5 octobre 610 : Héraclius, venu de Carthage, prend Constantinople.
La flotte partie d’Afrique du Nord entre dans la capitale byzantine, l’empereur Phocas est exécuté et Héraclius est couronné le jour même. Le pouvoir impérial change de mains à la suite d’une expédition navale montée depuis l’exarchat de Carthage.
Phocas, officier subalterne de l’armée du Danube, avait pris le trône en 602 en faisant mettre à mort l’empereur Maurice et ses fils. Son règne coïncide avec l’effondrement des défenses orientales face aux Perses sassanides et avec une série de complots dans la capitale. En 608, l’exarque d’Afrique, Héraclius l’Ancien, rompt avec Constantinople. Depuis Carthage, il suspend les envois de blé et organise deux expéditions.
La première, terrestre, est confiée à son neveu Nicétas, qui longe la côte vers l’est, entre en Égypte et s’empare d’Alexandrie après avoir vaincu Bonose, le général de Phocas. La seconde, navale, est commandée par son fils, Héraclius le Jeune, âgé d’environ 35 ans. Ses navires embarquent des troupes régulières et des contingents maures. La flotte progresse d’escale en escale en ralliant les garnisons et paraît devant Constantinople le 3 octobre 610.
Les soutiens de Phocas se dérobent. Priscus, comte des excubiteurs et gendre de l’empereur, négociait depuis des mois avec les insurgés ; la faction des Verts se rallie. Le 5 octobre, la ville est ouverte. Phocas, arrêté au palais, est conduit à bord du navire d’Héraclius puis exécuté. Le patriarche Serge couronne le vainqueur, qui épouse le même jour sa fiancée Fabia, renommée Eudocie.
Héraclius règne jusqu’en 641. Il reprend aux Perses les provinces perdues au terme d’une guerre achevée en 628, puis voit la Syrie, la Palestine et l’Égypte passer aux mains des armées arabes. Au plus fort de la crise perse, vers 618, il envisage de transférer la capitale à Carthage ; le patriarche l’en dissuade.
5 octobre 1710 : la flotte de Nicholson paraît devant Port-Royal (Acadie).
Une expédition anglo-coloniale d’environ 2 000 hommes, commandée par Francis Nicholson, mouille devant la capitale de l’Acadie française. Le fort, tenu par moins de 300 hommes, capitule huit jours plus tard. Rebaptisé Annapolis Royal en l’honneur de la reine Anne, il ne redevient jamais français.
Port-Royal, dans l’actuelle Nouvelle-Écosse, sert de base aux corsaires qui s’en prennent au commerce et aux pêcheries de la Nouvelle-Angleterre. Pendant la guerre de Succession d’Espagne, les colons du Massachusetts l’ont déjà attaqué en 1704 puis à deux reprises en 1707, sans succès. Le gouverneur de l’Acadie, Daniel d’Auger de Subercase, a repoussé les deux sièges de 1707 et renforcé les ouvrages, mais Versailles ne lui envoie ni renforts ni approvisionnements.
Nicholson, ancien gouverneur du Maryland et de la Virginie, et l’Écossais Samuel Vetch obtiennent à Londres ce qui avait manqué aux tentatives précédentes : l’appui de la Couronne. Nicholson arrive à Boston en juillet 1710 avec 400 soldats de marine. 4 colonies lèvent des régiments de milice : 900 hommes pour le Massachusetts, 300 pour le Connecticut, 180 pour le Rhode Island, 100 pour le New Hampshire. La flotte, forte de 35 voiles dont 5 vaisseaux de guerre et 2 galiotes à bombes, quitte Boston le 29 septembre.
Elle entre dans le bassin de Port-Royal le 5 octobre. Les soldats de marine du colonel Robert Reading débarquent le lendemain de part et d’autre du fort, suivis des régiments coloniaux ; Vetch commande au nord, Nicholson au sud. Subercase dispose d’une garnison de recrues mal instruites et d’une centaine de miliciens acadiens. Le fort tire, les galiotes répondent. Les assiégeants ouvrent des tranchées ; le 12 octobre, leurs batteries, poussées à moins de cent mètres des remparts, ouvrent le feu. Affaibli par les désertions, à court de vivres, Subercase traite le soir même.
La capitulation est signée le 13 octobre. Elle accorde les honneurs de la guerre à la garnison, que les Britanniques s’engagent à transporter en France, et protège pour 2 ans les habitants établis dans un rayon de 5 km. La prise de possession solennelle a lieu le 16 octobre. Vetch devient gouverneur de la Nouvelle-Écosse avec 450 hommes.
Les dates sont données ici dans le calendrier grégorien ; les récits anglais de l’époque, en calendrier julien, situent le siège du 24 septembre au 2 octobre. Le traité d’Utrecht, en 1713, confirme la cession de l’Acadie à la Grande-Bretagne. Les tentatives françaises pour reprendre la place, notamment en 1744, échouent.
5 octobre 1728 : naissance Charles de Beaumont, chevalier d’Éon, diplomate et agent secret français.
Charles-Geneviève d’Éon de Beaumont naît à Tonnerre, en Bourgogne. Capitaine de dragons, diplomate et agent du Secret du Roi, il sert la diplomatie parallèle de Louis XV en Russie puis en Angleterre.
Avocat au parlement de Paris et censeur royal, il est recruté dans le réseau de correspondance secrète que le roi entretient à l’insu de ses ministres. En 1756, il accompagne à Saint-Pétersbourg le chevalier Douglas, chargé de renouer avec la tsarine Élisabeth des relations interrompues depuis plusieurs années. La mission aboutit : la Russie adhère au début de 1757 au traité de Versailles et entre dans la guerre de Sept Ans aux côtés de la France et de l’Autriche. D’Éon y a tenu le rôle d’un secrétaire actif ; la légende d’un séjour à la cour sous un déguisement féminin repose sur ses propres récits tardifs.
Nommé capitaine de dragons, il fait la campagne de 1761 en Allemagne comme aide de camp du maréchal de Broglie et y est blessé. En 1762, il suit à Londres le duc de Nivernais, négociateur de la paix, et rapporte à Versailles la ratification britannique du traité de Paris. Il reçoit la croix de Saint-Louis et assure en 1763 l’intérim de l’ambassade avec le titre de ministre plénipotentiaire.
C’est alors que Louis XV fait reconnaître secrètement les côtes anglaises en vue d’un débarquement. Le travail de terrain est mené par l’ingénieur Louis-François Carlet de La Rozière ; d’Éon l’assiste et conserve les documents. Lorsque le comte de Guerchy arrive comme ambassadeur et qu’il est rappelé, il refuse de rentrer, publie en 1764 une partie de sa correspondance et garde les papiers du projet comme garantie. Le roi lui maintient une pension.
À la mort de Louis XV, Beaumarchais négocie en 1775 la restitution des documents. D’Éon, sur le sexe duquel on parie à Londres depuis des années, rentre en France en 1777 ; une ordonnance royale lui impose l’habit de femme. Reparti pour Londres en 1785, ruiné par la Révolution, il vit de démonstrations d’escrime, dont un assaut contre le chevalier de Saint-George en 1787. Il meurt à Londres le 21 mai 1810. L’examen du corps établit qu’il était un homme.

5 octobre 1764 : le capitaine de vaisseau de Bougainville quitte Saint-Malo.
Louis-Antoine de Bougainville appareille de Saint-Malo sur la frégate Aigle pour ravitailler et renforcer la colonie qu’il a fondée 8 mois plus tôt dans l’Atlantique sud. Certaines sources placent ce départ au 6 octobre.
Ancien aide de camp de Montcalm au Canada, colonel passé dans la Marine en 1763, Bougainville veut compenser la perte de la Nouvelle-France par un établissement sur la route du cap Horn. L’entreprise est privée : il la finance avec deux parents, Bougainville de Nerville et d’Arboulin, et fait armer à Saint-Malo la frégate Aigle (20 canons) et la corvette Sphinx (12 canons) sous la direction de Nicolas-Pierre Duclos-Guyot.
Ces deux bâtiments forment le premier voyage, parti en septembre 1763 avec des familles acadiennes réfugiées en Bretagne. L’expédition touche l’archipel le 3 février 1764, fonde Port-Louis et en prend possession au nom du roi le 5 avril. 29 colons restent sur place sous l’autorité de Nerville.
Le voyage d’octobre 1764 est le deuxième. L’Aigle part seule, avec une cinquantaine de colons supplémentaires, des vivres et du bétail. Elle mouille à Port-Louis le 5 janvier 1765. Bougainville y trouve une colonie en bon état, puis fait route vers le détroit de Magellan pour charger du bois, absent de l’archipel. Il y rencontre des Patagons et croise l’escadre du commodore John Byron, qui vient de prendre possession de l’ouest de l’archipel pour la couronne britannique.
La colonie ne dure pas. L’Espagne conteste l’installation française au nom de ses droits sur l’Amérique méridionale et Versailles cède. Le 1er avril 1767, Bougainville remet lui-même Port-Louis aux autorités espagnoles, contre le remboursement de ses frais. Il est alors au début du tour du monde entrepris avec la Boudeuse et l’Étoile.

5 octobre 1795 : Bonaparte écrase l’insurrection royaliste (Paris).
Le 13 vendémiaire an IV, les troupes de la Convention dispersent au canon les sections parisiennes soulevées. Le général de brigade Bonaparte, sans emploi depuis plusieurs mois, y gagne le commandement de l’armée de l’intérieur.
La Convention vient d’adopter la Constitution de l’an III. Par les décrets dits des deux tiers, elle impose que les deux tiers des futurs députés soient pris dans ses rangs. Les royalistes et les modérés, qui comptaient sur les élections pour l’emporter, y voient une confiscation. Les sections bourgeoises de l’ouest de Paris, conduites par la section Le Peletier, prennent les armes. Elles réunissent environ 25 000 gardes nationaux, placés sous le commandement du général Danican.
Le 12 vendémiaire, le général Menou, commandant l’armée de l’intérieur, parlemente avec les insurgés au lieu de les désarmer. Il est destitué dans la nuit. La Convention confie sa défense à Barras, qui s’adjoint plusieurs généraux disponibles, dont Bonaparte, connu de lui depuis le siège de Toulon. Les défenseurs ne disposent que de 5 000 à 6 000 hommes.
Bonaparte envoie aussitôt le chef d’escadron Murat, du 21e chasseurs à cheval, chercher les quarante pièces d’artillerie du camp des Sablons, à Neuilly. Les cavaliers y devancent de peu une colonne sectionnaire. Les canons sont répartis aux débouchés des Tuileries : rue Saint-Honoré, quais, Pont-Royal.
L’attaque commence vers 16 h 30. Rue Saint-Honoré, les sectionnaires massés devant l’église Saint-Roch sont pris sous la mitraille. Sur la rive gauche, la colonne qui descend le quai Voltaire est arrêtée par les pièces du Pont-Royal. En moins de deux heures, l’insurrection est brisée. Le bilan est estimé à environ 300 morts chez les insurgés, les pertes des troupes conventionnelles restant mal établies.
Bonaparte est nommé général de division le 16 octobre, puis commandant en chef de l’armée de l’intérieur le 26. Cinq mois plus tard, il reçoit l’armée d’Italie. Ses adversaires royalistes le surnomment « général Vendémiaire ».
5 octobre 1803 : création d’une unité de guides interprètes (Camp de Boulogne).
Un arrêté consulaire de vendémiaire an XII institue une compagnie de guides-interprètes destinée à accompagner l’armée rassemblée sur les côtes de la Manche. La date exacte de l’arrêté, 12 ou 13 vendémiaire, reste à vérifier sur le texte original.
La rupture de la paix d’Amiens, en mai 1803, relance le projet de descente en Angleterre. Bonaparte concentre entre Boulogne, Montreuil et Bruges une armée qui dépassera 150 000 hommes et fait construire une flottille de plusieurs centaines de bateaux plats. Une force débarquée en pays ennemi a besoin d’hommes capables de lire une carte anglaise, d’interroger un habitant, de traduire une réquisition et de reconnaître un itinéraire.
La compagnie, forte d’un peu plus d’une centaine d’hommes, est recrutée parmi des Français parlant l’anglais et connaissant le pays, ainsi que parmi des Irlandais réfugiés. Montée et habillée à la manière des dragons, elle relève de l’état-major général. Son capitaine le plus connu est Jean-Guillaume-Antoine Cuvelier de Trie, auteur dramatique à succès des théâtres du boulevard.
Le débarquement n’a pas lieu. À la fin d’août 1805, l’armée des côtes de l’Océan, devenue Grande Armée, marche vers le Danube. Les guides-interprètes la suivent et changent d’emploi : sous l’Empire, la compagnie sert d’escorte au ministre de la Guerre, le maréchal Berthier, major général de la Grande Armée. Elle l’accompagne dans les campagnes suivantes.
Les interprètes militaires français rattachent leur tradition à deux précédents : les orientalistes attachés à l’armée d’Égypte en 1798 et cette compagnie de Boulogne. Le corps permanent des interprètes de l’armée naît plus tard, de l’expédition d’Alger en 1830.
5 octobre 1813 : bataille de la Thames et mort de Tecumseh (Haut-Canada).
Près de Moraviantown, dans l’actuel Ontario, l’armée américaine du général William Henry Harrison disperse la petite force britannique du général Henry Procter et ses alliés amérindiens. Le chef shawnee Tecumseh est tué ; sa confédération ne lui survit pas.
Depuis 1812, Britanniques et Américains se disputent la région des Grands Lacs. Le 10 septembre 1813, l’escadre du commodore Oliver Hazard Perry détruit la flottille britannique du lac Érié. Procter, à Détroit et Amherstburg, n’est plus ravitaillé. Il évacue ses positions et se replie vers l’est le long de la rivière Thames, contre l’avis de Tecumseh, qui lui reproche publiquement d’abandonner les nations indiennes.
Harrison traverse le lac le 27 septembre et engage la poursuite avec environ 3 500 hommes, en majorité des volontaires du Kentucky conduits par leur gouverneur, Isaac Shelby. Procter n’aligne qu’environ 800 réguliers, pour l’essentiel du 41e régiment d’infanterie, épuisés et mal nourris, et 500 guerriers.
Rattrapé le 5 octobre, Procter déploie ses fantassins en ordre lâche entre la rivière et un marais ; les guerriers de Tecumseh tiennent le terrain boisé sur la droite. Harrison lance le régiment de fusiliers montés du colonel Richard Mentor Johnson. La charge traverse la ligne britannique, qui cède après une seule décharge. Procter quitte le champ de bataille. Dans le marais, les Amérindiens résistent plus longtemps, jusqu’à la mort de Tecumseh.
L’action dure moins d’une heure. Les Britanniques perdent une quinzaine de tués et environ 600 prisonniers, les Américains une dizaine de tués. Johnson, blessé, est crédité de la mort de Tecumseh sans que le fait ait jamais été établi ; il en tire un argument électoral qui le mène à la vice-présidence des États-Unis en 1837. Harrison, lui, est élu président en 1840. Procter passe en cour martiale et est suspendu.

5 octobre 1848 : naissance du peintre Édouard Detaille.
Jean-Baptiste Édouard Detaille naît à Paris dans une famille bourgeoise aisée, dont le grand-père avait été fournisseur des armées impériales. Élève de Meissonier, soldat en 1870, il devient le principal peintre militaire de la Troisième République.
Aîné de 8 enfants, il dessine très tôt des soldats et des chevaux. En 1865, à 17 ans, il se présente chez Ernest Meissonier pour obtenir une recommandation auprès de Cabanel ; Meissonier le garde dans son atelier. Il lui transmet l’étude d’après nature, le goût de l’uniforme exact et la peinture de petit format très finie.
Detaille débute au Salon de 1867 avec Un coin de l’atelier de Meissonier. L’année suivante, La Halte des tambours, achetée par la princesse Mathilde, le fait connaître. Le Repos pendant la manœuvre, camp de Saint-Maur confirme ce succès au Salon de 1869.
En 1870, il s’engage au 8e bataillon des mobiles de la Seine et prend part aux combats du siège de Paris, notamment devant Villejuif et à Champigny. Il en rapporte des carnets de croquis qui nourrissent son œuvre pendant vingt ans. En 1872, son tableau Les Vainqueurs, qui montre un convoi de butin prussien, est écarté du Salon par les autorités pour éviter un incident diplomatique avec l’Allemagne. En retraite (1873) lui vaut la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Suivent Salut aux blessés ! (1877) et La Défense de Champigny (1879).
Avec Alphonse de Neuville, il peint deux panoramas de la guerre de 1870, celui de Champigny (1882) puis celui de Rezonville (1883). En 1884, il séjourne en Russie à l’invitation d’Alexandre III et assiste aux manœuvres de la garde impériale. De 1885 à 1889 paraît L’Armée française. Types et uniformes, sur un texte de Jules Richard, qui reste un ouvrage de référence.
Le Rêve, exposé au Salon de 1888, mesure 3 mètres sur 4. De jeunes conscrits dorment au bivouac, pendant des manœuvres, près de leurs fusils en faisceaux ; dans le ciel passent les soldats de la Révolution, de l’Empire et des guerres suivantes. Le tableau, médaillé et acheté par l’État, est aujourd’hui au musée d’Orsay.
Élu à l’Académie des beaux-arts en 1892, président de la Société des artistes français, Detaille reçoit des commandes pour l’Hôtel de Ville de Paris et pour le Panthéon, où Vers la gloire est installé en 1905. Il participe à la fondation de la société La Sabretache, à l’origine du musée historique de l’Armée ouvert aux Invalides en 1896. En 1912, il dessine pour le ministère de la Guerre un projet de nouvelles tenues, qui n’est pas retenu. Il meurt à Paris le 23 décembre 1912 et lègue ses collections au musée de l’Armée.


5 octobre 1882 : naissance de Robert Goddard, pionnier de la fusée à ergols liquides (Worcester, Massachusetts).
Robert Hutchings Goddard naît à Worcester. Professeur de physique à l’université Clark, il conçoit, construit et lance le 16 mars 1926 la première fusée à propergol liquide. Ses 214 brevets couvrent l’essentiel des solutions reprises ensuite par les missiles balistiques et les lanceurs spatiaux.
Enfant de santé fragile, il ne termine ses études secondaires qu’à 22 ans. Diplômé de l’institut polytechnique de Worcester en 1908, il obtient son doctorat à Clark en 1911. En juillet 1914, il dépose ses deux premiers brevets : l’un pour une fusée à combustible liquide, l’autre pour une fusée à plusieurs étages. En 1919, la Smithsonian Institution, qui finance ses travaux, publie son mémoire A Method of Reaching Extreme Altitudes. Il y établit la théorie mathématique de la propulsion par réaction et évoque l’envoi d’une charge jusqu’à la Lune. La presse le tourne en dérision ; il en garde une méfiance durable envers toute publicité.
Pendant la Première Guerre mondiale, il travaille pour l’armée américaine à des roquettes à poudre tirées depuis un tube, dont un modèle porté par un fantassin. La démonstration a lieu au polygone d’Aberdeen quelques jours avant l’armistice de novembre 1918 et le projet est suspendu. Le bazooka de 1942 naît de la rencontre de ce lanceur avec une invention venue d’Europe, la charge creuse. Mise au point par l’ingénieur suisse Henry Mohaupt, elle est développée en France par l’industriel Edgar Brandt, qui en détient l’exclusivité et l’adapte à une grenade à fusil. En août 1940, après la défaite, le brevet, la grenade et un ingénieur de la société, le colonel Delalande, gagnent les États-Unis. Les Américains en tirent la grenade M10, trop lourde pour être lancée au fusil. Le colonel Leslie Skinner et le lieutenant Edward Uhl lui adjoignent alors un moteur-fusée et la tirent depuis un tube porté à l’épaule, selon le principe expérimenté par Goddard en 1918.
Le 16 mars 1926, dans la ferme d’une parente à Auburn, près de Worcester, il met à feu un engin de trois mètres alimenté à l’essence et à l’oxygène liquide. Le vol dure deux secondes et demie. La fusée monte à 12,5 mètres et retombe à 56 mètres de son bâti, dans un champ de choux. En juillet 1929, il lance la première fusée emportant des instruments, un baromètre et un appareil photographique.
Grâce à l’intervention de Charles Lindbergh, la fondation Guggenheim prend le relais de la Smithsonian. À partir de 1930, Goddard s’installe à Roswell, au Nouveau-Mexique, avec une petite équipe. Il y met au point le pilotage par gyroscope et par déflecteurs placés dans le jet, les turbopompes d’alimentation et le refroidissement de la chambre de combustion par le combustible. En mars 1935, l’une de ses fusées dépasse la vitesse du son.
L’armée américaine ne s’intéresse guère à ces travaux avant la guerre. De 1942 à 1945, Goddard dirige pour la Marine, à Annapolis, des recherches sur les fusées d’assistance au décollage et les moteurs à poussée variable. En examinant un V2 allemand capturé, il y retrouve nombre de ses dispositifs. Il meurt d’un cancer de la gorge à Baltimore le 10 août 1945.
La reconnaissance vient après sa mort. Le Congrès lui décerne une médaille d’or en 1959 et la NASA donne son nom à son centre de vols spatiaux de Greenbelt, dans le Maryland. En 1960, le gouvernement américain verse un million de dollars à sa veuve et à la fondation Guggenheim pour l’utilisation de ses brevets.

5 octobre 1911 : les marins italiens débarquent à Tripoli (Tripolitaine).
Une compagnie de débarquement de la marine italienne prend pied à Tripoli, que la garnison ottomane a évacuée. La conquête de la Libye commence par une opération navale menée avant l’arrivée du corps expéditionnaire.
L’Italie convoite depuis des années la Tripolitaine et la Cyrénaïque, dernières provinces ottomanes d’Afrique du Nord. Après un ultimatum, elle déclare la guerre à l’Empire ottoman le 29 septembre 1911. La 2e escadre du vice-amiral Luigi Faravelli bloque Tripoli et somme la place de se rendre. Le commandant ottoman, le colonel Neşet Bey, refuse.
Le 3 octobre à 15 h 30, les cuirassés ouvrent le feu sur les forts côtiers ; le tir reprend le lendemain. Les batteries turques, anciennes et de faible portée, ripostent sans effet. Neşet Bey retire alors l’essentiel de ses troupes vers l’intérieur pour y organiser la résistance avec les tribus, ne laissant en ville que quelques servants.
Le 5 octobre à 7 h 30, les marins du cuirassé Sicilia débarquent les premiers, suivis de ceux de la Sardegna et d’une section d’artillerie. La force, de 1 600 à 1 700 hommes selon les sources, est commandée par le capitaine de vaisseau Umberto Cagni, connu pour ses expéditions polaires. Le pavillon italien est hissé et les notables remettent la ville à l’amiral. Cagni établit une ligne de défense autour de l’oasis et la tient une semaine avec ses seuls marins, en les déplaçant d’un point à l’autre pour faire croire à des effectifs supérieurs.
Le corps expéditionnaire du général Carlo Caneva arrive à partir du 11 octobre. Le 23, la contre-attaque turco-arabe de Sciara Sciat coûte plusieurs centaines de morts aux Italiens et entraîne de dures représailles contre la population. La campagne voit aussi le premier bombardement aérien de l’histoire, le 1er novembre 1911. Le traité d’Ouchy, le 18 octobre 1912, cède la Libye à l’Italie ; la résistance intérieure dure encore 20 ans.

5 octobre 1914 : première victoire aérienne à la mitrailleuse (Jonchery-sur-Vesle, Marne).
Le sergent Joseph Frantz et son mécanicien Louis Quenault, de l’escadrille V 24, abattent un biplan allemand Aviatik au-dessus de la vallée de la Vesle. Pour la première fois, un avion en détruit un autre par le tir d’une arme automatique embarquée.
L’escadrille V 24 vole sur Voisin III, biplan à hélice propulsive dont la nacelle dégage le champ de tir vers l’avant. Son chef, le capitaine André Faure, a obtenu du constructeur Gabriel Voisin le montage d’un fusil-mitrailleur Hotchkiss modèle 1909 sur un trépied fixé au-dessus du pilote ; le mitrailleur tire debout, depuis la place arrière.
Ce matin-là, Frantz et Quenault rentrent d’une mission de bombardement sur le Voisin n° 89 lorsqu’ils aperçoivent un Aviatik de la Feldflieger-Abteilung 18 qui regagne ses lignes. Frantz se place derrière et légèrement au-dessus de lui. Quenault tire au coup par coup, l’arme s’enrayant facilement en rafale. Elle se bloque à la 47e cartouche, et il prend alors sa carabine. L’avion allemand pique, se retourne et s’écrase en flammes dans les marais entre Jonchery-sur-Vesle et Muizon, sous les yeux des troupes françaises. Le pilote, le sergent Wilhelm Schlichting, et l’observateur, l’Oberleutnant Fritz von Zangen, sont tués.
Frantz reçoit la Légion d’honneur, Quenault la médaille militaire. Une stèle rappelle le combat à Jonchery-sur-Vesle et la mairie de Muizon conserve un petit musée. Joseph Frantz meurt à Paris en 1979.
Des équipages avaient déjà échangé des coups de feu : en août 1914, sur le front serbe, le pilote Miodrag Tomić et un aviateur austro-hongrois se tirent dessus au pistolet sans résultat, à une date que les sources situent entre le 15 et le 27 août. Côté français, un premier engagement sans conséquence est parfois attribué au caporal Joseph Thoret, le 10 août ; l’information n’a pas pu être recoupée. Enfin, le 8 septembre 1914 (26 août du calendrier julien), le capitaine russe Piotr Nesterov, sur Morane-Saulnier type G, percute volontairement en Galicie, près de Jovkva, un Albatros B.II austro-hongrois de la Flik 11. Le pilote František Malina, l’observateur Friedrich von Rosenthal et Nesterov lui-même y perdent la vie. Il s’agit de la première destruction d’un avion par un autre, mais par abordage.

5 octobre 1915 : les premières troupes alliées débarquent à Salonique (Grèce).
La 156e division d’infanterie française et la 10e division irlandaise, retirées des Dardanelles, commencent à débarquer dans le port de Salonique. Le front d’Orient s’ouvre en territoire grec, alors que la Grèce est neutre.
À l’automne 1915, la Serbie est menacée d’une offensive conjointe des Austro-Allemands au nord et des Bulgares à l’est. La Bulgarie a mobilisé le 22 septembre. Le Premier ministre grec, Elefthérios Venizélos, favorable à l’Entente, laisse entendre qu’un débarquement allié permettrait à la Grèce d’honorer son traité d’alliance avec Belgrade. Le roi Constantin Ier, beau-frère de Guillaume II, tient à la neutralité.
Les troupes disponibles sont celles de l’expédition des Dardanelles, enlisée depuis avril. La 156e division du général Maurice Bailloud et la 10e division du général Bryan Mahon embarquent à Moudros. Leurs premiers éléments mettent pied à terre le 5 octobre, sans opposition, sous protestation formelle du gouvernement grec. Le même jour, Venizélos, désavoué par le roi, démissionne.
Le général Maurice Sarrail arrive le 12 octobre pour prendre le commandement de l’armée d’Orient. Il est trop tard pour la Serbie : Belgrade tombe le 9, la Bulgarie attaque le 14. Les Français remontent la vallée du Vardar sans parvenir à donner la main aux Serbes, qui retraitent à travers l’Albanie. En décembre, les Alliés se replient sur Salonique et s’y fortifient.
Longtemps immobile, décimée par le paludisme, cette armée finit par réunir Français, Britanniques, Serbes, Italiens, Russes et Grecs. C’est elle qui rompt le front bulgare au Dobro Polje le 15 septembre 1918 et obtient, le 29, le premier armistice signé par une puissance centrale.

5 octobre 1918 : mort du lieutenant Roland Garros (Saint-Morel, Ardennes).
Roland Garros est abattu en combat aérien près de Vouziers, la veille de ses 30 ans. Il était revenu au front 7 mois après s’être évadé d’Allemagne.
Né à Saint-Denis de La Réunion le 6 octobre 1888, élevé en partie à Saïgon, Garros découvre l’aviation en 1909 et apprend à piloter seul. Il bat le record du monde d’altitude en 1911 et réussit, le 23 septembre 1913, la première traversée aérienne de la Méditerranée, de Saint-Raphaël à Bizerte, en un peu moins de huit heures.
Engagé volontaire le 4 août 1914, il sert à l’escadrille MS 23 puis à la MS 26. Avec son mécanicien Jules Hue, il adapte sur un Morane-Saulnier type L un dispositif étudié avant guerre par Raymond Saulnier : des déflecteurs d’acier fixés sur les pales de l’hélice permettent à une mitrailleuse de tirer dans l’axe de l’avion. Entre le 1er et le 18 avril 1915, il abat trois appareils allemands. Le 18 avril, touché par un tir venu du sol au-dessus de la Belgique, il se pose en territoire occupé et est capturé avant d’avoir pu détruire son avion. L’examen de l’appareil conduit Anthony Fokker à mettre au point pour l’aviation allemande un véritable système de synchronisation.
Après près de 3 ans de captivité, Garros s’évade en février 1918 avec le lieutenant Anselme Marchal et regagne la France par les Pays-Bas et l’Angleterre. Il refuse un poste de conseiller, se réentraîne sur SPAD XIII et rejoint son ancienne escadrille, devenue SPA 26, au groupe de combat des Cigognes. Le 2 octobre 1918, il obtient sa 4e victoire.
Le 5 octobre, sa patrouille engage des Fokker D.VII au sud de Vouziers. Son SPAD tombe près de Saint-Morel. La victoire est généralement attribuée au Leutnant Hermann Habich, de la Jagdstaffel 49. Garros repose à Vouziers ; une stèle marque le lieu de la chute. Le stade de tennis de la porte d’Auteuil porte son nom depuis 1928.

5 octobre 1930 : le dirigeable britannique R101 s’écrase près de Beauvais (Oise).
Parti la veille pour les Indes avec le ministre de l’Air à son bord, le dirigeable rigide R101 touche une colline à Allonne et prend feu. 48 des 54 personnes embarquées sont tuées.
Le R101 est le produit du programme impérial de dirigeables lancé en 1924 pour relier Londres aux dominions. Deux appareils sont construits : le R100 par une filiale de Vickers, le R101 par les ateliers d’État de Cardington, dans le Bedfordshire. Long de 237 mètres après l’ajout d’une tranche supplémentaire à l’été 1930, gonflé à l’hydrogène et propulsé par cinq moteurs diesel, le R101 souffre d’un manque de portance et de fuites à ses ballonnets.
Le ministre de l’Air, Lord Thomson, tient à effectuer le voyage aller-retour vers Karachi avant la conférence impériale d’octobre. Le certificat de navigabilité est délivré à la hâte, sans essai complet à pleine vitesse après les modifications. Le dirigeable quitte Cardington le 4 octobre à 18 h 36, par mauvais temps. Une seule escale est prévue, à Ismaïlia, en Égypte.
Il franchit la Manche contre un fort vent de face et sous la pluie. Vers 02 h 00 du matin, au-dessus de la crête de Beauvais, il pique une première fois, se redresse, puis descend de nouveau et touche le sol à faible vitesse à la lisière d’un bois. L’hydrogène s’enflamme aussitôt. 6 hommes d’équipage survivent. Parmi les morts figurent Lord Thomson, le directeur de l’aviation civile Sir Sefton Brancker, le concepteur Vincent Richmond et le commandant du bord, le Flight Lieutenant Carmichael Irwin.
Les corps sont ramenés en Angleterre et exposés à Westminster Hall. La commission d’enquête retient une perte de gaz à l’avant, probablement due à une déchirure de l’enveloppe. Le Royaume-Uni abandonne le dirigeable rigide ; le R100 est démoli en 1931.

5 octobre 1932 : premier vol du chasseur Dewoitine D.560 (Toulouse).
Le prototype du monoplace de chasse D.560, à aile haute en mouette, effectue son premier vol. Émile Dewoitine l’a étudié en parallèle du D.500 à aile basse, pour le cas où les services officiels refuseraient cette formule.
En 1930, le Service technique de l’aéronautique lance le programme C1, destiné à remplacer le Nieuport-Delage NiD 62. Dix constructeurs y répondent avec 13 prototypes, la plupart dessinés autour du moteur Hispano-Suiza 12X à compresseur. Les formules proposées vont du biplan au monoplan à aile basse, en passant par le parasol et l’aile en mouette. Cette dernière, raccordée au sommet du fuselage par deux tronçons inclinés, promet au pilote une bonne visibilité vers l’avant et séduit plusieurs bureaux d’études : Loire, Gourdou-Leseurre et les Mureaux la retiennent aussi.
Dewoitine présente deux appareils. Le D.500, monoplan à aile basse cantilever entièrement métallique, vole le 18 juin 1932. Le D.560 en reprend le fuselage, le moteur Hispano-Suiza 12Xbrs d’environ 650 ch et, pour l’essentiel, les empennages ; seule la voilure diffère. Une partie des aviateurs se méfie encore de l’aile basse, jugée gênante pour la vue vers le bas et moins sûre à l’atterrissage.
Évalué en novembre au centre d’essais de Villacoublay, le D.560 se montre très maniable mais un peu plus lent en altitude que le D.500. Il atteint 345 km/h. Un défaut de stabilité oblige à agrandir la dérive, et le radiateur ventral est allongé vers l’avant comme sur le D.500. Surtout, les pilotes d’essais condamnent unanimement l’aile en mouette, chez Dewoitine comme chez ses concurrents.
Fin mars 1933, le constructeur décide de la remplacer par une aile parasol classique. L’avion ainsi reconstruit, rebaptisé D.570, revole le 27 novembre 1933. Ses performances sont encore inférieures et le développement est abandonné après un accident du prototype. Il n’en a été construit qu’un exemplaire.
Le D.500 est retenu. Commandé en série en 1933, il entre en unités en 1935 et donne naissance aux D.501 et D.510 à moteur-canon. Il est le premier chasseur monoplan à aile basse entièrement métallique de l’armée de l’Air.
5 octobre 1935 : les Italiens entrent à Adigrat (Éthiopie).
Au troisième jour de l’invasion de l’Éthiopie, le Ier corps d’armée italien occupe Adigrat, dans le Tigré. Adoua tombe le lendemain.
Mussolini prépare depuis 1932 la conquête du dernier État indépendant d’Afrique orientale. L’incident de Oual-Oual, en décembre 1934, sert de prétexte. Le 3 octobre 1935 à 05 h 00 sans déclaration de guerre, le général Emilio De Bono franchit le Mareb, qui sépare l’Érythrée de l’Éthiopie, avec trois corps d’armée : le Ier corps du général Ruggero Santini à l’est, le corps érythréen au centre, le IIe corps du général Pietro Maravigna à l’ouest. Une force secondaire, sous le général Graziani, attaque depuis la Somalie.
L’empereur Haïlé Sélassié a ordonné à ses chefs du nord de se replier d’une journée de marche pour laisser l’agresseur se découvrir devant la Société des Nations. Le ras Seyoum, gouverneur du Tigré, évite le combat. L’aviation italienne bombarde Adoua et Adigrat dès le premier jour.
Le 5 octobre, les colonnes de Santini atteignent Adigrat, à une trentaine de kilomètres de la frontière. Le communiqué de Rome insiste sur le drapeau hissé sur le fort que l’Italie avait dû abandonner en 1896. Le 6, le IIe corps entre à Adoua, lieu de la défaite subie cette année-là face à Ménélik II. Le 7, la Société des Nations déclare l’Italie agresseur ; les sanctions économiques votées ensuite n’incluent pas le pétrole.
De Bono avance lentement, le temps de construire des routes. Makalé est prise le 8 novembre. Jugé trop prudent, il est relevé en novembre au profit du maréchal Badoglio, qui emploie massivement l’aviation et les gaz. Addis-Abeba tombe le 5 mai 1936.
5 octobre 1944 : des Spitfire canadiens abattent un Me 262 (Nimègue, Pays-Bas).
Cinq pilotes du 401 Squadron de l’Aviation royale canadienne détruisent un Messerschmitt Me 262 de la Kampfgeschwader 51 au sud de Nimègue. C’est le premier avion à réaction abattu en combat par la RAF ou la RCAF.
Depuis l’opération Market Garden, en septembre, les Alliés tiennent le pont routier de Nimègue, sur le Waal. La Luftwaffe cherche à le détruire. Elle y engage notamment les Me 262 A-2a de la KG 51, biréacteurs que Hitler a voulu voir employés comme bombardiers rapides plutôt que comme chasseurs. Basés à Rheine, en Allemagne, ils attaquent isolément, à grande vitesse, et sont jusque-là hors d’atteinte des chasseurs à hélice.
Le 401 Squadron, équipé de Spitfire LF Mk IX, opère depuis le terrain avancé B.84 de De Rips. Il est commandé depuis deux semaines par le Squadron Leader Roderick Smith, as de la défense de Malte. Vers 15 h 00, sa patrouille, placée à 13 000 pieds, aperçoit un appareil qui monte vers elle en direction de Nimègue. Les Canadiens ont le soleil dans le dos.
Le pilote allemand, au lieu de s’échapper en ligne droite, engage une série de manœuvres. Il perd ainsi l’avantage de sa vitesse. 5 Spitfire parviennent à tirer : ceux de Smith, des Flight Lieutenants Hedley Everard et « Tex » Davenport, des Flying Officers John MacKay et A. L. Sinclair. Touché à plusieurs reprises, un réacteur en feu, le Me 262 pique vers le sol et s’écrase dans un terrain marécageux du secteur d’Overasselt, en zone alliée. La victoire est partagée entre les cinq pilotes.
L’appareil, numéro de série 170093, codé 9K+BL, appartenait à la 3e escadrille de la KG 51. Son pilote, le Hauptmann Hans-Christoph Buttmann, 24 ans, saute à environ 300 m ; son parachute ne s’ouvre pas. Il repose au cimetière militaire allemand d’Ysselsteyn. Le génie britannique assèche le cratère pour permettre aux spécialistes de la RAF d’examiner les réacteurs, dont l’un est retrouvé en bon état à plusieurs mètres de profondeur.
Des chasseurs américains avaient auparavant provoqué la perte de deux Me 262 sans les atteindre par leur tir. Le combat de Nimègue montre qu’un avion à réaction peut être battu par des chasseurs classiques lorsqu’il accepte le combat tournoyant.
5 octobre 1962 : premier vol de l’hélicoptère H-34 « Bi-Bastan » (Sud-Aviation).
Un Sikorsky H-34 de l’armée de l’Air, dont le moteur à pistons a été remplacé par deux turbines Turbomeca Bastan IV accouplées, effectue son premier vol. L’essai répond à une commande de l’armée de l’Air, qui cherche à doter son hélicoptère de manœuvre d’une motorisation à turbine.
Le H-34, désigné S-58 par son constructeur, est l’hélicoptère lourd de la guerre d’Algérie. Sud-Aviation en a assemblé 135 à partir d’éléments américains, puis construit 166 sous licence pour l’armée de l’Air, l’aviation légère de l’armée de Terre et la Marine. L’appareil a servi au transport d’assaut des commandos et, armé d’un canon de 20 mm et de mitrailleuses dans sa version « Pirate », à l’appui feu.
Son moteur en étoile Wright de 1 500 ch, lourd et gourmand en essence, perd une grande partie de sa puissance par forte chaleur et en altitude, conditions courantes dans les Aurès ou en Kabylie. La turbine offre un meilleur rapport entre poids et puissance et brûle du kérosène. Les Britanniques ont déjà suivi cette voie avec le Westland Wessex, dérivé à turbine du même S-58.
Sud-Aviation et Turbomeca étudient une formule différente : deux turbines reliées entre elles entraînent un même arbre. L’ensemble, baptisé Bi-Bastan IV, délivre 1 500 ch utilisables en continu, puissance volontairement limitée par rapport à ce que peuvent fournir les deux moteurs. L’hélicoptère conserve ainsi sa puissance en altitude et peut poursuivre son vol sur une seule turbine en cas de panne. La cellule modifiée, de construction Sikorsky, reçoit la désignation H-34 BB.
Les essais confirment les gains attendus en performances et en sécurité. Le programme n’a pourtant pas de suite : l’armée de l’Air renonce à remotoriser sa flotte et attend un appareil nouveau, le SA 330 Puma, biturbine dès l’origine, qui vole en avril 1965. Ses H-34 à pistons restent en service jusqu’en 1975. Le principe de deux turbines accouplées sur un S-58 est repris plus tard par Sikorsky lui-même avec le S-58T.
5 octobre 1965 : naissance de Kara Hultgreen, première pilote de chasse embarquée de l’US Navy.
Kara Spears Hultgreen naît à Greenwich, dans le Connecticut. Lieutenant de vaisseau, qualifiée sur F-14 Tomcat en juillet 1994, elle se tue trois mois plus tard à l’appontage sur le porte-avions Abraham Lincoln. Elle est la première femme pilote de chasse des forces armées américaines morte en service aérien.
Petite-fille d’immigrés norvégiens, elle suit sa mère à San Antonio, au Texas, en 1981. Diplômée en ingénierie aérospatiale de l’université du Texas à Austin, elle entre dans la Marine par l’école des élèves officiers de l’aéronavale de Pensacola et reçoit ses ailes en 1989. Les unités de combat étant alors fermées aux femmes, elle est affectée à une escadrille de guerre électronique basée à terre, sur EA-6A Intruder, où elle joue le rôle de plastron pour l’entraînement de la flotte.
En avril 1993, le secrétaire à la Défense Les Aspin lève l’interdiction faite aux femmes de servir dans l’aviation de combat. Hultgreen est parmi les premières retenues pour le F-14. Elle passe par l’escadrille de transformation VF-124, à Miramar, échoue à sa première tentative de qualification à l’appontage, puis la réussit à la fin de juillet 1994 à bord du Constellation. Elle rejoint la VF-213 « Black Lions », qui prépare un déploiement dans le golfe Persique. Son indicatif est « Revlon ».
Le 25 octobre 1994, à environ 80 km au large de la Californie du Sud, elle se présente de jour derrière l’Abraham Lincoln aux commandes du F-14A n° 160390. Le dernier virage est trop large ; en corrigeant, elle place l’avion en dérapage, ce qui prive d’air le réacteur gauche. Ce moteur, un TF30 connu pour sa sensibilité au pompage, décroche. La poussée dissymétrique, à faible vitesse et forte incidence, fait basculer l’appareil sur la gauche. L’officier d’interception radar, le lieutenant Matthew Klemish, déclenche l’éjection et s’en sort. Le siège de la pilote part une fraction de seconde plus tard, alors que l’avion a dépassé l’horizontale : elle est projetée vers la mer et tuée sur le coup.
L’épave est repêchée 19 jours après, avec le corps resté sur son siège. Kara Hultgreen est inhumée le 21 novembre au cimetière national d’Arlington.
Sa mort alimente aussitôt la polémique sur l’accès des femmes aux unités de combat ; des rumeurs accusent la Marine d’avoir abaissé ses exigences, ce que celle-ci dément. Deux enquêtes divergent. Celle du Judge Advocate General, rendue publique, retient la défaillance du réacteur. Le rapport de sécurité aérienne, confidentiel mais divulgué par la suite, attribue le pompage à l’action de la pilote. Plusieurs pilotes expérimentés placés au simulateur dans la même situation n’ont pas davantage réussi à sauver l’avion.

5 octobre 1967 : l’armée fédérale nigériane entre à Asaba (guerre du Biafra).
La 2e division fédérale atteint Asaba, sur la rive ouest du Niger, face à la ville biafraise d’Onitsha. Les exactions commises dès l’entrée des troupes aboutissent, le 7 octobre, à l’exécution de plusieurs centaines de civils.
Le Biafra a fait sécession le 30 mai 1967 et la guerre a commencé en juillet. En août, une colonne biafraise franchit le Niger, traverse la région du Centre-Ouest, prend Benin City et pousse jusqu’à Ore, à moins de 300 km de Lagos. Le gouvernement fédéral forme en hâte une 2e division, confiée au colonel Murtala Muhammed, qui repousse l’incursion. Les Biafrais repassent le fleuve et font sauter les travées orientales du pont d’Onitsha.
Asaba se trouve au débouché du pont. La ville est peuplée d’Igbos, comme le Biafra, mais appartient administrativement au Centre-Ouest resté fédéral. Lorsque les soldats y entrent, le 5 octobre selon la plupart des témoignages, certains dès le 4, ils accusent la population de sympathie pour l’ennemi. Maisons pillées, hommes abattus dans les rues : les violences durent deux jours.
Le 7 octobre au matin, les notables appellent les habitants à défiler pour manifester leur loyauté. Plusieurs centaines de personnes, vêtues du blanc cérémoniel, parcourent la rue principale en chantant « One Nigeria ». À un carrefour, les soldats séparent les hommes et les adolescents des femmes et des enfants, les rassemblent sur la place du quartier d’Ogbe-Osowa et ouvrent le feu à la mitrailleuse.
Les historiens Elizabeth Bird et Fraser Ottanelli, qui ont recueilli les témoignages des survivants, estiment à plus de 700 le nombre des morts de cette seule journée et à environ un millier celui des victimes d’Asaba. Aucun responsable n’a été poursuivi. Murtala Muhammed échoue ensuite à plusieurs reprises à franchir le fleuve devant Onitsha. Il devient chef de l’État nigérian en 1975 et est assassiné l’année suivante.
5 octobre 1967 : premier vol de l’hydravion japonais Shin Meiwa PX-S (Kobe).
Le prototype du futur PS-1 décolle du port de Kobe. Ce quadriturbopropulseur à décollage et amerrissage courts est conçu pour la lutte anti-sous-marine en haute mer.
Shin Meiwa est l’héritière de Kawanishi, constructeur pendant la guerre de l’hydravion H8K, l’un des meilleurs de sa catégorie. L’ingénieur Shizuo Kikuhara, qui en avait dirigé l’étude, reprend dès 1953 ses recherches sur les coques. Il cherche à résoudre les deux défauts de la formule : les embruns qui noient hélices et moteurs, et la vitesse élevée au contact de l’eau, qui interdit de se poser par mer formée. En 1959, la marine américaine fournit un Grumman Albatross, transformé en banc d’essai volant sous le nom d’UF-XS.
Le PX-S, commandé en 1966, applique ces résultats. Sa coque porte des rainures latérales qui rabattent les embruns. Une turbine auxiliaire, montée dans le fuselage en plus des quatre General Electric T64 construits sous licence par Ishikawajima-Harima, souffle de l’air comprimé sur les volets et les gouvernes de queue. Ce contrôle de la couche limite abaisse fortement la vitesse de décollage et d’amerrissage et permet d’opérer dans des creux de 3 mètres. Lors d’un essai d’avril 1968, l’appareil se pose par des vagues de 4 mètres.
La doctrine d’emploi en découle : l’hydravion amerrit au large, trempe un sonar, redécolle et recommence plus loin, ce qu’aucun avion basé à terre ne peut faire. Le PS-1 n’est pas amphibie pour autant. Il emporte à bord un train de mise à terre escamotable, qui lui sert seulement à remonter par ses propres moyens une rampe ou une cale, sans pouvoir se poser sur une piste.
Un second prototype vole le 14 juin 1968. La Force maritime d’autodéfense reçoit l’appareil en août suivant et lui donne en 1970 la désignation PS-1. 23 exemplaires, prototypes compris, sont construits jusqu’en 1979 et servent à Iwakuni au sein de la 31e escadre aérienne, formée en 1973. L’arrivée du P-3C Orion met fin au programme : les derniers PS-1 sont retirés en 1989. La cellule survit dans la version amphibie de sauvetage US-1, qui vole en octobre 1974, puis dans l’US-2 actuel.
5 octobre 1969 : un pilote cubain se pose à Miami.
Le lieutenant Eduardo Guerra Jiménez, pilote de la force aérienne cubaine, traverse le détroit de Floride et atterrit sur la base de l’US Air Force d’Homestead, au sud de Miami, sans avoir été détecté. L’avion présidentiel américain stationne alors sur la base.
Âgé de 27 ans, Guerra Jiménez est chef d’escadrille au régiment de MiG-17 de Santa Clara. Il profite du vol d’essai d’un appareil sortant de réparation, le MiG-17AS n° 232, pour mettre le cap au nord. Il vole au ras des vagues et échappe aux radars comme aux batteries de missiles antiaériens déployées dans le sud de la Floride depuis la crise de 1962. La tour de contrôle ne découvre l’avion, canons approvisionnés, qu’au moment où il se présente en finale.
L’affaire embarrasse le commandement de la défense aérienne. Le président Richard Nixon séjourne ce jour-là dans sa résidence de Key Biscayne, à une cinquantaine de kilomètres, et Air Force One attend sur le parking d’Homestead. Un pilote hostile aurait pu le détruire au sol. La couverture radar à basse altitude de la Floride est renforcée dans les mois suivants.
Le pilote obtient l’asile. Le MiG est examiné puis restitué à Cuba peu après ; les États-Unis disposaient déjà d’appareils de ce type, évalués en vol dans le cadre de programmes secrets. 10 ans plus tard, en juin 1979, un homme se présentant sous le même nom détourne vers La Havane un avion de ligne américain parti de New York.
5 octobre 1986 : un avion de ravitaillement des Contras est abattu (Nicaragua).
Un cargo C-123K chargé d’armes destinées à la guérilla antisandiniste est touché par un missile portable dans le sud du Nicaragua. Le seul survivant, l’Américain Eugene Hasenfus, est capturé le lendemain ; ses déclarations révèlent un réseau clandestin piloté depuis la Maison-Blanche.
Depuis 1984, l’amendement Boland interdit aux agences américaines de financer l’aide militaire aux Contras. Au Conseil de sécurité nationale, le lieutenant-colonel Oliver North organise un circuit privé : des avions décollent de la base salvadorienne d’Ilopango et parachutent armes et munitions au-dessus du territoire nicaraguayen. Les équipages sont d’anciens employés d’Air America, la compagnie de la CIA en Asie du Sud-Est.
Le 5 octobre, le C-123K contourne le Nicaragua par le Pacifique, entre par le Costa Rica et remonte vers sa zone de largage. Près de San Carlos, dans le département du Río San Juan, une patrouille de l’armée sandiniste l’abat avec un missile sol-air SA-7. Le pilote William Cooper, le copilote Wallace « Buzz » Sawyer et un opérateur radio nicaraguayen meurent dans la chute. Hasenfus, ancien marine chargé du largage, saute en parachute, le seul à bord.
L’épave livre des documents, des carnets de vol et des cartes professionnelles. Présenté à la presse à Managua, Hasenfus déclare avoir travaillé sous les ordres d’agents de la CIA. Washington dément toute participation gouvernementale. Jugé par un tribunal populaire, il est condamné le 15 novembre à trente ans de prison, puis gracié et libéré le 17 décembre.
Entre-temps, un hebdomadaire libanais a révélé, début novembre, les ventes secrètes d’armes américaines à l’Iran. Le 25 novembre, l’administration Reagan reconnaît qu’une partie de leur produit a été détournée vers les Contras : l’affaire Iran-Contra est ouverte.
5 octobre 1988 : émeutes à Alger, l’armée chargée du maintien de l’ordre.
Des milliers de jeunes saccagent le centre d’Alger et s’en prennent aux symboles de l’État et du parti unique. L’état de siège est proclamé le lendemain ; la répression militaire fait plusieurs centaines de morts en une semaine et précipite la fin du régime de parti unique.
La chute des prix du pétrole en 1986 a divisé par deux les recettes extérieures de l’Algérie. Pénuries de semoule, d’huile et d’eau, chômage massif des jeunes, grèves dans la zone industrielle de Rouiba : la tension monte tout l’été. Le 19 septembre, le président Chadli Bendjedid dénonce dans un discours les spéculateurs et les « incapables », ce qui achève d’exaspérer.
Les premiers troubles éclatent dans la soirée du 4 octobre à Bab El Oued et El Harrach. Le 5 au matin, des cortèges de lycéens et de jeunes chômeurs convergent vers le centre. Ministères, sièges du FLN, commissariats, agences d’Air Algérie et magasins d’État sont incendiés ou pillés. La police est débordée. Les jours suivants, le mouvement gagne Oran, Mostaganem, Blida, Annaba et la Kabylie.
Le 6 octobre, l’état de siège est décrété. Le général Khaled Nezzar, commandant des forces terrestres, reçoit la responsabilité du rétablissement de l’ordre. Blindés et unités d’infanterie, sans formation ni équipement pour ce type de mission, tirent à balles réelles. Le 10 octobre, une marche à l’appel de prédicateurs islamistes est prise sous le feu à Bab El Oued, devant le siège de la Sûreté ; on y relève plus de 30 morts. De nombreux témoignages font état de tortures infligées aux personnes arrêtées.
Le soir du 10, Chadli annonce des réformes et le calme revient. L’état de siège est levé le 12. Le bilan officiel est de 159 morts ; les sources hospitalières et les organisations de défense des droits de l’homme en avancent 500 ou davantage. La Constitution de février 1989 instaure le multipartisme. Le Front islamique du salut en est le premier bénéficiaire, jusqu’à l’interruption du processus électoral par l’armée en janvier 1992.
5 octobre 1991 : un C-130 de l’armée de l’air indonésienne s’écrase à Jakarta.
Un Lockheed C-130H-30 Hercules de la Tentara Nasional Indonesia-Angkatan Udara tombe sur un quartier de l’est de Jakarta, une minute après son décollage de la base de Halim Perdanakusuma. L’accident fait 135 morts : 133 des 134 occupants et deux personnes au sol.
Le 5 octobre est en Indonésie la journée des forces armées, anniversaire de leur création en 1945. La cérémonie de 1991 se tient à Halim. Une fois le défilé terminé, les unités venues de province regagnent leurs garnisons. L’appareil immatriculé A-1324, livré en 1982, doit ramener à Bandung 122 hommes des troupes spéciales de l’armée de l’air, les Paskhas, reconnaissables à leur béret orange. L’équipage compte 12 membres.
L’avion décolle vers 15 h 00. Pendant la montée initiale, le moteur n° 3, côté droit, prend feu. L’équipage déclare une situation d’urgence et obtient l’autorisation de revenir se poser. Il n’en a pas le temps : l’appareil perd de la vitesse, décroche et percute un bâtiment du ministère du Travail, où il s’embrase. Deux gardiens de l’immeuble sont tués.
Un seul passager survit. Un autre occupant, retiré vivant de l’épave, meurt à l’hôpital le jour même. L’origine de l’incendie du moteur n’a pas été rendue publique.
C’est alors la catastrophe aérienne la plus meurtrière survenue en Indonésie ; elle le reste jusqu’à l’accident de l’Airbus de Garuda près de Medan, en septembre 1997. L’armée de l’air indonésienne connaît un drame comparable le 30 juin 2015, lorsqu’un autre Hercules s’écrase sur un quartier de Medan peu après le décollage.
5 octobre 1995 : Bob Denard se rend à l’armée française (Comores).
Encerclé dans le camp de Kandani, à Moroni, par les troupes de l’opération Azalée, le mercenaire français dépose les armes avec ses hommes. C’est la fin de son quatrième et dernier coup de force dans l’archipel.
Né en 1929 en Gironde, engagé dans la Marine en 1945, Robert Denard sert en Indochine puis travaille au Maroc, où il passe par la police. Il devient mercenaire au Katanga en 1961, puis combat au Yémen, au Congo, au Biafra, en Angola. En janvier 1977, sa tentative de renverser le régime du Bénin échoue. Aux Comores, il intervient en 1975, remet au pouvoir Ahmed Abdallah en 1978 et commande pendant 11 ans la garde présidentielle. L’assassinat d’Abdallah, en novembre 1989, l’oblige à quitter le pays sous la pression française.
Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1995, il revient par la mer avec une trentaine d’hommes, débarqués en canots pneumatiques d’un navire, le Vulcain. Le président Saïd Mohamed Djohar est arrêté dans sa résidence ; des officiers emprisonnés depuis un précédent putsch sont libérés et un comité militaire de transition est installé. Paris condamne l’opération et invoque l’accord de défense qui le lie aux Comores.
L’opération Azalée est déclenchée dans la nuit du 3 au 4 octobre. Elle engage environ 600 hommes : commandos du Commandement des opérations spéciales, parachutistes du 2e RPIMa venus de La Réunion, éléments stationnés à Mayotte, bâtiments de la Marine. Les deux aérodromes, le port et le Vulcain sont saisis en quelques heures. Les soldats comoriens ralliés à Denard n’opposent qu’une résistance sporadique, qui fait quelques morts dans leurs rangs. Denard a donné à ses hommes la consigne de ne pas tirer sur des soldats français. Le président Djohar est libéré le 4 et conduit à l’ambassade de France, puis à La Réunion.
Le 5 octobre dans l’après-midi, après des pourparlers, Denard sort le premier du camp, suivi de ses mercenaires. Transféré à Paris, il est incarcéré plusieurs mois à la prison de la Santé. Djohar n’est pas rétabli dans ses fonctions ; une élection porte Mohamed Taki à la présidence en mars 1996.
Jugé en 2006 pour ce coup de force, Denard, atteint de la maladie d’Alzheimer, est condamné à 5 ans de prison avec sursis, peine portée en appel, en 2007, à 4 ans dont 1 ferme, qu’il n’exécute pas. Il meurt le 13 octobre 2007 et est inhumé à Grayan-et-l’Hôpital, le village de son enfance.








