Le gouvernement suédois a officialisé mardi la sélection de Naval Group pour la fourniture de quatre frégates de défense et d’intervention (FDI), à l’issue d’une compétition qui opposait également les industriels britannique Babcock et espagnol Navantia. L’annonce a été présentée lors d’une conférence de presse tenue à bord d’une corvette de classe Visby amarrée à Skeppsbron, dans le centre de Stockholm, par le Premier ministre Ulf Kristersson, le ministre de la Défense Pål Jonson et le commandant suprême des forces armées Michael Claesson.
Les bâtiments formeront la future classe Luleå de la marine royale suédoise. Selon l’offre retenue, la première frégate entièrement équipée doit être livrée en 2030. L’investissement total est évalué à environ 40 milliards de couronnes suédoises, soit près de 3,7 milliards d’euros. Le ministre de la Défense Pål Jonson a précisé que le coût unitaire avoisinerait 10 milliards de couronnes par navire, en fonction des systèmes d’armes embarqués.
Le Premier ministre a qualifié cette opération de plus important investissement militaire de la Suède depuis les années 1980. « La mer Baltique n’a jamais, à l’époque moderne, été aussi exposée, remise en question et disputée qu’aujourd’hui », a déclaré Ulf Kristersson, ajoutant être convaincu que cette décision contribuerait à rendre la zone « nettement plus sûre » à l’avenir. Il a également indiqué que l’ajout de ces quatre bâtiments permettrait à lui seul de tripler les capacités de défense aérienne du pays.
Le choix du modèle FDI a été motivé, selon le gouvernement, par le fait que la plateforme est déjà en production. Le ministère de la Défense a invoqué la rapidité de livraison, la maturité technique de la plateforme, le partage des coûts avec la France et la Grèce, ainsi que l’intégration possible de systèmes développés en Suède. Le gouvernement a en effet demandé que plusieurs équipements suédois, notamment de Saab, puissent être embarqués sur les bâtiments.
Côté militaire, le commandant suprême Michael Claesson a souligné que les frégates pourront opérer bien au-delà des frontières suédoises et que l’acquisition de ce type de grand bâtiment de guerre est importante pour la participation future de la Suède aux opérations de l’OTAN, dont il a jugé qu’il s’agissait d’« un facteur parmi d’autres ». La Suède, qui a adhéré à l’Otan en mars 2024, a engagé un renforcement de son outil militaire depuis le début de la guerre en Ukraine.
Pour Naval Group, la commande porte à 13 le nombre de FDI vendues : 5 pour la France, 4 pour la Grèce et désormais 4 pour la Suède. Les deux premières unités, l’Amiral Ronarc’h pour la Marine nationale et le Kimon pour la marine hellénique, ont été livrées respectivement en octobre et décembre 2025. Le contrat constitue un succès commercial pour le groupe français après son revers de l’an dernier en Norvège, qui avait retenu une offre britannique. Emmanuel Macron a réagi sur X en remerciant la Suède et en évoquant « la confiance faite à la France ».
L’opération s’inscrit dans un mouvement croisé d’achats franco-suédois, Paris ayant récemment retenu plusieurs matériels suédois, dont les avions radar GlobalEye et les radars Giraffe 1X du groupe Saab.






