2 février 1141 : première bataille de Lincoln.
Le 2 février 1141, jour de la Chandeleur, se déroule sous les murs de la cité de Lincoln l’un des affrontements les plus décisifs de l’histoire médiévale anglaise. Cette bataille marque un tournant dramatique dans la guerre civile connue sous le nom d’« Anarchie », qui déchire le royaume d’Angleterre depuis 1135.
La mort d’Henri Ier Beauclerc en 1135 a plongé l’Angleterre dans une crise de succession sans précédent. Le roi avait désigné sa fille Mathilde, veuve de l’empereur germanique Henri V et remariée à Geoffroy Plantagenêt comte d’Anjou, comme son héritière. Cependant, à peine le roi disparu, son neveu Étienne de Blois s’empare du trône avec l’appui d’une partie de la noblesse anglo-normande et de l’Église. S’ensuit une guerre civile qui transforme le royaume en champ de bataille entre les partisans des deux prétendants.
En ce début d’année 1141, le roi Étienne assiège le château de Lincoln, tenu par les partisans de l’impératrice Mathilde. La garnison fait appel à Robert de Gloucester, demi-frère de Mathilde et chef militaire du parti angevin, qui rassemble une armée de secours et marche sur Lincoln.
L’armée du roi Étienne comprend essentiellement des chevaliers anglo-normands fidèles à sa cause, renforcés par des contingents flamands. Le monarque peut compter sur des barons puissants et sur l’élite de la chevalerie du royaume. Ses troupes sont solidement établies devant les murailles de Lincoln, mais se trouvent en position délicate face à l’arrivée de l’armée de secours.
Robert de Gloucester commande une force composite comprenant des chevaliers angevins, des soldats gallois réputés pour leur férocité, et des troupes levées dans les domaines fidèles à Mathilde. Cette armée, numériquement peut-être inférieure, bénéficie de l’avantage tactique d’avoir choisi le moment et le lieu de l’engagement.
La bataille s’engage dans les faubourgs de Lincoln, au nord-ouest de la ville. Contre l’avis de plusieurs de ses conseillers qui lui recommandent de se replier, Étienne choisit de livrer combat. Cette décision, dictée par son honneur chevaleresque et sa fierté royale, lui sera fatale.
Le combat est d’une violence extrême. Les chroniqueurs rapportent que le roi Étienne se bat avec un courage remarquable, combattant à pied après que son cheval a été tué sous lui. Il manie successivement son épée, puis une hache de guerre lorsque sa lame se brise. Autour de lui, ses fidèles tombent un à un sous les coups des assaillants.
Les troupes galloises de Robert de Gloucester jouent un rôle déterminant dans la bataille, leur tactique agressive et leur maniement des javelots et des lances désorganisant les formations royalistes. Progressivement, l’armée d’Étienne est enfoncée et dispersée. De nombreux barons, voyant la bataille perdue, abandonnent leur souverain et prennent la fuite.
Épuisé, blessé, le roi Étienne continue à se battre jusqu’à ce qu’il soit finalement capturé par un chevalier au service de Robert de Gloucester. C’est la première fois depuis la conquête normande qu’un roi d’Angleterre est fait prisonnier sur un champ de bataille.
La capture d’Étienne bouleverse l’échiquier politique du royaume. L’impératrice Mathilde, enhhardie par cette victoire décisive, marche sur Winchester puis sur Londres. En avril 1141, elle est proclamée « Dame des Anglais » (Domina Anglorum) et semble sur le point de s’emparer définitivement du trône.
Cependant, Mathilde ne saura pas exploiter pleinement sa victoire. Son arrogance envers la noblesse et les bourgeois de Londres, ainsi que sa politique fiscale brutale, lui aliènent rapidement le soutien de ceux qui auraient pu consolider son pouvoir. En septembre 1141, lors du siège de Winchester, Robert de Gloucester est à son tour capturé, conduisant à un échange de prisonniers qui voit Étienne libéré et restauré sur le trône.
La première bataille de Lincoln ne met donc pas fin à la guerre civile, qui se poursuivra encore pendant des années dans une impasse sanglante. Elle illustre néanmoins la brutalité et l’incertitude de cette période troublée de l’histoire anglaise, où la légitimité monarchique fut mise en cause par la force des armes et où la noblesse féodale joua son propre jeu entre les prétendants rivaux.
Cette bataille du 2 février 1141 demeure l’un des rares exemples médiévaux de capture d’un monarque régnant au combat, événement suffisamment exceptionnel pour marquer durablement les mémoires et les chroniques de l’époque.
2 février 1688 : mort à 78 ans d’un des plus grands officiers de la marine de guerre française, Abraham Duquesne.
Abraham Duquesne (puis du Quesne après son anoblissement), baron d’Indret dès 1650 puis marquis du Quesne en 1682, né à Dieppe en 1610 et mort le à Paris.
Né dans une famille huguenote au début du XVIIe siècle, il embarque pour la première fois sous les ordres de son père, capitaine de vaisseau. Il sert sous Louis XIII pendant la guerre de Trente Ans et se distingue en plusieurs occasions, notamment aux combats de Tarragone et du cap de Gata, mais doit quitter la marine en 1644 après avoir perdu un navire.
Pendant les troubles de la minorité de Louis XIV, il obtient de Mazarin l’autorisation de servir dans la marine royale suédoise, en compagnie de son frère. Il prend part à la guerre de Torstenson qui oppose le royaume de Suède au Danemark et se distingue au combat de Fehmarn en prenant le navire amiral du commandant de la flotte danois Pros Mund.
Rentré en France, il réintègre la Marine royale et est envoyé en 1669 au secours de Candie, assiégée par les Turcs. Il prend part à la guerre de Hollande (1672-1678) et combat à la bataille de Solebay (1672) et à Alicudi (). Mais, c’est à la bataille d’Agosta () et à celle de Palerme qu’il se distingue tout particulièrement. Il termine sa carrière avec le grade de lieutenant général des armées navales, freiné dans son avancement par sa religion qu’il refusera d’abjurer malgré l’insistance de Louis XIV et de ses conseillers (Colbert et Bossuet).

2 février 1814 : combat de Rosnay (Aube).
Le maréchal Marmont couvre avec 3 000 hommes la retraite de Napoléon après la défaite de La Rothière. Il tient tête aux 25 000 Bavarois du général De Wrède et défend le pont de Rosnay. C’est à Rosnay que Napoléon donne pour devise à l’héroïque 132e de ligne : « Un contre huit ». Joli raccourci illustrant le sacrifice de ce régiment. Le 132e Bataillon cynophile de l’armée de Terre est aujourd’hui l’héritier du 132e de ligne. Il est implanté à Suippes dans la Marne.

2 février 1871 : fin de l’armée de Bourbaki (Suisse).
Vaincue à la bataille de la Lizaine, l’armée de Bourbaki, après avoir traversé le Jura en plein hiver, débouche en Suisse près de Neuchâtel. La grande détresse des soldats vêtus de haillons déclenche un élan de générosité de la part des Helvètes.
2 février 1903 : naissance du résistant René Duchez.
Originaire de Lorraine, Duchez intègre le groupe de résistance Centurie, à Caen. Ce groupe est membre du réseau Organisation civile et militaire. L’activité des quarante membres du groupe consiste en la collecte de renseignements sur le mur de l’Atlantique en construction.
Dans ce but, Duchez se fait embaucher comme peintre en bâtiment à la kommandantur de Caen en . Le , il dérobe les plans des fortifications allemandes de la côte normande entre Cherbourg et Honfleur. Ces plans sont transmis au colonel Rémy qui les conduit en Grande-Bretagne. Selon Rémy, le vol de ces plans contribua au choix de la Normandie comme lieu du débarquement de juin 1944.

En 1964, France Culture proposait une série de documentaires pour commémorer les 20 ans de la Libération, parmi eux une thématique sur la « Géographie de la Résistance ». L’émission consacrée à la Normandie diffuse plusieurs témoignages dont ceux des résistants Georges Brutelle et Odette Duchez.
- Georges Brutelle, résistant.
- Odette Duchez, résistante française.
2 février 1916 : le Zeppelin L19, à la dérive, coule en mer du Nord à son retour de son premier bombardement sur l’Angleterre.
Son équipage a survécu à l’accident, mais s’est noyé après que l’équipage d’un navire de pêche britannique ait refusé de les sauver.

2 février 1920 : traité de Tartu (Estonie).
Le traité de Tartu est un traité de paix signé le entre la république socialiste fédérative soviétique de Russie d’une part et la république nouvellement indépendante d’Estonie, qui faisait auparavant partie de la Russie impériale. La guerre d’indépendance estonienne prit fin avec la trêve du 1er entre la Russie bolchévique et l’Estonie.
Le traité avec la Russie reconnaissait l’indépendance de cette dernière. Le traité résolvait les disputes et problèmes suivant la cessation des hostilités comme la délimitation des frontières et le transfert de propriétés.
Le texte, rédigé en russe, en estonien, immatriculé à la Société des Nations est publié en anglais et en français, sous le n° XI, en 1922.
Sa ratification par l’assemblée constituante d’Estonie a lieu le ; ratifié par le Comité central le et l’échange des instruments de la ratification adviendra, à Moscou, le .
Cette signature donne la première impulsion pour une autonomie de l’Estonie ; mais les termes du traité ne seront pas tous remplis comme le retour des trésors pillés pendant la guerre dans les églises, l’université de Tartu, le droit d’usage de la forêt. C’est aussi pour Lénine et la RSFSR la première reconnaissance diplomatique.
Ce traité, s’il a été signé par la Russie, n’a pas été ratifié. Aussi, il n’a pas trouvé exécution. En 2020, soit 100 ans après la signature de ce traité, certains hommes politiques, dont Henn Põlluaas, Président du Riigikogu, appelle la Russie à restituer les « territoires estoniens occupés ». Cependant, pour la Russie, « la question des revendications territoriales de l’Estonie à l’égard de la Russie est close une bonne fois pour toutes ».
Après la restauration de l’indépendance en 1991, l’Estonie se positionna explicitement dans la continuité juridique de la république de 1918-1940, considérant les cinquante années d’occupation soviétique comme une parenthèse illégale. Les frontières définies à Tartu redevinrent alors un sujet de tension : tandis que l’Estonie revendiquait les territoires de 1920, la Russie refusait de revenir sur les modifications frontalières imposées en 1945.
2 février 1943 : derniers combats à Stalingrad.
Le secteur Nord allemand cesse le combat. Le secteur Sud a capitulé 2 jours plus tôt avec le maréchal Paulus, commandant des troupes allemandes. C’est le tournant de la guerre sur le front de l’Est.






