MIAG, Alkett |
|
Période de production (Ausf. E) |
1938 – octobre 1939 ; Ausf. F : septembre 1939 – juillet 1940 |
|
Nombre produit |
96 Ausf. E + 435 Ausf. F |
|
Équipage |
5 (chef de char, tireur, pourvoyeur, conducteur, radio-mitrailleur) |
|
Poids |
19,5 tonnes (Ausf. E) ; 19,8 tonnes (Ausf. F) |
|
Dimensions (L × l × h) |
5,38 m × 2,91 m × 2,44 m |
|
Blindage |
30 mm sur les faces avant, latérales et arrière ; 16 mm sur la tourelle |
|
Armement principal |
Canon 3,7 cm KwK 36 L/45 (120 obus) |
|
Armement secondaire |
3 mitrailleuses MG 34 de 7,92 mm (coaxiale, caisse, antiaérienne sur certains) |
|
Moteur |
Maybach HL 120 TR V12 essence, 265 ch à 2 600 tr/min |
|
Boîte de vitesses |
10 rapports avant + 1 arrière (Variorex SRG 328-145) |
|
Vitesse max sur route |
40 km/h |
|
Autonomie |
environ 165 km sur route |
|
Radio |
FuG 5 |
Panzerkampfwagen IV Ausf. C ou D
Char moyen d’appui, conçu en 1936 pour le soutien d’infanterie et armé d’un canon court de 75 mm tirant principalement de l’explosif. Sa capacité antichar reste modérée à Hannut, le canon court n’étant pas optimisé pour la perforation.
|
Type |
Char moyen d’appui (Sd.Kfz. 161) |
|
Constructeur |
Krupp-Gruson, Magdeburg |
|
Période de production (Ausf. C/D) |
septembre 1938 – octobre 1940 |
|
Nombre produit |
134 Ausf. C + 248 Ausf. D |
|
Équipage |
5 (chef de char, tireur, pourvoyeur, conducteur, radio-mitrailleur) |
|
Poids |
20 tonnes (Ausf. D) |
|
Dimensions (L × l × h) |
5,92 m × 2,84 m × 2,68 m |
|
Blindage |
30 mm avant ; 20 mm latéraux et arrière (Ausf. D) |
|
Armement principal |
Canon court 7,5 cm KwK 37 L/24 (80 obus, vitesse initiale 430 m/s en perforant) |
|
Armement secondaire |
2 mitrailleuses MG 34 de 7,92 mm (coaxiale et caisse) |
|
Moteur |
Maybach HL 120 TRM V12 essence, 300 ch à 3 000 tr/min |
|
Boîte de vitesses |
6 rapports avant + 1 arrière (SSG 76) |
|
Vitesse max sur route |
42 km/h |
|
Autonomie |
environ 200 km sur route |
|
Radio |
FuG 5 |





