Face à la multiplication de la menace drone, la Marine nationale poursuit l’adaptation de la protection de ses emprises. En octobre, elle doit expérimenter pendant plusieurs jours un ballon captif au-dessus de la base navale de Toulon afin de tester de nouvelles capacités de détection.
Selon Nice-Matin, qui confirme une information initialement révélée par Le Marin, l’aérostat serait conçu par A-NSE (Aéro-Nautic Services & Engineering), entreprise française implantée à La Ciotat et spécialisée dans les ballons captifs et stratosphériques. La préfecture maritime de la Méditerranée a confirmé l’expérimentation et sa vocation de détection des drones, sans détailler le dispositif qui sera embarqué.
L’intérêt d’un ballon captif réside notamment dans sa capacité à maintenir durablement en altitude des capteurs au-dessus d’une zone fixe. Les systèmes développés par A-NSE peuvent, selon l’entreprise, emporter jusqu’à 300 kg de charge utile à 1 500 mètres d’altitude pendant une quarantaine de jours. Radars, caméras infrarouges, moyens de brouillage ou autres capteurs peuvent ainsi être envisagés selon les configurations.
Ce ne sera pas une première pour la Marine nationale. En mars 2025, elle avait déjà expérimenté un ballon d’A-NSE depuis le porte-hélicoptères amphibie Tonnerre lors de l’exercice Dragoon Fury, au large de Toulon. L’armée de l’Air et de l’Espace teste également depuis le 31 août un ballon captif sur la base aérienne 113 de Saint-Dizier pour travailler sur la détection et la lutte contre les drones.
Le sujet prend une importance croissante pour la protection des infrastructures militaires. Le nouveau préfet maritime de la Méditerranée, le vice-amiral d’escadre Laurent Hermann, rappelait récemment que la Marine adaptait en permanence ses moyens, ses tactiques et ses postures face à cette menace.
À Toulon, qui concentre une part majeure des capacités navales françaises, l’expérimentation illustre une évolution plus générale : face à des drones peu coûteux, discrets et potentiellement difficiles à détecter, la protection des bases devient elle-même un champ d’innovation opérationnelle.
Face aux drones, la Marine Nationale va tester un ballon captif au-dessus de Toulon.






