Période internationale plutôt dense sinon erratique au point même que quelques Etats européens (mais pas tous), dont la France, aient décidé d’organiser un exercice et de déployer un détachement précurseur au Groenland. Sa mission est de préparer la projection temporaire ou pas de forces terrestres, navales et aériennes. L’objectif est bien de dissuader une éventuelle intervention militaire américaine, certes peu probable, pour s’emparer de ce territoire quatre fois plus étendu que la France et n’accueillant que 56 000 habitants mais à l’intérêt stratégique évident pour sa position géographique et ses ressources minérales.
Sujet géopolitique loin d’être clos mais par ailleurs passionnant, les débats continuent et nous contraignent à réfléchir sur les relations internationales à venir. Ainsi, sur « C dans l’air », cette émission du jeudi 15 janvier 2025 à laquelle j’ai contribué sur cette thématique et qui a obtenu un remarquable taux d’audience montrant l’intérêt porté par nos concitoyens à cette crise et à la désagrégation progressive du système international existant depuis la fin de la guerre froide. (C dans l’air : Groenland : face à Trump, l’Europe envoie ses soldats – les replays et vidéos en streaming – Outre-mer la 1ère)
En même temps, alors que la révolte iranienne s’affaiblit inexorablement face à la répression, les mêmes Etats-Unis profèrent des menaces de frappes militaires sur ce pays alors que deux groupes aéronavals viennent se positionner (utilement ? à voir) autour du Moyen-Orient, en renforcement des unités notamment aériennes présentes au Qatar. Cependant ce déploiement de forces arrive bien tard pour soutenir les Iraniens et obtenir un changement de régime. La révolution n’a pas eu lieu, les forces de sécurité du régime lui sont restées fidèles. Ces manifestations en sont restées au stade de la révolte réprimée dans le sang.
Reste une thématique un peu absente des plateaux : la Chine pourtant en veille.
Mon entretien avec Atlantico : « À la Russie la guerre hybride, à la Chine la guerre invisible ».






« Reste une thématique un peu absente des plateaux : la Chine pourtant en veille. »
Certes. En même temps, l’attentisme est une position rentable sur la Chine.
Les USA se décrédibilisent avec une politique erratique, se coupent de leurs relations commerciales avec des droits de douane. Ils constituent une menace efficace, mais d’autant plus efficace que la dépendance commerciale est forte. Or, leur usage tend à convaincre les pays contre qui elles sont proférées, de réduire ladite dépendance.
D’où l’accord UE-Mercosur (déjà dans les tuyaux bien avant, mais issu d’une réflexion sur une stratégie de dérisquage dont les évènements ont montré la pertinence), d’où les négociations UE-Inde, d’où le réchauffement des relations sino-canadiennes, etc.
Donald Trump a sans doute eu les yeux plus gros que le ventre et ça va se payer cher. Un défaut classique des dictatures ultranationalistes : l’aspect ‘dictature’ fait qu’on fait taire toute personne qui pourrait suggérer que le grand chef à plumes aurait pu avoir une mauvaise idée. De l’autre côté, l’aspect ‘ultranationaliste’ fait que, de toute manière, on est convaincus qu’on va gagner parce que nous sommes la fille aînée de l’Eglise/le peuple élu/la race supérieure (biffer les mentions inutiles).
Dans tout ça, la bonne stratégie pour la Chine, c’est d’avancer ses pions en douceur et de se poser en facteur stabilisant. Un peu comme la ‘stratégie de la cravate’ du Front National en France.
Même si la Chine est en effet un élément important à prendre en compte, à l’heure actuelle, je m’inquiète plus de ce que l’UE ne fait pas (ou trop lentement) que de ce que fait la Chine.
La « désintégration » du système international ressemble plutôt à une logique et nécessaire réorganisation.
D’abord, le recentrage des USA sur leur propre zone géographique menacée au nord et au sud. Les deux actions récentes au Venezuela et au Groenland correspondent très exactement à ce que fait toute personne un tant soit peu consciente des nécessités géopolitiques au sens strict: regarder une carte et voir d’où viennent les missiles intercontinentaux et les trafics de personnes et de drogue. Trump n’est ni un visionnaire ni un fou, juste un chef d’État qui s’occupe de ses affaires.
Ensuite, l’abandon explicite par les USA de la volonté de subversion de la Russie en vue de sa satellisation pour lutter contre la Chine. L’inverse strict ayant été obtenu, une dangereuse alliance de fait entre Russie et Chine, il convient de tenter de faire revenir la Russie dans le camp des blancs avec au moins une reprise des contacts et une gestion des va-t-en-guerre européens qui devrait conduire, une fois leurs foldingues dirigeants actuels évincés naturellement, à une normalisation nécessaire pour le bien de tous.
Là encore, prudente logique et bon sens évident, la folie, la vulgarité et la méprisante prétention étant bien plutôt le fait des dirigeants européens impuissants, ruinés et surtout, Trump l’a mentionné explicitement, encore pour peu de temps en « responsabilité », si on peut appeler les choses comme cela.
Car le vrai danger est la puissance chinoise en expansion continue à qui il nous faut à tous consacrer toute, absolument toute notre attention. Parler « en même temps » de menace russe et demander à la Chine d’investir en France, n’est dans ce cadre, tout simplement pas raisonnable, pour le moins.
https://fr.euronews.com/2026/02/05/la-russie-depense-beaucoup-plus-pour-son-armee-quon-ne-le-pensait-renseignement-allemand
Alors qu’on apprend que la Russie a dissimulé ses dépenses militaires, qu’elle consacre plus de 10% de son PIB à l’armement, le « bon sens évident », c’est surtout de s’armer beaucoup plus vite qu’on ne le fait actuellement. Les loups sont aux portes, et il va nous falloir beaucoup de bâtons pointus dans très peu de temps.
@GuiS
Sérieusement, comment croire que la Russie est un danger pour l’Europe. La Russie n’est qu’un nouvel épouvantail que les élites présentent à la plèbe. Une nouvelle couleuvre que l’on veut nous faire avaler, alors que le problème est ailleurs. En ce qui concerne l’Europe, la question de sa structure (Fédérale, communauté de Pays etc…) n’est toujours pas résolue. Et les problemes intrinsèques des pays membres ne favorisent pas la prise de decisions collectives. En l’absence de stratégie, la possibilité d’un délitement de l’Union Européenne semble être une hypothèse crédible. Et en ce cas les loups sont déjà dans la bergerie. Je crains plus que cela finisse comme sur la RC4 : extraction par petits paquets….