2 octobre 1187 : Jérusalem se rend à Saladin.

Trois mois après la destruction de l’armée du royaume à Hattin (4 juillet), Saladin a pris Acre, Jaffa, Sidon, Beyrouth et Ascalon. Il se présente devant Jérusalem le 20 septembre. La ville est pleine de réfugiés et presque vide de combattants : on n’y compte qu’une poignée de chevaliers, et Balian d’Ibelin, qui a pris la défense en main à la demande du patriarche Héraclius et de la reine Sibylle, doit adouber une soixantaine d’écuyers et de bourgeois.
Les premiers assauts, lancés à l’ouest contre la tour de David et la porte de Damas, échouent pendant six jours. Le 26 septembre, Saladin transporte son camp au nord-est, face au mont des Oliviers. Ses sapeurs minent la muraille, qui s’effondre en partie le 29. La brèche ne peut plus être tenue.
Balian négocie. Saladin, qui avait juré de prendre la ville d’assaut, finit par accepter une capitulation lorsque son interlocuteur menace de détruire les lieux saints musulmans et de mettre à mort les quelque 5 000 captifs musulmans détenus dans la cité. L’accord fixe une rançon de dix dinars par homme, cinq par femme, un ou deux par enfant selon les sources. Trente mille dinars pris sur le trésor rachètent en bloc 7 000 pauvres. Les habitants ont quarante jours pour payer.
La ville est remise le 2 octobre, 27 rajab 583 du calendrier musulman, jour anniversaire du voyage nocturne du Prophète. L’entrée des vainqueurs se fait sans massacre ni pillage, ce qui tranche avec la prise de 1099, quand la population musulmane et juive avait été passée au fil de l’épée, y compris les réfugiés du Temple auxquels Tancrède avait donné sa bannière comme sauvegarde. Saladin libère sans rançon les vieillards et plusieurs milliers de pauvres, à la demande de son frère al-Adil, du patriarche et de Balian. Mais la clémence a ses limites : environ 15 000 personnes incapables de payer sont réduites en esclavage, 7 000 hommes et 8 000 femmes et enfants d’après Imad ad-Din, secrétaire du sultan.
La croix dorée qui surmontait le Dôme du Rocher est abattue, la mosquée al-Aqsa rendue au culte. Le Saint-Sépulcre, fermé trois jours, est rouvert aux pèlerins contre paiement d’un droit ; les chrétiens orientaux peuvent rester. Les Francs rachetés partent en trois colonnes vers Tyr et Tripoli. La nouvelle provoque en Occident la prédication de la troisième croisade.
2 octobre 1370 : Du Guesclin est fait Connétable de France.
À l’hôtel Saint-Pol, Charles V remet à Bertrand du Guesclin l’épée de connétable, qui fait de ce cadet de petite noblesse bretonne le chef des armées royales. Il succède à Moreau de Fiennes, âgé, qui s’est démis de la charge. Du Guesclin aurait d’abord décliné l’honneur en invoquant sa naissance, avant de céder devant l’insistance du roi.
La nomination intervient dans un moment critique. La guerre a repris en 1369. À l’été 1370, la chevauchée de Robert Knolles ravage le nord du royaume jusqu’aux abords de Paris, et le Prince Noir vient de saccager Limoges (19 septembre). Le roi a besoin d’un homme capable d’appliquer la stratégie qu’il a arrêtée : refuser la bataille rangée, user les chevauchées anglaises, reprendre les places une à une.
Né vers 1320 à La Motte-Broons, Du Guesclin s’est formé dans la guerre de Succession de Bretagne, à la tête de bandes opérant autour de Rennes et de la forêt de Paimpont. Sa carrière alterne succès et captivités : vainqueur de l’armée navarraise à Cocherel (16 mai 1364), il est fait prisonnier à Auray quatre mois plus tard, puis de nouveau à Nájera (1367) par le Prince Noir. Chargé d’emmener hors de France les Grandes Compagnies, il les conduit en Castille et installe Henri de Trastamare sur le trône après Montiel (1369).
Le nouveau connétable justifie aussitôt le choix du roi. Allié à Olivier de Clisson par un pacte de fraternité d’armes conclu à Pontorson fin octobre, il surprend le 4 décembre 1370 l’arrière-garde de Knolles à Pontvallain, dans le Maine, et la détruit. Dans la décennie qui suit, le Poitou, la Saintonge, l’Aunis et une grande partie de la Guyenne sont repris.
La confiscation du duché de Bretagne par Charles V, en 1378, place le connétable en porte-à-faux vis-à-vis de ses compatriotes. Envoyé combattre les compagnies en Languedoc, il meurt de maladie le 13 juillet 1380 devant Châteauneuf-de-Randon, en Gévaudan. Charles V le fait inhumer à Saint-Denis, auprès des rois.

2 octobre 1552 : Ivan IV prend Kazan.
Après deux campagnes manquées en 1547 et 1549-1550, le jeune tsar de Moscovie emporte d’assaut la capitale du khanat de Kazan, État tatar issu de la Horde d’Or qui tient le cours moyen de la Volga. La date est celle du calendrier julien alors en usage en Russie.
L’opération a été préparée avec méthode. En 1551, les Russes ont édifié en quelques semaines la forteresse de Sviajsk, au confluent de la Sviaga et de la Volga, à une trentaine de kilomètres de Kazan : les pièces de charpente, taillées en amont, avaient été descendues par flottage. Cette base avancée résout le problème de ravitaillement qui avait fait échouer les expéditions précédentes.
L’armée arrive sous les murs le 23 août 1552. La tradition lui prête 150 000 hommes et 150 canons, chiffres que les historiens jugent très exagérés ; la garnison, commandée par le khan Yadegar Mohammed, compte une trentaine de milliers de défenseurs. Le siège mobilise des techniques nouvelles pour l’armée moscovite : streltsy armés d’arquebuses, tranchées d’approche, tour de siège d’une douzaine de mètres construite par l’ingénieur Ivan Vyrodkov pour battre l’intérieur de la ville, et surtout guerre de mines. Début septembre, une première charge détruit la galerie qui donnait accès à la source d’eau des assiégés.
Le 2 octobre, deux mines font sauter la muraille près des portes Atalyk et Nogaï. L’assaut général suit. Les combats de rues sont acharnés ; l’imam Koul Charif est tué à la tête de ses élèves, le khan capturé. La ville est mise à sac et une grande partie de sa population masculine massacrée. Les captifs russes détenus dans le khanat sont libérés.
La chute de Kazan ouvre à Moscou la route de la Volga : Astrakhan tombe en 1556, et avec elle l’accès à la Caspienne. La résistance des populations du khanat dure toutefois jusqu’à cette date. La cathédrale Saint-Basile, sur la place Rouge, est construite pour commémorer la victoire.
2 octobre 1768 : naissance de François Antoine Kirmann
Fils d’un vigneron de Bischoffsheim, en Basse-Alsace, Kirmann s’engage le 2 juillet 1785 au régiment de hussards Colonel-Général. Il passe en mars 1793 au 20e régiment de chasseurs à cheval, où il franchit en quelques mois les grades de maréchal des logis-chef, sous-lieutenant et lieutenant. Capitaine le 19 juin 1794, il est blessé d’une balle à la mâchoire une semaine plus tard à Fleurus.

Il sert ensuite aux armées de Sambre-et-Meuse, de Rhin-et-Moselle et du Rhin. En mai 1800, lors des combats livrés autour d’Erbach, sur le Danube en amont d’Ulm, il dégage avec son escadron une batterie menacée près de Dellmensingen, enlève un drapeau à un bataillon autrichien qu’il force à déposer les armes, puis charge dans la soirée un parti de cavalerie très supérieur en nombre. Deux chevaux sont atteints sous lui dans la journée. Le 16 décembre 1800, à Neumarkt, pendant la poursuite qui suit Hohenlinden, il charge à la tête du régiment sur ordre de Richepanse et ramène 1 500 prisonniers ; une balle lui emporte un doigt de la main gauche. Le Premier consul lui décerne un sabre d’honneur le 6 septembre 1801. Il est officier de la Légion d’honneur le 14 juin 1804.
Après les campagnes de 1805 à 1807, il entre le 8 mai 1807 comme capitaine aux chasseurs à cheval de la Garde impériale. Chef d’escadron le 10 septembre 1808, il reçoit le commandement des mamelouks, unité issue de la campagne d’Égypte et rattachée à ce régiment. Il les conduit en Allemagne en 1809, puis en Espagne en 1810 et 1811. Chevalier puis baron de l’Empire, il fait la campagne de Russie, où un biscaïen le blesse à la hanche à Maloïaroslavets (24 octobre 1812). À Leipzig, le 18 octobre 1813, il reçoit deux coups de sabre, au visage et à la tête, et plusieurs coups de lance. Il combat encore en France en 1814, puis à Ligny et à Waterloo.
Licencié après les Cent-Jours, il se retire à Rosheim, dont il est maire de 1819 à 1829. Il meurt à Bischoffsheim le 16 octobre 1850, à 82 ans.
2 octobre 1799 : bataille d’Alkmaar (Hollande-Septentrionale).
Débarqué le 27 août près du Helder, un corps expéditionnaire anglo-russe commandé par le duc d’York tente de chasser les Français de la République batave et d’y rétablir la maison d’Orange. La flotte batave s’est rendue sans combattre le 30 août, mais l’offensive terrestre a échoué une première fois à Bergen, le 19 septembre, devant l’armée franco-batave du général Brune.
Après deux semaines de mauvais temps, York attaque de nouveau le 2 octobre, à six heures du matin, sur quatre colonnes. À droite, Abercromby progresse le long de la plage vers Egmond aan Zee ; les Russes d’Essen marchent sur Bergen ; Dundas et Pulteney opèrent au centre et à gauche. Le terrain, fait de dunes d’un côté et de polders coupés de canaux de l’autre, morcelle l’action en combats séparés. Dans les dunes, les Français disputent chaque crête jusqu’à la tombée du jour. Le soir, débordé par la plage, Brune ordonne la retraite sur une ligne Beverwijk–Wijk aan Zee. Les Alliés entrent dans Alkmaar. Chaque camp a perdu entre deux et trois mille hommes.
Le succès est sans lendemain. Le 6 octobre, à Castricum, une reconnaissance offensive dégénère en bataille générale et tourne à l’avantage de Brune. York, dont l’armée manque de vivres et de moyens de transport dans un pays qui ne s’est pas soulevé, se replie sur ses lignes de départ. Par la convention d’Alkmaar, signée le 18 octobre, il obtient de rembarquer librement en échange de la restitution de 8 000 prisonniers français et bataves. L’évacuation est achevée fin novembre. Avec la victoire de Masséna à Zurich, acquise une semaine avant Alkmaar, cette campagne contribue à faire sortir la Russie de la deuxième coalition.

2 octobre 1804 : mort à 79 ans de l’ingénieur militaire Nicolas Joseph Cugnot, inventeur du premier véhicule automobile.
Né le 26 février 1725 à Void, en Lorraine, Cugnot meurt à Paris à 79 ans. Il reste l’auteur du premier véhicule terrestre capable de se mouvoir par ses propres moyens en portant son conducteur et une charge : un fardier d’artillerie à vapeur, construit entre 1769 et 1771 et conservé au musée des Arts et Métiers.
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Ingénieur militaire, Cugnot quitte le service en 1763. Il a mis au point un mousqueton pour la cavalerie et publie plusieurs ouvrages, dont Éléments de l’art militaire ancien et moderne (1766) et Fortification de campagne théorique et pratique (1769). Son projet répond à un problème concret : le transport des pièces lourdes exige des attelages nombreux, lents et coûteux à entretenir. Il trouve l’appui de Gribeauval, alors chargé de réformer l’artillerie, et du duc de Choiseul, secrétaire d’État de la Guerre, qui fait financer les essais sur les fonds du roi.
Un premier modèle, de taille réduite, roule à l’Arsenal de Paris en 1769. Gribeauval ordonne alors la construction d’un engin en vraie grandeur, réalisé à l’Arsenal par le mécanicien Brézin ; les cylindres sont fondus à Strasbourg. La machine mesure 7,25 m de long pour 2,19 m de large et pèse 2,8 tonnes à vide. Une chaudière de cuivre, placée en porte-à-faux à l’avant, alimente deux cylindres verticaux à simple effet dont les pistons entraînent, par un système de cliquets, l’unique roue avant, à la fois motrice et directrice. Le chargement repose sur les deux roues arrière.
Il ne s’agit pas d’une machine « atmosphérique » de type Newcomen. Celle-ci tire son travail de la pression de l’air sur un piston sous lequel on condense la vapeur, et ne fournit qu’un mouvement alternatif lent, bon pour actionner une pompe. Cugnot fait agir directement la vapeur sous pression sur les pistons, sans condenseur, et transforme leur va-et-vient en rotation : c’est ce qui rend l’engin assez compact pour se déplacer.
Les défauts sont ceux d’un prototype. La chaudière, trop petite, ne tient la pression qu’un quart d’heure environ, après quoi il faut s’arrêter pour la relancer. La vitesse ne dépasse pas 4 km/h. Le poids porté sur la roue avant rend la direction très dure et le freinage est à peu près inexistant. Les essais de 1770 montrent que la machine fonctionne, pas qu’elle peut remplacer les chevaux.
Le programme s’éteint avec ses protecteurs : Choiseul est disgracié le 24 décembre 1770, Gribeauval écarté peu après. Le second fardier, prêt à l’été 1771, n’est jamais éprouvé officiellement. Remisé à l’Arsenal, il échappe à la destruction sous la Révolution et entre vers 1800 au Conservatoire des arts et métiers. Cugnot, privé de sa pension en 1789, vit pauvrement à Bruxelles jusqu’à ce que le Consulat lui rétablisse un revenu. Il meurt sans descendance.

2 octobre 1835 : bataille de Gonzales (révolution texane).
En 1831, les autorités mexicaines de Béxar avaient prêté aux colons de Gonzales, sur la demande de Green DeWitt, un petit canon de bronze pour se défendre contre les raids comanches, à charge de le rendre sur simple réquisition. Quatre ans plus tard, le tournant centralisateur imposé par Santa Anna a soulevé plusieurs États mexicains et la tension monte au Texas. Le colonel Domingo de Ugartechea, qui commande les troupes de la province, réclame la pièce. Un caporal et cinq hommes repartent les mains vides.
Ugartechea envoie alors le lieutenant Francisco de Castañeda avec cent dragons, en lui prescrivant d’éviter l’emploi de la force. Arrivé le 29 septembre devant la Guadalupe en crue, Castañeda trouve le bac retiré et 18 colons en armes sur l’autre rive. Les habitants gagnent du temps pendant que des renforts affluent des localités voisines : ils sont bientôt 140 à 150, qui élisent pour chef John Henry Moore. Le canon, enterré par précaution, est déterré, monté sur des roues de chariot et chargé de ferraille.
Dans la nuit du 1er au 2 octobre, les Texans franchissent la rivière et approchent dans le brouillard du camp mexicain, établi à une dizaine de kilomètres en amont. Au lever du jour, quelques coups de feu sont échangés. Une entrevue entre Moore et Castañeda ne donne rien : le premier se réclame de la constitution fédérale de 1824, le second, qui dit partager ces vues, s’en tient à ses ordres. Les Texans hissent alors un drapeau blanc portant un canon et les mots « Come and take it », puis tirent. Castañeda, inférieur en nombre et sans artillerie, rompt le contact et regagne Béxar. Deux soldats mexicains ont été tués ; côté texan, un cavalier désarçonné saigne du nez.
L’affaire, militairement insignifiante et nullement « désespérée » comme l’écrivait la notice précédente, a une portée politique immédiate. Des colons ont pris les armes contre l’armée régulière et la presse des États-Unis parle du « Lexington du Texas ». Le 11 octobre, les volontaires rassemblés à Gonzales élisent Stephen Austin à leur tête et marchent sur Béxar.
Le sort du canon est discuté. Selon l’historien Thomas Ricks Lindley, la pièce de bronze aurait été emmenée à l’Alamo, prise par les Mexicains en mars 1836, exhumée en 1852 et fondue en 1874 pour faire une cloche, aujourd’hui dans une église de San Antonio. Le petit canon de fer exposé au musée de Gonzales, retrouvé après une crue en 1936, serait la seconde pièce utilisée ce jour-là par les Texans.
2 octobre 1847 : naissance de Paul von Hindenburg.
Paul von Beneckendorff und von Hindenburg naît à Posen dans une famille de la noblesse prussienne. Sous-lieutenant au 3e régiment de la Garde à pied, il est blessé à Sadowa en 1866, combat à Saint-Privat le 18 août 1870 et assiste, comme délégué de son régiment, à la proclamation de l’Empire dans la galerie des Glaces. Après une carrière d’état-major, il prend sa retraite en 1911 comme général commandant le IVe corps d’armée.
Le 22 août 1914, il est rappelé pour prendre la tête de la 8e armée, bousculée par les Russes en Prusse-Orientale, avec Erich Ludendorff pour chef d’état-major. La destruction de la 2e armée russe à Tannenberg, du 26 au 30 août, fait de lui un héros national. Promu feld-maréchal en novembre 1914, il commande le front de l’Est jusqu’au 29 août 1916, date à laquelle il remplace Falkenhayn à la tête du grand état-major. Le tandem qu’il forme avec Ludendorff exerce dès lors une emprise croissante sur la conduite politique et économique de l’Allemagne, jusqu’à imposer la guerre sous-marine à outrance puis le renvoi du chancelier Bethmann Hollweg.
Sa popularité survit à la défaite. En novembre 1919, devant une commission parlementaire, il accrédite la thèse d’une armée « poignardée dans le dos ». Après la mort de Friedrich Ebert, il est élu président du Reich le 26 avril 1925, au second tour, puis réélu le 10 avril 1932 contre Adolf Hitler, avec les voix du centre et de la social-démocratie. À partir de 1930, il gouverne par décrets-lois avec des chanceliers sans majorité. Le 30 janvier 1933, il appelle Hitler à la chancellerie, puis signe le 28 février le décret qui suspend les libertés publiques.
Il meurt le 2 août 1934 dans son domaine de Neudeck. Une loi adoptée la veille fusionne les fonctions de président et de chancelier au profit de Hitler. Le titre de président du Reich ne reparaît qu’avec le testament de celui-ci : l’amiral Dönitz le porte du 30 avril au 23 mai 1945, soit un peu plus de trois semaines, et non une seule.

2 octobre 1851 : naissance du Maréchal Foch.
Lire le texte dédié sur Theatrum Belli

2 octobre 1904 : le général von Trotha signe l’ordre d’extermination des Hereros (Sud-Ouest africain allemand).
Le soulèvement des Hereros, en janvier 1904, a coûté la vie à plus d’une centaine de colons allemands. Berlin retire la conduite des opérations au gouverneur Theodor Leutwein, partisan d’une issue négociée, et la confie au lieutenant-général Lothar von Trotha, qui a servi en Afrique orientale et en Chine. Le 11 août, celui-ci attaque les Hereros rassemblés avec leurs familles et leurs troupeaux au pied du Waterberg. L’encerclement échoue : la masse des Hereros s’échappe vers l’est, dans l’Omaheke, étendue sablonneuse presque dépourvue d’eau. Les colonnes allemandes les y poursuivent et occupent les points d’eau en lisière.
Le dimanche 2 octobre, au point d’eau d’Osombo-Windimbe, après l’office religieux de campagne, Trotha lit à ses officiers une proclamation adressée au peuple herero. Les Hereros, déclare-t-il, ne sont plus sujets allemands et doivent quitter le pays ; tout Herero trouvé à l’intérieur des frontières allemandes, armé ou non, avec ou sans bétail, sera abattu ; les femmes et les enfants ne seront plus recueillis, mais refoulés ou visés par le feu. Un ordre complémentaire à la troupe précise qu’il faut tirer au-dessus des femmes et des enfants pour les forcer à fuir. Le texte, traduit en otjiherero, est remis à des prisonniers relâchés pour le faire connaître.
À Berlin, le chancelier Bülow juge l’ordre contraire aux principes chrétiens et nuisible à l’image de l’Empire. Guillaume II le fait rapporter en décembre. Les survivants qui se rendent sont alors enfermés dans des camps et soumis au travail forcé ; la mortalité y est très élevée, notamment sur l’île aux Requins, à Lüderitz. Les Namas, soulevés à leur tour dès le 3 octobre sous Hendrik Witbooi, subissent le même sort.
Les estimations les plus courantes font passer la population herero d’environ 80 000 personnes avant la guerre à 15 000 ou 20 000 après. L’Allemagne a reconnu en mai 2021 que ces faits constituaient un génocide.
2 octobre 1914 : mort du capitaine Maurice Cortier (Drouilly – Marne).
Né au Raincy le 9 août 1879, saint-cyrien de la promotion 1897-1899, Maurice Cortier sert dans l’infanterie coloniale à Madagascar puis en Afrique-Occidentale française, avant d’être affecté en Algérie en 1907.
Cette année-là, du 15 février au 24 juin, il accompagne le capitaine Édouard Arnaud dans une mission de liaison entre l’Algérie et le Soudan français. Partie d’Algérie, la mission traverse le Sahara central et l’Adrar des Ifoghas, où elle chemine un temps avec la tournée du colonel Laperrine, atteint le Niger à Gao, puis gagne la côte. Cortier en tire D’une rive à l’autre du Sahara (Larose, 1908) et cosigne avec Arnaud Nos confins sahariens, étude sur l’organisation des compagnies méharistes.
Promu capitaine en 1908, il se consacre à la reconnaissance et au levé des régions comprises entre le Hoggar et le Niger. Ses itinéraires, appuyés sur des positions astronomiques qu’il détermine lui-même, fournissent la matière des cartes de l’Adrar des Ifoghas et de l’Aïr au 1/500 000 publiées en 1912 par le Service géographique des colonies. Il n’est pas le premier Européen à parcourir l’Adrar des Ifoghas, que les tournées de Laperrine et de Théveniaut avaient atteint dès 1904, mais c’est à lui qu’on doit la première carte d’ensemble du massif. Associé aux études du chemin de fer transafricain, il réussit en mars 1913, avec trois hommes et huit chameaux, la traversée du Tanezrouft par Ouallen et Achourat, sur la route d’In Salah à Tombouctou. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur la même année.
À la mobilisation, il rejoint le 21e régiment d’infanterie coloniale. Engagé en Champagne après la bataille de la Marne, il est grièvement blessé à la tête de sa compagnie au bois de Ville, dans le secteur de Ville-sur-Tourbe. Il meurt le 2 octobre à l’ambulance du corps colonial, à Drouilly, près de Vitry-le-François.
Il est l’auteur de plusieurs études et notamment de l’ouvrage D’une rive à l’autre du Sahara, Paris, Emile Larose, 1908.


2 octobre 1932 : rapport de la commission Lytton sur la Mandchourie.
Saisie par la Chine après l’incident de Moukden (18 septembre 1931) et l’occupation de la Mandchourie par l’armée japonaise du Kwantung, la Société des Nations décide le 10 décembre 1931 d’envoyer sur place une commission d’enquête. Présidée par le Britannique Victor Bulwer-Lytton, deuxième comte de Lytton, elle comprend le général américain Frank McCoy, l’Allemand Heinrich Schnee, ancien gouverneur de l’Afrique orientale, l’Italien Luigi Aldrovandi Marescotti et le général français Henri Claudel.
La commission atteint le Japon fin février 1932, visite la Chine, puis passe six semaines en Mandchourie au printemps. Elle y trouve un fait accompli : l’État du Mandchoukouo a été proclamé le 1er mars, avec à sa tête l’ancien empereur Puyi. Le rapport est signé à Pékin le 4 septembre et rendu public le 2 octobre.
Le texte ménage Tokyo sur la forme. Il reconnaît les défaillances de l’administration chinoise et la réalité des intérêts économiques japonais, et s’abstient de désigner formellement un agresseur, le général Claudel s’y étant opposé. Sur le fond, ses conclusions sont défavorables au Japon : les opérations engagées dans la nuit du 18 septembre ne peuvent être tenues pour de la légitime défense, et le Mandchoukouo, qui n’aurait pas vu le jour sans la présence des troupes japonaises, ne procède d’aucun mouvement spontané d’indépendance. La commission écarte aussi bien le retour au statu quo que la reconnaissance du nouvel État. Elle propose une Mandchourie autonome sous souveraineté chinoise, démilitarisée, où les droits du Japon seraient garantis par traité.
Tokyo n’a pas attendu : le Japon a reconnu le Mandchoukouo le 15 septembre, avant même la publication. Le 24 février 1933, l’Assemblée de la SDN adopte par 42 voix contre une, celle du Japon, le Siam s’abstenant, un rapport fondé sur les conclusions de la commission. Le délégué japonais Yōsuke Matsuoka quitte la salle. Le 27 mars 1933, le Japon notifie son retrait de l’organisation.
Aucune sanction n’est prise. Dix mois se sont écoulés entre la création de la commission et son rapport, dix-sept jusqu’au vote ; le Japon les a mis à profit pour consolider sa conquête.

2 octobre 1935 : Mussolini annonce la guerre contre l’Éthiopie.
En fin d’après-midi, les sirènes et les cloches appellent les Italiens à se rassembler sur les places de tout le pays. Du balcon du palais de Venise, à Rome, Mussolini prononce un discours retransmis par haut-parleurs dans chaque ville : l’Italie, dit-il, a patienté quarante ans avec l’Éthiopie et la mesure est comble. L’allusion vise la défaite d’Adoua, en 1896, que le régime entend effacer.
La décision est prise depuis longtemps. L’accrochage de Welwel, dans l’Ogaden, le 5 décembre 1934, a fourni le prétexte ; depuis le printemps, des centaines de milliers d’hommes et un matériel considérable ont été acheminés par le canal de Suez vers l’Érythrée et la Somalie. Le 3 octobre à cinq heures, sans déclaration de guerre, les trois corps d’armée du général Emilio De Bono franchissent le Mareb, tandis que Graziani attaque depuis la Somalie. Adoua est occupée le 6 octobre.
Le 7 octobre, le Conseil de la Société des Nations déclare l’Italie en rupture du Pacte. Des sanctions économiques entrent en vigueur le 18 novembre, mais elles n’incluent ni le pétrole ni la fermeture du canal de Suez. Jugé trop lent, De Bono est remplacé en novembre par le maréchal Badoglio, qui emploie massivement l’aviation et les gaz de combat, interdits par le protocole de Genève que l’Italie a ratifié. Addis-Abeba tombe le 5 mai 1936 ; l’empire est proclamé le 9.
Après la Mandchourie, l’affaire achève de ruiner le crédit de la sécurité collective. L’Éthiopie est libérée en 1941 par les forces du Commonwealth et les résistants éthiopiens.
2 octobre 1941 : déclenchement de l’opération Typhon contre Moscou.
À l’aube, le groupe d’armées Centre du maréchal von Bock engage l’offensive qui doit, selon l’ordre du jour de Hitler lu aux troupes pendant la nuit, être la dernière grande bataille de l’année. Le 2e groupe blindé de Guderian a devancé l’heure : parti le 30 septembre de la région de Gloukhov, il perce vers Orel, prise le 3 octobre alors que les tramways y circulent encore.
Bock dispose de trois armées et de trois groupes blindés, ceux de Guderian, Hoth et Hoepner, soit près de deux millions d’hommes et la majeure partie des chars du front de l’Est, renforcés par des divisions rappelées de Leningrad et d’Ukraine. En face, les fronts de l’Ouest, de Réserve et de Briansk alignent environ 1 250 000 hommes, mal dotés en blindés et en aviation, déployés en cordon.
La manœuvre reproduit celle de Kiev. Les blindés de Hoth et de Hoepner se rejoignent le 7 octobre à l’est de Viazma, enfermant quatre armées soviétiques ; Guderian et la 2e armée en encerclent trois autres autour de Briansk. Les Allemands annoncent plus de 650 000 prisonniers. La route de Moscou est ouverte : le 10 octobre, Joukov, rappelé de Leningrad, prend le commandement d’un front de l’Ouest à reconstituer sur la ligne de Mojaïsk.
Les poches fixent toutefois l’infanterie allemande pendant près de 2 semaines. À la mi-octobre, les pluies d’automne transforment les routes en fondrières et l’avance s’enlise. Elle reprend avec le gel en novembre et amène des éléments avancés à une trentaine de kilomètres du Kremlin, avant la contre-offensive soviétique du 5 décembre.
2 octobre 1944 : capitulation de l’insurrection de Varsovie.
Après 63 jours de combats, les représentants de l’Armée de l’intérieur (AK) signent dans la soirée, à Ożarów, au quartier général du général SS Erich von dem Bach-Zelewski, l’accord qui met fin au soulèvement déclenché le 1er août. Le colonel Kazimierz Iranek-Osmecki et le lieutenant-colonel Zygmunt Dobrowolski négocient au nom du général Tadeusz Bór-Komorowski.
Les insurgés espéraient libérer la capitale avant l’arrivée de l’Armée rouge, afin d’y installer les autorités fidèles au gouvernement de Londres. Faiblement armés, ils s’emparent d’une partie du centre mais échouent devant les ponts, les gares et les aérodromes. La répression est d’une extrême violence : dans les premiers jours d’août, les unités SS et de police massacrent plusieurs dizaines de milliers de civils dans le quartier de Wola. Les Soviétiques atteignent Praga, sur la rive droite de la Vistule, à la mi-septembre ; les tentatives de franchissement des unités polonaises de Berling échouent et le front s’immobilise. Les parachutages alliés, effectués depuis l’Italie puis par l’aviation américaine le 18 septembre, restent très insuffisants. Les quartiers tombent l’un après l’autre : la Vieille Ville début septembre, Mokotów et Żoliborz à la fin du mois.
L’accord reconnaît aux soldats de l’AK la qualité de combattants et le statut de prisonniers de guerre. Environ 15 000 d’entre eux, dont Bór-Komorowski, partent en captivité. La population civile, plus d’un demi-million de personnes, est expulsée par le camp de transit de Pruszków ; une partie est envoyée au travail forcé ou en camp de concentration.
Le bilan polonais est de l’ordre de 16 000 insurgés tués et de 150 000 à 200 000 civils morts. Sur ordre de Hitler, la ville vidée de ses habitants est ensuite détruite méthodiquement, îlot par îlot. L’Armée rouge n’y entre que le 17 janvier 1945.
2 octobre 1950 : la colonne Le Page échoue devant Dong Khê (Tonkin, RC 4).
La décision d’évacuer Cao Bang, place avancée à la frontière de Chine, a été prise mi-septembre par le général Carpentier, commandant en chef en Indochine. Le plan prévoit que la garnison du lieutenant-colonel Charton descende la route coloniale 4 pendant qu’un groupement parti de That Khê monte à sa rencontre. Entre les deux se trouve le poste de Dong Khê. Or le Viêt-minh l’a enlevé du 16 au 18 septembre, et Giap, dont les unités sont désormais équipées et instruites en Chine, a massé autour de la cuvette une dizaine de bataillons appuyés par de l’artillerie.
Le groupement Bayard du lieutenant-colonel Le Page, environ 2 500 hommes, comprend le 1er bataillon étranger de parachutistes, deux tabors marocains et un bataillon de marche du 8e régiment de tirailleurs marocains. Il quitte That Khê le 30 septembre avec pour mission de reprendre Dong Khê. Le 1er octobre, ses éléments de tête sont arrêtés aux abords du poste.
Le 2 octobre, l’attaque du 1er BEP sur Dong Khê échoue devant un adversaire retranché et très supérieur en nombre. Le Page reçoit alors l’ordre de contourner la position par l’ouest, à travers les calcaires, pour aller au-devant de Charton. Il s’engage sur la piste de Quang Liêt avec le 1er tabor et les tirailleurs, laissant les légionnaires parachutistes et le 11e tabor en couverture sur les hauteurs du Na Kéo. Ceux-ci sont attaqués à la tombée de la nuit. Au soir, le groupement est scindé en deux et pressé de trois côtés.
La colonne Charton ne quitte Cao Bang que le 3 octobre. Abandonnant à son tour la route pour la piste, elle rejoint le 7 octobre, sur la cote 477, ce qui reste du groupement Bayard, sorti de la cuvette de Coc Xa au prix de pertes très lourdes. Les deux colonnes sont détruites dans les jours suivants ; Le Page et Charton sont faits prisonniers. Sur quelque 7 000 hommes engagés, près de 5 000 sont tués, disparus ou capturés. Le 1er BEP ne compte qu’une poignée de rescapés. Lang Son est évacuée sans combat le 18 octobre. Ce désastre, le premier subi en bataille par le corps expéditionnaire, donne au Viêt-minh la maîtrise de la frontière chinoise.


2 octobre 1958 : la Guinée proclame son indépendance.
Le 28 septembre 1958, les territoires d’outre-mer se prononcent par référendum sur la constitution de la Ve République et sur la Communauté qu’elle institue. La Guinée est le seul à répondre non, à plus de 95 % des suffrages. Ahmed Sékou Touré, chef du Parti démocratique de Guinée et président du conseil de gouvernement, avait fixé sa position devant le général de Gaulle, à Conakry, le 25 août, en déclarant préférer la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage. De Gaulle avait répondu que l’indépendance était à la disposition de la Guinée, et que la France en tirerait les conséquences.
Elle les tire sans délai. Dès le 29 septembre, le représentant du gouvernement français à Conakry fait savoir que l’indépendance est acquise et que la France réorganise en conséquence ses relations avec le territoire. Le 2 octobre, l’Assemblée territoriale, érigée en Assemblée constituante, proclame la République de Guinée ; Sékou Touré prend la tête de l’État.
Le retrait est rapide et complet. En deux mois, les fonctionnaires, enseignants, médecins et techniciens français quittent le pays, emportant ou détruisant une partie des archives et du matériel ; les crédits d’équipement sont suspendus et les unités françaises rembarquent. Paris tarde à reconnaître le nouvel État et s’abstient lors du vote sur son admission aux Nations unies, acquise le 12 décembre 1958. Le Ghana de Kwame Nkrumah consent un prêt à Conakry, l’Union soviétique et la Tchécoslovaquie envoient une aide économique et des armes.
La rupture se durcit en 1960, quand la Guinée quitte la zone franc et crée sa propre monnaie. Les services français montent alors une opération de déstabilisation, incluant l’introduction de faux billets. Les relations diplomatiques, rompues en 1965, ne sont rétablies qu’en 1975. Le précédent guinéen pèse sur l’évolution de la Communauté, dont tous les États africains obtiennent l’indépendance en 1960.
2 octobre 1990 : mort de Fred Rwigyema, chef du Front patriotique rwandais.
Le 1er octobre 1990, plusieurs milliers de combattants franchissent la frontière entre l’Ouganda et le Rwanda au poste de Kagitumba. Ce sont pour la plupart des fils de réfugiés tutsis chassés du Rwanda depuis 1959, qui ont servi dans l’Armée de résistance nationale de Yoweri Museveni et l’ont quittée avec armes et matériel. Leur chef, le général-major Fred Rwigyema, né en 1957 à Gitarama et grandi dans les camps de réfugiés d’Ouganda, a été l’un des premiers compagnons de Museveni, puis vice-ministre de la Défense à Kampala.
Le lendemain, deuxième jour de l’offensive, Rwigyema est tué sur la colline de Nyabwishongwezi, à une dizaine de kilomètres de la frontière. Selon la version du FPR, il est atteint par une balle tirée depuis les positions des Forces armées rwandaises. Une autre version, jamais établie, fait état d’un règlement de comptes entre chefs du mouvement. Sa mort est tenue secrète plusieurs semaines. Deux de ses adjoints, les majors Peter Bayingana et Chris Bunyenyezi, sont tués à leur tour le 23 octobre.
Privée de son chef, l’offensive tourne court. Le président Habyarimana obtient l’aide de ses alliés : la France lance le 4 octobre l’opération Noroît, avec des éléments prélevés en Centrafrique, officiellement pour protéger ses ressortissants ; la Belgique et le Zaïre envoient aussi des troupes. Fin octobre, l’armée rwandaise a repoussé les assaillants vers la frontière. Dans le pays, des milliers de Tutsis sont arrêtés comme complices présumés et des massacres ont lieu dans le nord-ouest.
Le major Paul Kagame, qui suivait un stage aux États-Unis, rentre prendre le commandement. Il replie ses forces dans le massif des Virunga et passe à la guérilla. La guerre, suspendue par les accords d’Arusha en août 1993, reprend avec le génocide des Tutsis en avril 1994 et s’achève par la prise de Kigali en juillet. Rwigyema figure au premier rang des héros nationaux du Rwanda.
2 octobre 2001 : l’OTAN confirme l’application de l’article 5 après les attentats du 11 septembre.
Le 12 septembre 2001, moins de 24 heures après les attentats de New York et de Washington, le Conseil de l’Atlantique Nord avait décidé que, s’il était établi que l’attaque avait été dirigée depuis l’étranger, elle serait considérée comme relevant de l’article 5 du traité de Washington, qui assimile une attaque armée contre un allié à une attaque contre tous. La clause n’avait jamais été invoquée depuis 1949.
Le 2 octobre, Frank Taylor, coordonnateur du département d’État pour la lutte contre le terrorisme, présente au Conseil les éléments réunis par l’enquête américaine sur la responsabilité du réseau Al-Qaïda et sur la protection que lui accorde le régime des talibans. À l’issue de la séance, le secrétaire général, lord Robertson, annonce que la condition posée le 12 septembre est remplie et que l’article 5 s’applique.
La portée pratique reste limitée. Le 4 octobre, à la demande de Washington, les Alliés adoptent huit mesures de soutien : partage du renseignement, droits de survol, accès aux ports et aux aérodromes, protection des installations américaines. Des avions radar de l’OTAN sont déployés au-dessus des États-Unis d’octobre 2001 à mai 2002 et une force navale patrouille en Méditerranée orientale. Mais les États-Unis conduisent hors du cadre de l’Alliance la campagne d’Afghanistan, ouverte le 7 octobre avec les Britanniques. L’OTAN n’y prend pied qu’en août 2003, en assumant le commandement de la Force internationale d’assistance à la sécurité.









Erreur dans la légende de la photo de couverture. Il s’agit du 6e BCP. Dommage.