Le 2e REP en 2020 – À la manière des anciens, des légionnaires parachutistes prêts à bondir


Crédit : 2e REP.
Place d’armes régimentaire avec le mat des couleurs, drapeau français en berne, à mi mat, pour cette journée nationale d’hommage en mémoire de Samuel Paty. Crédits : FSV / MA.

 

Les premières neiges qui recouvrent le Monte Cinto, sommet qui se détache de la chaine de montagnes, sont en arrière-plan. Dans le dos, un terrain militaire sablonneux se devine, qui annonce quelques mètres plus loin la plage qui court le long du Golfe de Calvi sur la Méditerranée. À droite, l’aéroport Sainte-Catherine, troublé par les décollages d’un avion qui plusieurs fois dans la journée, larguera une dizaine de commandos dérivant lentement sous leur voile. Collée à la clôture du camp, la vaste zone de saut, alors tondue par un paisible troupeau de moutons noirs et blancs, clin d’œil involontaire à la couleur des képis portés par les cadres (pour le noir) et légionnaires (pour le blanc).

À gauche, le mémorial pour tous les légionnaires parachutiste morts pour la France depuis 1948, date de création de la première unité de légionnaires parachutistes (la compagnie parachutiste du 3e Régiment Étranger d’Infanterie), et, un peu derrière, le mémorial des légionnaires parachutistes morts en service aérien commandé. En face, le poste de commandement, placé derrière le monument aux morts. Derrière, l’alignement des bâtiments des différentes compagnies de combat. Dès l’entrée du Camp Raffalli, le décor est planté, résumant l’histoire et la raison d’être du régiment. Une unité de légionnaires, plus précisément de légionnaires parachutistes, utilisant pleinement l’insularité de leur garnison corse, terrain d’entraînement vaste et diversifié, pour se préparer aux opérations de combat d’aujourd’hui et de demain. Un régiment prêt à se déployer dans l’urgence.

Crédit : 2e REP.

Agir dans la continuité dans le cadre de la vision stratégique de l’armée de Terre

 

Décliner au niveau régimentaire la récemment dévoilée vision stratégique « Supériorité opérationnelle 2030 » du chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT) vient plus confirmer les orientations et exigences du régiment, que les révolutionner. Dans cette feuille de route, le général Thierry Burkhard indique sa volonté de « hausser le niveau d’exigence de la préparation opérationnelle, pour forger des hommes capables de combattre jusque dans les champs les plus durs de la conflictualité ».

Il est différent de se préparer pour UNE guerre (une opération chassant l’autre, et la longue liste des récents déploiements du 2e REP rappelle la diversité des théâtres d’opérations rencontrés : RCA, Afghanistan, Jordanie, Mali ou Niger rien que sur les 10 dernières années), et de se préparer à LA guerre. Qu’elle soit ou non « dite de haute intensité ». Où il s’agira avant tout de durer et endurer, qu’importent les conditions, pour imposer sa volonté. « Difficile de ne pas voir dans les propos de notre chef son expérience des légionnaires parachutistes sous certains aspects, alors qu’il a connu le régiment comme jeune officier », souligne le chef de corps, le colonel Christophe Tritscher. En effet poursuit-il, « la rusticité est dans l’ADN du régiment. Cela ne veut évidemment pas dire que ce n’est pas le cas pour d’autres unités. Je n’aurais pas cette prétention. Mais, l’entrainement et l’aguerrissement, beaucoup, tout le temps, et durs, sont inscrits dans les gênes du régiment ».

Ainsi, rien de révolutionnaire dans la vision que le CEMAT souhaite développer, mais des efforts à maintenir et d’autres à poursuivre : « Il a connu cette quête de la rusticité et la poursuite permanente de l’entraînement. Il en a sans doute vu les bénéfices, et souhaite aujourd’hui d’une certaine façon diffuser cette manière d’agir ». Et pour répondre au mieux aux situations d’aujourd’hui et de demain, « il faut être prêt moralement et physiquement, sans modèle unique de référence, avec la capacité à être engagé intensément, et pouvoir reproduire, qu’importe les conditions, des actes élémentaires qui commencent par se déplacer, se poster, utiliser son arme… Avec l’intelligence de situation des cadres pour lier l’ensemble », développe le patron du REP.

Crédit : 2e REP.

Se déployer dans l’urgence, notamment par la 3e dimension, la raison d’être du régiment

 

Ainsi, avec ce cap fixé, « le moral est bon au régiment, même si l’incertitude de la crise actuelle n’est pas absente de nos têtes évidemment, et touche toute la communauté du 2e REP, des militaires à leurs familles. Il faut s’estimer néanmoins en permanence prêt à intervenir, et cela sans délai » rappelle le chef de corps. L’entraînement est donc centré autour de ce possible départ au coup de sifflet, que le régiment soit ou non dans un cycle de prise d’alerte pour l’Echelon National d’Urgence (ENU) – ex-Guépard. Une éventualité qui est tout sauf improbable comme l’illustre le départ en 2013 pour le Nord du Mali, via la Côte-d’Ivoire, au lancement de l’opération Serval. Ou encore d’une certaine façon fin 2019, avec un départ depuis la Côte-d’Ivoire pour plusieurs semaines de nomadisation dans le Liptako nigérien en 2020, avec des opérations très décentralisées, en partenariat jusqu’au plus bas échelons avec les forces locales, sans adossement pour la partie logistique et assurant donc son ravitaillement notamment via les livraisons par air.

« Ce n’est pas juste une préparation administrative ou en termes d’équipements disponibles. Il s’agit d’être intellectuellement prêt à partir », indique le colonel Tritscher. L’île corse étant un « porte-avions terrestre » pré-positionné au large du Sud de la France. Que cela soit depuis les infrastructures de Calvi, ou de la base aérienne de l’armée de l’Air et de l’Espace de Solenzara, plus au Sud de l’île. Voir éventuellement par voie maritime si besoin. « À tout moment, mon téléphone peut sonner. Nous serons prêts. Tout le monde rappliquera », conclut le chef de corps. L’engagement d’urgence par la 3e dimension, par aérolargage ou aéroportage, étant alors bien pensé comme l’avantage comparatif du régiment.

Parachutes de type EPC (remplaçants les anciens EPI), stockés au sein du régiment, prêts à être utilisés. Crédits : FSV / MA.

La spécialisation des compagnies, laboratoire tactique et marqueur identitaire

 

En dehors de quelques unités de forces spéciales ou spécialisées, le 2e REP est le seul régiment à entretenir la spécialisation de ses compagnies. « Pas par effet de style, ou imiter des unités spéciales », précise d’emblée le chef de corps. Pour comprendre la philosophie, il s’agit de revenir à l’origine de cette spécialisation, pensée par le colonel Robert Caillaud, dit « le visionnaire ». Combattant ayant connu la longue série de conflits d’un demi-siècle tourmenté (Seconde Guerre mondiale, puis présent en 1948 à la création du régiment, ayant combattu dans ses rangs en Indochine, dont à Dien Bien Phu, puis en Algérie), il prend le commandement du régiment à un moment particulier : en 1963, le 2e REP, seule unité parachutiste de la Légion étrangère restante depuis les événements de 1961, est alors repliée à Bou Sfer. Pour adapter le régiment à un nouveau chapitre de son existence qu’il pressent, il lance une révolution, en décidant de faire de chaque compagnie un laboratoire, doté de centres spécialisés. Plusieurs compagnies sont envoyées déjà à l’époque en Corse pour des séjours (« Des sortes de MCD, pourrait-on dire aujourd’hui », précise un cadre) et profitent de ce qu’offre l’île pour développer leurs compétences dans différents domaines : combat de nuit, montagne, nautisme… En s’installant en Corse en 1967, le régiment conserve cet héritage.

 « Il s’agit à la fois de préparer l’avenir, en étant en pointe dans l’expérimentation dans son domaine, de fournir une bouffée d’oxygène à ces unités pour rompre une possible routine, en s’inspirant des spécialités développées par le 1er Choc, unité présente à Calvi avant le 2°REP », développe le chef de corps. Le domaine de chaque compagnie ne les cantonne pas de manière restrictive dans un compartiment de terrain. Elles ont un tronc commun, de polyvalence, et elles servent comme référence dans leur domaine, afin de diffuser les bonnes pratiques à l’ensemble du régiment autant que de besoin. Les stages de spécialisation niveau compagnie sont en plus un fort marqueur identitaire pour les légionnaires de la compagnie : « Il y a un fort sentiment d’appartenance au niveau compagnie, une fois que les brevets or, argent ou bronze, ou 1er, 2nd ou 3e niveau, sont remis. Je suis légionnaire para de la 2 et de sa spécialité, de la 3 et de sa spécialité… ».

La 4e compagnie, un temps compagnie spécialisée dans le combat en forêt, est redevenue récemment spécialisée dans le combat d’usure et de freinage (sniper et explosifs). Crédits : FSV / MA.

Le chef de corps poursuit en indiquant que « Dans les exercices régimentaires, il est facile pour nous de faire travailler chacune des compagnies dans sa spécialité, en ayant la main sur les scénarios. En opérations, c’est évidemment plus aléatoire. Néanmoins, nos plongeurs de l’armée de Terre partent en Guyane dans leurs spécialités, la compagnie spécialisée montagne était au centre des 2 mandats du régiment en Afghanistan. La compagnie désert, la dernière créée, fin 2015, bénéficie de créneaux d’entraînement en Espagne, avec de superbes terrains, aux Emirats Arabes Unis, en plus d’exercices à mener en plein moins d’août dans le Désert des Agriates tout proche ou de sessions de conduite dans les dunes de sable d’Alzetta à quelques mètres du régiment. Elle est évidemment partie en opérations dans la Bande Sahélo-Sahélienne ». Dans les réflexions menées au nom de l’adaptation permanente, il semble plus intéressant à l’usage de se concentrer sur des spécialités techniques et des compétences, plus que strictement par milieu, afin d’éviter de passer à côté d’un milieu très particulier. Ainsi, la compagnie spécialisée en combat forestier / jungle a récemment repris sa spécialité d’origine de « destructeurs » (snipers et explosifs). A charge pour les commandants d’unité de bien développer une préparation opérationnelle pertinente et cohérente.

 

Une organisation classique mais dans laquelle chaque compagnie développe des techniques et des compétences particulières

 

Du fait de la singularité décrite au-dessus et de son implantation en Corse, loin de certaines unités de soutien ou de maintenance du continent, le 2e REP intègre un certain nombre de capacités particulières. Cela en fait donc aujourd’hui un « gros régiment », proche des 1.350 militaires, alors que les autres régiments plus ou moins similaires tournent plutôt autour de 1.000/1.100 personnels. Sur le plan de l’organisation, cela donne quelques spécificités :

  • 1 compagnie de commandement et de logistique (CCL) assure le poste de commandement et le soutien logistique, au quartier, à l’entrainement et en opérations en armant les services du groupement de soutien de la base de défense (GSBDD) de Calvi (soutien financier, etc…).
  • 5 compagnies de combat avec 1 section de commandement, 3 de voltige et 1 d’appui.
  • 1 compagnie d’appui (CA) avec 1 section missiles moyenne portée (MMP), ancienne section anti-char, ayant perçu ses MMP en 2019, 1 section de tireurs d’élite (STE) pouvant œuvrer pour les autres compagnies, 1 section d’appui mitrailleuses (SAM) et la section de commandos parachutistes (SCP).
  • 1 compagnie de maintenance, et non une section de maintenance régimentaire (SMR) comme c’est le cas dans les autres régiments.

La 1ère compagnie assure une formation interne spécifique au combat en zone urbaine, avec des stages de niveau individuel, équipe, groupe, section appui. Sur des infrastructures plus particulièrement utilisées : village de combat, PERFOR (Parcours Elémentaire Réduit pour les Franchissements et l’Organisation des Reconnaissances en zone urbaine) ou BICUB (bâtiment d’instruction au combat en zone urbaine, en cours de finition).

La 2e compagnie dispense une formation au combat en montagne, avec des brevets d’alpinistes et de skieurs militaires, en été et en hiver, notamment depuis le chalet du Vergio, au cœur de la montagne corse du côté de Corte.

Crédit : 2e REP.
À l’entrée de la 3ème compagnie, en mémoire du caporal Robert Hutnik, mort au combat au cours du mandat Pamir 23 en Afghanistan (du 13 janvier au 14 juillet 2010). Plus de 450 légionnaires du 2e REP seront alors déployés, mandat qui verra plus de 40 opérations de contrôle de zone et de sécurisation menées, avec plus d’une centaine d’accrochages rapportés dans le journal de marche des opérations régimentaire. Le régiment comptera deux légionnaires morts au combat, et 10 blessés au combat.

La formation interne de la 3e compagnie est dispensée avec niveau individuel, niveau maîtrise de la navigation, niveau compétences dans l’insertion et l’extraction nautiques, via un centre d’entraînement nautique (notamment pour les permis côtiers), situé à quelques mètres du régiment.

Elle compte une section d’une dizaine de plongeurs de l’armée de Terre (PAT), de conduire des infiltrations subaquatiques. Elle a également des palmeurs pour la reconnaissance de plage, et doit pouvoir assurer l’appui au déploiement du régiment sur une façade maritime. La compagnie est également entrainée pour les sauts sur étendue d’eau avec sacs étanches en gaines et pour le drop par hélicoptère.

Pour la 4ème compagnie, la spécialisation est le combat d’usure et de freinage, avec des stages poussés en maniement d’explosifs et snipers. En s’appuyant notamment sur les champs de tir du régiment, situés pour certains à 20 minutes du régiment : Punta Bianca, Casta, camp de Frasselli, etc.

Pour la 5e compagnie, en plus du milieu désertique (topographie, vie en campagne…), elle met l’accent sur les savoir-faire liés à la mobilité terrestre et à la 3e dimension.

La CA regroupe l’ensemble des appuis du régiment. Elle n’est plus une compagnie d’éclairage depuis la disparition de la section de recherche régimentaire, et a perdu ses mortiers depuis quelques années.

La compagnie de maintenance est, avec 4 sections, à l’œuvre sur la vaste zone technique : mobilité, réparation armement et transmissions, détachement matériel parachutage et largage, et approvisionnement. Elle offre des niveaux techniques d’intervention (NTI) 1 et 2 pour les véhicules, l’armement, les moyens de transmissions, optique, incendie, nautique, etc.

La CCL intègre elle 5 grands services : état-major, bureau opérations instruction (état-major tactique, services aériens, cellules sport, instruction, tir, secourisme), bureau maintenance logistique (munitions, carburants, et section ravitaillement, le régiment possédant sa propre soute à munitions et son dépôt de carburant), section de transmissions régimentaire.

Le centre médical est, lui, plus fourni que d’autres du fait de l’insularité. Les auxiliaires sanitaires (Auxsan) des compagnies viennent le renforcer à tour de rôle. Centre médical à l’origine de nombreuses innovations dans le domaine « santé », que cela soit l y a quelques années avec un nouveau modèle de fiche médicale de l’avant (FMA), simplifiée, pour faciliter le traitement des blessés. Ou dans les années 1990-2000, des projets de brancard dont l’idée sera reprise par la suite par l’ensemble des unités de l’armée française : brancard filet (inspiré des filets de pêcheur d’Indochine) ou brancard poncho.

 

Le programme Scorpion au 2e REP : les effets de la différenciation

 

Au même titre que les autres régiments de l’armée de Terre, le 2e REP est évidemment concerné par le programme Scorpion de modernisation des capacités, « Ce programme Scorpion ne doit pas être pris uniquement autour des éléments les plus emblématiques et visibles, les véhicules, mais forme bien un tout », rappelle d’emblée le chef de corps.

Dans la vision stratégique « Supériorité opérationnelle 2030 », le CEMAT indique sa volonté de donner à l’armée de Terre « des structures et formats d’emploi agiles et adaptables », et pour cela : « mieux exploiter dans les engagements opérationnels les spécificités des grandes unités : en préservant les atouts de cette différenciation dans l’équipement comme à l’entraînement ». Dans ce cadre, il a été décidé cet été, que la 11e Brigade Parachutiste (BP), et donc le 2e REP, sera doté de véhicule blindé léger 4×4 Serval (de l’ordre de 15 à 17 tonnes). Ainsi, le Serval remplacera les actuels VAB (en attendant les remplaçant des PVP et VBL à un horizon plus lointain), avec des questions encore en suspens sur le nombre de véhicules que le régiment percevra, ainsi que sur le calendrier. Les premières livraisons n’étant pas attendues pour l’armée de Terre avant 2021-22, et dans les régiments un peu après.

Concernant SICS (système d’information du combat Scorpion), « le régiment a mis le doigt dedans », indique le chef de corps, notamment via la formation de primo-formateurs et utilisateurs. L’objectif qu’il s’est fixé étant « d’avoir une bonne maitrise au printemps prochain, et une pleine maitrise à l’été prochain », avec d’ores et déjà de bons retours sur la partie intuitive du système, et encore beaucoup de champs du possible à découvrir et confirmer sur les avantages du système pour le combat.

Blindé 4×4 SERVAL lors de la journée de Présentation des Capacités de l’armée de Terre (PCAT), qui doit garantir, par son gabarit, la motorisation et la mise sous blindage de l’Échelon National d’Urgence (ENU). Crédits : FSV / MA.

 

Les mêmes équipements que les autres, et quelques spécificités…

 

Pour les équipements, le chef de corps précise que « les équipements perçus sont globalement les mêmes équipements que les autres combattants TAP infanterie, ni plus ni moins ». Du fait de certaines spécificités du régiment, certains peuvent néanmoins varier :

  • Au titre des spécialités, le régiment dispose d’équipements particuliers, comme ceux de la Brigade d’Infanterie de Montagne (BIM), vêtements montagne et équipements d’escalade.
  • Au titre de l’insularité, avec un parc dédié de parachutes, en étant centre délégué (comme le 2e RPIMa à la Réunion) pour la formation des parachutistes, le pliage et l’entretien.
  • Ne pouvant bénéficier facilement des parcs partagés du continent, le 2e REP a un parc de véhicule plus étoffé. Avec, par exemple, un parc de véhicules tactiques très divers : nouveaux VT4, anciennes P4, Ford Ranger de transition, vénérables Auverland A3F (Véhicule aéromobile de commandement – VAC et Véhicule aéromobile logistique – VAL), et Masstech T4, ce dernier véhicule étant particulièrement apprécié, selon plusieurs légionnaires.

Le parc de véhicules du régiment va prochainement augmenter, conformément à la volonté poursuivie depuis quelques années de revoir la politique d’emploi et de gestion des parcs (PEGP) en « redistribuant les parcs, et en replaçant le matériel majeur au cœur de la vie courante en corps de troupe », comme le CEMAT l’explicite dans sa Vision stratégique. Cette déconcentration des parcs au niveau national va s’étendre jusqu’au régiment où les véhicules actuellement en pool vont être redonnés aux compagnies pour s’habituer à les entretenir, à combattre avec, et mieux les traiter. Un cadre développe : « naturellement, on s’intéresse moins à un véhicule si ce n’est pas le sien. Quoiqu’on en dise. Et inversement ».

Du côté des petits équipements, un axe d’effort réel est perçu par les légionnaires : « il y a vraiment du mieux. Cela fait l’affaire ce qu’on reçoit. Même si on n’empêchera jamais le légionnaire d’améliorer encore son matos », explique un jeune sous-officier rencontré lors d’une séance de tir niveau groupe.

C’est le cas des fusils d’assaut HK 416, reçus à partir de 2018. Avec une dotation actuelle à 80/90% dans les compagnies de combat, et des départs en mission qui se font en totalité en HK 416. Il est perçu comme bien plus fiable que le FAMAS : bien moins d’incidents de tirs, moins de pièces mobiles ou petites à manipuler, des gaz d’échappement qui participent en partie au nettoyage, une adaptation

facilitée d’équipements, etc. Un instructeur de tir développe : « Avec le HK, à 600 m, en position couchée, et en corrigeant la courbe en visant une demie-cible au-dessus, un bon tireur fait du 10/10 au pas de tir. À 300 m, c’est du point visé – point touché. Cette année, on a beaucoup beaucoup tiré. Autour de 1.000 cartouches par homme, et cela donne de bons résultats sur le niveau en tir.

Crédit : 2e REP.

La « promo » comme sas d’intégration au sein de la famille des légionnaires-parachutistes

 

L’insularité et la population de légionnaires imposent de l’autonomie dans la préparation opérationnelle, tout particulièrement en étant l’unique régiment de la 11e BP à former ses personnels au parachutisme militaire et en étant autonome dans l’entretien et la maintenance des matériels nécessaires. Domaine des « services aériens », la formation conduit à breveter environ 350 légionnaires par an, après les 6 sauts réglementaires, via des « promotions parachutistes » de 4 à 17 légionnaires. Une délégation par rapport à l’École des Troupes Aéroportées (ETAP) de Pau pour la formation, et par rapport au détachement de Montauban du 3e RMAT pour la partie entretien.

Plus qu’un simple brevet, la « promo » est le sas d’intégration pour les légionnaires, généralement sortants tout juste de leur formation initiale au 4e Régiment Étranger (RE). Un caporal est allé récupérer à Castelnaudary ces nouveaux arrivants, les accompagnant jusqu’à Calvi, la traversée en ferry étant souvent pour eux leurs premiers contacts avec la Corse. Cette période de formation dure environ 2 semaines, avec une semaine d’instruction au sol et une semaine en vol pour les 6 sauts à ouverture automatique. Sauts réalisés aujourd’hui 100% avec l’EPC (Ensemble de Parachutage du Combattant), remplaçant l’EPI (Ensemble de Parachutage Individuel). L’EPC est salué comme garantissant un atterrissage « moins dur », avec une descente plus souple grâce à la taille de sa voile. Il est néanmoins plus lourd, et nécessite une action énergique sur les suspentes pour avoir de la réponse. La formation se fait sous les ordres d’un sous-officier moniteur parachutiste, formateur pour le parachutisme militaire, mais également référent pour les jeunes légionnaires, pour les guider dans leurs premiers pas au régiment. Généralement, il encadrera la formation technique de spécialité (FTS) infanterie qui suit : « la promo n’est qu’une étape, le début, comme le rappelle toujours le chef de corps ou le commandant en second présent à chacune des remises de brevets sur la place d’armes », précise sous-officier qui dirige les services aériens. « Ils entrent dans la famille des légionnaires parachutistes, mais ce n’est que le début pour eux, avec la FTS puis les stages de spécialités », poursuit-il.

Cette instruction se fait avec « la méthode légion », qui peut être décrite comme « montrer, répéter et simplifier », décrit un cadre. Alors que certains légionnaires n’ont encore que quelques mois de pratique de la langue française, il s’agit d’être visuel, en faisant des démonstrations. De multiplier les mises en situation. Et d’utiliser quelques mots, les mêmes, sans se perdre dans les détails. Cela se retrouve d’ailleurs dans d’autres domaines, comme pour le tir, bien aidé, par exemple, par les nouveaux stades (0, 1 et 2) de l’instruction sur le tir de combat (ISTC), bien plus simples à comprendre et répéter que les anciennes dispositions de combat (armé ou non, munition chambrée ou non, etc.). Et par-dessus tout, la maîtrise des expressions de base de l’argot légionnaire.

Les tableaux des promotions, fabriquées par les légionnaires, sont souvent de véritables œuvres d’art, affichés dans les chambres, les hangars ou les clubs des compagnies pour les plus travaillés. Crédits : FSV / MA.

 

Pouvoir assurer de manière autonome la mise en œuvre de la spécialité parachutiste

 

Au 2e REP, pas question de réaliser des sauts « lisses ». « Dès que nous sautons à l’entraînement, c’est en conditions réelles, avec armes, musettes et gaines. Et cette exigence se voit lors des sauts opérationnels du régiment, il y a généralement moins de casse. C’était le cas à Ménaka au Mali en septembre 2018 où j’étais alors chef de section », indique un adjudant-chef aujourd’hui moniteur aux services aériens. Largage où le 2e REP avait réalisé plusieurs premières : 1er saut opérationnel de jour en EPC, 1er saut opérationnel avec le HK 416, et 1er saut opérationnel avec une distance réduite entre les C-160 qui ont largué, grâce à une parfaite synchronisation.

En Corse, le régiment dispose d’au moins 8 zones de saut pour l’ouverture automatique, et d’une trentaine pour les sauts en ouverture commandée des GCP du régiment. Pour le largage par A400M de 80 personnels en simultané par deux portes, il sera nécessaire d’avoir une zone de 4 km de long. Une rareté. Ce qui pose, au-delà de la qualification de l’appareil, des questions de disponibilité (bien peu de zones de cette étendue existent en France, des travaux étant menés par exemple sur celle de Caylus pour l’agrandir), et de tactique. Une telle dispersion n’est pas sans entraîner de questions pour les délais de regroupement et sur la vulnérabilité des personnels mis à terre. Le régiment poursuit l’appropriation de l’appareil, et a réalisé à l’été 2019 plusieurs SOA avec à Calvi « sans aucun souci, notamment grâce aux déflecteurs placés devant les portes pour des flux d’air permettant des sorties nominales ». À cette occasion, la 3e compagnie, spécialisée dans le combat nautique, a réalisé ses premiers sauts en mer depuis l’appareil, de jour et de nuit, avec des flotteurs notamment installés sur les parachutes de secours et en tenue néoprène.

Le Détachement Technique de Maintenance Parachutage et Largage (DTMPL) du régiment est l’outil pour être autonome pour le pliage et la réparation des voiles. Situé non loin de la zone de saut, donc particulièrement pratique pour la réintégration, il assure l’ensemble des phases : réintégration, nettoyage, lavage, rinçage, séchage, démêlage, inspection, éventuellement réparation, pliage, stockage, traçage des opérations sur chaque toile, mis à disposition, préparation… Soit retirer les épines, les cailloux et autres corps étrangers, rincer en cas de pluie ou de saut en mer, repéré et réparé les accrocs (pouvant aller jusqu’à 2 cm pour ne pas passer en réparation, opération réalisée notamment par quelques civils, experts derrière leurs machines à coudre), etc. C’est un détachement réduit en nombre de personnels, qui s’adjoint des plieurs qualifiés mis à disposition par les compagnies pour certaines opérations. Le pliage étant au 2e REP un service, comme peut l’être la garde. Il leur faut, une fois désignés, en étant par équipe de 2 et sous la vigilance d’un chef de table, retrouver les automatismes et perdre les gestes parasites, permettant de maintenir une cadence de pli d’une toile toutes les 10 à 20 minutes. Chaque parachute a une durée de vie en nombre d’années ou en nombre de sauts, avant d’être réformés, et de servir uniquement au largage de gaines. Les GCP assurant quant à eux le pliage de leurs différentes voiles, d’entrainement, de saut avec gaine ou de saut en tandem.

Une promo lors de sa semaine d’instruction au sol. Encadrée, au centre, par le formateur en parachutisme militaire, et, au fond à gauche, le caporal qui les encadrera durant toute leur phase de formation. Crédits : FSV / MA.
Environ 6 000 parachutes sont pliés par an, parfois jusqu’à tard dans la nuit si nécessaire, au sein du régiment. Crédits : FSV / MA.

Un effort dans les infrastructures pour un régiment où les chantiers ne cessent pas

 

Pour le chef de corps, qui a pris son commandement cet été et dont il s’agit du 4e passage au régiment, les changements les plus marquants sont dans le domaine des infrastructures : « Il y a toujours de nouvelles constructions, cela n’arrête pas. Des logements, des moyens pour le combat en zone urbaine avec le Perfor ou le Bicub récemment terminé, une crèche… ». Tout cela est possible grâce à la volonté du commandement qui lance les projets et les suit avec attention jusqu’à leur concrétisation : « nous profitons pleinement de la tendance autour de « l’esprit guerrier » pour pouvoir enfin financer des équipements attendus depuis un certain temps. Comme la nouvelle piste nautique, en aluminium, plus résistante à la corrosion par exemple. Ou le « Plan Familles » pour le logement et les autres facilités ».

Le régiment a également réceptionné un bâtiment tout neuf pour la 5e compagnie, et les aménagements ne s’arrêtent pas. Le dernier bâtiment datant de l’époque où le Camp Raffali était encore un terrain d’aviation (la base aérienne militaire de Fiume Secco bâtie en 1938) a récemment était détruit pour faire de la place. Avant que la Légion ne s’y installe en 1967, le camp avait déjà commencé à être transformé dans les années 50 pour abriter le 1er bataillon parachutiste de choc. Pas loin, un parcours naturel avec obstacles a été réalisé autour de la zone de saut.

Non loin de la zone de saut, une reproduction de carlingue d’appareil Transall a été rénovée, et permet de répéter les procédures d’embarquement, débarquement et de saut. Crédits : FSV / MA.

 

Innover dans le domaine aéroporté est quasi sacré

 

Le régiment est à l’origine de plusieurs innovations, qui profitent à tous. Il a ainsi assuré des modifications de matériels existants, comme le fourreau d’armes EL33 pour le fusil d’assaut HK416, la confection de l’EL34 pour le fusil de précision HK417, ou le développement de nouveaux matériels comme le fourreau multi-armes EL125 en service au sein du Groupe Commando Parachutiste (GCP) de la 11e BP, précise le régiment.

Le système de kit météo déporté portatif, lors de la journée de Présentation des Capacités de l’armée de Terre (PCAT), est fixé sur un trépied léger en carbone (2,5 kg), facilement transportable dans une gaine. Crédits : FSV / MA.
Housse gaine Paratech, lors de la journée de Présentation des Capacités de l’armée de Terre (PCAT), assez résistante pour être enterrée quelques jours, le temps de réaliser la mission en laissant sur la zone de saut les éléments non nécessaires (comme le parachute biplace opérationnel (PBO), très volumineux, utilisé pour les sauts en tandem). Crédits : FSV / MA.

Il a également présenté 4 innovations lors de la dernière journée de présentation des capacités de l’armée de Terre (PCAT), portées notamment par un « géo trouvetou », adjudant-chef, ancien chef d’équipe au sein des GCP jusqu’à cet été, étant aujourd’hui un de ceux qui a le plus grand nombre de sauts parmi ceux servant au régiment. La section de commandos parachutistes, où il a fait une partie de sa carrière, est constituée de chuteurs opérationnels, qui préparent la mise à terre par saut du régiment en reconnaissant, protégeant et marquant la zone. Ils mènent également de nombreuses missions aux compétences variées (renseignement, protection, actions particulières), généralement en avance de phase, et en autonome. Un cadre d’emploi particulier qui structure les innovations développées. Certaines étant aujourd’hui soutenues financièrement par la mission innovation participative (MIP) du ministère. Comme l’indique l’adjudant-chef, « elles sont le fruit de plusieurs années de réflexion et de travail à chaque fois. Entrecoupées de nos stages, nos opérations, etc. Il est parfois difficile de se libérer du temps et de les mener, mais cette expérience du terrain permet d’arriver avec beaucoup de pragmatisme dans le besoin, et de la débrouille pour la réalisation. Des compétences en couture sont nécessaires ? L’un se met à la couture. En boitier solide ? L’autre se met à la soudure… ».

Sans être exhaustif, il est possible de citer le kit météo portatif déporté pour le marquage de zones de mise à terre (ZMT). L’équipe commando parachutiste est chargée de marquer au profit d’une unité amie qui sera larguée par SOA ensuite. Les appareils météo (baromètre, thermomètre et anémomètre) fixés sur un mat sont connectés en bluetooth avec l’ordinateur et les moyens de transmission du marqueur qui peut ainsi retransmettre en direct (notamment aux pilotes) les éléments météo par moyen satellitaire, tout en étant dissimulé, pour plus de discrétion, aux abords de la ZMT. Le capteur anémométrique (par ultrasons, et non de manière mécanique comme auparavant, où il fallait tendre le bras, et réaliser une lecture visuelle) est couplé à un boitier d’émission et d’alimentation, puis à un récepteur branché à une tablette avec une application de visualisation simple (et un historique avec des données toutes les 10 minutes : vitesse et cap du vent, etc.). Quelques modifications sont encore à faire comme l’intégration du récepteur dans la tablette (pour éviter un fil), la société Bordelaise Electronique assurant l’intégration des différents systèmes.

Ou d’une housse grande capacité, en tissu résistant, taillée aux dimensions maximales de la gaine Paratech (celle que les chuteurs à haute altitude emportent fixée à eux). Toile avec une capacité d’emport de l’ordre de 115 kg, et assez solide pour résister à l’impact de l’atterrissage. Aucun processus de certification n’a été nécessaire, car elle se place dans des harnais, déjà certifiés. Elle sera d’ailleurs prochainement “opexable”.

Ou encore un kit de branchement universel pour l’alimentation des matériels électriques en véhicules, et ainsi répondre à la multiplication des prises type allume-cigare militaires ou civiles pour les différents matériels à recharger ou alimenter. Fiable car aucun transformateur n’est à l’intérieur (d’un courant continu à un courant continu, sans passage par du courant alternatif) et sécurisé avec un fusible garantissant la protection, il permet de recharger en simultanée les différentes batteries, radios, GPS, et autres, très consommateurs en énergie et en prises. Alors que les détachements réduits, au sein desquels les GCP ont l’habitude d’opérer, ne bénéficient pas forcément de le faire en même temps. Avec cette multiprise, cela permet d’en recharger en simultané, de le laisser brancher toute la nuit sans risque. « C’est simple vous me direz, mais il suffisait d’y penser, et cela n’existe pas ailleurs, j’ai eu beau chercher », indique l’adjudant-chef. Le tout en 3 kg seulement, tout en réduisant le nombre de câbles, « notre cauchemar à nous militaires, tant ils s’emmêlent partout et sont de types différents ».

 

Le 2e REP comme communauté humaine particulièrement soudée

 

Mémorial des légionnaires parachutistes morts pour la France, avec plus de 1.300 noms, hommage aux légionnaires des différentes formations parachutistes de la Légion étrangère (compagnie parachutiste du 3e régiment étranger d’infanterie, 1er, 2e, 3e bataillons étranger de parachutistes et 1er REP). Crédits : FSV / MA.

Au-delà de ses aspects techniques et matériels, le 2e REP est avant tout une organisation humaine. Aujourd’hui, le chef de corps indique « ne pas ressentir

Monument aux légionnaires parachutistes morts en service aérien commandé, qui comprend notamment les noms des 29 militaires du régiment morts lors du crash le 3 février 1982 d’un appareil Noratlas sur le Mont Garbi à Djibouti, ayant couté la vie à 36 militaires. Crédits : FSV / MA.

plus que cela l’effet de la crise sanitaire sur le recrutement, même si les fermetures aux frontières peuvent entraîner pour les candidats certaines difficultés à rejoindre la France. Il y a toujours les volontaires, aptes TAP, qu’il faut pour venir au 2e REP. Pour le garantir, le choix de l’encadrement que le régiment fourni pour la formation à Castelnaudary est primordial, pour donner l’image juste du régiment aux nouveaux légionnaires ».

Une communauté humaine pour qui ses blessés sont un vrai sujet d’attention, avec des phases de mieux et des rechutes à gérer et accompagner. Comme l’indique l’article 7 du code d’honneur du légionnaire « tu n’abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés, ni tes armes ». Que cela soit les blessés « du quotidien », visités chaque vendredi lors du tour à l’infirmerie par le chef de corps. Ou les blessés plus graves, en opérations ou non. Avec un traitement au cas par cas pour les blessés physiques comme psychiques, les anciens (« 9ème compagnie » du régiment), fidèles comme les légionnaires encore en service. Personne ne compte alors ses heures, et les anciens frères d’armes jouent un grand rôle. Cette solidarité légionnaire, fraternité d’armes au combat, lors des opérations et des bivouacs, mais aussi quand il s’agit de poser la musette.

Le dernier blessé grave en opérations du régiment est le caporal-chef Radu-Mihai, récemment décoré de la Croix de la Valeur militaire. Le texte de la citation à l’ordre de l’Armée indique que : « Engagé comme équipier commando dans le cadre de l’opération Barkhane au Mali en 2019, s’est particulièrement distingué lors d’une opération de reconnaissance d’un campement de terroristes. Pris à partie par ces derniers, a riposté, mettant hors d’état de nuire l’un d’entre eux. Puis, après trois heures de combat intense, est monté à l’assaut d’une position tenue par l’ennemi. Alors qu’il effectuait un bond pour appuyer ses camarades, s’est vu fauché à très court distance par une rafale d’arme automatique le blessant très grièvement et engageant d’emblée son pronostic vital. Grâce à son action, a permis la neutralisation de plusieurs terroristes, la récupération d’armes, de téléphones et de renseignements, permettant à la Force de poursuivre la lutte antiterroriste dans la bande sahélo-saharienne ». Avec un petit oubli dans le récit, peut-être par modestie, sur le fait que ce GCP de 6 ans de service, blessé de 3 balles par un tir de kalachnikov ce 16 novembre 2019, se pose lui-même un premier garrot, avant d’être relayé par l’équipe médicale. Évacué vers la France, il sera amputé d’un membre inférieur sera de retour sur la place d’armes de son régiment lors de cette remise de décoration à l’été 2020. Récemment réopéré, il est entouré au mieux par le régiment, et les associations de solidarité légionnaire et d’anciens. Il s’est vu conférer la Médaille militaire, « blessé dans l’accomplissement de son devoir », comme l’indique le journal officiel du 7 aout 2020. Après des faits d’armes qui viennent illustrer l’article 6 du code d’honneur du légionnaire : « La mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout et, s’il le faut, en opérations, au péril de ta vie ».

 

Être tourné vers l’avenir, sans oublier son glorieux passé

 

Du fait des délais pour faire parvenir jusqu’en Indochine des képis blancs depuis la métropole, les militaires des compagnies indochinoises parachutistes de la Légion étrangère seront dotés d’un béret blanc, disponible sur place. Crédits : FSV / MA.

Actuellement, le régiment participe aux missions « captives » de la 11e BP, (notamment la Compagnie parachutiste COMPARA en Nouvelle Calédonie), et à des exercices internationaux comme Wessex Storm en Grande-Bretagne avec la 16th AAB (Air Assault Brigade), tout un symbole alors que se fête les 10 ans du Traité de Lancaster House. Le régiment participe comme les autres à l’opération Sentinelle « Une respiration en-dehors du quartier pour les légionnaires, pour une mission qui doit être menée », indique un cadre. Le rythme de déploiement, notamment en opérations extérieures, étant un facteur important de fidélisation, particulièrement pour pousser les légionnaires au-delà de la durée de 5 ans et 1 jour du 1er contrat, permettant d’obtenir la naturalisation.

Certains légionnaires réalisent des carrières longues de plus de 25 ans au sein du 2e REP, gravissant les échelons. C’est le cas de ces figures d’adjudants-chefs, que cela soit le GCP, génial Géo-Trouvetou du régiment, le chef des services aériens, ou un ancien CRAP (commando de recherche et d’action en profondeur, ancêtre des GCP) ayant participé aux opérations dans le Golfe en 1991. Dans la Salle d’Honneur rouverte en 2019, après une profonde refondation grâce aux dons de prestigieux mécènes et de bienfaiteurs anonymes, plusieurs vitrines retracent les heures de gloire et les moments douloureux du régiment, depuis la fondation en 1948 : l’Algérie, puis l’Indochine et sa disparition à Dien Bien Phu, sa refondation, avec les effectifs du 3e BEP, et à nouveau l’Algérie, la Somalie et l’épisode des otages de Loyada (le régiment assurant un périmètre de sécurité), la Côte d’Ivoire, le Tchad, la RCA, les Balkans, l’Afghanistan, le Sahel… De quoi mieux comprendre, pour celui qui a la chance de le visiter, pourquoi le régiment est la seule unité à avoir la fourragère à la couleur de la Légion d’Honneur au titre des opérations en Extrême-Orient, et pourquoi son drapeau porte la Croix de la Valeur militaire avec 4 palmes et 1 étoile d’argent pour ses interventions à Loyada et Kolwezi (1976-1978), en Afghanistan (2010, 2011), à Tombouctou (2013) et sur l’opération Barkhane (2015). Des vitrines sont laissées vacantes, comme s’il est déjà certain que l’Histoire du régiment ne s’arrêtera pas là. Toujours prêt à bondir « à la manière des anciens », selon sa devise « More Majorum ».

Florent DE SAINT VICTOR / Mars Attaque

L’auteur de ses lignes tient à remercier tout particulièrement pour leur disponibilité et les échanges le chef de corps, l’officier communication, et l’ensemble des cadres et légionnaires rencontrés.


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1 Comment

  1. 25 novembre 2020
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    j’ai amené la première compagnie ( la 4) du 2° REP depuis Bou Sfer à Calvi
    Mission: sensibiliser la municipalité et la population à l’arrivée et à l’implantation du REP à Calvi, ville touristique
    Aujourd’hui, l’unité fait partie de la ville

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