Pour marquer les 50 ans d’installation de l’artillerie sur leur territoire, les Écoles militaires de Draguignan ouvrent leurs matériels au public le 30 mai, avant la cérémonie nocturne de Wagram qui clôturera les festivités le 3 juin.
Cinquante ans d’histoire, des canons sur le bitume et une cérémonie aux flambeaux : la Dracénie s’apprête à vivre deux temps forts militaires pour célébrer un anniversaire qui dépasse largement le cadre de la caserne.
En 1976, l’École d’application de l’artillerie s’installait à Draguignan, scellant le destin militaire d’une ville qui n’a depuis cessé de tisser des liens étroits avec ses pensionnaires en treillis. L’arrivée, en 2010, de l’École de l’infanterie a achevé d’ancrer la cité varoise comme un pôle unique en France, formant chaque année les fantassins et les artilleurs — français comme étrangers — appelés à commander demain.
Du CAESAR au Mistral : l’arme en démonstration
C’est ce demi-siècle de présence que les Écoles militaires entendent partager avec les Dracénois. Le samedi 30 mai, de 13 h 30 à 17 h 00, le parking Azémar accueillera une exposition statique de matériels d’artillerie. Le public pourra y approcher quelques-uns des fleurons technologiques de l’arme : le canon CAESAR, le mortier embarqué MEPAC (Photos ci-dessous), le véhicule d’observation GRIFFON VOA ou encore le système sol-air Mistral. Une vitrine qui se veut le miroir d’une artillerie en mutation permanente, sommée d’épouser les contours des engagements contemporains.
Le maire de Draguignan, artilleur d’honneur, sera de la partie, entouré de plusieurs élus de la région — manière de rappeler combien la garnison participe à la vie économique, sociale et mémorielle locale depuis son installation.
Wagram, l’âme de l’artillerie
Quelques jours plus tard, place au cérémonial. Le mercredi 3 juin, à 21 h 30, le quartier Bonaparte sera le théâtre de la traditionnelle cérémonie nocturne de Wagram, présidée par le général de corps d’armée Métayer, officier général de zone de défense et de sécurité Sud.
Cette commémoration n’est pas anodine : elle rappelle la victoire arrachée par Napoléon Ier les 5 et 6 juillet 1809, succès dans lequel l’engagement massif de l’artillerie joua un rôle déterminant. Pour les artilleurs d’aujourd’hui, Wagram demeure le rendez-vous fondateur, l’instant où l’arme retrouve son récit.
La cérémonie réunira les chefs de corps, les seize étendards des régiments d’artillerie et la Musique de l’artillerie, sous l’autorité du « père de l’arme », le général Pierre-Olivier Marchand, commandant les Écoles militaires de Draguignan et l’École d’artillerie. Plusieurs séquences solennelles ponctueront la soirée : remises de décorations, attribution d’un honorariat au général de division Casanova — commandant les actions dans la profondeur et du renseignement — et, en clôture, l’instant le plus chargé d’émotion lorsque les jeunes lieutenants en formation rejoindront symboliquement les rangs de leur future unité.
Une double vocation réaffirmée
À travers ces deux rendez-vous, les Écoles militaires de Draguignan entendent rappeler ce qui fait leur singularité : former les chefs militaires de demain, sans jamais rompre avec le territoire qui les a accueillies un demi-siècle plus tôt. Un équilibre rare entre l’exigence d’une institution de formation — adossée au plus vaste complexe de tir d’Europe occidentale, le camp de Canjuers — et l’ancrage d’une garnison dans le quotidien d’une ville.









