lundi 6 décembre 2021

Une nouvelle configuration politique apparaît peu à peu en vue des présidentielles

D.Trump a été investi et les caricatures affluent, les manifestations aussi. Dès sa prise de fonction, il a commencé à mettre en œuvre ce qu’il avait dit. Nos politiques devraient se rappeler que promettre c’est tenir et c’est pourquoi François Fillon pourra difficilement infléchir son programme qui l’a fait gagner aux primaires de la droite et du centre. En particulier, ce ne sont pas ceux qui l’ont combattu à droite qui peuvent prétendre imposer leur programme alors qu’ils ont perdu.

Concernant la défense, curieusement François Fillon commence à restreindre les conditions de reconstruction d’une défense nationale en rejetant la proposition défendue par une partie des experts de défense : sortir du pacte de stabilité (Cf. Le Monde du 22 janvier 2017). Cette position est regrettable, difficilement explicable et il est déjà permis de douter de l’effort de défense promis par François Fillon. Après tout, il a mis en œuvre sous la présidence Sarkozy la réduction des forces armées.

Quant à la gauche, le résultat de ce soir montre le « gauchissement » de cette partie des électeurs. Les cartes sont maintenant presque distribuées et les programmes vont cependant permettre aux uns et aux autres de se positionner en vue de l’élection présidentielle. Il est d’ailleurs peu vraisemblable que l’ancien Premier ministre Valls soit le représentant de la gauche socialiste.

Il n’en reste pas moins que la société telle qu’elle a été relatée par le Monde cette semaine est particulièrement inquiétante et montre les errements de notre société auxquels voudraient bien répondre nos politiques.

Ainsi, des gendarmes arrêtent des « sans papiers » chez Emmaüs en application de la loi (Cf. France 3). Le préfet les fait libérer. Si les représentants de l’ordre ne peuvent pas exercer leurs missions, comment croire qu’ils vont s’engager dans la défense des institutions en cas de besoin ?

La loi votée par le parlement est subordonnée d’une manière croissante à un « droit » de solidarité dont on peut se demander jusqu’à où il peut aller comme d’autres « droits » revendiquer ça et là. Dans ce cas, se pose toujours les problèmes de l’immigration et de l’engagement de citoyens français contre la loi votée par les représentants du peuple. Celui qui ne respecte pas la loi ne doit-il pas être condamné ? Pourquoi d’ailleurs en cas d’impunité respecter d’autres lois ?

Disons-le clairement. Si la loi est à géométrie variable et que finalement elle n’est valable que pour ceux qui veulent bien l’appliquer, notre société sera confrontée tôt ou tard au chaos et à un questionnement sur le rétablissement de l’ordre. Pour la gauche comme pour la droite, l’égalité de tous devant la loi et son application sont des conditions pour une société démocratique. Or, cela est donc de moins en moins vrai. La première réaction d’une partie des électeurs sera sans aucun doute un vote clivant… comme aux Etats-Unis entre ceux qui veulent une société ordonnée et une société où les libertés et des droits autoproclamés priment sur son fonctionnement. Les élections de mai 2017 seront à ce titre révélateur avec la configuration qui se dessine.

Quant à avoir une société en ordre (Cf. Le baromètre annuel de la confiance politique réalisé par le Cevipof en janvier 2017), 17% des sondés, chiffre stable, souhaitent que l’armée dirige le pays. Rassurons-nous, elle n’y tient pas !

François CHAUVANCY
Saint-cyrien, breveté de l’École de guerre, docteur en sciences de l’information et de la communication (CELSA), titulaire d’un troisième cycle en relations internationales de la faculté de droit de Sceaux, le général (2S) François CHAUVANCY a servi dans l’armée de Terre au sein des unités blindées des troupes de marine. Il a quitté le service actif en 2014. Il est expert des questions de doctrine sur l’emploi des forces, sur les fonctions ayant trait à la formation des armées étrangères, à la contre-insurrection et aux opérations sur l’information. A ce titre, il a été responsable national de la France auprès de l’OTAN dans les groupes de travail sur la communication stratégique, les opérations sur l’information et les opérations psychologiques de 2005 à 2012. Il a servi au Kosovo, en Albanie, en ex-Yougoslavie, au Kosovo, aux Émirats arabes unis, au Liban et à plusieurs reprises en République de Côte d’Ivoire où, sous l’uniforme ivoirien, il a notamment formé pendant deux ans dans ce cadre une partie des officiers de l’Afrique de l’ouest francophone. Il est chargé de cours sur les questions de défense et sur la stratégie d’influence dans plusieurs universités. Il est l’auteur depuis 1988 de nombreux articles sur l’influence, la politique de défense, la stratégie, le militaire et la société civile. Coauteur ou auteur de différents ouvrages de stratégie et géopolitique., son dernier ouvrage traduit en anglais et en arabe a été publié en septembre 2018 sous le titre : « Blocus du Qatar : l’offensive manquée. Guerre de l’information, jeux d'influence, affrontement économique ». Il a reçu le Prix 2010 de la fondation Maréchal Leclerc pour l’ensemble des articles réalisés à cette époque. Il est consultant régulier depuis 2016 sur les questions militaires au Moyen-Orient auprès de Radio Méditerranée Internationale. Animateur du blog « Défense et Sécurité » sur le site du Monde depuis août 2011, il a rejoint depuis mai 2019 l’équipe de Theatrum Belli.
ARTICLES CONNEXES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

BOUTIQUE TB

Les plus lus

COMMENTAIRES RÉCENTS

ARCHIVES TB