IN MEMORIAM – Jacques STADIEU, compagnon de la Libération (décédé le 21 janvier 2010).

Jacques de Stadieu est né le 17 janvier 1914 à Lagrasse dans l’Aude. Son père était notaire.

Appelé au service militaire en novembre 1938, il est incorporé à la Base aérienne de Toulouse ; désigné pour suivre les cours d’EOR, il est envoyé, en avril 1939, à l’Ecole de l’Air d’Avord.

En septembre 1939, il obtient son brevet d’observateur en avion, est nommé sous-lieutenant et stationne pendant toute la drôle de guerre en Champagne, au Groupe Aérien d’Observation 546.

A la suite du déclenchement de l’offensive allemande en mai 1940, il se replie avec son unité jusque dans le Lot où il décide avec deux camarades de tenter de passer en Angleterre pour continuer la lutte.

Le 21 juin, de Saint-Jean-de-Luz, ils embarquent avec d’autres volontaires français sur le Sobieski, surchargé de troupes polonaises ayant combattu aux côtés de la France après l’invasion de la Pologne.

Jacques de Stadieu débarque en Angleterre le 23 juin et s’engage le lendemain dans les Forces Françaises Libres. Il est affecté au Groupe Réservé de Bombardement n°1 en partance pour Dakar sur le paquebot hollandais Pennland.

Après l’échec devant Dakar, il séjourne au Cameroun, à Douala, avec son unité qui s’installe ensuite à Fort-Lamy au Tchad.

En qualité d’officier observateur, il participe aux reconnaissances sur l’oasis italienne de Koufra que le colonel Leclerc projette d’attaquer quand, le 31 décembre 1940, au cours d’un vol à l’ouest du massif du Djebel Auenat, le sous-lieutenant de Stadieu et son équipage, ayant perdu leur route, sont contraints de se poser en catastrophe dans le désert pour éviter la panne d’essence.

Après 9 jours très pénibles passés à attendre de l’aide, ils sont enfin recueillis mais par des Italiens qui les font prisonniers. Ils passent ainsi trois mois en prison à Tripoli avant d’être transférés en Italie dans un camp de prisonniers près de Rome à Salmona.

Après plusieurs tentatives infructueuses d’évasion, le lieutenant de Stadieu parvient à fausser compagnie à ses gardiens et à rejoindre les forces britanniques en Sicile en décembre 1943.

Envoyé à Alger, il demande à reprendre le combat dans son ancienne unité devenue, entre-temps, le Groupe de Bombardement Lorraine. Il rejoint le « Lorraine » en Grande-Bretagne en juillet 1944 et reprend les entraînements aériens puis les missions de guerre. Il prend part en août à la réduction de la poche de Falaise et se distingue par son sang-froid.

En octobre 1944, le « Lorraine » quitte sa base anglaise pour s’installer en France, à Vitry-en-Artois. Les missions de bombardement sur l’Allemagne s’enchaînent et Jacques de Stadieu démontre de nouveau à cette occasion son calme et sa résolution.

En avril 1945, il participe aux bombardements sur la Hollande.

Du 22 juillet 1944, date de son retour en opération, jusqu’au 1er mai 1945, date de l’arrêt des missions de guerre de son unité, Jacques de Stadieu a accompli 85 missions de bombardement.

Il termine la guerre avec le grade de capitaine et, démobilisé en décembre 1945, il commence un stage à l’Ecole nationale de la France d’Outremer qui le conduit au poste d’Administrateur de la France d’Outremer au Sénégal pendant quatre ans puis au Cameroun pendant onze ans.

Revenu en France au début des années soixante, il devient directeur général d’une entreprise rouennaise, filiale d’une société agricole américaine puis, de 1970 à 1975, directeur de la construction à la Régie immobilière de la Ville de Paris.

Jacques de Stadieu est décédé le 21 janvier 2010 à Pontivy dans le Morbihan.

• Commandeur de la Légion d’Honneur
Compagnon de la Libération – décret du 28 mai 1945
• Croix de Guerre 39/45 (7 citations)
• Médaille des Evadés
• Croix du Combattant Volontaire 39/45
• Médaille Coloniale avec agrafe « Koufra »
• Médaille Commémorative des Services Volontaires dans la France Libre
• Officier du Nicham El Anouar

Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Jean-Baptiste TOMACHEVSKY
Mon grand-oncle paternel s'est engagé dans la Légion étrangère, parti combattre pendant la guerre d'Algérie. Il est mort pour la France en 1962. C'est lui qui m'a donné l'amour de la Patrie et l'envie de la servir. Appelé sous les drapeaux en février 95, j'ai servi dans 6 régiments et dans 5 armes différentes (le Train, le Génie travaux, l'artillerie sol-air, les Troupes de marine et l'infanterie). J'ai participé à 4 opérations extérieures et à une MCD (ex-Yougoslavie, Kosovo, Côte d'Ivoire, Guyane). Terminant ma carrière au grade de caporal-chef de 1ère classe, j'ai basculé dans la fonction publique hospitalière en 2013 en devenant Responsable des ressources humaines au centre hospitalier de Dieuze. J'ai décidé ensuite de servir la Patrie différemment en devenant Vice-président du Souvenir Français (Comité de Lorquin-57) où je suis amené à participer à une cinquantaine de cérémonies mémorielles par an. Je participe également à des actions mémorielles auprès de notre jeunesse. Je suis également porte-drapeau au sein de l'Union nationale des combattants (UNC) de Lorquin (57) et membre du conseil départemental de l'ONaCVG de la Moselle, collège 2 et 3. J'ai également créé sur un réseau social professionnel un compte qui regroupe près de 16 000 personnes dédié au Devoir de mémoire. Je transmets et partage les destinées de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour la France. J'ai rejoint THEATRUM BELLI en novembre 2024 pour animer la rubrique "Mémoires combattantes".
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