dimanche 26 mai 2024

DIÊN BIÊN PHU : Conclusions

Bilan humain

Les pertes humaines à Diên Biên Phu furent considérables.

Beaucoup d’ouvrages de références se « battent » concernant les chiffres officiels des pertes.

Sans prendre parti pour l’une ou l’autre des versions, le seul constat qui peut être fait est que les pertes vietminh ne descendent jamais en-dessous des 20 000, le nombre de tués évoluant entre 7 000 et 10 000.

ROCOLLE, dans « Diên Biên Phu – Un coin d’enfer », cite un chiffre de 22 000 à 25 000 dont 10 000 tués D’après le général DE CASTRIES, de retour de captivité, le chiffre de 30 000 serait admis par le Vietminh.

Concernant les pertes françaises, les chiffres sont moins aléatoires mais tout aussi différents d’un auteur à l’autre.

Entre le 12 mars et le 7 mai 1954, le GONO a disposé de 15 104 hommes : 10 813 hommes présents le 12 mars auxquels il faut ajouter 4 291 renforts.

Le Service Historique des Armées table sur 4 000 tués. Le général NAVARRE parle de 1 500 tués. Si on se fie aux chiffres du Viêt-Minh, sur les 15 104 hommes, il y eut 10 300 prisonniers. On aboutit au chiffre de 4 804 pertes. Chiffre auquel il faut retirer les 858 prisonniers français jugés intransportables et 126 évadés. On trouve donc 3 820 tués. Pierre JOURNOUD et Hugues TERTRAIS (2012), quant à eux, aboutissent au résultat de 4 034 tués et disparus en y incluant les déserteurs. En dernier lieu, les chiffres du GONO font état de 2 546 tués et disparus et 1 661 déserteurs.

Pourquoi cette disparité ?

Les analyses divergent mais à compter du 05 mai il n’y a plus de décompte les collines tombent et les points d’appuis sont submergés. Les derniers combats sont a la grenade dans les tranchées. Un certain nombre de disparus a pu être fait prisonnier mais d’autres combattants sont morts dans les tranchées sans que personne n’ai pu le savoir. Les unités ne sont plus constituées et ne ressemblent qu’à des troupes hétéroclites constituant un groupe de marche autour d’un chef.

En pourcentage, la perte de 15 172 hommes à Diên Biên Phu représentent 3.3 % des 450 000 hommes en tenant compte des armées des états associés (Thaï, partisans, supplétifs et 5e BPVN).

Pour rappel, en 1950, la perte de la RC4 Langson Cao Bang, avec 4 809 hommes, représentait 2.6 % des troupes qui, à l’époque, s’élevaient à 181 768 hommes.

En poursuivant dans ce rapport de force entre ces deux batailles, 11 bataillons solides ont disparu à Diên Biên Phu alors qu’en 1950 il n’y en avait 7. En revanche, au niveau matériel, la perte de Langson et de la RC4 avait permis au Vietminh de récupérer beaucoup plus de matériel qu’à Diên Biên Phu (de quoi équiper toute une division). À Langson, il restait entre autres 900 tonnes de munitions, 1 300 tonnes de vivres et 100 tonnes d’effets d’habillement. L’ennemi avait récupéré approximativement une soixantaine de camions et cinq mortiers de 120 mm, plus l’armement léger.

Ce qu’il faut souligner est que Diên Biên Phu est véritablement la bataille de la guerre d’Indochine qui a vu le plus de tués côté français, si l’on ajoute les prisonniers qui meurent par la suite dans les camps. Ainsi sans légitimer l’emphase des journaux français à propos du sacrifice de ces hommes, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Au niveau des pertes, Diên Biên Phu est la plus grande saignée de la guerre d’Indochine dans le camp vietminh comme dans le camp français.

Il faut bien l’admettre, à cinq contre un, les Français ont résisté pendant près de deux mois, c’est une chose admirable.

Pour le Vietminh une saignée dans ses meilleures unité.

Du 14 mars au 6 mai 4306 hommes ont été largués dont 3597 parachutistes brevetés et 709 non professionnels.

Ces 709 ont été pris sur les 2,594 volontaires provenant de toutes les nationalités comprenant 2 048 Européens, 451 Nord-Africains et Africains et 95 Vietnamiens.

Bilan des blessés au 7 mai : À l’heure du cessez-le feu, il manque 4 000 hommes, tués ou disparus. Si 1000 blessés ont pu être évacués, ils sont plus de 4 000, après traitements d’urgence, à avoir regagné leur emplacement de combat. Un peu plus de 850, grièvement atteints, sont remis aux médecins français venus d’Hanoï. Sur les 2 156 blessés graves, pris en compte entre le 13 mars et le 7 mai, 1 154 furent opérés dans des conditions effroyables avec seulement 142 décès post-chirurgicaux, témoignage exceptionnel du savoir-faire de ces jeunes chirurgiens de guerre si rapidement formés.

On estime au 5 mai le nombre de 6 316 hommes valides, mais après les combats du 6 et du 7 mai, qui furent particulièrement violents, il doit rester environ 5 500 hommes, toutes fonctions confondues.

Un peu plus de 400 hommes furent blessés sur les deux derniers jours du 6 et du 7 mai.

80 pilotes ont été perdus dont un grand nombre dotés d’une importante expérience.

Ces pertes ont des conséquences sur l’aviation de l’Indochine qui perd en qualité et en moral. Des unités ont été saignées et les séquelles chez certains hommes sont irrémédiables. Si des unités ont besoin d’être réorganisées d’autres ont besoin d’un apport extérieur important.

Il partit environ 9 100 à 9 500 hommes vers les camps de prisonniers.

Il restait sur la garnison d’ISABELLE 1 200 hommes valides mais peut être aussi blessés selon l’estimation du colonel LALANDE.

Sur le noyau central, il restait 4 300 hommes dont un millier pour l’artillerie, le génie, aux différents services et à l’état-major. Il restait donc environ un peu plus d’un millier de fantassins en état de combattre.

Les ACM les ACP :  Trois antennes chirurgicales parachutistes et cinq médecins des bataillons aéroportés largués dans les jours et les semaines suivantes vinrent renforcer les effectifs et à la fin des combats.

22 médecins étaient présents sur le site.

4 antennes chirurgicales parachutistes ont été larguées à DBP :

  • Le 20 novembre 1953 : l’ACP 1.
  • Le 16 mars 1954 : l’ACP 3.
  • Le 17 mars 1954 l’ACP 6.
  • Le 11 avril 1954 l’ACP 5.

Chaque antenne comprenait 8 personnes : un chirurgien, un anesthésiste, un réanimateur, un aide opérateur, un instrumentiste, un panseur, un stérilisateur, un infirmier (secrétaire et service général).

Pour ne pas surcharger les antennes et leur permettre de ne se consacrer qu’aux cas les plus sérieux, ils furent amenés à réaliser un premier tri, ne leur adressant d’emblée que les blessés dont la gravité excédait leurs modestes possibilités chirurgicales. Les très jeunes chirurgiens, dont certains parachutés de nuit avec leur petite équipe d’infirmiers, ont pratiqué à la chaîne et sans interruption des actes chirurgicaux majeurs généralement effectués dans les hôpitaux de l’arrière, avec des moyens très insuffisants. Devant l’afflux quotidien de dizaines et parfois de centaines de blessés les soins n’ont été possibles que par des parachutages incessants de matériels médicochirurgicaux. Souvent ils devaient pratiquer des actes chirurgicaux bien au-dessus de leur jeune expérience : ablation de la rate, du rein, plaie thoracique, lésions intestinales multiples, plaies maxillo-faciales. L’anesthésie à l’éther faite sans curare, imposait aussi d’opérer très vite. Mais ce que le chirurgien redoutait, c’était le polyblessé toujours très choqué et qui nécessitait des actes multiples très mutilants (amputations en quelques minutes, trachéotomie, anus artificiel).

En quelques jours, ils ont opéré ainsi nuit et jour et sans interruption d’innombrables blessés (environ 30 à 40 par jour), mais leurs locaux souterrains trop exigus leur imposaient de transférer les opérés auprès de leurs camarades de l’avant pour assurer les soins postopératoires. Ces derniers retenaient aussi dans leurs postes de secours, ceux dont l’importance des blessures engageait leur pronostic vital.

  • Antenne Chirurgicale Mobile n°29 (ACM 29) : Commandant Paul GRAUWIN.
  • Antenne Chirurgicale Mobile n°44 (ACM 44) : Lieutenant Jacques GINDREY.
  • Antenne Chirurgicale Parachutiste n°3 (ACP 3) : Lieutenant Louis RÉSILLOT.
  • Antenne Chirurgicale Parachutiste n°5 (ACP 5) : Capitaine Ernest HANTZ.
  • Antenne Chirurgicale Parachutiste n°6 (ACP 6) : Lieutenant Jean VIDAL.
  • 1 200 chez GINDREY.
  • 1 000 chez HANTZ.
  • 800 chez VIDAL.
  • 556 chez RÉSILLOT.

En outre 3 000 autres blessés ont été traités par les médecins des bataillons dans leurs postes de secours.

La plupart de ces éprouvés (86 %, soit 5 600) prendront, mêlés aux valides, la route des camps. Le chemin de Golgotha…


Bilan matériel

Du 13 mars au 7 mai, les bombardiers B-26 ont réalisés 1 629 missions avec 45 avions.

Au total 14 204 missions aériennes ont été réalisées dont 53,34 % pour des missions de transport, soit 6 700 qui ont assuré le transport de 28 000 hommes et de 3 800 tonnes de matériel, le parachutage de 10 000 hommes et de 10 000 tonnes de fret.

De février à mai, 5 320 tonnes ont été larguées soit 64,74 tonnes par jour.

Les pilotes de transport réalisaient un minimum de deux misions par jour et une mission de nuit soit une moyenne de 150 heures de combat par mois.

L’aéronavale réalisa 10 % du total des missions aériennes et 27 % des missions feu.

Missions photo sur Diên Biên Phu :

  • ELA 53 : 76 missions – 17 929 clichés pris, 16 920 exploitables, 55 784 diffusés.
  • RB 26 : 57 missions – 18 390 clichés pris, 17 300 exploitables, 57 170 diffusés.

Le Vietminh a envoyé plus de 300 000 obus sur Diên Biên Phu.

Il a été largué 79 166 parachutes dont 3 763 à grande voilure (500m²).

84 000 voilures ont été utilisées à Diên Biên Phu dont 56 000 après le 13 mars.

Du 14 mars au 6 mai : 

  • 1 856 sauts de jours dont 998 par le Franche-Comté, 424 par l’Anjou, 316 par le Sénégal et 118 par le Béarn.
  • 3 024 sauts de nuit dont 1198 par le Franche-Comté, 598 par l’Anjou, 633 par le Sénégal et 595 par le Béarn.
  • Soit un total de 4 880 sauts d’après relevés des services aériens.  
Un équipage du SÉNÉGAL pose devant le bout d’aile du Dakota « Mike Bravo » atteint par une fusée en fin de parachutage.

Les pilotes du CAT, sur C-119, réalisèrent 680 missions de parachutage au-dessus de Diên Biên Phu entre le 13 mars et le 6 mai.

Du 20 novembre au 07 mai :

  • Les C-47 réalisèrent 4 145 rotations soit 11 839 heures de vol.
  • Les C-119 réalisèrent 1 659 rotations en 4 491 heures de vol.
  • Les avions civils réalisèrent 2 179 rotations en 6 236 heures de vol.
  • Au total : 7 893 rotations en 22 566 heures de vol.

La dotation du Tonkin pour 70 chars était de 10 000 coups.

La consommation du Tonkin pour 70 chars était de 4 500 coups.

La dotation de Diên Biên Phu a été portée à 5 000 coups dont 1 000 coups à ISABELLE.

La consommation en 1 mois de combat sur ISABELLE : 1 000 coups pour 3 chars.

Au total : 11 074 coups de 75 GUN ont été livrés à Diên Biên Phu.

32 tonnes de mines et 6 tonnes de charges plates ont été transportées sur Diên Biên Phu.

En 56 nuits  : 50 000 obus de 105 et 30 000 de 120 ont été parachutés.

Du 20 novembre 1953 au 6 mai 1954, la voie aérienne a fourni à Diên Biên Phu un total approximatif de 23 000 tonnes dont 4 000 de munitions d’artillerie soit 15 % du total.

Total de munitions posées ou parachutées à Diên Biên Phu : 7 220 tonnes dont 2 615 tonnes de munitions de 105 mm soit 93 349 obus et 96 HM2 éclairants et 1 960 tonnes de munitions de 120 mm.

10 218 coups complets de 155 HM1.

3 000 tonnes de barbelés parachutés.

Expédié par avion : 20 tonnes de tôles cintrées fortes et 130 tonnes de bois.

Au total environ 7 800 tonnes de ravitaillement en matériel, munitions et carburant en provenance de Chine ont été envoyés au Vietminh entre décembre 1953 et mai 1954 (contre seulement 2 600 tonnes l’année précédente à la même période).


Les pertes

  • 48 Jeep.
  • 25 Dodge 4×4.
  • 2 ambulances.
  • 1 porte-bombes.
  • 1 citerne essence.
  • 18 Dodge 6×6.
  • 36 GMC.
  • 10 chars.
  • 9 remorques citernes à eau.
  • 40 remorques diverses.
  • 46 tonnes de pièces de rechanges.
  • Perte de 51 avions dont les avions civils détruits sur la piste de Diên Biên Phu.
  • 169 avions ont été touchés.
  • 30 000 heures de vols consommées.
  • Perte de 28 appareils pour l’Air et 8 pour l’aéronavale.
    • 16 avions abattus par la DCA,
    • 143 touchés et 218 tirs repérés.
  • 33 % des avions ont été touchés.
  • Mais surtout 15 hommes tués et 33 disparus, 6 blessés et 43 prisonniers (toute la section air de Diên Biên Phu et quelques pilotes ou membres d’équipage capturés après saut en parachute.
  • 2 hélicoptères abattus en mars 1954.

Pour l’Aéronautique navale :

  • 6 pilotes d’avions de chasse tués.
  • 8 avions perdus.
  • 19 endommagés.

Sur les 16 avions abattus par la DCA : 4 Dakota, 1 Packett C-119, 1 Morane 500, 1 Bearcat, 1 Helldiver, 2 Hellcat, 5 Invader B-26, 2 Privateer.

  • Les 37 mm ont abattu 6 avions et touchés 47.
  • Les 12.7 mm ont abattu 2 avions et touchés 49.
  • Les 7.5 mm 3 avions abattus et touchés 37.

Indéterminés : 5 avions abattus et 10 touchés.

Sur les 17 avions abattus : 4 Dakota, 1 Packett C-119, 1 Morane 500, 1 Bearcat, 1 Helldiver, 2 Hellcat, 5 Invader B-26, 2 Privateer.

  • Les 37 mm ont abattu 6 avions et touchés 47.
  • Les 12.7 mm ont abattu 2 avions et touchés 49.
  • Les 7.5 mm ont abattu 3 avions et touchés 37.

Indéterminés : 5 avions abattus et 10 touchés.

L’usure a été importante sur les appareils. Il faut presqu’un an pour remettre en état le potentiel aérien et rééchelonner les visites. L’arrivée de matériel américain et de pièces a permis de remettre en route l’aviation. Le désengagement des troupes après les accords de Genève ont resserré le dispositif et permis de maintenir un fonctionnement quasi normal. Le Transport a continué à être sollicité fortement dans le désengagement avec l’évacuation des populations civiles vers le sud.

La qualité du matériel américain livré peut paraître importante mais la qualité peut porter à confusion. Les Corsair livrés avant la fin de la bataille étaient des appareils fatigués qui nécessitaient un entretien important avant remise en route en Indochine.

Du 20 janvier au 7 mai 1954, nos avions larguèrent en Indochine 30 000 tonnes, soit le chargement de 12 000 camions GMC, et que Diên Biên Phu a reçu en moyenne, pour sa part, 100 kg par minute.

1 624 interventions de bombardement au profit de Diên Biên Phu du 20 novembre au 7 mai.

Pendant les 56 jours de la bataille s’élève à 45 heures de vol par mois et par avion disponible, une moyenne de 11 avions par groupe, soit 22 avions, soit un rendement inférieur à 1945.

Les pertes de munitions à la suite des erreurs de largage ont permis au vietminh de récupérer 3 500 obus de 105 mm, 4 000 de 75 mm, 7 000 de mortiers. Dans les derniers jours de la bataille le Vietminh se serait retrouvé à court de munitions pour ses canons de 105 sans les erreurs de largage des avions français.

Il a été étudié le largage par erreur de munitions piégées qui auraient fait exploser les canons Vietminh. Cette étude a été abandonnée par manque de potentiel transport, celui-ci étant totalement utilisé pour ravitailler le camp et par la peur qu’un chargement piégé tombe au milieu du camp et soit utilisé sur les canons français.  


Bilan financier

Le coût de la bataille

Coût approximatif des matériels et approvisionnements de l’armée de terre mis en œuvre et perdus au cours de la bataille de Diên Biên Phu.

Un premier bilan du coût financier est arrondi à 12,9 milliards de francs pour l’armée de Terre.

À cela il faut rajouter le coût des transports aériens entre le 20 novembre et le 7 mai. Ce coût correspondant à la mise en place des unités et de leurs matériels ainsi qu’au soutien logistique de la bataille : Coût approximatif  de 2,28 milliards de francs, soit un total de 15,18 milliards pour l’armée de Terre : Cette évaluation ne tient pas compte du fait qu’une partie non négligeable du matériel perdu (60% à 70%) provenaient de l’aide américaine.

Les munitions pour 6,9 milliards francs (7 200 tonnes parachutées ou posées dont 2 615 tonnes d’obus de 105 mm et 960 tonnes d’obus de 120 mm).

Il a été consommé :

  • 13,44 millions de cartouches de 7 mm à 43 francs pièces.
  • Près de 6 millions de cartouches de 9 mm à 27 francs pièce.
  • 791 tonnes de riz.
  • 195 tonnes de viande congelée désossée.
  • 2 260 hectolitres de vin et 321 hectolitres de Vinogel*.
  • 628 194 rations + 22 760 rations de survie.
  • 119 tonnes de conserve de viande.
  • 65 tonnes de conserve de légumes.
  • 25 tonnes de conserve de poisson.
  • 13 tonnes de conserves de charcuterie.

* Vinogel : ersatz de vin, déshydraté jusqu’à atteindre un tiers de son volume, et gélifié de façon à conserver le titrage d’alcool, distribué au Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient durant la guerre d’Indochine dans les rations alimentaires de l’armée.


Défaite politique


Conséquences politiques

Cette manifestation du 9 mai 1954, qui pour certains devait se terminer devant l’Élysée, tourne au fiasco.

Le gouvernement LANIEL ne résistera pas longtemps à cette bataille.

Juin 1954 : un certain nombre d’unités présentes à Diên Biên Phu sont dissoutes sur place pour permettre de les reconstituer en Algérie ou se trouve les maisons mère ce qui évite des transports d’unités organiques avec matériels et personnels.

1955 : les troupes française quittent Saigon et l’Indochine, poussées par le gouvernement de Bao Daï soutenu par les Américains. Pour un grand nombre, la direction est l’Algérie où un autre conflit commence.

Les régiments reprennent le bateau, pour certains avec l’amertume de la défaite et l’impression d’un lâchage total de la France.

Un clivage se crée entre ceux qui ont connu l’Indochine et les autres, « planqués », ceux qui sont restés en France. Encore plus pour ceux qui ont été prisonniers des Viets.

Certaines unités certains, officiers, sous-officiers et soldats retrouveront en Algérie les mêmes renoncements des politiques, des militaires… et prendront un chemin parallèle.

Pascal PECCAVET
Pascal PECCAVET
Ancien pilote d'hélicoptère sur Gazelle au sein de l’aviation Légère de l’armée de Terre (ALAT) pendant 18 ans cumulant 2 500 heures de vol. Ancien combattant de la guerre du Golfe et de la Somalie. Attaché Principal d’Administration d’État dans l’Éducation nationale. Adjoint gestionnaire d’un établissement scolaire. Commissaire aux Armées de Réserve (en attente d'affectation). Membre de l’Union Nationale des Combattants de Saint-Paul-lès-Dax (Landes). Historien chercheur pour l'ECPAD. Historien "War Studies". Spécialiste de la guerre d’Indochine. A rejoint l'équipe rédactionnelle de THEATRUM BELLI en janvier 2024.
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