lundi 27 mai 2024

CHRONICORUM BELLI du 11 mai

11 mai 1678 : naufrage des récifs d’Aves (actuel Venezuela).

Après avoir repris aux Hollandais, l’ile de Gorée, Tobago et Cayenne durant la campagne de 1676-1677, le vice-amiral Jean d’Estrées décide d’attaquer Curaçao, île hollandaise. Refusant de prendre un pilote alors que ses adjoints l’exhortent à le faire, il s’échoue dans la nuit du 11 au 12 mai avec 17 navires (dont le vaisseau amiral le Terrible) sur les récifs des îles d’Aves. Cette catastrophe (500 morts) a effacé de la mémoire de la Royale ses premiers succès sans toutefois l’empêcher d’être promu maréchal de France en 1681.


11 mai 1689 : bataille de la baie de Bantry (Irlande).

Victoire navale française sur les Anglais durant la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Jacques II d’Angleterre, détrôné par Guillaume d’Orange, s’est réfugié en France où Louis XIV l’aide à retrouver son trône. Une armée navale de 24 vaisseaux commandée par le lieutenant général de Châteaurenault débarque ainsi 1 500 hommes dans la baie de Bantry lorsqu’il est rejoint par une flotte anglaise (amiral Herbert). Châteaurenault réussit à la fois le débarquement des troupes et la sortie de la baie sous le feu anglais puis met en fuite l’escadre ennemie qui dénombre plus de trois cents tués ou blessés.


11 mai 1745 : bataille de Fontenoy (Belgique).

La bataille de Fontenoy est un affrontement de la guerre de Succession d’Autriche qui se déroula le  près de Fontenoy dans les Pays-Bas autrichiens, actuellement une localité de la ville belge d’Antoing, dans la province du Hainaut, non loin de la frontière entre la Belgique et la France. Elle opposa les forces du roi de France, Louis XV, à une armée coalisée, formée de troupes des Provinces-Unies, de la Grande-Bretagne, de Hanovre et de l’Autriche, commandée par William Augustus, duc de Cumberland.

La bataille se solda par une victoire française et leur permit de reprendre la ville de Tournai, située à quelques kilomètres au nord, et sa citadelle après y avoir commencé le siège deux semaines plus tôt.

La bataille entre les deux armées se déroule le mardi  dans la plaine de Fontenoy, située entre Fontenoy, Antoing et Ramecroix, à 7 kilomètres au sud-est de Tournai.

Prévoyant l’arrivée de l’armée alliée, le maréchal de Saxe ordonne de construire des retranchements sur la rive droite de l’Escaut. Dès le 8 mai, le village de Fontenoy est fortifié et deux solides redoutes édifiées près de la corne du bois de Barry ; le 10 mai, trois nouvelles redoutes sont érigées entre Fontenoy et Antoing.

La bataille débute le mardi 11 mai vers les cinq heures trente du matin par des tirs d’artillerie, ouverts en premier lieu par les Hollandais. La brume matinale, enveloppant alors les deux armées, ne se dissipe toutefois que vers les six heures, entraînant un puissant duel d’artillerie dont les deux premières illustres victimes sont le lieutenant-général et duc Louis Antoine de Gramont (1689-1745) et le lieutenant-général britannique James Campbell of Lawers (1680-1745).

Informé de la présence d’un ouvrage fortifié garni d’artillerie sur la lisière du bois de Barry, le duc de Cumberland ordonne vers 5h30 au lieutenant-général Richard Ingoldsby de s’emparer de la position ennemie avec une brigade de quatre régiments d’infanterie afin de favoriser le déploiement des troupes britanniques. Apercevant les effectifs du régiment des Arquebusiers de Grassin disposés sur la lisière du bois, le brigadier-général arrête cependant son mouvement en bordure du Vieux chemin de Mons et y tient un conseil de guerre avec ses officiers. Redoutant la présence d’une importante force ennemie, il envoie demander un support d’artillerie. À cause du mauvais état des chemins, les canons ne rejoignent que fort tardivement la position du brigadier-général Ingoldsby, lui interdisant dès lors toute avance victorieuse sur un terrain à présent découvert et placé sous les tirs directs de batteries françaises disposées entre Fontenoy et le bois de Barry. Irrité de l’inaction du brigadier-général Ingoldsby, le duc de Cumberland fait suspendre l’action de cette brigade vers les sept heures du matin et en rattache les effectifs à l’aile droite alliée, commandée par le lieutenant-général hanovrien Ilten. Pour son inaction manifeste, le duc de Cumberland fera mettre en accusation Richard Ingoldsby à Lessines et le fera juger en juillet 1745, à Dieghem, près de Bruxelles, par une cour martiale, présidée par le général John Murray, second Lord Dunmore (1685-1752) qui le suspendra « de paie et de service au bon gré de son Altesse royale ». L’infortuné brigadier sera dès lors désigné à l’opinion publique comme le principal artisan de la défaite des Britanniques lors de la journée de Fontenoy.

À la suite de nombreux retards dans le déploiement des troupes alliées, les premières attaques de la journée ne débutent que vers les neuf heures du matin. Sur l’aile gauche alliée, les troupes hollandaises, positionnées entre Fontenoy et Antoing, mènent d’abord deux attaques, l’une sur Fontenoy, par le prince de Waldeck, et la seconde, sur Antoing, commandée par le lieutenant-général Cronström. Les deux attaques échouent lamentablement sous les tirs de la puissante artillerie française disposée de Fontenoy à Antoing. Opportunément placée la veille près du moulin de Bruyelle, de l’autre côté de l’Escaut, une batterie de canons de 16 livres achève de semer la confusion dans les rangs hollandais. Vers les 10 heures, une seconde attaque, livrée contre le village de Fontenoy, et soutenue par des troupes hanovriennes et britanniques, est à nouveau repoussée, forçant les Hollandais à adopter une attitude désormais passive.

Vers 10h30, le duc de Cumberland ordonne pour sa part à ses troupes d’attaquer par le nord de Fontenoy, entre ce village et la lisière du bois de Barry. Disposés sur trois lignes, les bataillons Anglo-hanovriens, groupant quelque 15 à 16 000 hommes, s’avancent vers les positions françaises en remontant un sol légèrement pentu, le célèbre « ravin » de Fontenoy. Vers les onze heures, ils apparaissent face à la première ligne française, après avoir subi de lourdes pertes occasionnées par l’artillerie ennemie. Cette phase du combat aurait donné lieu à une anecdote légendaire, popularisée par Voltaire dans un ouvrage historique, paru en 1756. Invité à ouvrir le feu en premier par Sir Charles Hay, officier du 1er bataillon des Gardes anglaises, le comte Joseph-Charles-Alexandre d’Anterroches (1710-1785), officier français des Gardes-françaises, lui aurait rétorqué : « Monsieur, nous n’en ferons rien ! Tirez vous-mêmes ! » Cette anecdote, ne reposant que sur la seule version de Voltaire, est historiquement invérifiable. Il était cependant d’usage lors des batailles de se proférer des moqueries, voire des insultes, pour forcer l’adversaire à ouvrir un feu disparate et se retrouver en état de faiblesse. Une seule lettre de Sir Charles Hay, écrite à son frère, trois semaines après le combat, fait référence à un tel comportement lors de la bataille de Fontenoy. S’avançant à la tête de son unité, il aurait sorti de son habit une petite flasque d’alcool et porté un toast moqueur à l’égard des Gardes-françaises, surnommés « les canards du Main » depuis leur piteuse conduite à la bataille de Dettingen en 1743. Quoi qu’il en soit, la tradition populaire ne devait retenir du légendaire dialogue, transcrit par Voltaire, qu’une citation déformée, sous la forme de : « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! » et faire de Fontenoy l’exemple type de la guerre en dentelles.

Les témoignages historiques révèlent que les premiers tirs furent l’œuvre des troupes françaises et que, répliquant avec méthode, les troupes britanniques foudroyèrent de leurs tirs nourris les premiers rangs ennemis et les refoulèrent. Une brèche de quelque 250 mètres de largeur s’ouvrit dès lors, permettant aux Britanniques de pénétrer dans le périmètre français. L’héroïque résistance des défenseurs de Fontenoy et des abords de la redoute du bois de Barry, jointe aux charges de la première ligne de cavalerie française, eurent toutefois pour conséquence de bloquer l’avance ennemie et forcèrent les Britanniques à se réorganiser après un léger repli et à se redéployer sous la forme d’un rectangle fermé sur trois côtés. Vers midi, une nouvelle contre-attaque française, menée de façon disparate, connut un échec sanglant qui suscita un vent de panique dans l’entourage du roi Louis XV. Avec courage et détermination, le roi de France refusa cependant de quitter le champ de bataille. Malgré leur nouvelle avance, les troupes britanniques se retrouvèrent néanmoins immobilisées sur la plaine de Fontenoy et privées de tout appui militaire hollandais sur l’aile gauche alliée. Voyant apparaître vers 13 heures les premiers renforts français conduits par Lowendal, le duc de Cumberland n’eut bientôt plus d’autre choix que d’ordonner un repli sur Vezon. Peu après 13 heures, une contre-attaque générale fut menée de façon unie par les troupes françaises ; canonnée par une batterie de quatre pièces tirant à mitraille, éperonnée sur les flancs par les assauts français et chargée de front par l’ensemble de la cavalerie française et les prestigieux corps de la Maison du roi, la colonne britannique n’eut d’autre choix qu’un rapide repli, mené cependant avec ordre et méthode. Formant la tête du dispositif britannique, la brigade des Gardes anglaises ne se replia qu’en dernier lieu et au prix de très nombreuses victimes. Vers les deux heures de l’après-midi, le maréchal de Saxe ordonna la fin des combats, les troupes britanniques s’étant ralliées près de Vezon. Au cours des derniers assauts, le régiment irlandais de Bulkeley fut la seule unité de l’armée française à s’emparer d’un drapeau du second bataillon des Gardes anglaises. Au cours du combat, le régiment de Noailles-cavalerie perdit un étendard, conquis par le régiment hanovrien Oberg. La bataille prit ainsi fin vers 14 heures ; une heure plus tard, les derniers éléments hollandais quittèrent le champ de bataille. Les forces alliées se replièrent au cours de la soirée et de la nuit vers la place d’Ath. Au terme du combat, les Français s’emparèrent de 36 pièces de l’artillerie alliée et de 150 à 180 caissons. Sur base d’une recherche approfondie de l’historien belge Alain Tripnaux, les pertes des deux armées s’établissent à quelque 14 800 – 15 000 tués et blessés, dont environ 7 500 Alliés et 7 300 Français.

Source : Wikipedia

Bataille de Fontenoy, par Félix Philippoteaux (1815-1884).

11 mai 1857 : attaque du fort de Médine (actuel Mali).

Poussée par la rivalité de son puissant voisin le Royaume-Uni, la France avait l’ambition de créer un empire colonial dans l’ouest de l’Afrique. Une première tranche de crédit pour la ligne de chemin de fer du Dakar-Niger qui formera la colonne vertébrale avait été votée l’année précédente par le pouvoir législatif.

L’armée et ses tirailleurs avaient déjà fait une partie du travail : forçant son chemin vers l’est, elle avait réussi à établir une série de forts (dont celui de Médine construit en 1855 sous la direction de Louis Faidherbe), ainsi qu’une ligne télégraphique, acheminant troupes et canons par les fleuves, sur des navires à vapeur apportés en pièces détachées au début des voies navigables.

L’armée toucouleure comptait de 20 000 à 25 000 hommes armés de fusils et elle fit le siège du fort de Médine, le plus avancé. Le siège dura 97 jours, durant lesquels, à chaque assaut, les assiégeants laissèrent des centaines de cadavres au pied du mur du fort. Rapidement, les monceaux de corps en putréfaction empestèrent la garnison. Le , les militaires et les quelque 7 000 habitants du village allié relié au fort n’eurent plus rien à manger. Le commandant, le sergent Desplat, à court de munitions, prépara des grenades pour se faire sauter « quand il verrait l’ennemi dans la place ».

C’est alors que surgit Faidherbe lui-même, à bord d’un bateau à vapeur transportant « 500 combattants, dont 100 Blancs ». À quelques kilomètres, le navire fut bloqué par des hauts-fonds. Faidherbe clama : « Le devoir est de périr ou de sauver Médine. » On « surchargea les soupapes de sûreté et on poussa les feux ».


11 mai 1916 : mort du commandant de Rose, créateur de la Chasse.

Charles de Tricornot de Rose est né en 1876. Fils d’un officier de cavalerie, il entre à Saint-Cyr en 1895 et choisit les dragons. Condamné à trois ans de non-activité par un tribunal militaire lors de l’affaire des inventaires à la suite de la loi de séparation des églises et de l’Etat, il se passionne pour l’aviation naissante avant de réintégrer l’armée en 1910 au sein de la toute jeune aéronautique militaire. Titulaire du premier brevet d’aviateur militaire en 1911, il participe au développement de cette nouvelle composante des armées en particulier pour l’observation et le réglage d’artillerie tout en étant persuadé, très vite, que l’avion devra aussi participer par son armement aux combats. En août 1914, il commande l’aéronautique de la 5e armée de Franchet d’Esperey. En mars 1915, il crée la première escadrille, spécialisée dans la chasse, la MS 12. Toutefois, il n’y a pas encore une doctrine d’emploi. Après avoir pris le commandement du secteur de Verdun, le général Pétain lui demande, le 28 février 1916, de rassembler les meilleurs chasseurs avec la fameuse injonction : « Je suis aveugle. Rose balayez moi le ciel ». Au bout de quinze jours, les avions du commandant de Rose ont réussi à reprendre la maîtrise du ciel afin que les avions d’observation puissent renseigner le commandement et régler les tirs d’artillerie. La chasse n’étant pas une fin en soi mais le moyen de permettre la réalisation des autres missions de l’aéronautique. Le commandant de Rose meurt dans un accident d’avion le 11 mai 1916 sans avoir vu la totalité de sa réussite. Un avion Bébé Nieuport du type de ceux utilisés lors de la bataille de Verdun est exposé au musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

(Gilles Aubagnac – musée de l’Air et de l’Espace). 


11 mai 1941 : dernier raid du Blitz sur Londres.

La Chambre des Communes, à Londres est détruite tôt dans la nuit lors d’un raid massif responsable de 2 000 incendies et de 3 000 victimes. Quelques jours plus tard la Luftwaffe est envoyée à l’est pour préparer l’invasion de l’URSS ce qui met fin au Blitz. Entre septembre 1940 et mai 1941, ce dernier a fait 43 000 morts, 90 000 blessés graves, et 150 000 blessés légers, tous civils. La Luftwaffe a perdu 2 000 appareils et leurs équipages. L’Allemagne ne parvint cependant pas à briser le moral des Britanniques et n’arriva pas non plus à paralyser leur effort de guerre.


11 mai 1944 : attaque du mont Majo (Italie).

Tandis que la 2e D.I.M. jouit en Campanie d’un repos auquel lui ont donné droit plus de trois mois de dure campagne, une troisième division française a fait son apparition sur le théâtre d’Italie. C’est la 4e D.M.M. Elle est engagée sur le front du Garigliano et appuyée par le 64e R.A.A.

Les ordres qui prescrivaient la relève de la 2e D.I.M. prévoyaient aussi des reconnaissances à effectuer par les groupes de l’A.D./2 en vue de renforcer le 64e R.A.A. Les II/63 et IV/63 prennent position le 10 avril, tandis que les I/63 et III/63 ne mettent en batterie que les 7 et 8 mai.

Il apparaît dès maintenant que le front tenu par la 4e D.M.M., actuellement très large, sera partagé entre les trois divisions du C.E.F. En réalité, une quatrième division est en cours de débarquement et participera elle aussi aux prochaines opérations, c’est la 1re D.M.I.

Les projets d’offensive générale, qui ont été révélés le 25 avril au Général commandant l’A.D./2 sont bientôt connus des échelons subordonnés, des reconnaissances discrètes ayant été prescrites. Des travaux sont même entrepris aux futures positions, sauf pour les I/63 et III/63, qui auront à s’installer de l’autre côté du Garigliano, dans la tête de pont conquise par les Américains. Et chacun, sentant qu’il s’agit cette fois de frapper un grand coup, s’y prépare de toute son âme. Les moyens mis en œuvre seront, paraît-il, importants. Les munitions d’artillerie ne manqueront pas. Un ordre du jour du Général Alexander révèle que l’Armée d’Italie doit être engagée la première dans la grande offensive de printemps. En réalité, c’est le C.E.F. qui frappera au point décisif et, dans le C.E.F. c’est à la 2e D.I.M. que reviendra l’honneur d’effectuer la percée.

La manœuvre a été conçue par le Général Juin et approuvée par le Général Clark, commandant la 5e Armée Américaine. Il s’agit d’attaquer le Mont Majo en suivant la ligne de crête, perpendiculaire au front.

L’ennemi n’a pas pu ne pas se rendre compte de nos préparatifs et les documents capturés prouvent qu’il s’attend à l’attaque. Mais, comme on le saura plus tard, il estime que le terrain difficile interdit toute action décisive en direction du Mont Majo.

La 2e D.I.M. mènera donc l’action de rupture. Initialement les feux de l’A.D./1, de l’A.D./3 et du 64e R.A.A. ainsi que ceux de quatre groupes américains renforceront les feux de sa propre artillerie, en tout 12 groupes de 105 et 7 groupes de 155. C’est au Général commandant l’A.D./2 que revient la tâche de mettre sur pied un plan de feux pour que cette masse d’artillerie, impressionnante si l’on songe que le front de la 2e D.I.M. n’est que de deux kilomètres.

Le 11 mai, tout est prêt. Chacun attend avec une confiance absolue que sonne l’heure H. Le P.C. de l’A.D. s’est établi à Sipicciano d’où l’on domine remarquablement les environs. Le Colonel Lassus rejoint le P.C. tactique de la Division, de l’autre côté du Garigliano, dans la cuvette d’ « Harrogate », à 6 km S.E. du sommet du Mont Majo, d’où il commandera l’artillerie d’appui direct.

Tard dans la soirée, on apprend que l’heure H est fixée à 23 heures. À l’A.D., tout le monde se rassemble sur la terrasse quelques instants auparavant. Les ordres ont été donnés dans les moindres détails ; chacun sait depuis longtemps ce qu’il doit faire et les tirs se déclencheront comme actionnés par un mécanisme d’horlogerie. Donc pas de sujet d’affolement ! Tout est calme, d’un calme impressionnant. La nuit est sereine, l’air délicieux à respirer. Soudain sur la crête d’en face apparaissent des multitudes de petites lueurs et pendant quelques secondes, le silence persiste. Le son n’est pas encore arrivé jusqu’aux spectateurs. Phénomène curieux ! Puis les détonations succèdent aux détonations. La canonnade se prolonge pendant des heures. Des centaines de canons concentrent leurs feux sur ce petit coin de terre. Les obus fumigènes se reconnaissent à leur flamme plus large et plus prolongée. Un incendie s’allume. C’est un dépôt ami de munitions d’infanterie qui saute.

Les renseignements sont lents à parvenir. Et pourtant chacun est avide de savoir, car il a fait du succès de l’attaque une affaire personnelle. Ce n’est que le lendemain au petit jour que les résultats de l’attaque sont connus. Ils sont décevants. Le 8e R.T.M. a bien prit le Mont Faito, mais le 4e R.T.M. a été presque immédiatement arrêté par les feux provenant du Girofano et du Cerasola. Étant donné l’importance de l’effort, un si faible gain est bien près d’un échec. La consternation se lit sur tous les visages.

Général Juin.

Dans la journée du 12, l’espoir renaît. Le Général Juin est passé au P.C. de la Division. Il est monté à l’Ornito où, dans l’abri du Colonel Cailles, commandant l’I.D., il a présidé une longue conférence. L’attaque sera reprise sur le Feuci et le Cerasola dès 14 heures.

La préparation de l’artillerie de l’A.D./2, renforcée par l’A.D./1, commence à 12 h 30. Mais à 13 heures l’ennemi déclenche sur le Faito une contre-attaque immédiatement prise à partie par les tirs du III/63 et du III/64. Le Sous-Lieutenant Dupouts, qui les observe, est debout sur l’arête du Faito. La situation s’aggravant, il doit un moment tirer derrière son observatoire sur des éléments ennemis qui se sont avancés dangereusement et menacent de l’encercler avec les fantassins qu’il appuie. Ces tirs, on le saura plus tard, ont coûtés à l’assaillant des pertes extrêmement sévères et, atteignant le moral allemand, auront une influence sensible sur les succès ultérieurs. L’attaque, contrariée par l’initiative ennemie, est remise au lendemain.

Si les tirs d’artilleries ont été si précis, nos observateurs avancés ont une fois de plus chèrement payé cette précision. Le Capitaine Guinard, du III/63, a été blessé dans la nuit du 11 au 12 à l’observatoire de l’Ornito. Le Sous-Lieutenant Deprey est monté le remplacer au cours de la matinée du 12. On sera bientôt sans nouvelle de lui et ce n’est que quelques jours plus tard qu’on retrouvera son cadavre, percé d’une balle en pleine poitrine.

L’acharnement de l’ennemi à défendre le cirque montagneux Feuci-Majo-Agrifoglio-Girofano-Cerasola ne changera plus les plans de commandement. Le 13 mai, le 5e R.T.M. est engagé entre le 8ème R.T.M. et le 4e R.T.M. Il mènera deux attaques successives appuyées par les feux de l’A.D./2, de l’A.D./1 et de l’A.D./3.

La première attaque est déclenchée à 4 heures précédée d’une préparation de 45 minutes, la deuxième débute à 8 heures, précédée d’une préparation d’une heure et demie. À 9 heures, le Feuci, le Cerasola et le Girofano sont occupés. La nouvelle sème l’allégresse. Le succès a couronné nos efforts, le Général de Division prescrit de l’exploiter au maximum.

En fin de matinée, un piper-cub signale des mouvements de troupes ennemies remontant les ravins qui entourent l’Agrifoglio. C’est la contre-attaque qui se prépare. Mais elle n’aura pas lieu, car l’artillerie intervient. Tous les groupes disponibles sont alertés et exécutent des concentrations sur les ravins indiqués. Bientôt les Allemands, impuissants devant la violence de nos tirs, refluent sur Vallemajo.

Vers 14 heures, est intercepté un message ennemi donnant l’ordre général de repli. À 17 heures, l’Agrifoglio, le Rinchino et l’imposant Mont Majo sont entre nos mains. C’est non seulement le succès, mais la victoire.

La victoire du Mont Majo ! Ce nom restera gravé dans toutes les mémoires. Tous ceux qui y furent ne pourront s’empêcher d’éprouver un mouvement d’orgueil en retrouvant, non seulement dans « Patrie », journal de l’Armée Française en Italie, mais dans tous les journaux alliés, le nom prestigieux de ce massif conquis par la 2e D.I.M.

Artilleurs de l’A.D./2 vous avez votre part de gloire. Vous tous, observateurs, téléphonistes, radios, servants, jusqu’au plus humble pourvoyeur, vous avez contribué à cette magnifique victoire. Et pendant plusieurs jours, les fantassins viendront vous dire les ravages que vous avez commis dans les rangs adverses : les cadavres du Girofano, les lance-flammes du Cerasola démolis avant d’avoir servi. Ils vous remercieront, en pensant avec une horreur rétrospective au mal que ces engins auraient pu faire chez eux.

La victoire du Mont Majo illustre remarquablement la puissance de l’Artillerie employée en masse et réfute les arguments de ceux qui la croient appelée à disparaitre dans la guerre moderne. Ni l’aviation, ni les chars, à supposer qu’ils aient pu être utilisés dans ce terrain, n’étaient capables de réaliser cette soudaineté, cette précision et cette action de masse, qualités qui ont fait la valeur de la préparation sur le Cerasola et brisé la contre-offensive du Faito.

Le 14 mai, l’exploitation commence, non seulement pour le 2e D.I.M., mais aussi pour les Divisions voisines.

La prise du Massif du Majo qui domine toute la région devait normalement être suivie d’un vaste décrochage. L’effet prévu ne manque pas de se produire, mais les routes sont peu nombreuses et, dans sa hâte, l’ennemi doit abandonner un abondant matériel.

Et dès lors commence la poursuite, enivrante, génératrice d’une joie féroce. C’est la guerre de mouvement, la guerre fraîche et joyeuse que chacun attendait depuis si longtemps. Le rythme de l’avance est variable. Le P.C. de l’A.D., ceux des groupes, s’installent parfois pour deux ou trois jours. Puis, la marche en avant s’accélérant, deux, voire trois positions successives sont occupées dans la journée. On s’endort en songeant que, le matin encore, un Boche se levait de ce même lit.

Et plus l’avance est rapide, moins l’artillerie tire. Est-ce à dire que les artilleurs se reposent ? Certes non. La sortie de batterie et la mise en batterie sont aussi pénibles qu’un tir prolongé. Quand la situation le permet, l’artillerie est laissée sur roues au voisinage des positions éventuelles. Mais la prudence a ses exigences. La contre-attaque est toujours possible. Il faut y parer.

Le 15 mai, grâce à l’esprit de décision du Capitaine Jubert, observateur avancé du I/63, ce groupe participe brillamment à la conquête des hauteurs de Santa Lucia qui protègent toute la vallée du Liri. Dans une première tentative du I/5e R.T.M. pour s’en emparer, les premiers éléments ont été cloués au sol par les armes automatiques, tandis que la compagnie de tête toute entière était soumise à des tirs de mortiers, subissant des pertes nombreuses. Le Capitaine Jubert part en reconnaissance avec le soutien d’une section franche et situe les défenses à neutraliser. Les tirs qu’il exécute au retour étant encore insuffisants pour faire taire l’ennemi, Il propose à son groupe, par radio, un plan de feu, instantanément mis sur pied. 600 coups sont prévus. Les tirs sont si bien ajustés que l’ennemi ne peut réagir et les hauteurs sont conquises.

Après la prise du Majo, l’effort principal s’exercera à gauche, dans le secteur de la 3e D.I.A., puis à droite, dans celui de la 3e D.M.I. suivant une méthode de coups d’épaules successifs. Du Mont Castellone qui domine le Liri, la 2e D.I.M. prête aux divisions voisines une aide efficace.

L’A.D./2 tire surtout au profit de la 3e D.I.A. Les groupes se portent dans la région de San Andréa, puis de Vallémajo, où, partout, des cadavres, des véhicules détruits, des canons, des dépôts de munitions abandonnés témoignent de la défaite de l’ennemi.

Le 16 mai, la 1re D.MI. et la 3e D.I.A. effectuent leur jonction en avant de la 2e D.I.M. qui passe en réserve de Corps d’Armée.

L’A.D./2 reste à la disposition de la 3e D.I.A. sous les ordres du Lt. Colonel Schoeller. Elle appuie, le 17, l’attaque de cette Division en direction d’Espéria qui est pris à 10 h 30. La sortie Nord Est de la ville offrira à ceux qui y passeront les jours suivants un spectacle des plus propres à dégoûter des horreurs de la guerre, quoique des plus satisfaisants en ce qui concerne l’efficacité de l’artillerie. Des véhicules détruits, des chars calcinés, des cadavres carbonisés gisent pêle-mêle dans un chaos indescriptible. Ici un tronc, plus loin des membres qui n’ont plus rien d’humain. Dans les chars, de la chaire grillée. Une pancarte placée là indique que ce massacre est dû à la 13e Brigade Américaine. Un Piper-Cub a découvert ce rassemblement sur la route de la retraite et l’a impitoyablement pris à parte. Bravo, messieurs les Américains !

Le 18 mai, tandis que l’A.D. est encore au combat, le reste de la Division participe à une prise d’Armes en présence du Général de Gaulle. Le Maréchal des Logis Imbert du III/63 reçoit une Médaille Militaire. Sous-officier observateur détaché à la liaison auprès de l’infanterie, il a fait preuve d’un courage exceptionnel à l’attaque du Mont Faito et au cours des contre-attaques des 11 et 12 mai.

Jusqu’au 22 mai, les II/63 et IV/63 restés en appui de la 3e D.I.A. effectuent des tirs sur chars, des tirs sur Nebelwerfers, des concentrations, des interdictions. Dans la soirée du 22 mai, le II/63 subit le feu de l’artillerie ennemie. Un obus tombe sur la 6ème batterie. Un canonnier est tué, trois autres blessés. Plus tard, un obus tombe sur une pièce de la 5ème batterie, cinq canonniers sont tués. La liste des morts s’allonge. Pendant près de 24 heures, sur cette funeste position de San Oliva le II/63 et le IV/63 subissent un harcèlement presque incessant d’obus de tous calibres.

La guerre de poursuite prend un aspect tout différent de celle à laquelle la Division était habituée. Elle s’effectue sous le signe de la décentralisation, indispensable en raison de la rapidité de la marche et de la précarité des liaisons. La situation est souvent mal connue. Des voitures passent chez l’ennemi par erreur, d’autres sont tirées à bout portant par les canons antichars. L’avance moins rapide d’une unité découvre le flanc d’une unité voisine. C’est ainsi que, le long du Sacco, le retard constant des britanniques obligera la Division à défendre un flanc découvert plus long que le front. Il résulte de ces mouvements de tiroirs que les groupes, voire l’A.D., se trouveront parfois à portée des armes automatiques ennemies.

La guerre des mines, guerre sournoise et odieuse, prend une importance inconnue jusque-là. Les Allemands en font un emploi massif et le Génie est débordé. Il se borne, en première urgence, à déminer les routes. Mais les artilleurs utilisent aussi les petits chemins, les reconnaissances et les mises en batterie suivent de près la conquête du terrain. Les accidents sont nombreux et se produisent aussi bien dans la zone arrière que dans la zone avant. Les mines contre le personnel alternent avec les tellermines. L’insécurité dure indéfiniment. Une jeep saute sur un chemin où sont déjà passé cent véhicules.

D’autre part, les destructions systématiques freinent la marche. À chaque instant, on se heurte à un pont coupé, à un tronçon de route démoli et il faut rebrousser chemin.

Ces destructions si gênantes ont néanmoins fini par devenir une source précieuse de renseignements pour le Commandement, grâce aux Piper-Cubs de l’artillerie. Elles indiquent en effet un repli ennemi dont il est possible, en rassemblant les informations, de connaître la profondeur. D’où l’importance des missions matinales des avions d’observation de l’A.D., les décrochages s’effectuant généralement de nuit. Là, certes, ne se borne pas le rôle de ces merveilleux petits appareils et il est temps de dire un mot de la part qui leur revient dans nos succès.

Les premières sections de Cubs de l’A.D. ont été mises sur pied en Afrique du Nord par le Capitaine Arnould. Les services qu’on pouvait en attendre n’ont pas été immédiatement appréciés à leur juste valeur. C’est avec l’arrivée des « as », les Lieutenants Verniers-Palliez et Candas, tous deux observateurs en même temps que pilotes, que le rendement des appareils s’est accru considérablement. Réglant les tirs à la verticale des objectifs, en dépit des tirs de D.C.A., scrutant le terrain d’un œil étonnamment perçant, traquant l’ennemi dans sa fuite, ils ont valu à leurs groupes une efficacité largement accrue et à l’ennemi des tracas sans nombre. C’est un miracle qu’aucun Piper-Cub de l’A.D./2 n’ait été abattu. Combien sont rentrés criblés de balles ! L’un d’eux, au cours d’une mission du Lieutenant Vernier-Palliez, a reçu un obus dans l’aile. Qu’il soit revenu se poser normalement sur le terrain est encore un mystère !

C’est le 23 mai que la 2e D.I.M. est engagée de nouveau. Elle s’introduit entre la 3e D.I.A. et la 4e D.M.M. et s’articule en deux groupements, comprenant chacun de l’infanterie, de la cavalerie et un groupe d’artillerie. Ce sont les II/63 et III/63 qui font partie de ces groupements, les autre groupes étant maintenus en action d’ensemble.

Le 23 mai, Pontécorvo est pris. Les groupes sont à la limite de portée, mais la route de Pico n’est pas utilisable et il faut attendre que la 3e D.I.A. ait prise cette ville. Ce n’est que dans la nuit du 24 au 25 et dans la journée du 25 que les groupes font mouvement, pour se retrouver tous à l’Ouest de Pico, au Sud de la route d’Itri. Les positions défilées ne sont pas nombreuses, les routes utilisables non plus.

Le malheureux II/63 est encore éprouvé : un tué et deux blessés au détachement de liaison auprès du groupement tactique le 23 Mai, lors de la tentative de débouché des éléments motorisés sur Pasténa.

Pasténa est pris le 26 mai, Castro dei Volsci le 27. Ce même jour, la 3e D.I.A. est mise au repos. Suivant un procédé classique, la 2e D.I.M. lui a coupé la route pour atteindre le Sacco, limite gauche du secteur canadien. La Division aura pendant quelques jours à sa droite, mais toujours bien en arrière, la VIIIème Armée Britannique.

Dans la région où se bat maintenant la 2e D.I.M., les villages sont bâtis au sommet des pitons et peuvent facilement être transformés en forteresse. Ainsi se présente Castro dei Volsci au pied duquel se transporte, le 28, le P.C. de l’A.D./2. Du cimetière, où l’A.D. a installé un observatoire, on domine magnifiquement le secteur britannique. Pofi, perché sur sa colline, semble tout proche, les clochers de Valmontone apparaissent au loin et, pour se déplacer dans la plaine, les Allemands prennent sans doute des précautions infinies.

Cette guerre de mouvement est faite de marches rapides et d’arrêts brutaux, l’ennemi s’accrochant à des points bien choisis. Il faut alors monter une nouvelle attaque pour l’en déloger. C’est dans telle circonstance que le Général commandant le C.E.F. prescrit, le 30 mai, une action de force sur le col de Palombara, à la limite entre la 4e D.M.M. et la 2e D.I.M., l’A.D./1 et deux groupes de l’A.D./3 renforceront l’A.D./2 pour cette opération. Les I/63 et III/63 sont en appui direct des 5e R.T.M. et 8e R.T.M. L’attaque se déclenche à 9 heures et réussit à faire tomber la résistance ennemie.

La coopération des A.D. sera par la suite étroitement définie par la nouvelle organisation du C.E.F. La 1re D.M.I. marchera dans le sillage de la 2e D.I.M. Ces deux Divisions se relèveront tour à tour et se prêteront l’appui de leur A.D. De même, la 3e D.I.A. suivra la 4e D.M.M.

Du 30 mai au 4 juin, date à laquelle elle est dépassée par la 1re D.M.I., la Division s’empare successivement de Ceccano, Tomacella, Supino, Morolo, Gavignano, la station d’Agnani. Les groupes de 105 de l’A.D./2 font partie des groupements tactiques, les autres groupes participent à l’action d’ensemble. Le I/63 tire le 31 mai son 100.000ème coup de canon depuis le début de la campagne d’Italie.

La relève effectuée, Le P.C. de la Division et celui de l’A.D. s’installent à Colle Ferro. Dans la nuit du 4 au 5 Juin, alors que chacun est plongé dans un profond sommeil que ne trouble plus la perspective des tirs à effectuer, un ordre intempestif vient mettre un terme à cette quiétude. Les bâtiments de l’école où se trouve l’A.D. sont minés et doivent être évacués immédiatement. Les commentaires ajoutent que le château de Carpinetto Romano, ancienne villa du Pape Léon XIII, a sauté de cette façon, ensevelissant une quarantaine d’Officiers et des Goumiers d’un groupement de Tabors Marocains. L’A.D. et la B.R.H. quittent à regret le P.C. assez confortable de Colleferro et vont s’installer près de Gavignano. Seul, le Chef d’Escadron Robin, que l’on a oublié de prévenir, s’attarde sur son mol oreiller, inconscient du danger qu’il court. Par la suite, on repassera devant la fameuse école, espérant qu’elle aura sauté. Mais non, les victimes de la désagréable plaisanterie nocturne n’auront même pas cette consolation.

Le repos débute sous d’heureux auspices. Rome a été prise dans la nuit du 4 au 5. La nouvelle d’un débarquement allié en Normandie est accueillie avec des transports de joie. Une ombre au tableau : Le Général Poydenot est désigné comme Commandant d’armes français de Rome, en attendant que le Gouvernement ait pourvu régulièrement ce poste. Son départ, heureusement, n’est pas définitif. Le Colonel Lassus prend provisoirement le commandement de l’A.D.

Le 12 Juin, la Division, qui doit se regrouper au Nord de Rome en vue de son engagement ultérieur, occupe un cantonnement intermédiaire entre Rome et Frascati. Le P.C de l’A.D. est à quelques kilomètres de la capitale. Occasion unique de contempler la Ville Éternelle ! Chacun s’en va, à son tour, admirer le Dôme de Saint Pierre et flâner dans les ruines du Colisée. Le pape reçoit en audience particulière les Officiers de l’A.D. auxquels se sont joints, nombreux des Officiers des autres Corps.

Rome, n’est-ce pas un peu la conquête de la 2e D.I.M. ? La rupture du front du Mont Majo n’est-elle pas le premier pas de la marche triomphale ? La fierté qui se lit sur tous les visages au défilé du 15 Juin est en partie faite de cette impression. Il s’y mêle sans doute la satisfaction de parader en vainqueur devant ces Italiens qui nous réclamaient Nice, la Savoie et la Corse et nous ont si lâchement attaqués en 1940.

Le 16 et le 17 Juin, l’A.D. et les groupes effectuent le deuxième temps du mouvement prévu. L’A.D. s’installe à Isola Farnèse.

Extrait de l’« Historique de l’artillerie de la 2e Division d’Infanterie Marocaine – 1942-1945″

Source : BAS’ART


11 mai 1960 : le Mossad enlève Adolph Eichmann (Buenos Aires).

Responsable durant la Seconde Guerre mondiale de la logistique de la solution finale, l’officier SS Eichmann est fait prisonnier par les Américains en 1945 alors qu’il tente de fuir sous une fausse identité. Le 5 février 1946, il s’évade et gagne l’Argentine après s’être caché en Allemagne, en Autriche et en Italie pendant 4 ans grâce à des complices.

Le Mossad intervient secrètement en Argentine, sur ordre du Premier ministre israélien Ben Gourion, et parvient à l’enlever et à l’exfiltrer vers Israël. Les Israéliens veulent un procès à l’image de celui de Nuremberg pour accomplir un travail de mémoire auprès de la jeune génération.

Ce procès très médiatisé est suivi dans le monde entier. L’accusé reconnait les faits mais affirme n’avoir fait qu’obéir aux ordres reçus. Il est pendu et incinéré le 1er juin 1962. Ses cendres sont dispersées dans les eaux internationales de la Méditerranée.


11 mai 1988 : mort à 76 ans de Kim Philby (Moscou).

Agent double britannique à la solde du KGB, Philby est un des plus célèbres traitres de la période de la Guerre Froide. Issu d’une famille prestigieuse, il est plus ou moins clairement protégé par le gouvernement britannique lorsque les soupçons des services secrets occidentaux se transforment en preuves. Ecarté du MI6, il s’exile à Beyrouth puis gagne l’URSS où il est accueilli en héros. Le scandale est grand au Royaume-Uni mais aussi en Occident.

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