Il y a 75 ans, le Duel d’artillerie le plus haut d’Europe !


Par le général (2e Section) Bernard AMRHEIN, chef de corps du 93e Régiment d’Artillerie de Montagne (RAM) de 1999 à 2001.


Voici maintenant soixante-quinze ans, le 9 avril 1945, deux équipes de pièce de la 7e Batterie du 93e Régiment d’Artillerie de Montagne (RAM) accomplissaient un véritable exploit en livrant le Duel d’artillerie le plus haut d’Europe.

Jugé anecdotique pendant des décennies par les protagonistes de l’affaire eux-mêmes, ce haut fait d’armes n’a été rendu public qu’à l’occasion du Cinquantenaire des Combats les plus hauts d’Europe, manifestation organisée par les Troupes de montagne au sein du Quartier POURCHIER de l’École militaire de haute montagne (EMHM) de CHAMONIX, le samedi 8 avril 1995.

En ce jour anniversaire, THEATRUM BELLI rend hommage à Maître LAPRA qui, alors commandant d’unité élémentaire, avait eu le réflexe de photographier les différentes étapes de cette opération, ce qui nous permet d’illustrer le compte rendu complet qu’il en fit par la suite.

La Vallée Blanche et le Glacier du Géant sont les zones d’opération des combats les plus hauts d’Europe.

Prologue

À la Libération, une partie des FFI (1) de Haute-Savoie avait formé le Bataillon du mont Blanc sous les ordres du commandant CLÈRE et forcé les Allemands à évacuer la vallée de CHAMONIX. Un poste avancé avait été installé sur le versant italien dans le refuge de Torino qui, à 3 365 mètres d’altitude, au-dessous du col du Géant, domine la vallée d’ENTRÊVES-COUMAYEUR, le val FERCY, aux mains de l’ennemi.

Mais, le 2 octobre 1944, profitant d’une tempête de neige et du défaut de vigilance des occupants de Torino, les Allemands avaient reconquis le refuge.

À partir de cette base, ils avaient installé des mitrailleuses lourdes au col du Géant, dans les rochers du Petit-Flambeau, et ils étaient ravitaillés par le téléphérique montant d’ENTRÊVES au mont FRÉTY, situé à 2 100 mètres d’altitude.

Séparés par les quatre kilomètres du glacier de la vallée Blanche, Français et Allemands s’étaient observés pendant l’hiver 1944-1945. Mais, dans la nuit du 16 au 17 février 1945, la Section d’éclaireurs-skieurs (SES) du col du Midi, commandée par l’aspirant RACHEL, déjà alertée par une patrouille qui avait vu monter des renforts à Torino, vit une fusée partir du sommet du Gros-Rognon, énorme rocher situé à mi-chemin du col du Midi et du col du Géant.

RACHEL, pressentant une attaque allemande qu’il aurait à subir sur le col du Midi, le dos au vide, eut l’audace  bien calculée de foncer, dans la nuit avec sa section. Vers cinq heures du matin, la SES se trouvait en une file dans le passage entre le Gros-Rognon et l’arête basse du mont Blanc du Tacul. Dans une obscurité totale, elle commença à passer entre les Gebirgsjäger qui avançaient en deux files séparées.

S’ensuivit une mêlée confuse au cours de laquelle le Hauptmann (capitaine) SIEGEL, qui commandait alors la Sturmkompanie, fut très grièvement blessé. Le combat se poursuivit jusqu’au matin et tourna à l’avantage de la SES. Les Allemands laissèrent sept morts sur le terrain, dont le Hauptmann SIEGEL, un as du combat en montagne qui s’était illustré contre les Russes, sur l’Elbrouz, dans le Caucase. Un seul mort du côté français était à déplorer.

Cette tentative, qui démontrait les visées allemandes sur le col du Midi, fut à l’origine de la décision de tenter d’y installer des canons, soit pour fournir un appui direct à la SES, soit pour détruire ou neutraliser le téléphérique du mont FRÉTY, soutien essentiel du dispositif allemand.

De gauche à droite : CNE LAPRA, SLT BURGARD, ADC FABBRI.

Voici donc le récit complet de cette opération, tel que le fit le capitaine LAPRA dans son rapport :

« 9 mars 1945

Prise de commandement de la 7e Batterie au repos à BELLEY, après avoir été en opérations BRIANÇON. Belle unité composée de jeunes engagés volontaires, la plupart originaires de LYON. Le rude hiver 44-45 en a fait des montagnards.

Cette halte à l’arrière du front va être rapidement interrompue par une mission peu banale.

12 mars 1945

Ordre de l’AD 27 (2) d’envoyer une reconnaissance au col du Midi. Aussitôt volontaire, je me trouvai désigné comme par enchantement. Mes collègues, sujets au vertige ou sous d’autres raisons, ne me disputèrent pas la place. Départ immédiat pour CHAMONIX avec le sous-lieutenant BURGARD, jeune Alsacien discret et efficace, et l’adjudant-chef FABBRI, un colosse expansif, un grand ancien du 93e.

Accueil sympathique du commandant CLÈRE et des officiers du Bataillon du mont Blanc ; ils nous font un tableau corsé des difficultés de montée et de séjour sur le glacier.

La montée sur le plateau.

13 mars 1945

Le téléphérique normal nous conduit à la station des Glaciers, à 2 600 mètres. De là part un câble de huit millimètres mû par treuil et qui va direct au Col, à 3 600 mètres. Ce câble porte un petit plateau, où on tient à deux bien serrés ; il faut changer de plateau au passage d’un pylône posé sur une arête à 3 300 mètres.

Il fait un temps magnifique, le survol en télé du glacier des Bossons est féérique ; notre futur champ de tir sera le glacier de la vallée Blanche et le col du Géant, étincelant sous le soleil.

Le commandant CLÈRE aurait souhaité nous voir mettre en batterie derrière le rocher des Rognons, au milieu de la vallée Blanche. Mais cette descente d’un glacier de 2 kilomètres aurait exigé une mise en batterie de nuit avec tous les risques d’un parcours nocturne sur glacier. En outre, cette position basse restreignait les possibilités de tir, sans parler des difficultés de séjour aux Rognons.

Message immédiat à l’AD 27 sur la possibilité de se mettre en batterie en-dessous de l’arrivée du téléphérique, sur le Col lui-même, où un léger masque dissimulerait les pièces.

Dans la journée du 14, retour à BELLEY et, dans la nuit, ordre de partir pour CHAMONIX avec deux pièces de 75M (3) et 500 obus, sans autre précision sur la mission. Dans la matinée du 15, embarquement en camions de 20 artilleurs et du matériel pour CHAMONIX.

Laissant le détachement aux ordres de BURGARD, je fais un détour par la Division ; le jeune chef d’état-major, le lieutenant-colonel CRAPLET, me donne cette consigne : « Si une fois à pied d’œuvre vous jugez l’opération trop dangereuse, vous avez toute liberté pour y renoncer ! » Je le remercie de sa confiance, en lui disant que je comptais bien ne pas avoir à user de cette faculté.

Visite au commandant DESLANDES, intendant divisionnaire. Il m’octroie largement des rations individuelles américaines de haute valeur nutritive, bien utiles en altitude, et, pour être sûr d’être bien servi, je vais en prendre livraison au dépôt de MONTMÉLIAN avant de filer sur CHAMONIX.

La nuit tombée, arrêt au terrain d’aviation du FAYET-SAINT-GERVAIS pour m’entendre avec le capitaine GUIRON, qui règlera nos tirs sur les objectifs situés derrière le col du Géant et non visibles du col du Midi.

Le 16 mars

Journée d’attente à CHAMONIX. Pour garder le secret, la mise en place de l’artillerie doit se faire de nuit.

À vingt heures, des camions amènent personnel et matériel à la station de départ du téléphérique au hameau des Bossons. Pour le premier tronçon jusqu’à la station de la Parra, à 1 800 mètres, peu de difficultés hors la manipulation à bras de nos dix tonnes de matériel.

À deux heures du matin, fin de chantier à la Parra.

Le 17 mars

Au matin, après un court repos, reprise du travail. En raison du faible débit du tronçon Glacier-col du Midi, le chantier s’organise en continu de la Parra au Col :

  • l’adjudant-chef NALLET, avec 8 canonniers, assure le tronçon la Parra/les Glaciers et le chargement de la benne ;
  • le sous-lieutenant-BURGARD, avec 4 canonniers sur le pylône de l’arête, assure le transfert d’une benne à l’autre. C’est le plus inconfortable ; ils s’y dépenseront pendant trois jours dans le froid et le danger ;
  • au Col, l’adjudant-chef FABBRI, avec 4 canonniers sur la fragile passerelle du terminal, réceptionne canons et obus. FABBRI, le plus robuste, porte lui-même les pièces les plus lourdes.

Pour la compréhension de l’opération, il faut savoir que le 75 de montagne, destiné à l’origine à être porté par des mulets, se décompose en 7 fardeaux de 105 à 115 kilos chacun. La benne du téléphérique et son câble étant prévus pour porter une centaine de kilos, nous restions dans la limite de sécurité (4).

Dans l’après-midi du 17 mars survient le colonel VALETTE D’OSIA, paternel et cordial. Il observe que je suis en train d’agir sans ordre écrit. Je lui réponds que sa présence est un encouragement.

La montée du matériel va exiger trois journées pleines jusqu’au soir du 19 mars. La position de batterie se trouve au bas d’une pente d’une centaine de mètres, sous le terminal du téléphérique, pente en pleine vue de l’ennemi.

La mise en batterie finale doit donc s’effectuer de nuit dans des conditions difficiles. FABBRI y distingue à nouveau sa force colossale et sa connaissance de la neige.

L’ADC FABBRI décharge un tube sur la plateforme.

Au matin du 20 mars

Les deux pièces sont prêtes à tirer, appareils de pointage en visée sur l’aiguille du Géant.

Tandis que la section d’éclaireurs-skieurs occupe la cabane proche du téléphérique, nous, artilleurs, partageons, avec la section de mitrailleurs, la cabane dite des Cosmiques, construite en 1938 par LEPRINCE-RINGUET pour ses expériences sur les rayons cosmiques. Vingt Artilleurs et vingt Chasseurs dans un si étroit espace se tiennent chaud. Et c’est tant mieux la nuit, à 3 600 mètres d’altitude.

Il va falloir près de trois semaines avant de recevoir l’ordre de tirer. L’EM 27 (5) ne nous oublie pas.

Nous avons beaucoup de visiteurs. Le colonel PETETIN, artisan de l’opération, vient fréquemment. Le général MOLLE monte également avec le lieutenant-colonel CRAPLET.

Sous la conduite des guides de CHAMONIX, qui servent au Bataillon du mont-Blanc et en particulier avec Léon DEMARCHI, je fais plusieurs reconnaissances pour la recherche d’observatoires au-dessus du col.

Elles ne sont pas sans incidents. Au cours d’une reconnaissance sur le mont-Blanc du Tacul, le sergent DROUBAY tombe dans une crevasse. Léon DEMARCHI descend avec maestria dans la crevasse, et l’en remonte non sans difficulté, car il a une mauvaise fracture à la jambe.

Notre équipe se réduit : FABBRI, qui n’appartient pas à ma batterie, est rappelé au Groupe. BURGARD a pris froid et souffre d’une oreille. Non sans difficultés j’arrive à le persuader de se laisser évacuer. On diagnostiquera une mastoïdite. Son départ pose problème : le séjour à 3 600 mètres, pour être supportable, doit être entrecoupé ; les Chasseurs sont relevés tous les 3 jours. Pour les Artilleurs j’institue un roulement pour garder au Col une équipe réduite, apte à servir les deux pièces en cas d’alerte, et j’aurais permuté avec BURGARD. NALLET, avec sa grande expérience de sous-officier pourrait le suppléer ; sa trop grande modestie l’en défend, et je prends le parti de rester sans interruption, il m’en témoignera une touchante reconnaissance, et sera un adjoint parfait et amical.

L’attente me permet de préparer méthodiquement le tir hors-série qui nous est demandé : les tables de tirs en montagne ont été prévues à 2 800 mètres seulement et jamais pour un but à 1 500 mètres plus bas ; je refais en les extrapolant les abaques des tables de tir. Les calculs montrent que, pour atteindre notre objectif (la station du téléphérique italien de mont FRÉTY, à 2 100 mètres derrière le Géant), la trajectoire passe de justesse en rasant la crête entre l’aiguille des Grands Flambeaux et la Tour Ronde.

La vie n’est pas monotone : la nuit, de temps à autre, une fusée part de la position allemande, nous mettant en alerte.

Le 25 mars s’élève une tempête de neige d’une rare violence ; on a le sentiment que la cabane va être emportée : ses parois sont garnies de laine de verre que le vent projette à l’intérieur. Le téléphérique est interrompu : le câble qui fait normalement une flèche importante, est tendu à se rompre à l’horizontale. Ce devait être le jour du ravitaillement, et il faut se serrer la ceinture pendant deux jours.

Le lendemain, les canons ont disparu sous la neige.

Souvent, au petit matin, il faut déneiger les pièces.

Le 8 avril à 14 heures, enfin ordre de tir sur Mont FRÉTY, réglage préalable sur le rocher des Petits-Flambeaux où se trouve un poste allemand de mitrailleuse lourde. Coup au but à la troisième salve. L’avion de GUIRON arrive mais la liaison radio ne fonctionne pas. En attendant qu’elle s’établisse, j’envoie quelques salves d’obus fusants sur la position ennemie.

Au bout d’une demi-heure, de guerre lasse, l’avion s’en va et pique sur le FAYET. Aussitôt qu’il a disparu, une salve de deux obus s’abat à une centaine de mètres en avant de notre position. Ce sont les 105 allemands, dont on supposait la présence au Mont FRÉTY et qui n’avaient jamais tiré.

Rapidement suit une deuxième salve ; trop longue elle passe par-dessus nos têtes. Nous sommes encadrés, et je fais aussitôt replier NALLET et les pelotons de pièces dans l’abri de glace creusé près de la batterie. Heureusement, car de mon poste d’observation, je vois la salve suivante tomber à quelques mètres des pièces, l’une d’elles est criblée d’éclats mais sans dommages pour ses organes essentiels. Et le tir ennemi continue par rafales, arrosant la position autour du téléphérique.

Vers 17 heures, un obus de 105 tombe juste sur la cabane des Chasseurs et la pulvérise. Elle avait été évacuée dès le début du tir. Impossible de riposter : ils nous voient et faute d’observation par avion, nous ne les voyons pas. Plus tard, un obus tombe sur le rocher autour duquel sont enroulés les câbles fixant la poulie du téléphérique. Un câble est sectionné.

À la tombée de la nuit, profitant des intervalles entre chaque tir, je fais évacuer NALLET et les canonniers passablement transis par leur séjour dans l’abri-glacier.

En prévision d’une alerte de nuit, je garde deux volontaires pour servir au moins une pièce. Impossible de remonter aux Cosmiques, exposés au même sort que l’autre cabane. La nuit sera longue dans l’abri sur des caisses de munitions. Pas question de sortir car le tir ennemi continue. Sporadique mais bien réglé. En l’absence de feu, on grelotte, et la moindre flamme fait fondre et retomber sur nous en gouttelettes, la voûte de glace.

Le 9 avril, les deux équipes de pièces attendent dans le blizzard.

Le 9 avril au lever du jour, un de mes deux compagnons se met à trembler de fièvre et à délirer. Je l’emmène au téléphérique et, avec l’autre canonnier, l’installe dans la benne. Pendant cette opération, un obus passe à raser la passerelle, mais un vent violent s’élève et rend le tir moins précis.

En fin de matinée, message du colonel PETETIN : ordre de reprendre le tir à 15 heures, avec le concours annoncé de l’avion. Les deux pelotons redescendus aux glaciers remontent et, à l’heure dite, tout le monde est rassemblé sans casse.

Mais le vent, de plus en plus violent, qui dérègle le tir allemand en l’allongeant, joue contre nous, car nous allons tirer vent debout. Par bonheur, la montagne offre des éléments idéaux : j’observe une série de petits nuages portés par le vent et qui écrêtent la multitude d’aiguilles du massif, en comptant les secondes qu’ils mettent pour aller d’une aiguille à une autre, j’aurai avec précision l’orientation et la vitesse du vent, et les deux corrections essentielles à apporter aux données de la table de tir.

9 avril : vue d’ensemble de la position pendant le tir.

Le colonel PETETIN arrive. « Vous restez le patron ! », me dit-il de suite, et à aucun moment il n’intervient dans la direction du tir, sachant donner au bon moment approbation et encouragement à tous ; un grand monsieur !

À 15 heures 30, l’avion de GUIRON nous survole, et la liaison radio fonctionne. Le moral est remonté à bloc, malgré le vent glacial dans le courant d’air du Col.

Les quatre coups de la première salve partent en direction du mont FRÉTY : GUIRON repère bien les arrivées – trop court et à droite ; la deuxième salve est en direction, toujours trop courte. On allonge, et les deux salves suivantes se dispersent autour de l’objectif, mais heureusement assez bien groupées. À la cinquième salve, la voix de GUIRON annonce : « Le pylône au-dessous du mont FRÉTY a été touché… il prend gîte vers le bas ! » Explosion de joie des artilleurs. Le tir ainsi réglé sur l’objectif atteint, c’est avec enthousiasme qu’on envoie les 300 coups de tir d’efficacité. La batterie allemande qui s’est tue ne réagit pas. Elle n’est certainement pas hors de combat, mais elle ne se manifestera qu’une fois le surlendemain.

Le 12 avril, le général MOLLE vient au Bataillon du mont Blanc et nous donne l’ordre de rejoindre le 93 qui est en Maurienne, en appui direct de la 7e Demi-Brigade en opération sur le mont-Froid. Le lieutenant-colonel M…, commandant en second le 93, veut que je redescende les pièces que j’ai fait démonter, graisser, et mis à l’abri, culasses enlevées. Je lui fais observer que nous allons perdre un temps précieux, et prendre un risque inutile. Comme il insiste, je l’amène à la benne du téléphérique ; il réalise et se rend à mes raisons (2).

Le 15 avril, nous sommes en Maurienne, en batterie à SARDIÈRES. Et l’équipée du col du Midi n’est plus qu’un souvenir.

Le 3 septembre 1945, sur le glacier du Col du Midi, le colonel PETETIN épingle au fanion de la 7e batterie du 93e RAM, la croix de guerre que lui avait valu sa citation à l’ordre de l’AD 27 (Artillerie divisionnaire) du 14 avril 1945 : « Sous les ordres du capitaine LAPRA, commandant la 7e batterie du 93e RAM ont réussi une performance exceptionnelle et particulièrement périlleuse en montant en plein glacier à 3 593 mètres d’altitude. Après un séjour très pénible en haute altitude, ont exécuté avec succès un tir de destruction sur un téléphérique ennemi malgré la violente réaction de l’adversaire et alors que leur position était encadrée au plus près par un tir de 105. Ont fait preuve en la circonstance des plus belles qualités d’endurance et de courage ».

Les artisans de l’exploit étaient :

  • le sous-lieutenant BURGARD ;
  • les adjudants-chefs FABBRI et NALLET ;
  • le brigadier-chef POIGNAND ;
  • le brigadier JAY ;
  • les canonniers ACHARD, BENISTAUD, BILLARD, BILLET, BOILET, BUSSANE, CHATAGNIER, COLLUS, COTISSON, DESMOLLIÈRES, GARD, GUIDICI, KULAJUS, SOUCHE et WIDMER. »

Général (2e Section) Bernard AMRHEIN,

Chef de corps du 93e Régiment d’Artillerie de Montagne (RAM) de 1999 à 2001.

Géographie du Duel d’artillerie

NOTES :

  1. Forces françaises de l’Intérieur.
  2. Artillerie Divisionnaire de la 27e Division Alpine.
  3. 75 de Montagne.
  4. « Du moins, nous le pensions… En 1947, l’ingénieur civil qui avait repris en charge le téléphérique m’a assuré que l’usure du câble par le service intensif en 1945 avait fait tomber la limite de sécurité à moins de 100 kilos. »
  5. État-major de la 27e DA.

Matériel de 75 mm de montagne, modèle 1919-1928 (SCHNEIDER)

Définition :

  • Canon court de petit calibre à tir rapide, à grand champ de tir vertical et faible champ de tir en direction, à grand choix d’angles de chute.
  • Matériel transportable sur bât (à dos de mulet), prévu pour les opérations en montagne et en pays dépourvus de routes.
  • Même effet que le 75 mm Mle 1897 mais avantages des charges divisibles.

Historique :

À la fin de la guerre 1914-1918, le 65 mm de montagne était devenu insuffisant. Dès 1919, on essaie au Maroc un 75 de montagne dérivé d’un modèle SCHNEIDER-DANGLIS. Durant la guerre du Rif, on eut besoin d’un calibre plus important ; les Établissements SCHNEIDER ont fourni un 105 mm dérivé du 75 mm Mle 1919. En 1928, les deux matériels reçoivent quelques modifications de détails.

Caractéristiques :

  • Projectile : celui du 75 mm Mle 1897 de 5,5 kg à 7 kg.
  • 6 charges : Vitesse de 165 à 400 mètres/secondes.
  • Débit : en 3 minutes 15 à 20 coups – Horaire 120 coups.
  • Portée : 8 800 mètres.
  • Champ de tir en direction sans débécher : 180 millièmes.
  • Champ de tir vertical : – 10° à + 40°.
  • Poids en batterie : 660 kg.
  • Mise en batterie : quelques minutes s’il est tracté, 15 minutes s’il est sur bât.

Particularités :

  • Matériel démontable en 7 fardeaux de 100 kg environ.
  • Charges avec douilles, munitions non cartouchées.
  • Culasse à vis SCHNEIDER 2 secteurs filetés.
  • L’affût peut prendre deux positions : haute (angle de tir +20° à +40°) / basse (angle de tir -10° à +20°).
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