14 mai 1097 : début du siège de Nicée lors de la première croisade.
La cité bénéficie de solides défenses, 6 kilomètres de remparts avec 240 tours et, au sud-ouest, le lac Ascanios qui empêche l’accès de ce côté en assurant un approvisionnement en eau.
Pour parvenir à Nicée, Godefroy de Bouillon fait élargir la route reliant Nicomédie à Nicée et l’empereur Alexis 1er Comnène s’engage à assurer un ravitaillement régulier. Après une étape à Nicomédie du 1er au , le 4 mai les croisés s’avancent vers Nicée. La ville est atteinte le 6 mai. Les Lorrains menés par Godefroy de Bouillon s’installent au nord, les Normands de Bohémond de Tarente à l’est, et les troupes de Raymond de Saint-Gilles, arrivées le 16 mai, au sud. Entre-temps un premier assaut a lieu le 14 mai.
Enfin, les survivants de la croisade populaire, autour de Pierre l’Ermite, arrivent avec un contingent byzantin commandé par Manuel Boutoumitès. Alexis Comnène fait également venir des machines de sièges et la ville est bientôt cernée aux trois quarts. Seule subsiste libre la porte sud de la ville, par laquelle Kılıç Arslan tente de faire parvenir des renforts, mais l’armée de Raymond de Saint-Gilles et d’Adhémar de Monteil, arrivée peu après sur les lieux, les surprend et anéantit cette troupe de renforts.
Les assiégés tentent une sortie le 16 mai, mais elle est repoussée et ils laissent environ 200 hommes sur le champ de bataille. Profitant de ce succès, Raymond tente de miner une tour de l’enceinte en la faisant saper par ses mineurs. Cette tour s’écroule enfin au cours d’une nuit, mais les Turcs réussissent à réparer la brèche et les croisés n’ont d’autre choix que de faire un siège en règle. L’arrivée de l’armée de Robert Courteheuse, duc de Normandie, permet de réaliser un blocus complet du côté terrestre, mais les Nicéens peuvent encore se ravitailler par des barques naviguant sur le lac Ascanios.
Pour les croisés, la prise de Nicée est la première action militaire contre l’islam, et leur permet de continuer sur la route de Jérusalem. Le 1er juillet, les croisés battent Kılıç Arslan à la bataille de Dorylée, et atteignent Antioche en octobre. Ils atteignent Jérusalem deux ans plus tard et fondent une série d’État chrétiens en Syrie, qui se perpétuent pendant près de deux siècles.
Lire sur TB :
- L’adaptation technique et tactique du combattant Franc à l’environnement proche-oriental à l’époque des Croisades (1190-1291)
- La valeur militaire des armées de la première croisade
- Partir en croisade, le guide du chevalier

14 mai 1607 : naissance d’Alberte-Barbe d’Ernécourt, Dame de Saint-Baslemont, héroïne de la guerre de Trente Ans, connue sous le nom de Madame de Saint-Baslemont ou encore d’Amazone chrétienne.
En 1632, la France envahit le Barrois et la Lorraine. Tandis que son mari combat en Allemagne aux côtés du duc de Lorraine, Charles IV, Madame de Saint-Baslemont, qui soutient le parti français, réside sur ses terres de Neuville-en-Verdunois.
Portant vêtement d’homme, et mettant à profit les connaissances militaires que son père lui avait apprises, elle va protéger ses gens contre la soldatesque de tous pays (notamment française, suédoise et croate) qui ravage la Lorraine. Femme forte du XVIIe siècle, Madame de Saint-Baslemont s’illustre dans la formation au combat des habitants des villages environnants afin de contrer les tentatives de pillage et autres exactions menées par les armées et les bandes de mercenaires. Elle veillera aussi sur le sanctuaire de Notre-Dame-de-Benoite-Vaux, allant jusqu’à mettre en sécurité chez elle la statue vénérée de la Vierge. Escortant également les convois qui ravitaillent la place de Verdun, son courage impressionne les officiers ennemis français qui la font peindre par Claude Deruet dans un ensemble d’exceptionnels et rares portraits équestres (en 1646, pour le tableau exposé au musée des Beaux-arts de Nancy).
En 1644, la peste emporte son fils de quatorze ans et son mari est tué au combat.
En 1646, sa fille et héritière, Marie-Claude d’Haraucourt, épouse Louis des Armoises, seigneur de Jaulny et de Commercy.
Femme aux ressources étendues, la guerre ne l’empêche pas d’écrire des tragédies religieuses.
Elle vieillit alors que la Lorraine des Trois-Évêchés est livrée au rude gouvernement de l’occupant français gouverné par La Ferté-Sénectère. Tous ses biens sont réquisitionnés et sa maison occupée. Malade, elle entre chez les clarisses de Bar-le-Duc et revient mourir chez elle le à 53 ans.
Son tombeau est encore visible de nos jours dans l’église de Neuville-en-Verdunois.

14 mai 1610 : Louis XIII devient roi de France à la suite de l’assassinat d’Henri IV survenu le jour même.
Son règne, dominé par la personnalité du cardinal de Richelieu, principal ministre d’État, est marqué par l’affaiblissement des grands et des protestants, la lutte contre la maison d’Autriche et l’affirmation de la domination militaire française en Europe pendant la guerre de Trente Ans. De son mariage avec l’infante Anne d’Autriche, il a tardivement deux fils : le futur Louis XIV, et Philippe, duc d’Anjou fondateur de la maison Orléans.
Louis XIII est un roi-soldat comme son père, « le dernier grand roi de guerre à la manière médiévale, partageant la rude vie du soldat et des camp ». Depuis toujours, il est passionné par les chevaux et par les armes. Excellent cavalier, il se trouve fréquemment sur les champs de bataille, où il montre un grand courage. En temps de paix, la chasse est son passe-temps favori. Il ne craint pas de dormir sur la paille, quand ses chevauchées l’emmènent loin de la ville. Il écrit des articles militaires pour la Gazette de Théophraste Renaudot.
Il affirme nettement l’unité du Royaume, contre les protestants, les grands et l’Espagne, en général par l’usage de la force. Le Béarn et la Navarre sont rattachés à la couronne tandis que les protestants cessent de former un « État dans l’État ». Perpignan, le Roussillon, et la Catalogne en révolte contre l’Espagne sont annexés à la France, de même que l’ensemble de la Savoie et du Piémont, ainsi que la ville de Casale Monferrat. Au nord, une grande partie du Hainaut est conquise avec la prise d’Arras. À l’est, la Lorraine est intégralement occupée par les troupes françaises. Enfin, le roi subventionne les expéditions de Champlain au Canada et favorise le développement de la Nouvelle-France. Louis XIII laisse faire Richelieu qui cherche à doter la monarchie française d’une marine de guerre. Cette jeune marine, qui compte une soixantaine de vaisseaux et un peu plus de vingt galères en 1642, intervient efficacement contre la flotte espagnole en Méditerranée et sur les côtes atlantiques.

14 mai 1643 : Louis XIV devient roi de France à la suite de la mort de Louis XIII.
Le règne de Louis XIV, également connu sous le nom de Roi-Soleil, s’étendit de 1643 à 1715, faisant de lui le monarque le plus longtemps régnant de l’histoire de France. Son règne est souvent associé à l’apogée de l’absolutisme royal et à la grandeur de la monarchie française.
Louis XIV est né en 1638 et a accédé au trône à l’âge de quatre ans, après la mort de son père. Pendant sa minorité, le pouvoir fut exercé par des régents, mais à partir de 1661, Louis XIV prit les rênes du gouvernement et gouverna de manière autocratique.
Sous son règne, la France a connu une centralisation accrue du pouvoir royal. Il a affaibli la noblesse et renforcé le contrôle royal sur les provinces, établissant ainsi une administration centralisée et un système juridique uniforme.
Louis XIV a poursuivi une politique étrangère ambitieuse et a mené de nombreuses guerres pour étendre les frontières françaises. Il a cherché à renforcer la position de la France en Europe et à faire de la nation la puissance dominante. La guerre de Dévolution, la guerre de Hollande et la guerre de Succession d’Espagne sont parmi les conflits les plus notables de son règne.
Sur le plan culturel, il a été un mécène des arts et des lettres. Il a fondé l’Académie royale de danse, l’Académie royale de musique (plus tard connue sous le nom d’Opéra) et l’Académie royale d’architecture. Il a également favorisé le développement du style baroque en architecture et a fait construire le célèbre palais de Versailles, qui est devenu le symbole de son pouvoir absolu.
Le règne de Louis XIV a été marqué par la splendeur, la magnificence et l’opulence de la cour, mais aussi par des coûts économiques et sociaux élevés pour le peuple français. Les guerres et les dépenses somptueuses de la cour ont créé des tensions financières et contribué aux conditions sociales qui ont finalement conduit à la Révolution française.
Au total, le règne de Louis XIV a laissé une empreinte durable sur la France et l’Europe. Son absolutisme, sa politique étrangère ambitieuse et son mécénat culturel ont fait de lui une figure emblématique de la monarchie absolue et ont façonné l’histoire de la France du XVIIe siècle.

14 mai 1727 : naissance de Jacques Gabriel Louis Le Clerc de Juigné, lieutenant général des armées du roi, ancien ambassadeur de France en Russie, il fut élu député de la noblesse aux États généraux de 1789.
Jacques Gabriel Louis Le Clerc entra au service, aux mousquetaires, le , et fit successivement les campagnes de 1743 à 1748 et de 1756 à 1762, en Bohême et en Allemagne, dans les guerres dites de la succession d’Autriche et de Sept Ans.
Juigné se trouva, avec le corps des mousquetaires à la bataille de Dettingen, au mois de . Il obtint, le 4 octobre suivant, dans le régiment de cavalerie d’Egmont, une compagnie, qu’il commanda aux sièges de Menin et d’Ypres, et au camp de Courtrai, en 1744 ; à la bataille de Fontenoy ; aux sièges de Tournay, d’Oudenarde, de Dendermonde et d’Ath, en 1745 ; au siège de Bruxelles et à la bataille de Raucoux, en 1746 ; et à la bataille de Lawfeld, en 1747.
Devenu colonel du régiment de Blaisois Infanterie, par commission du , il joignit ce régiment à l’armée d’Italie et l’y commanda jusqu’à la paix. Le régiment de Blésois ayant été réformé et incorporé dans celui de Guienne, par ordonnance du , le marquis de Juigné fut mis colonel « à la suite » du régiment des Grenadiers de France, par ordre du , et servit avec ce régiment au camp de Dieppe, en 1756 ; à la bataille de Hastenbeck ; à la prise de Minden, de Hanovre et de plusieurs autres places de l’électorat ; au camp de Closterseven ; à la marche sur Zell, en 1757 ; et à la retraite de l’électoral de Hanovre, au commencement de 1758.
Nommé colonel d’abord du régiment de Nice, puis du régiment de Champagne, par commission du , il prit le commandement de ce dernier à la bataille de Crevelt, le 23 du même mois. Il commanda la colonne de la gauche, à l’attaque d’Herderen, au mois d’octobre suivant, et s’y distingua particulièrement, sous les ordres du marquis de Poyanne.
Créé brigadier, par brevet du , il commanda la brigade de son régiment à la bataille de Minden, le 1er août ; aux combats de Korbach et de Warburg, en 1760 ; à l’attaque de Fillinghausen, en 1761 ; et à plusieurs actions qui eurent lieu vers la fin de cette campagne, et pendant celle de 1762.
Déclaré, au mois de décembre de cette dernière année, maréchal-de-camp, dont le brevet lui avait été expédié dès le 25 juillet précédent, il se démit alors du régiment de Champagne. Il mourut le 14 août 1807 à l’âge de 80 ans.

14 mai 1936 : mort du général britannique Edmund Allenby, qui a joué un rôle clé pendant la Première Guerre mondiale et dans la campagne du Moyen-Orient.
Pendant la Première Guerre mondiale, Allenby a commandé avec succès des troupes britanniques sur le front de l’Ouest. En 1917, il a été nommé commandant en chef de l’armée britannique en Égypte et en Palestine.
Sous son commandement, les forces britanniques ont remporté plusieurs victoires décisives contre les forces ottomanes dans la région du Moyen-Orient. L’une des batailles les plus célèbres a été la bataille de Beersheba en octobre 1917, où les cavaliers de l’armée britannique ont mené une charge audacieuse et ont capturé la ville.
Allenby a poursuivi sa campagne militaire et a remporté une série de victoires stratégiques, notamment à Gaza et à Jérusalem. En décembre 1917, les forces britanniques ont pris le contrôle de Jérusalem, mettant ainsi fin à des siècles de domination ottomane dans la région. il a continué à diriger les forces britanniques dans le Moyen-Orient et a remporté d’autres succès notables, notamment la bataille de Megiddo en septembre 1918, qui a abouti à l’effondrement total des forces ottomanes dans la région.
Après la fin de la guerre, il a été nommé haut-commissaire britannique en Égypte et a joué un rôle important dans la stabilisation de la région et l’établissement du mandat britannique en Palestine.
Lire également sur Theatrum Belli : Comment les Britanniques ont fait main basse sur le Moyen-Orient durant la Grande Guerre.

14 mai 1954 : mort à 65 ans du Generaloberst Heinz Guderian.
Surnommé « Heinz le Rapide » (Schneller Heinz), il est l’un des concepteurs de l’arme blindée allemande. Il a appliqué la doctrine de la guerre éclair (en allemand : Blitzkrieg), incluant l’utilisation intensive des chars d’assaut, lors des invasions de la France (1940) et de l’Union soviétique (1941).
Tombé en disgrâce auprès de Hitler après son échec lors de la bataille de Moscou à la fin 1941, il est rappelé comme inspecteur de l’arme blindée en 1943, puis comme responsable du front de l’Est de à .
Prisonnier de guerre des Américains de 1945 à 1948, il est libéré sans être inculpé de crimes de guerre. Après sa libération, il devient un des conseillers pour l’organisation des forces blindées de la future armée de l’Allemagne de l’Ouest, la Bundeswehr. Celle-ci voit le jour un an et demi après sa mort, le , pour être aussitôt intégrée à l‘Alliance atlantique, alors en guerre froide contre le bloc soviétique. L’image qu’il se donne à travers ses mémoires, niant tout rapport avec les exactions meurtrières du régime national-socialiste, participe à la création du mythe d’une Wehrmacht aux mains propres durant la guerre.

14 mai 1956 : création des Forces armées royales (Maroc).
Le 14 mai 1956, soit un peu plus de deux mois après la signature, le 2 mars, de la convention franco-marocaine abolissant le traité de Fès et mettant fin au protectorat, le sultan Mohammed V décide de doter le royaume nouvellement indépendant d’une armée nationale. La date marque la naissance officielle des Forces armées royales (FAR) et donne lieu, le jour même, à un premier défilé militaire à Rabat qui consacre publiquement la nouvelle institution.
Sur le plan juridique, la création des FAR est consolidée quelques semaines plus tard. Le dahir n° 1-56-138 du 25 juin 1956 porte officiellement création des Forces armées royales, texte complété par un second dahir du 8 septembre suivant qui en fixe l’entrée en vigueur de manière rétroactive au 12 mai 1956. Le ministère de la Défense nationale sera, lui, institué par un dahir du 8 novembre 1956.
La direction du chantier est confiée au prince héritier Moulay Hassan, futur Hassan II, alors âgé de 26 ans. Nommé chef d’état-major des Forces armées royales par son père, il en assurera également le commandement opérationnel lors de la répression du soulèvement du Rif à la fin de l’année 1958. Selon les recherches publiées sur la coopération militaire franco-marocaine, la décision de constituer une armée régulière, fixée d’abord à 1 500 hommes, est arrêtée dès le 15 avril 1956, au retour à Rabat des négociations menées à Madrid avec l’Espagne, qui accepte alors de reconnaître au Maroc la pleine souveraineté militaire concédée par la France.
La nouvelle armée est issue d’un amalgame de trois composantes héritées de l’histoire récente du pays. Avec la fin des protectorats, environ 14 000 soldats marocains servant dans l’armée française et 10 000 issus de l’armée espagnole sont transférés aux FAR. À ces effectifs s’ajoutent quelque 5 000 anciens combattants de l’Armée de libération nationale (ALN), qui avait pris les armes contre la présence coloniale. Environ 2 000 officiers et sous-officiers français demeurent provisoirement au Maroc, le temps que les écoles militaires de Saint-Cyr, Coëtquidan, Tolède et Dar al Beïda à Meknès forment un encadrement national. À la veille de l’indépendance, l’unique officier général marocain est le général de brigade Mohamed Kettani, ancien de l’armée française.
L’institution regroupe dès l’origine plusieurs branches : l’armée de terre, les Forces royales air — créées le même 14 mai 1956 —, la marine, la Gendarmerie royale et les Forces auxiliaires. Le roi est, en vertu des textes fondamentaux successifs, chef suprême et chef d’état-major général des FAR.
Aux yeux de Mohammed V, la création de cette armée constitue, au-delà de sa fonction de défense, un attribut de souveraineté de l’État nouvellement indépendant et un instrument d’unification, par l’intégration sous un commandement unique de soldats venus d’horizons disparates. Dès 1956, les FAR sont également associées à des missions civiles, comme l’opération « Tafilalet » de construction de villages dans le sud du pays.
Depuis cette date, le 14 mai est célébré chaque année comme la fête des Forces armées royales. En 2026, l’institution marque ses 70 ans d’existence.






