lundi 16 mai 2022

HISTOIRE : Chronique culturelle du 22 août

22 août 851 : victoire d’Erispoë, le roi breton d’Armorique, sur Charles le Chauve, le roi de Francie occidentale, à la bataille de Jengland.

La Chronique d’Angoulême (Chronicon Aquitanicum) indique la date de la bataille et précise qu’elle a lieu après la mort de Nominoë.

Le premier jour, le roi dispose ses troupes sur deux lignes : les Francs derrière, les mercenaires saxons devant pour briser la charge de la cavalerie bretonne, dont il connaît la mobilité et la ténacité. Selon le récit de Réginon de Prüm, aux premiers instants de l’engagement, sous les javelots bretons, les Saxons se replient derrière la ligne franque. Les Francs sont pris au dépourvu par la tactique de l’ennemi. Au lieu d’engager le corps à corps, les Bretons harcèlent à distance l’armée lourde des Francs, un peu à la façon des peuples nomades d’Asie centrale, l’arc et la flèche étant remplacés par le javelot. Ils alternent charges furieuses, débandades soudaines et feintes incitant les Francs à la poursuite, les Bretons sachant manier le javelot aussi bien devant que derrière eux. Dès que quelques Francs se détachent d’une colonne, les Bretons se regroupent pour les encercler et les massacrer.

Après deux jours de combat, les pertes en hommes et montures sont catastrophiques chez les Francs, minimes chez les Bretons. Pris de frayeur, le roi s’enfuit à la faveur de la nuit en abandonnant tout son vestiaire. Lorsque sa disparition est remarquée au lever du jour, la panique s’empare des soldats qui ne songent plus qu’à sauver leur vie. Le troisième jour la débandade des Francs est totale et les Bretons ne tardent pas à s’en apercevoir et fondent sur le camp à grand cri, s’emparant des trésors et des armes, massacrant autant de fuyards qu’ils peuvent4. D’importants dignitaires comme le comte Vivien de Tours et le comte palatin Hilmerad sont tués.

À l’issue de cette bataille, les relations entre Francs et Bretons sont redéfinies. Charles le Chauve accepte de rencontrer Érispoé à Angers ville située aux limites de l’avancée bretonne.

Par cet accord d’Angers, Charles le Chauve reconnaissait Erispoë pour roi de Bretagne et s’engageait à ne plus jamais contester que les pays de Rennes, Nantes et de Retz sont terre bretonne. En contrepartie, Erispoë se contenta de rendre son siège épiscopal à l’évêque Actard. L’accord d’Angers délimite les frontières du futur duché de Bretagne et de la Bretagne. Il marque aussi un tournant dans les relations entre la Francie occidentale et la Bretagne : les Vikings attaquant la Neustrie et la Bretagne, une paix intérieure, faute d’une alliance solide et volontaire, est nécessaire pour contrer ces incursions (à partir de 799) de plus en plus pressantes.


22 août 1138 : bataille de l’Étendard, pendant l’Anarchie anglaise.

Elle opposa l’armée de David 1er d’Écosse à celles du roi Étienne d’Angleterre commandées par l’archevêque Thurstan d’York et Walter Espec, lord de Helmsley. Robert de Bruce, lord d’Annadale, l’un des chefs, dut briser son vœu de fidélité au roi écossais.

La bataille se conclut par une défaite des Écossais qui mit fin à leur volonté de conquête du comté de Northumbrie, et aboutit au traité de Durham en 1139 qui pacifia la frontière anglo-écossaise. Le nom de cette bataille vient des bannières de Saint-Pierre de York, de Saint-Jean de Beverley et de Saint-Wilfrid de Ripon qu’arboraient les Anglais durant celle-ci.


22 août 1371 : bataille de Baesweiler qui vit s’affronter les troupes du duché de Brabant et du duché de Luxembourg à celles du duché de Juliers le . Les troupes brabançonnes et luxembourgeoises furent défaites et le duc Venceslas 1er fut fait prisonnier.

À l’époque de la bataille, la Guerre de Cent Ans ravageait une grande partie de l’Europe. Aussi, d’importantes bandes de mercenaires parcouraient la région entre le Rhin et la Meuse, rendant le pays peu sûr. En 1367 et en 1369 déjà, des attaques contre des intérêts commerciaux du Brabant sur le territoire du duc de Juliers avaient failli provoquer une guerre. En 1371, après que des mercenaires français eurent attaqué et dépouillé des marchands brabançons dans le Duché de Juliers, le duc Guillaume de Juliers non seulement refusa de payer des indemnités de réparation à Venceslas 1er de Luxembourg, duc de Brabant, mari de la duchesse de Brabant, mais en plus il refusa aussi de punir ces mercenaires coupables des méfaits, les protégea et pris même à son service certains d’entre eux.

Venceslas leva donc une armée et marcha sur le duché de Juliers. C’était sans compter sur l’appel de Guillaume de Juliers (qui avait épousé en 1362 Marie de Gueldre), à son beau-frère Édouard, duc de Gueldre.


22 août 1798 : fondation de l’Institut d’Égypte (au Caire).

Bonaparte le crée sur le modèle de l’Institut de France.


22 août 1798 : débarquement français en Irlande (Kilcummin).

Le capitaine de vaisseau Savary débarque environ 1 000 hommes dans le Nord-Ouest de l’Irlande, qui sous le commandement du général Humbert prennent la ville de Kilala avec l’aide de rebelles irlandais. Une éphémère République de Connaught est même fondée. Elle prend fin avec la défaite de Ballinamuck (8 septembre) et met un terme à l’expédition d’Irlande.

En août 1798 ou « l’année des Français », année mémorable s’il en fût, le général français Jean-Joseph Amable  Humbert commandant un petit corps expéditionnaire débarqua à l’ancrage très ancien de Kilcummin, au cœur du comté historique de Mayo. Les Français arrivèrent sur trois navires à l’invitation d’un mouvement connu sous le nom de « Mouvement des irlandais unis ». Les volontaires irlandais affluèrent en grand nombre pour se joindre aux rangs des Français et très bientôt  « l’armée franco-irlandaise » nouvellement constituée se mettait en marche, et prenait l’ancienne cité épiscopale de Killala lors d’un engagement connu aujourd’hui sous le nom de « première bataille de Killala ». De Killala, traversant Ballina, les hommes d’Humbert marchèrent sur le village de Lahardane le  « village irlandais du Titanic » ; de là, gravissant  une route de montagne et passant le célèbre col de Windy Gap, ils arrivèrent au bourg de Castlebar. Lors d’une bataille connue depuis sous le nom de « Course de Castlebar » la petite troupe d’Humbert infligea une cuisante défaite à une armée britannique beaucoup plus importante et reprit Castlebar après quoi John Moore fût nommé Premier Président de la République de Connaught. La plupart des soldats britanniques fuirent la ville, certains galopant à se rompre le cou jusqu’à la ville d’Athlone dans le comté de Westmeath.

« It was near the end of August in the year 98
When Killala saw the Frenchmen under Humber at the  gate
It was only four days amid laughter near and far
When the panic stricken British ran the Castlebar races. »

C’est à la fin du mois d’août, en  98,
Qu’Humbert et les Français arrivèrent aux portes de Killala
Et moins de quatre jours après, parmi les rires,
les Anglais terrifiés coururent la Course de Castlebar.

Source : https://humbert1798.wordpress.com/sur-les-pas-dhumbert/

Podcast : Les expéditions du Directoire en Irlande. Conférence-débat des historiens Bernard Gainot et Laurent Henninger, enregistrée le 11 janvier 2011.


22 août 1864 : signature de la première convention de Genève.

« Le Comité International de la Croix Rouge réunit 31 représentants de 16 pays lors d’une conférence internationale. Ils adoptent 10 résolutions et 3 vœux qui sont officialisés dans cette première convention. Ils s’accordent notamment sur les soins à donner aux blessés sur le champ de bataille sans distinction de nationalité, la neutralité du personnel sanitaire et des infrastructures médicales, et sur le port de la croix rouge sur fond blanc comme signe distinctif. Cette convention est à la base du Droit International Humanitaire ». CNE Jean-Baptiste P. (COMLE).


22 août 1914 : journée passant pour la plus meurtrière de la guerre.

La bataille des frontières va s’achever deux jours plus tard sur un échec français. Quasiment partout sur le front, la fougue française a rencontré les balles de mitrailleuses allemandes. Les combats en Belgique sont particulièrement sanglants notamment à Rossignol où entre-autres tombe Ernest Psichari. La 3ème Division d’infanterie coloniale y est anéantie. Une réussite cependant, la retraite générale se fera en bon ordre et laissera assez peu de prisonniers aux Allemands.


22 août 1942 : le Brésil déclare la guerre aux forces de l’Axe.

« Officiellement neutre, dès janvier 1942 cependant il accepte d’accueillir plusieurs bases de l’armée de l’air et de la marine américaine. En représailles, les allemands envoient patrouiller des sous-marins dans l’Atlantique sud. Ils coulent ainsi plus d’une vingtaine de navires brésiliens. Formée et constituée sur le modèle de l’US Army, la Force expéditionnaire brésilienne combat en Italie. A la fin du conflit, les brésiliens déplorent 443 tués sur les 25 000 hommes engagés. Inauguré en 1960, un mausolée à Rio de Janeiro abrite leurs sépultures ». CNE Jean-Baptiste P. (COMLE).


22 août 1962 : attentat du Petit-Clamart.

Un commando de 6 hommes de l’OAS commandé par le LCL Bastien-Thiry tend une embuscade à la voiture du général de Gaulle en route vers l’aérodrome de Villacoublay. Malgré 14 impacts dans la carrosserie, le couple présidentiel en réchappe. Bastien-Thiry est fusillé le 11 mars 1963.

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