La DGA commande 5 000 drones du combattant DELCO à Harmattan AI.

La Direction générale de l’armement (DGA) a commandé 5 000 drones du combattant DELCO à l’entreprise française Harmattan AI. La commande, notifiée le 28 mai 2026, a été rendue publique le 23 juin par le ministère des Armées et des Anciens combattants. Les appareils doivent être livrés à l’armée de Terre au plus tard début 2027.

Cette acquisition prolonge une première tranche de 1 000 drones du même modèle, livrée en janvier 2026 et employée lors de l’exercice militaire ORION 2026. L’ensemble du programme découle d’un appel d’offres européen lancé en février 2025 et remporté par Harmattan AI, dans le cadre du « Pacte drones aériens de défense ». Le ministère met en avant une « expression de besoin simplifiée » issue d’échanges directs entre l’État et l’industrie, à rebours des cahiers des charges traditionnellement longs.

D’un poids de 1,8 kg, le micro-drone affiche une portée supérieure à 2 km et une autonomie en vol de 40 mn. Doté de systèmes optroniques d’observation, il permet de surveiller et de reconnaître de grandes surfaces ainsi que des zones difficiles d’accès, de jour comme de nuit. Harmattan AI conçoit et assemble l’appareil sur le territoire français, en partenariat avec la société française Lynred pour la fourniture des caméras infrarouge.

Le ministère présente la commande comme un test de la capacité industrielle nationale à produire vite et en volume. La livraison « dans des délais contraints pour un acteur aussi récent » de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) est rendue possible, selon la DGA, par un investissement anticipé dans les capacités de production de l’industriel et par une conception de produit intégrant d’emblée les contraintes de montée en cadence.

Fondée en 2024, Harmattan AI est considérée comme la première licorne française de l’industrie de défense. L’entreprise a levé en janvier 200 millions de dollars lors d’un tour de table mené par Dassault Aviation, qui l’a valorisée à 1,4 milliard d’euros. Spécialisée dans les systèmes de défense autonomes pilotés par intelligence artificielle, elle développe des capacités de défense aérienne, de renseignement, de frappe, de guerre électronique et de commandement (C2), et opère en Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Afrique. En partenariat avec l’entreprise ukrainienne Skyeton, elle travaille à un système de renseignement fondé sur des plateformes éprouvées dans le conflit ukrainien.

Le montant du contrat n’a pas été dévoilé. L’objectif affiché par l’armée de Terre est d’« acculturer » ses unités à l’usage massif des drones, dans un contexte de course aux capacités illustré par les chiffres de production russe et ukrainienne. « Les Russes produisent 7 millions de drones par an, les Ukrainiens 10 millions par an », a rappelé le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon. Le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill, a pour sa part souligné que l’enjeu était de suivre l’innovation « à son meilleur état de l’art » plutôt que d’accumuler des stocks voués à devenir obsolètes.

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