Par Linda Verhaeghe
***
Intercepter un drone adverse, inspecter les fonds marins ou surveiller les approches d’un navire : DSV propose des équipements pour des missions très différentes, dans les airs comme en mer. Déjà fournisseur des trois armées, la start-up travaille aussi avec les forces spéciales sur l’adaptation de certains drones à leurs besoins opérationnels.
Des drones intercepteurs capables de neutraliser des Shahed, aux robots sous-marins pour la guerre des mines : DSV fournit des équipements qui répondent à des besoins concrets des forces. La start-up fournit d’ailleurs les trois armées françaises et développe des intégrations spécifiques avec les forces spéciales (FS). Depuis 2023, elle a fait de la distribution, de l’adaptation et du soutien de systèmes technologiques son cœur de métier. Elle assure aussi la formation des utilisateurs, le suivi des équipements et leur maintien en condition opérationnelle (MCO), sans dépendre des fabricants.
Avec les FS, DSV collabore sur ces intégrations spécifiques de drones, en s’appuyant notamment sur d’anciens membres de ces unités pour les formations. « Nous pouvons fournir un drone tel quel lorsqu’il répond aux attentes du client, mais aussi travailler sur des équipements adaptés aux besoins opérationnels », explique Gauthier Violot, responsable des marchés défense aérienne et terrestre et des forces spéciales chez DSV.
Le Blaze bientôt fabriqué en France
Parmi les produits phares présentés par la start-up à Euronaval, le Blaze est un drone intercepteur d’origine lettone conçu pour neutraliser des drones adverses. Couplé à un radar, il peut fonctionner de manière autonome ou semi-autonome. Le système est actuellement mis en œuvre au sein de l’armée de Terre, notamment par le 54e régiment d’artillerie, et devrait prochainement équiper le 35e régiment d’artillerie parachutiste, selon les précisions de DSV.
D’origine lettone, le Blaze sera ainsi produit en France grâce à un transfert de technologies et à un partenariat avec un industriel français. Une manière pour la start-up de maîtriser la chaîne d’approvisionnement et de rapprocher la production du soutien apporté aux forces armées.
En mer, DSV propose une autre gamme avec les robots sous-marins Deep Trekker. Ces ROV s’inscrivent dans une logique duale, avec des applications civiles comme militaires. Équipés de sonars et de pinces, ils permettent d’observer les fonds marins et de réaliser différentes interventions sous l’eau. Ils peuvent être employés dans le cadre de la guerre des mines, mais aussi pour des opérations d’inspection et de travaux sous-marins. Leur modularité permet également d’intégrer des charges utiles. La Marine nationale figure parmi leurs utilisateurs.
Autre équipement de la gamme maritime : les boules optroniques, qui peuvent embarquer jusqu’à huit capteurs. « Montées sur une stabilisation gyroscopique à quatre axes, elles conservent une image stable malgré les mouvements du navire et offrent une portée d’observation pouvant atteindre 30 km. Elles équipent déjà le porte-hélicoptère amphibie Dixmude, dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc », détaille Paul-Henri Bochel, responsable commercial de la branche marine chez DSV.
Mise en lumière à Eurosatory, DSV a poursuivi cette lancée à Euronaval, où elle a reçu la visite de plusieurs ministres, du Délégué général pour l’armement et de hauts responsables de la Marine nationale. Euronaval lui a également permis de rencontrer des utilisateurs et des prospects qualifiés, et de confirmer l’intérêt pour ses systèmes. Démonstrations et prêts de matériels doivent maintenant permettre de recueillir les retours du terrain et de préparer le suivi des équipements. En pleine croissance, l’entreprise poursuit ses recrutements.










