24 septembre 1621 : mort du grand hetman Jan Karol Chodkiewicz dans le camp retranché de Khotin.
La guerre polono-ottomane de 1620-1621 naît des ingérences des magnats polonais en Moldavie, principauté vassale de la Porte, et des raids des Cosaques zaporogues sur les côtes ottomanes de la mer Noire. En octobre 1620, l’armée de la République des Deux Nations est écrasée à Țuțora (Cecora, en polonais). Le grand hetman de la Couronne, Stanisław Żółkiewski, y est tué ; son adjoint Stanisław Koniecpolski est fait prisonnier.
Le jeune sultan Osman II décide d’exploiter ce succès. Il prend lui-même la tête d’une armée que les estimations situent entre 120 000 et 160 000 hommes, Tatars de Crimée et du Boudjak compris, auxquels s’ajoutent des contingents moldaves et valaques. Ces chiffres, qui viennent pour l’essentiel de sources polonaises, sont sans doute gonflés, mais la supériorité numérique ottomane ne fait pas débat.
Faute de hetman de la Couronne disponible, le commandement échoit au grand hetman de Lituanie, Jan Karol Chodkiewicz, vainqueur des Suédois à Kircholm en 1605 et âgé d’une soixantaine d’années. Pour ménager les susceptibilités des officiers polonais, Stanisław Lubomirski lui est adjoint, et le prince héritier Ladislas Vasa accompagne l’expédition. L’armée franchit le Dniestr à la fin du mois d’août et établit un vaste camp fortifié adossé à la forteresse de Khotin (Chocim en polonais, Hotin en roumain), alors en territoire moldave. Elle compte environ 25 000 à 35 000 soldats de la République, rejoints par 20 000 à 25 000 Cosaques conduits par l’hetman Petro Sahaïdatchny.
Les Ottomans arrivent devant le camp le 2 septembre. Pendant un mois, ils lancent des assauts répétés contre les retranchements, sans jamais les emporter. Les pertes sont lourdes des deux côtés ; la faim et la maladie frappent autant que le feu, et les vivres comme la poudre viennent à manquer dans le camp chrétien.
Chodkiewicz, malade, s’alite. Conscient de sa fin prochaine, il transmet le commandement à Lubomirski et meurt le 24 septembre 1621 dans la forteresse. La nouvelle ne peut être tenue secrète, mais la confiance que le prince Ladislas et les autres chefs accordent à Lubomirski évite l’effondrement du moral. Le 25 septembre, celui-ci resserre le dispositif sur une ligne plus courte ; les Ottomans en profitent pour attaquer, et échouent. Leur dernier assaut est repoussé le 28 septembre.
L’arrivée de l’automne, l’épuisement de l’armée et des pertes estimées à plusieurs dizaines de milliers d’hommes décident Osman II à négocier. Le traité de Khotin, signé le 9 octobre 1621, consacre un résultat indécis : la République renonce à intervenir en Moldavie et s’engage à contenir les Cosaques, la forteresse revient à la Moldavie vassale de la Porte, mais l’invasion de la Pologne est arrêtée. Les deux camps revendiquent la victoire.
Pour Osman II, l’échec a des suites directes. Rendant les janissaires responsables de la campagne manquée, il projette de réformer l’armée ; ils se soulèvent, le déposent et le mettent à mort en mai 1622. En Pologne, la défense de Khotin devient un épisode fondateur, que le poète Wacław Potocki célèbre un demi-siècle plus tard dans sa Transakcja wojny chocimskiej.

Jan Karol Chodkiewicz naît dans l’une des premières familles de magnats du grand-duché de Lituanie. Le grand-duché forme depuis l’union de Lublin, en 1569, une république commune avec le royaume de Pologne. Son père, Jan Hieronimowicz Chodkiewicz, est grand maréchal de Lituanie, castellan de Vilnius et administrateur de la Livonie. Sa mère, Krystyna Zborowska, appartient à une puissante famille polonaise.
Sa date de naissance fait débat. Les notices anciennes retiennent 1560, et certaines donnent Bykhaw, dans l’actuelle Biélorussie, comme lieu de naissance. L’historien Marian Chachaj a proposé 1570 ou 1571, une date désormais adoptée par une partie de l’historiographie polonaise. L’écart n’est pas anodin : il fait de Chodkiewicz, à Kircholm, soit un homme de 45 ans, soit un chef d’environ 35 ans.
À partir de 1573, il étudie au collège jésuite de Vilnius, qui devient une académie en 1579. De 1586 à 1589, il poursuit ses études à l’université d’Ingolstadt, en Bavière, avec son frère Aleksander. Il passe ensuite par Padoue et rentre au pays en 1590. Pendant ces années en Europe occidentale, il s’intéresse aux méthodes de guerre étrangères. Il gardera de cette formation une solide culture latine et un catholicisme militant, tourné vers la Contre-Réforme. En Lituanie, ce choix le place à l’opposé des Radziwiłł de la branche calviniste, la plus puissante famille du grand-duché.
Premières armes (1590-1601)
Rentré en Lituanie, il lève à ses frais une compagnie de cavalerie de quelques dizaines d’hommes. En 1595-1596, il sert sous le hetman de camp de la Couronne Stanisław Żółkiewski contre l’insurrection cosaque de Séverin Nalyvaïko. Il combat à Kaniv, en avril 1596, puis sur la Soula près de Loubny, où les insurgés sont écrasés.
En 1599, il est nommé starost de Samogitie, la province occidentale de la Lituanie. L’année suivante, il participe à la campagne du chancelier et grand hetman de la Couronne Jan Zamoyski contre Michel le Brave, prince de Valachie. Cette campagne aboutit à la victoire de Ploiești, en octobre 1600. Il est nommé ensuite hetman de camp de Lituanie, adjoint du grand hetman Krzysztof Radziwiłł, dit Piorun (« la Foudre »). Les sources hésitent entre 1600 et 1601 pour cette nomination.
La guerre de Livonie (1600-1611)
La guerre contre la Suède naît d’une querelle dynastique. Sigismond III Vasa est roi de Pologne depuis 1587 et, par héritage, roi de Suède depuis 1592. Catholique, il a été chassé du trône suédois par son oncle protestant, le duc Charles, futur Charles IX, battu à Stångebro en 1598 et déposé en 1599. Pour faire pression sur la République, Charles envahit en 1600 la Livonie, province partagée entre les deux États. En quelques mois, il en occupe la plus grande partie.
Le 23 juin 1601, devant Kokenhausen (Koknese), sur la Daugava, Radziwiłł et Chodkiewicz attaquent avec environ 3 000 hommes, dont un millier de hussards, l’armée suédoise de Carl Gyllenhielm, forte d’environ 5 000 hommes. Les Suédois perdent près de 2 000 hommes, dont presque toute leur infanterie, et la garnison qui assiégeait le château capitule. Zamoyski arrive ensuite avec l’armée de la Couronne et reprend Wolmar puis Fellin. À la fin de 1602, les Suédois ne tiennent plus que Reval (Tallinn), Pernau (Pärnu), Hapsal et Dorpat.
Zamoyski quitte la Livonie en 1602 et laisse la conduite de la guerre à Chodkiewicz. Commence alors une situation qui se répétera toute sa carrière : des armées réduites, une solde irrégulière, des troupes qui se confédèrent, c’est-à-dire s’organisent en ligue pour obtenir leur paiement, et une Diète qui vote l’argent tard et en quantité insuffisante.
En avril 1603, il prend Dorpat (Tartu) et dégage le château de Rakvere. Le 25 septembre 1604, près de Weissenstein (Paide), il attaque avec 2 300 hommes l’armée suédoise d’Arvid Stålarm, forte de 5 000 hommes, qui assiège la place. Il la rejette dans un marais : les Suédois perdent 3 000 hommes tués, blessés ou pris, leurs six canons et 26 drapeaux. Les pertes lituaniennes sont d’une cinquantaine de tués.
Kircholm, 27 septembre 1605
Nommé grand hetman de Lituanie en 1605, Chodkiewicz affronte cette année-là Charles IX en personne. Le roi a débarqué en Livonie avec près de 11 000 hommes, fantassins suédois et mercenaires allemands, néerlandais et écossais, avec 11 canons. Il marche sur Riga. Chodkiewicz le devance et s’établit à Kircholm (Salaspils), sur la Daugava, à une vingtaine de kilomètres en amont de la ville. Il dispose d’environ 3 600 hommes : 2 600 cavaliers, en majorité des hussards, un millier de fantassins de type hongrois et 5 canons.
Les Suédois occupent une crête et attendent l’attaque. Chodkiewicz engage des escarmouches de cavalerie légère, puis simule un repli. Charles IX croit à une retraite et fait descendre son armée dans la plaine pour la poursuivre. Les hussards chargent alors les deux ailes : environ un millier à droite, 650 à gauche sous Jan Piotr Sapieha. En une demi-heure, la cavalerie suédoise est en fuite. L’infanterie, découverte, est prise de flanc et détruite.
Les pertes suédoises sont estimées entre 5 000 et 8 000 hommes tués, blessés, pris ou dispersés. Les pertes polono-lituaniennes sont d’une centaine de tués et de deux cents blessés. Le roi échappe de peu à la capture : son cheval est abattu, et l’officier Henrik Wrede lui cède sa monture avant d’être tué. Riga est dégagée et Charles IX regagne la Suède. Le pape Paul V, l’empereur Rodolphe II, le roi d’Angleterre Jacques Ier et même le sultan ottoman adressent leurs félicitations.
La victoire reste pourtant sans lendemain stratégique. Faute de fonds, l’armée n’est pas payée et se confédère. La République entre au même moment dans une crise intérieure grave.
La reprise de 1608-1609
Pendant que Chodkiewicz est retenu par la rébellion de Zebrzydowski, un corps suédois conduit par Joachim Frederick von Mansfeld reprend l’offensive en 1608. Il s’empare de Dünamünde (Daugavgrīva), qui commande l’embouchure de la Daugava, et de Pernau. Riga est de nouveau menacée.
Chodkiewicz revient en Livonie au début de 1609 et reprend Pernau par surprise en mars. Il y récupère des navires qu’il arme aussitôt : deux bâtiments de guerre, cinq marchands armés et quatre brûlots, montés par de l’infanterie samogitienne et des marins livoniens engagés. Dans la nuit du 23 au 24 mars 1609, il attaque l’escadre suédoise au mouillage à Salis (Salacgrīva), qui compte huit bâtiments de guerre et six navires de soutien. Il lance contre elle ses brûlots poussés par un vent de terre. Deux navires suédois brûlent et coulent. Le reste coupe ses amarres et gagne le large, abandonnant le port, ses armes et ses vivres. C’est la seule bataille navale qu’ait livrée le hetman.
En septembre 1609, il assiège Dünamünde. Mansfeld arrive avec environ 5 000 hommes contre 2 500 et évite le combat pendant quatre jours. Le 6 octobre, Chodkiewicz feint d’abandonner son camp, où il ne laisse qu’une faible garde, et cache le gros de ses forces dans les bois voisins. Les Suédois attaquent le camp et sont pris à revers par la cavalerie de Tomasz Dąbrowa. Ils perdent plusieurs centaines de tués et quatorze drapeaux, et Dünamünde est reprise.
La mort de Charles IX, en octobre 1611, conduit à une trêve qui rétablit à peu près la situation d’avant-guerre. La Livonie est sauvée pour un temps, mais Gustave-Adolphe prendra Riga en 1621, l’année de la mort de Chodkiewicz.
La rébellion de Zebrzydowski (1606-1609)
En 1606, une partie de la noblesse se soulève contre Sigismond III. Elle lui reproche ses projets de renforcement du pouvoir royal et son alignement sur les Habsbourg. Cette révolte légale, un rokosz, est conduite par Mikołaj Zebrzydowski, voïvode de Cracovie. En Lituanie, elle a pour chef le calviniste Janusz Radziwiłł, fils du grand hetman Krzysztof.
Chodkiewicz choisit le camp du roi. Le 5 juillet 1607 (certaines sources donnent le 6), à Guzów, près de Radom, il commande l’aile droite de l’armée royale aux côtés de Żółkiewski. Au début, Radziwiłł enfonce son aile, mais les insurgés se désunissent et l’armée royale l’emporte. Les pertes sont faibles, environ deux cents hommes des deux côtés. Le conflit s’éteint par une amnistie en 1609.
Cette fidélité ne lui vaut pas la faveur royale. Chodkiewicz entretient des relations difficiles avec Sigismond III, qui le soutient mal en hommes et en argent. Il en a aussi avec Żółkiewski, son rival pour le premier rôle militaire de la République. Son antagonisme avec les Radziwiłł structure la politique lituanienne de ces années.
Les guerres de Moscovie (1611-1618)
Profitant du « Temps des troubles » qui suit l’extinction de la dynastie des Riourikides, la République intervient en Russie. Le 4 juillet 1610, Żółkiewski écrase l’armée russe à Klouchino. Les boyards élisent tsar le prince Ladislas, fils de Sigismond III, et une garnison polono-lituanienne s’installe au Kremlin sous Aleksander Gosiewski. Mais Sigismond veut la couronne pour lui-même et refuse d’envoyer son fils. Un soulèvement national russe se forme contre les occupants, et la garnison se retrouve assiégée.
À l’automne 1611, après la mort de Samuel Korecki, Chodkiewicz reçoit la charge de ravitailler et de secourir le Kremlin. Ses moyens sont limités et ses troupes, impayées, se confédèrent au cours de l’hiver. En janvier 1612, un régiment de secours parvient à percer jusqu’à Moscou, mais les fantassins hongrois qu’il amène arrivent sans vivres et aggravent la disette.
À l’été 1612, il revient avec environ 12 000 hommes et un grand convoi. En face se trouvent les milices de Minine et du prince Dmitri Pojarski, environ 8 000 hommes, et les Cosaques de Dmitri Troubetskoï. Le 1er septembre (22 août dans le calendrier russe), il attaque à l’ouest ; son aile droite est prise de flanc par la cavalerie cosaque et le combat reste indécis, avec un millier de pertes de chaque côté. Le 3 septembre, il reporte son effort au sud, par le quartier de Zamoskvorechye. Son infanterie hongroise parvient près des murs, mais elle est repoussée dans les combats de rue et le convoi est perdu.
C’est la principale défaite de sa carrière. Affamée, la garnison du Kremlin capitule le 7 novembre 1612. L’élection de Michel Romanov, en février 1613, met fin au projet polonais d’installer un Vasa sur le trône russe.
En 1617, Ladislas entreprend de faire valoir ses droits par les armes. Chodkiewicz, voïvode de Vilnius depuis 1616, commande l’armée qui l’accompagne. Il prend Dorogobouj le 11 octobre 1617, mais la campagne s’enlise, faute d’argent, et échoue devant Mojaïsk.
À l’automne 1618, l’armée arrive devant Moscou. Dans la nuit du 10 au 11 octobre, elle donne l’assaut, avec environ 2 700 hommes à la porte de l’Arbat et 2 300 à celle de Tver. Les assaillants percent un moment à l’Arbat, mais ils sont repoussés partout.
La pression suffit pourtant à amener Moscou à négocier. La trêve de Deoulino, signée en décembre 1618 pour quatorze ans et demi, cède à la République les régions de Smolensk, de Tchernigov et de Novhorod-Siverskyï. C’est sa plus grande extension vers l’est.
Khotin (1621)
En octobre 1620, l’armée de la Couronne est anéantie par les Ottomans à Țuțora (Cecora), en Moldavie. Żółkiewski y est tué et son adjoint Stanisław Koniecpolski est fait prisonnier. Le jeune sultan Osman II décide de marcher sur la Pologne l’année suivante. Il réunit une armée évaluée à plus de 100 000 hommes, Tatars de Crimée et contingents moldaves et valaques compris.
Faute de hetman de la Couronne, le commandement suprême revient à Chodkiewicz, qui est lituanien. Pour ménager les susceptibilités polonaises, Stanisław Lubomirski lui est adjoint, et le prince Ladislas accompagne l’armée avec ses propres troupes. Le hetman se remarie quelques mois auparavant, à la fin de 1620.
L’armée, environ 30 000 hommes de la République, franchit le Dniestr et s’établit à la fin du mois d’août autour de la forteresse de Khotin, en territoire moldave. Chodkiewicz fait élever un demi-cercle de retranchements adossé au fleuve et à la forteresse. Il tient lui-même l’aile droite, laisse le centre à Ladislas et la gauche à Lubomirski. Deux camps avancés sont réservés aux Cosaques et aux mercenaires lisowczycy.
Les Cosaques zaporogues de l’hetman Petro Sahaïdatchny, entre 25 000 et 40 000 hommes, rejoignent le camp au début de septembre. Ils ont retardé la marche ottomane en l’attaquant à la fin d’août.
Le siège commence le 2 septembre. Les assauts ottomans se succèdent, surtout contre le camp cosaque, encore inachevé. Le 7 septembre, des janissaires profitent du relâchement des sentinelles pour s’emparer d’un retranchement de l’aile droite. Chodkiewicz charge en personne à la tête de 600 à 650 hussards contre une masse d’une dizaine de milliers d’hommes. Il les rejette avec des pertes ottomanes supérieures à 500 tués, contre une trentaine du côté polonais.
Le hetman prépare ensuite une attaque de nuit contre le camp ottoman pour la nuit du 12 au 13 septembre. De fortes pluies la font annuler au dernier moment. Les Cosaques mènent de leur côté plusieurs coups de main nocturnes réussis, les 18 puis 21-22 septembre.
Âgé, malade et épuisé, Chodkiewicz s’alite. Le 23 septembre, il transmet le commandement à Lubomirski, en lui remettant sa masse de hetman. Il meurt dans la forteresse le 24 septembre 1621 ; une source polonaise indique le 23. La nouvelle ne peut être cachée, mais l’armée tient.
Lubomirski resserre la ligne le 25 septembre et repousse les derniers assauts, le 25 puis le 28. Les pertes ottomanes, évaluées entre 40 000 et 80 000 hommes selon des sources surtout polonaises, sans doute exagérées, et l’approche de l’hiver décident Osman II à traiter. Le traité de Khotin, signé le 9 octobre 1621, maintient la frontière sur le Dniestr et confirme la suzeraineté ottomane sur la Moldavie, mais l’invasion de la Pologne est arrêtée. L’année suivante, Osman II, qui impute l’échec aux janissaires et veut les réformer, est renversé et tué par eux.
Portrait d’un chef
En 1593, Chodkiewicz épouse Zofia Mielecka, fille du voïvode de Podolie Mikołaj Mielecki. Ils ont un fils, Hieronim, mort en 1613 à seize ans, et une fille, Anna Scholastyka, qui épouse en 1620 Jan Stanisław Sapieha. Veuf, il se remarie en novembre 1620 avec Anna Alojza Ostrogska, jeune héritière de l’une des plus riches maisons de Volhynie. Il n’aura vécu que quelques mois avec elle.
Magnat parmi les plus riches du grand-duché, il met sa fortune au service de la Contre-Réforme. En Samogitie, il fait bâtir en 1602 une première église à Kretinga et y installe des bernardins, franciscains de l’Observance. En 1609, il fonde près du vieux village une ville nouvelle, dotée du droit de Magdebourg. Une église de brique suit, puis une école paroissiale en 1610.
Il soutient aussi les jésuites, notamment le collège de Kražiai. Il voulait être inhumé dans la crypte de l’église de Kretinga.
Son corps est d’abord déposé à Kamianets-Podilskyï, le 14 octobre 1621, puis transféré en juin 1622 à Ostroh, dans les domaines de sa veuve. Il y sera déplacé plusieurs fois au gré des guerres, notamment pendant l’insurrection de Khmelnytsky en 1648.
Ses contemporains et les historiens le décrivent comme un homme d’une volonté de fer, énergique et colérique, orateur remarquable, respecté et craint plus qu’aimé de ses soldats. L’historienne Wanda Dobrowolska voit en lui l’opposé de Żółkiewski, plus pondéré.
Sa manière de combattre présente des traits constants. Il accepte ou recherche la bataille en forte infériorité numérique. Il cherche d’abord à faire quitter à l’adversaire une position favorable, par une fausse retraite à Kircholm ou un camp abandonné à Dünamünde. Il réserve ensuite la charge des hussards pour le moment où l’ennemi est désorganisé ou pris de flanc. À Salis, il montre qu’il peut improviser hors de son domaine, avec des navires pris la veille et une tactique de brûlots.
Ses limites sont celles de l’État qu’il sert. La République ne dispose ni d’une armée permanente suffisante ni d’une fiscalité capable de la payer. Presque toutes ses victoires restent donc inexploitées, et presque toutes ses campagnes sont minées par les confédérations de soldats impayés. L’échec de Moscou, en 1612, tient autant à ce manque de moyens qu’à la résistance russe.
La défense de Khotin inspire la Transakcja wojny chocimskiej de Wacław Potocki, écrite un demi-siècle plus tard. Chodkiewicz y figure en héros. Il occupe depuis une place de premier plan dans la mémoire nationale polonaise, où Kircholm reste la victoire emblématique des hussards ailés.
La Lituanie le revendique aussi, sous le nom de Jonas Karolis Chodkevičius. En 2021, pour le quatre-centième anniversaire de sa mort, un monument est inauguré à Vilnius, devant le palais Chodkiewicz, et un cénotaphe est placé dans la crypte de Kretinga. Une distinction d’État porte son nom, et la brigade d’infanterie motorisée Žemaitija de l’armée lituanienne est placée sous son patronage.
24 septembre 1645 : bataille de Rowton Heath, défaite de la dernière cavalerie de Charles Ier.
Sous les yeux du roi, posté sur les remparts de Chester, la cavalerie royaliste de Marmaduke Langdale est mise en déroute par les parlementaires de Sydnam Poyntz. Charles Ier perd l’espoir de dégager son dernier port ouvert sur l’Irlande.
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Après le désastre de Naseby, en juin 1645, Charles Ier erre avec ce qui lui reste de cavalerie, cherchant à rejoindre en Écosse le marquis de Montrose, alors victorieux. En septembre, il apprend que Chester, son dernier port permettant de recevoir des renforts d’Irlande, est serrée de près par les parlementaires. Il décide de la secourir.
Le plan royaliste consiste à prendre les assiégeants entre deux feux. Le 23 septembre, le roi entre dans Chester par le côté gallois, resté libre, avec ses gardes. Sir Marmaduke Langdale conduit la cavalerie du Nord, environ 3 000 cavaliers, vers la lande de Rowton, à trois kilomètres au sud-est de la ville, pour frapper les assiégeants dans le dos pendant que la garnison fera une sortie.
Les royalistes ignorent qu’ils sont suivis. Le Comité des deux royaumes a lancé à leur poursuite le colonel-général Sydnam Poyntz avec environ 3 000 cavaliers. Au matin du 24 septembre, Poyntz tombe sur Langdale. Le premier choc tourne à l’avantage des royalistes, mais les assiégeants de Chester, commandés par le colonel Michael Jones, envoient des renforts, dont plusieurs centaines de mousquetaires. Dans l’après-midi, Poyntz reprend l’attaque. Débordée, la cavalerie de Langdale reflue vers la ville, se heurte aux troupes royalistes qui sortaient pour la soutenir, et l’ensemble se disloque sous le feu des mousquetaires parlementaires. Lord Bernard Stewart, cousin du roi, est tué dans la mêlée.
Le roi assiste à la déroute depuis une tour de l’enceinte, connue depuis sous le nom de King Charles’ Tower. Les royalistes perdent environ 600 tués et 800 à 900 prisonniers. Charles quitte Chester avec quelque 2 400 cavaliers, que Poyntz rattrape et détruit à Sherburn-in-Elmet le 15 octobre. Chester, isolée, capitule le 3 février 1646.
24 septembre 1688 : début de la guerre de la Ligue d’Augsbourg.
Le roi fait connaître ses griefs contre l’empereur Léopold Ier dans un Mémoire des raisons. Le même jour, ses troupes passent le Rhin pour investir Philippsbourg. Louis XIV compte sur une guerre courte ; elle durera neuf ans.

La guerre de la Ligue d’Augsbourg porte plusieurs noms : guerre de Neuf Ans, guerre de la Grande Alliance, guerre de la Succession palatine. Son théâtre nord-américain est appelé par l’historiographie anglophone King William’s War.
Les origines. Au sortir de la guerre de Hollande (1672-1678), Louis XIV a étendu ses frontières par la politique des « réunions », sanctionnée par la courte guerre de 1683-1684 et la prise de Luxembourg. La trêve de Ratisbonne, en 1684, lui garantit ces acquis pour vingt ans. En réaction, l’empereur, l’Espagne, la Suède et plusieurs princes allemands forment à Augsbourg, en juillet 1686, une ligue défensive. La révocation de l’édit de Nantes, en 1685, achève de dresser contre la France les puissances protestantes.
L’année 1688 accumule les motifs de rupture. Le roi revendique une partie du Palatinat au nom de sa belle-sœur, la duchesse d’Orléans. À Cologne, son candidat au siège électoral, le cardinal de Fürstenberg, est écarté au profit de Joseph-Clément de Bavière, soutenu par l’empereur et confirmé par le pape Innocent XI, déjà en conflit ouvert avec Versailles. Surtout, le 6 septembre 1688, l’électeur de Bavière prend Belgrade aux Ottomans : la victoire impériale dans les Balkans approche, et Léopold Ier pourra bientôt retourner ses forces vers le Rhin.
Le coup de force. Louis XIV et Louvois choisissent de frapper avant que la coalition ne se forme. Le 24 septembre 1688, le roi publie son manifeste. Il y exige la conversion de la trêve de Ratisbonne en traité définitif et la reconnaissance de Fürstenberg. Le même jour, l’armée franchit le Rhin. Le 27 septembre, une armée de 30 000 à 40 000 hommes, placée sous le commandement nominal du Grand Dauphin, du maréchal de Duras et de Vauban, met le siège devant Philippsbourg, qui capitule fin octobre. Mannheim tombe en novembre. En octobre, Avignon et le Comtat Venaissin sont occupés pour faire pression sur le pape.
Le calcul échoue. Les princes allemands ne cèdent pas. Le 15 novembre 1688, Guillaume d’Orange débarque en Angleterre, et Jacques II s’enfuit en France. Devenu Guillaume III, il fait entrer l’Angleterre dans la coalition, que les Provinces-Unies ont rejointe. La Grande Alliance, conclue en 1689, réunit l’empereur, l’Angleterre, les Provinces-Unies, l’Espagne, la Savoie et la plupart des princes d’Empire.
Une guerre de sièges et d’usure. La France ne dispose d’aucun allié en titre. Elle compte seulement sur la guerre que les Ottomans poursuivent contre l’empereur pour retenir une partie des forces impériales à l’est, et elle soutient les jacobites en Irlande. Au printemps 1689, pour priver l’ennemi de base d’opérations, l’armée française dévaste systématiquement le Palatinat ; Heidelberg, Mannheim, Spire et Worms sont incendiées.
Les combats se concentrent aux frontières du royaume : Pays-Bas espagnols, Rhénanie, Savoie et Piémont, Catalogne. Les sièges dominent (Mons en 1691, Namur en 1692, repris par Guillaume III en 1695, Barcelone en 1697) ; les batailles rangées, moins nombreuses, sont souvent gagnées par les Français : Fleurus et Staffarde en 1690, Steenkerque en 1692, Neerwinden et La Marsaille en 1693. Sur mer, la victoire de Béveziers en 1690 est suivie du revers de Barfleur-La Hougue en 1692. En Irlande, la défaite de Jacques II sur la Boyne, en juillet 1690, ruine la cause jacobite.
À partir de 1693, la famine et l’épuisement des finances frappent la France ; les puissances maritimes sont elles aussi à bout de ressources. La défection de la Savoie, qui traite séparément à Turin en 1696, ouvre la voie à la paix.
Le traité de Ryswick (septembre-octobre 1697) conserve à la France l’Alsace et Strasbourg. Louis XIV restitue en revanche la Lorraine à son duc, ainsi que les places conquises sur la rive droite du Rhin, et reconnaît Guillaume III comme roi d’Angleterre. La question de la succession du roi d’Espagne Charles II, sans héritier, reste entière : elle provoquera la guerre suivante.
24 septembre 1689 : bataille de Niš entre le Saint Empire romain-germanique et les Ottomans.
L’armée impériale de Louis-Guillaume de Bade bat les Ottomans devant Niš, dans le sud de l’actuelle Serbie. La victoire ouvre aux Habsbourg la route des Balkans centraux, mais le terrain gagné sera perdu l’année suivante.
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La bataille appartient à la grande guerre turque, ouverte par l’échec ottoman devant Vienne en 1683. Après la prise de Belgrade par les Impériaux, en septembre 1688, le margrave Louis-Guillaume de Bade-Bade, que ses campagnes contre les Ottomans ont fait surnommer Türkenlouis, pousse vers le sud le long de la Morava. Le 24 septembre 1689, avec environ 16 000 hommes, il attaque près de Niš une armée ottomane nettement plus nombreuse. La manœuvre décisive revient à la milice serbe de Pavle Nestorović, qui déborde l’aile droite ottomane par une hauteur laissée sans défense. Les Ottomans sont battus et les Impériaux occupent la ville.
Le margrave exploite aussitôt son succès vers l’est et obtient la capitulation de Vidin, sur le Danube, le 14 octobre. Il confie au lieutenant-général Enea Silvio Piccolomini (et non Ottavio, comme l’écrit la notice en ligne, mort en 1656) la garde du sandjak de Niš et une expédition vers le Kosovo et la Macédoine, où une partie des populations chrétiennes lui fait bon accueil. Piccolomini atteint Skopje, qu’il fait incendier, avant de mourir de la peste à Prizren le 9 novembre 1689.
L’avancée est trop profonde pour être tenue. L’empereur a dû dégarnir le front des Balkans pour faire face à la France sur le Rhin. En 1690, le grand vizir Köprülü Fazıl Mustafa Pacha lance une contre-offensive qui reprend Niš puis Belgrade. Une partie de la population serbe qui s’était rangée du côté des Impériaux suit leur retraite vers le nord : c’est la « grande migration » de 1690.
24 septembre – 6 octobre 1762 : bataille de Manille entre les Britanniques et les Espagnols.
Pendant la guerre de Sept Ans, une expédition britannique partie de Madras s’empare de Manille, capitale des Philippines espagnoles. La ville est prise, mais les Britanniques ne parviendront jamais à contrôler l’archipel.
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L’Espagne entre en guerre aux côtés de la France en janvier 1762, en vertu du Pacte de famille. Londres décide aussitôt de frapper ses deux grandes places coloniales : La Havane aux Antilles et Manille en Asie. Le projet contre Manille est porté par le colonel William Draper, qui commande le 79e régiment d’infanterie à Madras. La Compagnie anglaise des Indes orientales y voit l’occasion d’obtenir un port d’escale sur la route de la Chine ; elle désigne même par avance un gouverneur civil, Dawsonne Drake.
L’expédition, commandée par Draper, promu brigadier, et par le contre-amiral Samuel Cornish, comprend huit vaisseaux de ligne, trois frégates et des bâtiments de charge. Les troupes de débarquement réunissent le 79e régiment, des artilleurs de la Royal Artillery, des cipayes de la Compagnie, des pionniers indiens et des fusiliers marins. L’historien Nicholas Tracy évalue l’infanterie à environ 1 750 hommes ; d’autres décomptes, qui ajoutent les marins, dépassent 6 000.
En face, la garnison espagnole compte quelque 550 soldats réguliers et quelques centaines de miliciens, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers d’auxiliaires philippins, armés pour la plupart d’arcs et d’armes blanches. Le gouverneur nommé, Francisco de la Torre, n’est pas arrivé : c’est l’archevêque Manuel Rojo del Río y Vieyra qui assure l’intérim, sans expérience militaire. La colonie manque par ailleurs d’artillerie et de navires.
La flotte entre dans la baie de Manille le 24 septembre 1762 et débarque ses troupes sans opposition sérieuse. Une sortie espagnole est repoussée le 26. Les Britanniques installent leurs batteries sous la protection de la flotte ; le 4 octobre, leur bombardement ouvre une brèche dans le bastion de San Diego. Le 5, une attaque de plusieurs centaines de guerriers philippins de la province de Pampanga, appuyée par une sortie de la garnison, est brisée. Le 6 octobre, les assaillants donnent l’assaut par la brèche et entrent dans la ville. Rojo capitule.
Manille est livrée au pillage pendant une quarantaine d’heures. Draper fait exécuter plusieurs soldats pour y mettre fin. Rojo s’engage à verser une rançon de quatre millions de dollars espagnols, qui ne sera jamais payée intégralement. Le port voisin de Cavite est occupé, et la Royal Navy s’empare de deux navires chargés d’argent, le Filipina, venu d’Acapulco, puis le galion Santísima Trinidad, capturé à la fin d’octobre.
La conquête s’arrête là. L’oidor Simón de Anda y Salazar, qui a quitté Manille avant la capitulation, organise la résistance depuis la province de Pampanga et maintient l’autorité espagnole sur le reste de l’archipel. Dans le nord de Luçon, la révolte de Diego Silang, que les Britanniques encouragent, affaiblit l’administration coloniale sans leur profiter. Le traité de Paris, en février 1763, prévoit la restitution de Manille, qui est évacuée au début d’avril 1764.
Pour l’Espagne, l’humiliation est durable : la chute de Manille, suivie de celle de La Havane, révèle la vulnérabilité de ses colonies et entraîne une réorganisation militaire et fiscale des Philippines.

24 septembre 1803 : réorganisation des corps d’infanterie français.
Un arrêté des Consuls réorganise l’infanterie française. Les demi-brigades prennent le nom de régiments et leurs chefs retrouvent le titre de colonel. L’infanterie est fixée à 90 régiments de ligne et 27 régiments d’infanterie légère.
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Les armées de la Révolution avaient procédé à deux amalgames successifs. Le premier, décidé en 1793, fusionnait les bataillons des anciens régiments royaux et ceux des volontaires dans des demi-brigades ; le second, en 1796, remettait de l’ordre dans des corps devenus disparates. Le terme de « régiment », jugé trop attaché à l’Ancien Régime, avait été abandonné.
L’arrêté du 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803) le rétablit. Il fixe l’infanterie de ligne à 90 régiments, dont 19 à 4 bataillons et 71 à 3 bataillons, et l’infanterie légère à 27 régiments, dont 3 à 4 bataillons et 24 à 3. 38 demi-brigades à 2 bataillons sont fusionnées 2 à 2 pour former 19 régiments à 4 bataillons. Les régiments conservent le numéro de la demi-brigade dont ils sont issus ; les numéros libérés par les fusions ne sont pas réattribués. Dans la ligne, vingt et un numéros restent ainsi vacants jusqu’en 1814 : 31, 38, 41, 49, 68, 71, 73, 74, 77, 78, 80, 83, 87, 90, 91, 97, 98, 99, 109 et 110 ; ce qui explique qu’un régiment puisse porter le n° 112 alors que la ligne n’en compte que 90. Le même arrêté rend le titre de colonel aux chefs de brigade.
L’organisation intérieure évolue ensuite. En septembre 1805, une compagnie de voltigeurs est créée dans chaque bataillon. Le décret du 18 février 1808 porte chaque régiment à 5 bataillons : 4 bataillons de guerre de 6 compagnies (1 de grenadiers, 1 de voltigeurs, 4 de fusiliers) et un bataillon de dépôt de quatre compagnies, chargé d’instruire les recrues et d’alimenter les bataillons en campagne. La même année, Napoléon limite à une seule aigle par régiment de ligne, confiée au 1er bataillon.
Les besoins de l’Empire entraînent la création de nouveaux régiments : la ligne atteint le n° 156 et l’infanterie légère le n° 37. Les derniers régiments de ligne, du 135e au 156e, sont formés au début de 1813 à partir des cohortes de gardes nationales levées en 1812. Cette organisation par dispersion explique qu’un même régiment ait pu avoir simultanément des bataillons en Allemagne, en Espagne et au Portugal.
L’ordonnance royale du 12 mai 1814 ramène l’infanterie à 90 régiments de ligne et 15 régiments légers, numérotés cette fois sans interruption.
24-25 septembre 1812 : bataille de Tucumán (Argentine).
La bataille de Tucumán eut lieu près de la ville de San Miguel de Tucumán, au cours des guerres d’indépendance en Amérique du Sud. Les forces républicaines de l’armée du nord, dirigées par le général Manuel Belgrano, y battirent les royalistes commandés par le général Pío de Tristán, arrêtant ainsi la progression de l’armée espagnole en Argentine du nord-ouest et permettant aux troupes argentines, après une nouvelle victoire à Salta, de réaffirmer leur contrôle sur leurs frontières.
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Après la défaite patriote à Huaqui (juin 1811) dans le Haut-Pérou (actuelle Bolivie), les royalistes reprennent le contrôle de la région et menacent le sud. Le Premier Triumvirat de Buenos Aires place Manuel Belgrano à la tête de l’Armée du Nord en février 1812, avec pour mission de contenir l’avance ennemie.
Constatant l’impossibilité de défendre Jujuy, Belgrano ordonne, le 23 août 1812, la retraite générale de la population civile et militaire vers l’intérieur de la province de Tucumán, opération connue sous le nom d’« Éxodo Jujeño ». Cette retraite s’accompagne d’une politique de la terre brûlée : tout ce qui pourrait servir aux royalistes est détruit ou emporté.
Les ordres officiels du Triumvirat prescrivaient à Belgrano de se replier jusqu’à Córdoba. Toutefois, arrivé aux abords de Tucumán le 10 septembre, le général est sollicité par les autorités et la population locales, qui lui offrent hommes, chevaux, vivres et fonds pour qu’il tienne position. Appuyé par ses officiers (notamment Eustoquio Díaz Vélez, Juan Ramón Balcarce et Manuel Dorrego), Belgrano décide de désobéir et de livrer bataille à Tucumán.
Forces en présence
Les estimations varient légèrement selon les sources, mais convergent sur un déséquilibre numérique net :
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Patriotes (Armée du Nord) : entre 1 600 et 1 800 hommes, dont environ 800 fantassins, 1 000 cavaliers (en grande partie des miliciens locaux et des « gauchos ») et 4 pièces d’artillerie.
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Royalistes (Armée royale du Pérou) : environ 3 000 hommes, avec quelque 2 000 fantassins, 1 000 cavaliers et 13 canons.
Le commandant royaliste, Juan Pío de Tristán, ancien condisciple de Belgrano à l’université en Espagne, dispose donc d’un avantage proche du double en effectifs et d’une artillerie nettement supérieure.
Déroulement de la bataille
Dans la matinée du 24 septembre, Tristán fait avancer ses troupes vers Tucumán, en contournant la ville par le sud pour couper une éventuelle retraite patriote vers Santiago del Estero. Selon certaines versions, des champs sont incendiés sur ordre du lieutenant Gregorio Aráoz de Lamadrid pour gêner et désorienter la colonne royaliste.
Belgrano, qui avait initialement disposé ses troupes au nord de la ville, a entre-temps fait pivoter son front vers l’ouest, sur un terrain accidenté connu sous le nom de « Campo de las Carreras », afin de mieux observer et intercepter les mouvements ennemis.
Le dispositif patriote se présente ainsi :
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Cavalerie : 2 ailes, la droite plus fournie sous Balcarce (incluant les milices locales), la gauche sous Díaz Vélez.
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Infanterie : 3 colonnes, respectivement commandées par José Superí (gauche), Ignacio Warnes (centre) et Carlos Forest (droite), appuyées par une section de Dragons.
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Réserve : 1 colonne d’infanterie et de cavalerie sous Manuel Dorrego.
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Artillerie : sous le commandement du baron Eduardo Kaunitz de Holmberg, positionnée entre les colonnes d’infanterie.
L’artillerie patriote ouvre le feu sur les bataillons royalistes Cotabambas et Abancay, qui ripostent par une charge à la baïonnette. Belgrano ordonne alors une contre-charge de l’infanterie de Warnes, soutenue par la réserve de cavalerie du capitaine Antonio Rodríguez, tandis que la cavalerie de Balcarce attaque le flanc gauche royaliste.
La charge de la cavalerie patriote, menée avec vigueur, met en déroute la cavalerie royaliste de Tarija, qui se replie en désordre sur sa propre infanterie, la désorganisant profondément. Une partie importante de la cavalerie gaucha, peu disciplinée, rompt alors les rangs pour s’emparer des mules de ravitaillement et des bagages ennemis (argent, munitions, vivres), privant de facto les royalistes de leurs réserves et quittant le champ de bataille. Seuls les Dragons et la cavalerie régulière de Balcarce maintiennent leur position, mais le désordre est déjà installé dans l’aile gauche royaliste.
Sur l’autre partie du front, la situation est plus critique pour les patriotes : l’avance combinée de la cavalerie et de l’infanterie royalistes est puissante ; le colonel Superí est fait prisonnier, et son bataillon se disperse. La colonne centrale de Warnes et les hommes de Forest parviennent cependant à contenir partiellement la pression, tandis que Dorrego, de sa propre initiative, engage la réserve pour soutenir les lignes en difficulté.
La bataille devient confuse : les commandants ont du mal à avoir une vision d’ensemble, et les décisions sont souvent prises au niveau des officiers subalternes, sur le terrain. Selon plusieurs récits, l’apparition soudaine d’un important essaim de sauterelles, poussé par un fort vent, obscurcit le champ de bataille et ajoute à la confusion, certains soldats croyant même être touchés par des projectiles.
À la fin de la journée du 24, Díaz Vélez, à la tête de l’infanterie restée maîtresse du terrain, parvient à s’emparer du parc d’artillerie et des bagages royalistes abandonnés : 39 chariots chargés d’armes et de munitions, plusieurs canons, ainsi que de nombreux prisonniers et les drapeaux des régiments Cotabambas, Abancay et Real de Lima. Il fait ensuite replier l’infanterie dans la ville, où des fossés et des retranchements ont été préparés, transformant Tucumán en une position difficile à prendre.
Belgrano, de son côté, s’étant retrouvé un temps isolé du champ de bataille principal, regroupe ses forces dispersées dans l’après-midi et la soirée, avant de marcher vers la ville pour faire sa jonction avec Díaz Vélez.
25 septembre : retrait royaliste
Dans la nuit, Tristán, privé d’une grande partie de son artillerie, de ses munitions et de ses vivres, hésite sur la conduite à tenir. Il tente une intimidation, menaçant d’incendier la ville si les patriotes ne se rendent pas. Díaz Vélez répond avec fermeté, indiquant qu’il dispose de centaines de prisonniers royalistes (dont 4 colonels) et qu’il est prêt à les exécuter si la ville est attaquée.
Le 25 au matin, Tristán constate que les troupes de Belgrano sont désormais regroupées et menacent ses arrières. Sommé de se rendre par l’intermédiaire du colonel José Moldes, le commandant royaliste refuse, déclarant que « les armes du roi ne se rendent pas », puis ordonne la retraite vers Salta. Un détachement patriote d’environ 600 hommes, sous les ordres de Díaz Vélez, harcèle l’arrière-garde royaliste durant sa retraite, capturant de nouveaux prisonniers et récupérant d’autres soldats patriotes précédemment faits prisonniers.
Les bilans :
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Patriotes : entre 60 et 80 morts, environ 1200 blessés.
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Royalistes : environ 450 morts, 200 à 350 blessés, et entre 350 et 690 prisonniers (officiers et soldats).
Le matériel capturé par les patriotes est considérable : 13 canons, 358 fusils, 39 chariots, 70 caisses de munitions et 87 tentes, qui équiperont l’Armée du Nord pour la suite de la campagne, notamment lors de la bataille de Salta (20 février 1813).
Sur le plan militaire, Tucumán est la victoire la plus importante remportée par les armées patriotes durant la guerre d’indépendance argentine. Elle stoppe l’avance royaliste vers le nord-ouest et consolide le contrôle des provinces du nord par les révolutionnaires. Si Belgrano avait obéi aux ordres de retraite vers Córdoba, les provinces du nord auraient très probablement été perdues, et les royalistes auraient pu menacer Córdoba, voire Buenos Aires, avec l’appui possible des forces portugaises du Brésil et des royalistes de la Banda Oriental.
Politiquement, la victoire renforce la position des partisans d’une ligne plus ferme face à l’Espagne, et affaiblit le Premier Triumvirat, déjà impopulaire. Trois jours après l’annonce de la victoire à Buenos Aires (début octobre 1812), le Premier Triumvirat est renversé lors d’un coup mené avec l’appui de la Loge Lautaro, à laquelle Belgrano est lié. Le Second Triumvirat qui lui succède honore les combattants de Tucumán par des décorations et l’inscription de leurs noms dans les livres d’honneur des cabildos de Buenos Aires et de Tucumán.
Dimension religieuse et symbolique
La bataille de Tucumán a lieu le 24 septembre, jour de la fête de Notre-Dame de la Merci (Virgen de las Mercedes), déjà patronne de la ville depuis 1687. Belgrano attribue la victoire à l’intercession de la Vierge et, lors d’une messe d’action de grâce le 27 octobre 1812, dépose son bâton de commandement sur la statue de la Vierge, la proclamant « Générale de l’Armée argentine ». Cette dévotion marquée à Notre-Dame de la Merci se renforce durablement dans la mémoire nationale argentine.
Tucumán, avec Salta, reste l’une des seules grandes batailles de plein champ livrées contre les Espagnols sur le territoire argentin. Elle est régulièrement commémorée, notamment pour ses bicentenaire (2012) et au-delà, comme un tournant ayant « sauvé » la révolution de Mai et ouvert la voie à la déclaration d’indépendance de 1816. Un timbre commémoratif est émis en 2012 par la poste argentine pour le bicentenaire de la bataille.casarosada+2

Manuel Belgrano est l’une des figures centrales du processus d’indépendance du Río de la Plata. Avocat de formation, économiste, journaliste, puis militaire et diplomate, il est surtout connu comme créateur du drapeau argentin et commandant de l’Armée du Nord durant les premières campagnes de la guerre d’indépendance.
Manuel José Joaquín del Corazón de Jesús Belgrano naît le 3 juin 1770 à Buenos Aires, alors capitale de la vice-royauté du Pérou (Empire espagnol). Il est l’un des seize enfants de Domingo Belgrano Peri, commerçant d’origine génoise installé à Buenos Aires, et de María Josefa González Casero, d’origine criolla.
Après des études secondaires au Real Colegio de San Carlos, où il étudie le latin, la philosophie et la théologie, il part pour l’Espagne en 1786. Il suit des cours de droit et d’économie politique aux universités de Salamanque et de Valladolid, avant d’obtenir, en 1792, son diplôme d’avocat à l’université de Madrid. Durant cette période, il est témoin des débuts de la Révolution française et s’intéresse aux idées des Lumières, au libéralisme économique et aux réformes administratives, influences qui marqueront son engagement politique ultérieur.
Retour au Río de la Plata : économie, journalisme et politique
De retour à Buenos Aires en 1794, Belgrano est nommé secrétaire du Consulat de Commerce, une institution chargée de régler les litiges commerciaux et de promouvoir le développement économique. Dans cette fonction, il rédige de nombreux rapports et mémoires sur l’agriculture, l’industrie, l’éducation et les infrastructures, défendant des mesures modernisatrices et protectionnistes pour stimuler l’économie locale.
En 1808, il cofonde, avec son cousin Juan José Castelli et d’autres intellectuels, le journal Correo de Comercio, qu’il utilise comme tribune pour diffuser des idées réformistes et autonomistes. Son activité journalistique et son réseau au sein de l’élite criolla le placent au cœur des cercles qui préparent, dans les années suivantes, un changement de régime.
Lors de la Révolution de Mai (mai 1810), qui aboutit à la destitution du vice-roi et à la création de la Première Junte de gouvernement, Belgrano est désigné membre de cet exécutif provisoire. Il y défend une ligne favorable à l’autonomie des provinces du Río de la Plata et à la convocation d’un congrès représentatif, tout en s’opposant aux tentatives de reconquête espagnole.
Engagement militaire : les campagnes du Nord
À partir de 1811, Belgrano se tourne vers le commandement militaire. Nommé à la tête de l’Armée du Nord, il est chargé de contenir les forces royalistes qui, depuis le Haut-Pérou (actuelle Bolivie), menacent les provinces du nord-ouest argentin.
En août 1812, face à l’avance ennemie, il ordonne la retraite stratégique de la population et des troupes depuis Jujuy jusqu’à Tucumán, opération connue sous le nom d’« Éxode Jujeño », accompagnée d’une politique de la terre brûlée pour priver l’adversaire de ressources. Contre les ordres du Premier Triumvirat, qui lui enjoignait de se replier jusqu’à Córdoba, il décide, avec l’appui des autorités et de la population de Tucumán, de livrer bataille.
Les 24 et 25 septembre 1812, à la tête d’une armée inférieure en nombre mais motivée, il remporte la bataille de Tucumán, arrêtant l’avance royaliste et consolidant le contrôle patriote sur le nord-ouest. Le 20 février 1813, il réitère ce succès à la bataille de Salta, où il contraint le général Juan Pío de Tristán à capituler avec une grande partie de ses troupes.
Ces deux victoires sont suivies, en 1813-1814, par deux défaites majeures lors de la seconde campagne au Haut-Pérou : Vilcapugio (1er octobre 1813) et Ayohuma (14 novembre 1813). Ces revers, attribués en partie à des erreurs d’appréciation du terrain et des mouvements ennemis, conduisent à son remplacement à la tête de l’Armée du Nord par José de San Martín, lors de leur célèbre rencontre au « relais de Yatasto » en janvier 1814.
Création du drapeau argentin
En février 1812, alors qu’il commande les batteries d’artillerie chargées de défendre les rives du Paraná contre les incursions royalistes, Belgrano est confronté à l’absence d’emblème distinctif pour ses troupes. Le 27 février 1812, à Rosario, il fait hisser pour la première fois un drapeau aux bandes horizontales bleu ciel et blanc, reprenant les couleurs de la cocarde nationale déjà en usage depuis 1810.
Dans son rapport officiel, il explique : « Comme il fallait faire flotter un drapeau et que je n’en avais pas, j’ai ordonné qu’il soit bleu clair et blanc selon les couleurs de la cocarde nationale. » Le gouvernement de Buenos Aires, encore prudent vis-à-vis de l’Espagne, lui reproche cet acte jugé prématurément indépendantiste, mais Belgrano maintient l’usage du drapeau, qu’il fait bénir à Jujuy le 25 mai 1812.casarosada.
Le drapeau bleu et blanc est officiellement adopté comme symbole national par l’Assemblée de l’an XIII le 25 juillet 1813, puis ratifié par le Congrès de Tucumán le 20 juillet 1816, peu après la déclaration d’indépendance. Le Soleil de Mai y est ajouté en 1818. La date du 27 février est aujourd’hui célébrée comme Jour du Drapeau, et le 20 juin, anniversaire de la mort de Belgrano, est également un jour férié national en son hommage.
Diplomatie, dernières années et mort
Après son retrait du commandement militaire, Belgrano exerce plusieurs fonctions diplomatiques et politiques. Il participe à des missions au Brésil et en Europe, tente de promouvoir la cause indépendantiste et cherche des appuis internationaux pour les provinces du Río de la Plata. Il siège également au Congrès de Tucumán, où il défend l’idée d’une monarchie constitutionnelle dirigée par un prince inca, projet qui ne se concrétise pas.
À partir de 1819, sa santé se dégrade gravement. Atteint d’hydropisie (œdèmes généralisés, probablement liés à une insuffisance cardiaque ou rénale), il retourne à Buenos Aires en novembre 1819, dans un contexte de guerre civile et d’instabilité politique. Ruiné, il meurt dans la pauvreté le 20 juin 1820, à l’âge de 50 ans, dans une ville alors dirigée simultanément par trois gouverneurs rivaux. Selon la tradition, ses derniers mots auraient été : « ¡Ay, patria mía ! » (« Hélas, ma patrie ! »).
Manuel Belgrano est aujourd’hui reconnu comme l’un des principaux « libérateurs » de l’Argentine, aux côtés de José de San Martín et d’autres figures de l’indépendance. Son profil de juriste et d’économiste converti en chef militaire illustre la dimension à la fois intellectuelle et pratique du processus révolutionnaire.
Son héritage est particulièrement associé :
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à la création du drapeau national, symbole central de l’identité argentine ;
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à la défense du nord-ouest argentin et à la victoire de Tucumán, considérée comme ayant « sauvé » la révolution de Mai ;
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à ses idées économiques et éducatives, marquées par le souci de développer les provinces intérieures et de former une élite locale instruite.
De nombreuses villes, avenues, écoles et institutions portent son nom en Argentine, et son effigie figure sur des billets, des timbres et des monuments, dont le Monumento a la Bandera à Rosario, élevé sur les lieux où il hissa pour la première fois le drapeau.

24 septembre 1846 : capitulation de Monterrey.
Après trois jours de combats de rue, le général mexicain Pedro de Ampudia remet Monterrey au général américain Zachary Taylor. L’armistice de 8 semaines qu’il obtient sera désavoué par Washington.
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La guerre entre les États-Unis et le Mexique est déclarée en mai 1846. Après ses victoires de Palo Alto et de Resaca de la Palma, Zachary Taylor franchit le Rio Grande et marche sur Monterrey, capitale du Nuevo León et clé du nord-est mexicain. Il arrive devant la ville le 19 septembre avec environ 6 200 hommes, réguliers, volontaires et Texas Rangers.
Le général Pedro de Ampudia dispose d’environ 7 300 hommes. Il a choisi de défendre la ville malgré l’ordre de Santa Anna de se replier sur Saltillo. Monterrey est protégée par une citadelle au nord, des redoutes et des forts établis sur les hauteurs à l’ouest.
Taylor divise ses forces. Le 21 septembre, la division du général William Worth contourne la ville par l’ouest, coupe la route de Saltillo et enlève les positions des hauteurs. À l’est, les attaques menées par Taylor lui-même coûtent cher et progressent lentement. Le 23, les Américains pénètrent dans la ville des deux côtés et avancent maison par maison, perçant les murs pour éviter les rues battues par le feu. Les Mexicains sont refoulés vers la place centrale, bombardée par l’artillerie.
Le 24 septembre, Ampudia propose de rendre la ville. Une commission mixte en fixe les conditions : les troupes mexicaines se retirent avec leurs armes individuelles et une batterie de six pièces, la citadelle est remise immédiatement, et les deux armées observent un armistice de 8 semaines. Les pertes américaines s’élèvent à 120 tués, 368 blessés et 43 disparus ; Ampudia déclare 367 tués et blessés, chiffre probablement sous-estimé.
Le président James Polk, qui voit en Taylor un rival politique, juge l’accord trop généreux et le dénonce. Il confie ensuite l’essentiel des forces de Taylor à Winfield Scott, chargé de débarquer à Veracruz et de marcher sur Mexico. Les combats de Monterrey restent l’un des premiers exemples, dans l’histoire militaire américaine, de combat urbain mené de façon systématique.
24 septembre 1853 : la Nouvelle-Calédonie est proclamée colonie française.
La Nouvelle-Calédonie est proclamée colonie française à Balade le par le contre-amiral Febvrier Despointes ; le 29 septembre, il négocie l’annexion de l’île des Pins avec le grand chef Vendégou. La Nouvelle-Calédonie devient le troisième élément des Établissements français du Pacifique qui comprennent le royaume de Tahiti (dynastie des Pomaré), protectorat français depuis 1842, et les îles Marquises, colonie depuis 1842 ; la Nouvelle-Calédonie se trouve sous la responsabilité du Commissaire impérial, responsable du protectorat sur Tahiti.
Louis-Marie-François Tardy de Montravel établit un code en 1854, visant à faire renoncer les chefs de tribus à leurs comportements coutumiers, dont celui de rendre la justice. On conserve le Code de la tribu de Pouma, promulgué le , signé par le chef de la tribu, Philippo Bouéone. Des actes équivalents sont signés par les chefs des tribus de Muélébé (Pouébo), Hienghène, Canala, Kouaoua, Nouméa, Morare (Gérald Genest). Il est vite oublié.
Le , les militaires français fondent, au sud-ouest de la Grande Terre, Port-de-France pour servir de chef-lieu à la colonie, simple garnison qui va devenir rapidement une petite ville et prend le nom de Nouméa le .

24 septembre 1877 : bataille de Shiroyama (Japon).
Encerclés sur une colline dominant Kagoshima, les derniers partisans de Saigō Takamori sont anéantis par l’armée impériale japonaise. La mort de Saigō clôt la dernière grande révolte armée contre le gouvernement de Meiji.
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La rébellion de Satsuma éclate en janvier 1877. Elle réunit d’anciens samouraïs du domaine de Satsuma, dans le sud de Kyūshū, hostiles aux réformes qui ont supprimé leurs privilèges et remplacé leur fonction militaire par une armée de conscription. Leur chef, Saigō Takamori, a été l’un des artisans de la restauration de 1868 avant de rompre avec le gouvernement.
La révolte échoue devant le château de Kumamoto, dont la garnison résiste de février à avril. Repoussés vers le sud, les rebelles subissent une série de défaites et se dispersent. Avec quelques centaines d’hommes, Saigō rentre à Kagoshima, sa ville natale, et s’établit le 1er septembre sur la colline de Shiroyama, qui la domine.
L’armée impériale, commandée par le général Yamagata Aritomo, assistée de l’infanterie de marine de l’amiral Kawamura Sumiyoshi, réunit environ 30 000 hommes. Yamagata, que les rebelles ont plusieurs fois surpris, ne laisse rien au hasard : il fait entourer la colline de tranchées et d’obstacles pour interdire toute fuite, tandis que l’artillerie et les navires de guerre mouillés dans la baie pilonnent les positions. Les défenseurs, qui ne sont plus que 300 à 500, manquent de tout ; ils fondent des objets métalliques pour couler des balles. Une offre de reddition adressée à Saigō reste sans réponse.
L’assaut est donné dans la nuit du 23 au 24 septembre, après un bombardement intense, et attaque la colline de tous côtés à la fois. Les consignes interdisent aux unités de se porter secours sans ordre, afin qu’aucune brèche ne s’ouvre dans l’encerclement. Les rebelles chargent au sabre et désorganisent un moment les premières lignes, composées de conscrits peu entraînés au corps à corps, avant d’être submergés. Au lever du jour, il ne reste qu’une quarantaine de survivants.
Saigō est grièvement blessé par balle. Les circonstances de sa mort restent discutées : selon la tradition, son compagnon Beppu Shinsuke l’aide à accomplir le suicide rituel et lui tranche la tête ; d’autres témoignages indiquent qu’il meurt de ses blessures avant d’avoir pu le faire, et que la décapitation vise seulement à soustraire sa tête à l’ennemi. Ses derniers fidèles chargent ensuite jusqu’à la mort.
La victoire consacre l’armée de conscription et le monopole de la force par l’État central. Saigō devient pourtant une figure populaire : il est gracié à titre posthume par l’empereur en février 1889, et une statue lui est élevée dans le parc d’Ueno, à Tokyo.
NOTA : Le film Le Dernier Samouraï (2003) emprunte à la fois à la rébellion de Satsuma et à l’histoire du capitaine d’artillerie français Jules Brunet, membre de la mission militaire française au Japon, qui avait choisi en 1868 de rester aux côtés des partisans du shogun pendant la guerre de Boshin, soit neuf ans plus tôt. Brunet n’a joué aucun rôle en 1877.

12 août 1911 : mort du général de division Jules Brunet – le véritable « dernier Samouraï ».
24 septembre 1888 : lancement du sous-marin Gymnote.
Le Gymnote est le premier sous-marin inscrit sur la liste de la flotte française. Propulsé par un moteur électrique, il sert pendant près de 20 ans de banc d’essai à la Marine et prépare la création d’une flotte sous-marine.
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La construction du Gymnote est décidée par l’amiral Aube, ministre de la Marine de 1886 à 1887 et chef de file de la « Jeune École », qui mise sur les petites unités torpilleuses pour contrer la supériorité britannique en cuirassés. Le projet repose sur les études de l’ingénieur Henri Dupuy de Lôme, mort en 1885, et sur les plans de l’ingénieur du génie maritime Gustave Zédé. Arthur Krebs, officier de sapeurs-pompiers de Paris connu pour le moteur du dirigeable La France en 1884, conçoit la partie électrique ; l’ingénieur Gaston Romazzotti, gendre de Zédé, dirige les travaux.
La quille est posée le 20 avril 1887 au Mourillon, à Toulon. Le bâtiment est inscrit sur la liste de la flotte le 30 janvier 1888, sous l’appellation de « bateau sous-marin », et lancé le 24 septembre 1888. Il effectue sa première sortie le 17 novembre suivant, avec Zédé et Romazzotti à bord.
Le Gymnote est un fuseau d’acier d’environ 17 m de long pour 1,80 m de diamètre et une trentaine de tonnes. 5 hommes le manœuvrent. Un moteur électrique Krebs, d’une puissance de 50 à 60 cv selon les sources, est alimenté par une batterie de 564 accumulateurs Commelin et Desmazures. Il atteint près de 8 nœuds en surface et environ 4 en plongée. Krebs le dote d’un périscope et d’un compas gyroscopique électrique, deux équipements appelés à devenir indispensables.
Le bâtiment n’a rien d’une arme de guerre à son lancement. Il sert à étudier la stabilité en plongée, la conduite en immersion et, plus tard, le lancement de torpilles. Le moteur est remplacé par un moteur Sautter-Harlé de 90 chevaux, et la batterie est changée à plusieurs reprises, en 1894 puis à la fin des années 1890. Il effectue près de 2 000 plongées avant d’être retiré du service en 1908.
Gustave Zédé meurt le 26 avril 1891 des suites d’un accident de laboratoire. Le sous-marin suivant, la Sirène, lancé en 1893, reçoit son nom. En 1899, le Narval de l’ingénieur Maxime Laubeuf, à double coque et à propulsion mixte, marque l’étape suivante.
Le Gymnote n’est pas seul en 1888 : en Espagne, le sous-marin électrique d’Isaac Peral est lancé à Carthagène le 8 septembre, deux semaines plus tôt. La Marine espagnole abandonnera ce programme ; la Marine française, elle, poursuivra le sien.


24 septembre 1914 : Maurice Genevoix est blessé (Les Eparges).
Normalien, mobilisé en août 1914 comme sous-lieutenant au 106e régiment d’infanterie (12e division, 3e armée), Maurice Genevoix fait la retraite puis la bataille de la Marne. À partir du 21 septembre, son régiment se regroupe à Rupt-en-Woëvre, sur les Hauts de Meuse, où les Allemands tentent d’élargir la brèche qu’ils ouvriront à Saint-Mihiel.
Le 24 septembre, l’ennemi attaque dans les bois qui bordent la tranchée de Calonne, la route forestière reliant Verdun aux Éparges. Au plus fort de la fusillade, Genevoix est frappé au ventre. Il se croit touché à mort, ouvre ses vêtements pour chercher la plaie, et comprend que la balle a arraché un bouton de sa capote avant d’être arrêtée par son ceinturon de cuir. Il en est quitte pour une ecchymose. L’assaut allemand est repoussé.
L’épisode figure dans Sous Verdun (1916), premier volume de ses souvenirs de guerre repris dans Ceux de 14 (1949). Il y revient, près de 60 ans plus tard, dans La Mort de près (1972), où il analyse la sensation d’être tué. La capote trouée l’accompagnera jusqu’à son évacuation.
Promu lieutenant, Genevoix se bat aux Éparges de février à avril 1915, où son ami Robert Porchon est tué. Le 25 avril 1915, près de la tranchée de Calonne, il est atteint de trois balles, dont deux au bras gauche et une à la poitrine. Grièvement blessé, il restera mutilé du bras gauche et sera réformé. Il est entré au Panthéon le 11 novembre 2020.

Nuit du 23 au 24 septembre 1916 : raid de Zeppelin sur l’Angleterre, deux dirigeables perdus.
Douze dirigeables de la marine allemande partent bombarder l’Angleterre, dont les quatre nouveaux « super-Zeppelin » de la classe R. Deux ne reviennent pas : le L 32 est abattu en flammes par un chasseur, le L 33, touché par l’artillerie antiaérienne, s’échoue en Essex. Pour la première fois, les Britanniques peuvent examiner presque intact un dirigeable du dernier modèle.
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À l’été 1916, la division aéronavale de la Kaiserliche Marine, commandée par le Fregattenkapitän Peter Strasser, reçoit ses premiers dirigeables de la classe R. Longs de près de 200 m, gonflés à 55 000 m3 d’hydrogène, ils peuvent emporter plus de 4 tonnes de bombes et monter au-delà de 4 000 m. Strasser compte sur eux pour reprendre l’offensive contre Londres.
Le moment est défavorable. La défense aérienne britannique s’est réorganisée : projecteurs, pièces antiaériennes et escadrilles de défense du territoire, dont le 39th Squadron, basé autour de Londres. Surtout, ses avions tirent désormais un mélange de munitions explosives Brock et Pomeroy et de balles incendiaires Buckingham, capables d’enflammer l’hydrogène. Dans la nuit du 2 au 3 septembre, le lieutenant William Leefe Robinson a abattu par ce moyen le dirigeable de l’armée SL 11 au-dessus de Cuffley.
Le 23 septembre 1916, douze Zeppelin de la marine décollent de leurs bases d’Allemagne du Nord. Les huit plus anciens visent les Midlands et le Lincolnshire ; deux font demi-tour. Les quatre de la classe R, L 30, L 31, L 32 et L 33, ont Londres pour objectif ; le L 30 ne semble pas avoir pénétré au-dessus des terres. Le L 31 du Kapitänleutnant Heinrich Mathy bombarde le sud de Londres, Streatham, Brixton et Kennington, puis Leyton, et rentre sans dommage.
Le L 33 (numéro de construction LZ 76), du Kapitänleutnant Alois Böcker, arrive par l’estuaire de la Tamise et bombarde l’est de Londres, dans les quartiers de West Ham et de Stratford. Peu après minuit, un obus antiaérien perce une de ses cellules à gaz. Le sous-lieutenant Alfred de Bathe Brandon, du 39th Squadron, l’attaque ensuite, sans parvenir à l’enflammer. Perdant son hydrogène, le dirigeable jette tout ce qui peut l’alléger. Böcker comprend qu’il ne pourra pas traverser la mer du Nord et se pose peu après 1 heure du matin près de Little Wigborough, en Essex. L’équipage, 22 hommes, met le feu à l’enveloppe, puis se rend à un policier local. L’incendie ne détruit pas la carcasse : les ingénieurs britanniques en relèvent les plans, qui serviront à la conception des dirigeables R33 et R34.
Le L 32 (LZ 74), commandé par Werner Peterson, arrive par le sud, au-dessus du Kent, puis franchit la Tamise vers l’Essex. Le sous-lieutenant Frederick Sowrey, du 39th Squadron, a décollé de Sutton’s Farm vers 23 h 30 à bord d’un biplan Royal Aircraft Factory B.E.2c. Il repère le dirigeable, pris dans les projecteurs, et tire 3 chargeurs de munitions incendiaires dans son ventre. Vers 01 h 10, le Zeppelin prend feu et tombe à Snail’s Hall Farm, à Great Burstead, près de Billericay. Les 22 membres d’équipage sont tués.
Les bombes de la nuit ont tué 40 personnes et en ont blessé environ 130, en particulier à Streatham, Brixton, Leyton et Nottingham. Les morts du L 32 sont inhumés à Great Burstead le 27 septembre ; leurs restes seront transférés en 1966 au cimetière militaire allemand de Cannock Chase. Moins de deux semaines plus tard, dans la nuit du 1er au 2 octobre, Mathy et le L 31 seront abattus à leur tour à Potters Bar. Sowrey reçoit la Distinguished Service Order.

24 septembre 1940 : deuxième journée de l’attaque de Dakar et bombardement de Gibraltar par l’aviation de Vichy.
Devant Dakar, l’escadre britannique qui accompagne les Français libres du général de Gaulle poursuit son duel d’artillerie avec les défenses de Vichy. En représailles, plusieurs dizaines de bombardiers français partis d’Afrique du Nord attaquent Gibraltar.
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L’opération Menace vise à rallier l’Afrique-Occidentale française à la France libre en s’emparant de Dakar, son port principal, où se trouve le cuirassé Richelieu, inachevé mais armé. L’escadre britannique de l’amiral John Cunningham, forte notamment de deux cuirassés, d’un porte-avions et de plusieurs croiseurs, transporte les troupes françaises libres. Le 23 septembre, les émissaires gaullistes sont accueillis à coups de feu, et une tentative de débarquement à Rufisque échoue dans le brouillard. De Gaulle y renonce pour ne pas faire couler le sang français.
Le 24 septembre, les Britanniques changent de méthode et cherchent à réduire les défenses par la force. Au petit matin, des bombardiers en piqué Skua et des Swordfish du porte-avions Ark Royal attaquent le Richelieu et les batteries côtières, sans grands résultats. Les cuirassés Barham et Resolution ouvrent le feu à longue distance ; le Richelieu est atteint, mais une partie de son équipage sert les batteries de côte et répond avec efficacité. Le sous-marin vichyste Ajax, contraint de faire surface par le destroyer HMS Fortune, est sabordé par son équipage, recueilli par les Britanniques ; la plupart des chronologies placent sa perte ce jour-là, certaines la veille.
Le même jour, le gouvernement de Vichy riposte en ouvrant un second front. Une soixantaine de bombardiers de l’armée de l’air et de l’aéronavale, partis d’Oran, de Tafaraoui, de Meknès, de Médiouna et de Port-Lyautey, attaquent la base britannique de Gibraltar. Le raid est renouvelé le lendemain avec des effectifs plus importants. Les dégâts sont réels, les pertes humaines limitées. Pour Vichy, il s’agit de démontrer que la neutralité de l’empire n’est pas une faiblesse.
Le 25 septembre, le Resolution est torpillé par le sous-marin Bévéziers et doit être remorqué jusqu’au Cap. Devant la résistance rencontrée, Londres met fin à l’opération. L’échec de Dakar retarde de deux ans le ralliement de l’AOF, qui n’interviendra qu’après le débarquement allié en Afrique du Nord, en novembre 1942. Il pèse aussi sur la crédibilité de De Gaulle auprès des Britanniques. Côté français, les combats ont fait environ 100 tués et 180 blessés militaires, ainsi que 84 morts civils.
24 septembre 1941 : création du Comité national français.
À Londres, le général de Gaulle institue par ordonnance le Comité national français, organe collégial chargé de diriger la France libre. Les commissaires nationaux y exercent l’équivalent de fonctions ministérielles.
Au cours de l’été 1941, la France libre dispose de territoires en Afrique équatoriale, au Cameroun et dans le Pacifique, de forces engagées en Érythrée, en Libye et au Levant, mais d’aucune institution comparable à un gouvernement. Le Conseil de défense de l’Empire, créé en octobre 1940, n’a qu’un rôle consultatif. Les Britanniques, avec lesquels les frictions se multiplient après la campagne de Syrie, souhaitent de leur côté que l’autorité du général soit encadrée par une direction collégiale.
L’ordonnance du 24 septembre 1941 crée le Comité national français, présidé par de Gaulle. Il compte 8 commissaires nationaux, 4 civils et 4 militaires : René Pleven (Économie, Finances et Colonies, chargé de la coordination), Maurice Dejean (Affaires étrangères), René Cassin (Justice et Instruction publique), André Diethelm (Intérieur, Travail et Information), le général Legentilhomme (Guerre), le vice-amiral Muselier (Marine et Marine marchande), le général Valin (Air) et le capitaine de vaisseau Thierry d’Argenlieu, sans département. Muselier, qui aurait voulu réduire de Gaulle à une présidence honorifique, avait menacé à la veille de la décision de détacher la marine de la France libre ; il s’incline, puis quitte le Comité en mars 1942.
Le Comité est reconnu par les puissances alliées comme représentant de la France combattante. Il devient, après la fusion avec le commandement civil et militaire d’Alger, le Comité français de la Libération nationale, en juin 1943, puis le Gouvernement provisoire de la République française en juin 1944.
24 septembre 1952 : disparition du sous-marin La Sibylle.
En exercice avec l’escorteur Touareg, le sous-marin Sibylle plonge au large de la côte varoise et ne refait jamais surface. Ses 48 hommes disparaissent avec lui par quelque 700 m de fond.
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La Sibylle est l’ancien HMS Sportsman (P229), sous-marin britannique de la troisième série de la classe S, conçue pour les mers resserrées de la mer du Nord et de la Méditerranée. Il opère en Méditerranée pendant la guerre. Le 8 février 1944, au large de la Crète, il torpille le cargo Petrella, qui transporte plus de 3 000 prisonniers de guerre italiens aux mains des Allemands ; environ 2 670 d’entre eux périssent.
Placé en réserve après la guerre, le Sportsman fait partie des quatre sous-marins de la classe S que la Royal Navy accepte en 1951 de prêter à la Marine nationale pour 4 ans, avec les futurs Sultane, Saphir et Sirène. Il est remis à la France en 1952 et arrive à Toulon le 8 août. Destiné à l’entraînement des escorteurs du Groupe d’action anti-sous-marine, il a été désarmé de son canon et ses tubes lance-torpilles ont été condamnés ; il a reçu un schnorchel.
Le 24 septembre 1952, il appareille de nuit de Toulon pour retrouver l’escorteur Touareg, ancien destroyer d’escorte américain, au sud du cap Camarat. L’exercice consiste à attaquer un sous-marin évoluant à une immersion minimale de 30 m et changeant de route de 30 degrés toutes les 10 minutes. La Sibylle plonge à 07 h 43. Elle est « attaquée » une première fois à 07 h 52. Lors de la seconde passe, à 08 h 02, le contact sonar est perdu à 270 m, peu avant que l’escorteur ne passe à sa verticale. À 08 h 15, la bouée de sécurité du sous-marin est repérée ; le câble qui la reliait à la coque est rompu.
Une nappe de gazole et divers débris apparaissent à environ six milles à l’est du cap Camarat, à l’emplacement du dernier contact. Le fond y dépasse 700 mètres : aucun secours n’est possible, et la Royal Navy propose en vain son concours aux recherches.
Le commandant, le lieutenant de vaisseau Gustave Curot, disparaît avec 47 hommes : 4 officiers et 43 officiers mariniers, quartiers-maîtres et matelots. La commission d’enquête retient trois éléments : certaines dispositions du matériel pouvaient prêter à de fausses manœuvres, une défaillance matérielle pouvait expliquer l’une d’elles, et la présence de l’escorteur à proximité immédiate a pu empêcher le sous-marin de faire surface en urgence. L’équipage est cité à l’ordre de la Marine le 21 octobre 1952. Un service est célébré à Saint-Louis des Invalides le 24 octobre. La France indemnise le Royaume-Uni pour la perte du bâtiment prêté.

| Équipage | 48 |
|---|---|
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 66,1 m |
| Maître-bau | 7,24 m |
| Tirant d’eau | 4,22 m |
| Déplacement | surface : 842 tonnes plongée : 990 t |
| Propulsion | 2 moteurs Diesel Admiralty 2 moteurs électriques |
| Puissance | Diesel : 1 900 ch électrique : 1 300 ch |
| Vitesse | surface : 15 nœuds plongée : 10 nœuds |
| Profondeur | 95 m |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | (d’origine) 6 tubes lance-torpilles de 533 mm (13 torpilles et 12 mines) 1 canon de pont de 20 mm Oerlikon 3 mitrailleuses de 7,7 mm |
| Rayon d’action | 6 000 milles marins (11 112 km) à 10 nœuds (67-92 tonnes de fioul) |
24 septembre 1957 : arrestation de Yacef Saadi (Alger).
Au terme d’une opération nocturne, les légionnaires du 1er REP capturent le chef de la Zone autonome d’Alger du FLN et sa collaboratrice Zohra Drif au 3, rue Caton. L’arrestation est le fruit du travail de renseignement conduit par les officiers du colonel Godard.
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Au début de 1957, la 10e division parachutiste du général Massu reçoit les pouvoirs de police dans l’agglomération d’Alger pour mettre fin à la campagne d’attentats menée par le FLN. Les premiers mois de la « bataille d’Alger » aboutissent à l’arrestation de Larbi Ben M’hidi, le 23 février 1957, puis à son exécution sommaire dans la nuit du 3 au 4 mars. Abane Ramdane et Krim Belkacem quittent la ville. Ces résultats sont obtenus au prix d’un recours à la torture, que dénoncent dès cette époque des responsables civils et militaires.
Yacef Saâdi prend la tête de la Zone autonome d’Alger. Avec une organisation resserrée, où figurent Zohra Drif, Ali la Pointe, Hassiba Ben Bouali et le « Petit Omar », il relance les attentats au printemps et à l’été 1957.
Le colonel Yves Godard, qui commande le secteur Alger-Sahel, change alors de méthode. Le capitaine Paul-Alain Léger constitue un groupe de militants du FLN retournés, les « bleus de chauffe », qui infiltrent les réseaux et remontent les filières de courrier jusqu’aux responsables. Plusieurs jours de surveillance permettent de localiser la cache de Yacef Saâdi.
Le 24 septembre, vers 2 h 30, les légionnaires du 1er régiment étranger de parachutistes du colonel Pierre Jeanpierre et les hommes de Léger bouclent la rue Caton et pénètrent au n° 3. Yacef Saâdi et Zohra Drif se sont enfermés dans un réduit aménagé derrière une cloison de la salle de bains. Découverts, ils résistent : une grenade lancée dans le couloir blesse le colonel Jeanpierre et l’adjudant-chef Tasnady. Après plusieurs heures de négociation, les deux militants brûlent une partie de leurs documents, jettent leurs armes et se rendent au colonel Godard vers 6 heures. Ils sont présentés à la presse à El-Biar, au poste de commandement du 1er REP.
Le 8 octobre, cernés dans une autre maison de la Casbah, Ali la Pointe, Hassiba Ben Bouali, le Petit Omar et Mahmoud Bouhamidi refusent de se rendre ; la charge posée pour ouvrir leur cache les tue. La Zone autonome d’Alger est démantelée. Condamné à mort par la justice militaire, Yacef Saâdi est gracié puis libéré en 1962 ; il produira en 1966 le film La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo, dans lequel il joue son propre rôle. Le rôle qu’il aurait joué dans le démantèlement de son réseau après sa capture reste débattu depuis l’ouverture de certaines archives.

24 septembre 1957 : Eisenhower envoie la 101e division aéroportée à Little Rock.
Le président des États-Unis fédéralise la garde nationale de l’Arkansas et déploie un millier de parachutistes pour faire appliquer une décision de justice imposant la déségrégation d’un lycée. C’est la première fois depuis la fin de la Reconstruction que l’armée fédérale est engagée dans un État du Sud pour un tel motif.
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En 1954, l’arrêt Brown v. Board of Education de la Cour suprême déclare inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques. À la rentrée de 1957, neuf élèves noirs doivent intégrer le lycée central de Little Rock, en Arkansas. Le 2 septembre, le gouverneur Orval Faubus déploie la garde nationale de l’État pour leur interdire l’entrée, au motif de prévenir des troubles. Un juge fédéral déclare cette mesure illégale et Faubus retire la garde, mais le 23 septembre une foule hostile entoure l’établissement et la police doit exfiltrer les élèves.
Le 24 septembre, Dwight Eisenhower, ancien commandant suprême des forces alliées en Europe, signe l’ordre exécutif 10730. Il place sous autorité fédérale les quelque 10 000 hommes de la garde nationale de l’Arkansas, soustrayant ainsi au gouverneur son instrument militaire, et fait intervenir l’armée d’active. Dans les heures qui suivent, environ un millier de parachutistes du 327e groupement de combat aéroporté de la 101e division aéroportée sont transportés par air de Fort Campbell, dans le Kentucky, à Little Rock. Le général Edwin Walker prend le commandement de l’opération. Le soir même, le président explique à la télévision qu’il agit pour faire respecter les décisions des tribunaux fédéraux.
Le 25 septembre, les neuf élèves entrent au lycée sous escorte militaire, chacun accompagné individuellement par un soldat. Les parachutistes sont progressivement relevés par les gardes nationaux fédéralisés, dont une partie restera en service jusqu’en mai 1958.
24 septembre 1960 : lancement de l’USS Enterprise, premier porte-avions à propulsion nucléaire.
Aux chantiers de Newport News, en Virginie, l’US Navy lance le plus grand navire de guerre construit jusqu’alors. Ses 8 réacteurs lui donnent une autonomie sans commune mesure avec celle des porte-avions classiques.
La quille de l’Enterprise (CVAN-65, puis CVN-65) est posée le 4 février 1958. Le bâtiment est lancé et baptisé le 24 septembre 1960 par l’épouse de l’ancien secrétaire à la Marine William B. Franke, et admis au service actif le 25 novembre 1961. Il porte le nom du porte-avions le plus décoré de la guerre du Pacifique.
Long de 332 m à l’origine, d’un déplacement de près de 95 000 tonnes à pleine charge, il est propulsé par 8 réacteurs Westinghouse A2W alimentant 4 groupes de turbines, pour une puissance d’environ 280 000 cv et une vitesse dépassant 33 nœuds. Il n’a pas besoin de ravitaillement en combustible pour sa propre propulsion pendant des années, ce qui libère la capacité de ses soutes au profit du carburant aviation et des munitions. Son coût, de l’ordre de 450 millions de dollars, conduit à annuler les 5 autres unités prévues de la même classe ; il faudra attendre la classe Nimitz, dans les années 1970, pour que la propulsion nucléaire devienne la norme des porte-avions américains.
L’Enterprise participe au blocus de Cuba en octobre 1962. En 1964, avec le croiseur Long Beach et la frégate Bainbridge, il accomplit un tour du monde sans ravitaillement, l’opération Sea Orbit. À partir de décembre 1965, il est le premier porte-avions nucléaire engagé au combat, au large du Viêt Nam. Retiré du service actif en décembre 2012 après plus de 50 ans de carrière, il est officiellement désarmé en février 2017.

24 septembre 1966 : Marina Solovieva bat le record féminin de vitesse sur E-76 (MiG-PF)
La pilote soviétique Marina Solovieva porte le record du monde féminin de vitesse sur circuit fermé à plus de 2 000 km/h. Elle vole sur l’E-76, désignation donnée à la FAI pour un MiG-21PF de série légèrement modifié.
Au début des années 1960, l’URSS utilise les records aériens comme vitrine technique et politique. Le bureau d’études Mikoyan-Gourevitch fait homologuer par la Fédération aéronautique internationale (FAI) des performances réalisées sur des chasseurs de série ou de présérie. Il les déclare sous des désignations de convention, E-66, E-76 ou E-166, qui ne révèlent rien de l’appareil réellement utilisé. En 1960 et 1961, Konstantin Kokkinaki et Gueorgui Mossolov avaient ainsi établi des records de vitesse et d’altitude sur l’E-66, un prototype de la famille MiG-21.
Au milieu de la décennie, le bureau d’études confie une série de records féminins à des pilotes d’essai et à des aviatrices sportives. Le 24 septembre 1966, Marina Solovieva pilote l’E-76 et atteint environ 2 044 km/h (1 104 nœuds, 1 270 mph), un nouveau record féminin de vitesse. L’appareil est un MiG-21PF, version d’interception tous temps dotée d’un radar, allégé pour l’occasion. Il est propulsé par un turboréacteur Toumanski R-11F2-300 à postcombustion.
Dans les semaines et les mois suivants, d’autres records suivent sur la même machine. Le 11 octobre 1966, Ievguenia Martova réalise 900 km/h sur circuit fermé de 2 000 km. Le 28 mars 1967, Lidia Zaïtseva atteint environ 1 298 km/h sur 1 000 km.
Ces records féminins ont été battus depuis. En 1975, la pilote d’essai Svetlana Savitskaïa, future cosmonaute, dépasse les 2 600 km/h sur un E-133, désignation de convention d’un MiG-25.

24 septembre 1973 : le PAIGC proclame l’indépendance de la Guinée-Bissau.
Réunie dans la région du Boé, zone libérée du sud-est de la Guinée portugaise, l’Assemblée nationale populaire élue par le PAIGC proclame l’indépendance du pays sans attendre l’accord de Lisbonne. Une large majorité des États membres de l’ONU la reconnaîtra en quelques semaines.
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Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) est fondé clandestinement en 1956 par Amílcar Cabral. Après la répression sanglante de la grève des dockers de Bissau, en août 1959, il opte pour la lutte armée, qu’il déclenche en janvier 1963. La guerre qui s’ensuit est pour le Portugal la plus difficile de ses trois guerres coloniales africaines : sur un territoire de marécages, de rivières et de forêts, frontalier de la Guinée de Sékou Touré et du Sénégal qui servent de base arrière, le PAIGC étend progressivement son contrôle sur les campagnes.
Le Boé, dans le sud-est, en fournit un exemple. Le 6 février 1969, l’armée portugaise évacue la garnison de Madina do Boé ; lors du franchissement du fleuve Corubal, un radeau surchargé chavire et 47 soldats portugais se noient. La région devient une zone libérée.
Le général António de Spínola, gouverneur et commandant en chef de 1968 à 1973, combine opérations militaires, action psychologique et programme de développement, sans inverser la tendance. Le 20 janvier 1973, Cabral est assassiné à Conakry par des membres de son propre mouvement. La lutte se poursuit sous la direction d’Aristides Pereira. À partir de mars 1973, le PAIGC emploie des missiles sol-air portables soviétiques Strela-2, qui abattent plusieurs avions portugais et privent Lisbonne de la liberté d’action aérienne dont elle disposait.
Fort de ses élections organisées dans les zones libérées en 1972, le PAIGC réunit son Assemblée nationale populaire dans le Boé et proclame le 24 septembre 1973 la République de Guinée-Bissau. Luís Cabral, demi-frère d’Amílcar, en devient le président. Les sources situent la cérémonie à Madina do Boé ; certains témoignages la placent dans un autre lieu de la même région, le site exact ayant été tenu secret par crainte des frappes aériennes portugaises.
Le 2 novembre 1973, l’Assemblée générale des Nations unies adopte par 93 voix contre 7 une résolution qui salue l’accession du nouvel État à l’indépendance et condamne l’occupation portugaise d’une partie de son territoire. Le conflit guinéen pèse lourdement sur l’armée portugaise : nombre des officiers du Mouvement des forces armées, qui renversent l’Estado Novo le 25 avril 1974, ont servi en Guinée. Le Portugal reconnaît l’indépendance le 10 septembre 1974. Le 24 septembre est aujourd’hui la fête nationale de la Guinée-Bissau.
24 septembre 1976 : Ian Smith accepte le principe d’un gouvernement de la majorité noire en Rhodésie.
Dans une allocution radiotélévisée, le Premier ministre rhodésien annonce qu’il accepte les propositions de Henry Kissinger : un gouvernement de la majorité dans un délai de deux ans. La guerre du bush continuera pourtant jusqu’en 1979.
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Depuis sa déclaration unilatérale d’indépendance de 1965, la Rhodésie du Sud, dirigée par la minorité blanche, n’est reconnue par aucun État et fait l’objet de sanctions de l’ONU. À partir de 1972, la guérilla des mouvements nationalistes s’intensifie : la ZANLA, branche armée de la ZANU de Robert Mugabe, opère depuis le Mozambique, la ZIPRA de Joshua Nkomo depuis la Zambie.
L’année 1976 aggrave la situation militaire du régime. Indépendant depuis 1975, le Mozambique ferme sa frontière en mars et accueille les camps de la ZANLA. En août, les Selous Scouts attaquent le camp de Nyadzonya, au Mozambique, et tuent plusieurs centaines de personnes. Surtout, l’Afrique du Sud de John Vorster, principal soutien du régime, souhaite une solution négociée pour stabiliser la région après l’intervention cubaine en Angola ; elle retire ses équipages d’hélicoptères et resserre la pression logistique.
Le secrétaire d’État américain Henry Kissinger, soucieux d’éviter qu’un conflit racial ouvre la voie à l’influence soviétique en Afrique australe, mène une navette diplomatique avec l’appui du Royaume-Uni et des « pays de la ligne de front ». Les 18 et 19 septembre, il rencontre Ian Smith à Pretoria, en présence de Vorster. Au terme de longues discussions, Smith accepte le plan.
Le vendredi 24 septembre 1976, il en expose les termes à la nation : majorité noire au pouvoir dans les deux ans ; négociation immédiate avec les dirigeants africains pour former un gouvernement de transition ; un Conseil d’État paritaire, présidé par un Blanc, chargé de préparer une constitution ; levée des sanctions et fin de la guerre en contrepartie. Smith ne cache pas qu’il agit sous la contrainte.
La conférence réunie à Genève en octobre échoue en décembre, les mouvements nationalistes rejetant les garanties accordées aux Blancs. La guerre redouble. Smith tente ensuite un « règlement interne » avec des dirigeants noirs modérés, en mars 1978, sans obtenir de reconnaissance internationale ni l’arrêt des combats. Il faudra les accords de Lancaster House, en décembre 1979, pour mettre fin à un conflit dont le bilan est généralement estimé entre 20 000 et 30 000 morts ; le Zimbabwe accède à l’indépendance le 18 avril 1980.
24 septembre 1982 : arrivée de la FMSB à Beyrouth (Liban).
Une semaine après les massacres de Sabra et Chatila, des parachutistes français débarquent dans le port de Beyrouth. Ils ouvrent la première des cinq relèves de l’opération Diodon, qui s’achèvera le 31 mars 1984 après avoir coûté la vie à 89 militaires français.
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Au printemps 1982, Israël envahit le Liban et assiège Beyrouth-Ouest, où sont retranchés les combattants de l’OLP. Une première force multinationale, américaine, française et italienne, supervise leur évacuation. Le contingent français, qui atteint 854 hommes (opération Épaulard, du 21 août au 13 septembre), est formé principalement du 2e REP, d’une compagnie du 3e RPIMa et d’un escadron du RICM. La force se retire dès l’évacuation terminée.
Le 14 septembre, le président élu Bachir Gemayel est assassiné. L’armée israélienne entre dans Beyrouth-Ouest et, du 16 au 18 septembre, des miliciens chrétiens libanais massacrent plusieurs centaines de réfugiés palestiniens et de civils libanais dans les camps de Sabra et Chatila. Le gouvernement libanais demande le retour d’une force multinationale.
Le 24 septembre 1982, au matin, un détachement précurseur français débarque dans le port de Beyrouth, du bâtiment de transport Argens. Les Italiens le rejoignent à partir du 25, les Marines américains le 29, après le retrait israélien de l’aéroport ; un contingent britannique d’une centaine d’hommes s’y ajoute en 1983. La Force multinationale de sécurité à Beyrouth (FMSB) n’est pas une force des Nations unies : elle est constituée par accords bilatéraux entre le Liban et chacun des États contributeurs. Sa mission consiste à appuyer l’armée libanaise dans la protection des populations civiles.
Les Américains tiennent l’aéroport, les Italiens la banlieue sud jusqu’au camp de Chatila, les Français le centre de la ville, de part et d’autre de la ligne de démarcation entre Beyrouth-Est et Beyrouth-Ouest. Le contingent français compte selon les périodes de 1 500 à 2 000 hommes, fournis par des régiments parachutistes et des troupes de marine qui se relaient au fil des mandats Diodon.
La situation se dégrade au cours de 1983, à mesure que la force est perçue comme l’alliée du gouvernement d’Amine Gemayel. Le 23 octobre 1983, deux attentats-suicides frappent simultanément le quartier général des Marines, où 241 militaires américains sont tués, et l’immeuble Drakkar, où 58 parachutistes français, pour la plupart des 1er et 9e RCP, trouvent la mort. La FMSB se retire au début de 1984 ; les derniers éléments français quittent Beyrouth le 31 mars 1984.
24 septembre 1987 : premier vol transatlantique sans ravitaillement d’un chasseur britannique
Un Panavia Tornado F3, numéro de série ZE155, relie Goose Bay, au Labrador, à Warton, dans le Lancashire, en 4 heures 45 minutes. Il ne ravitaille pas en vol. Aucun chasseur de la Royal Air Force n’avait encore traversé l’Atlantique de cette façon.
Le Tornado ADV (Air Defence Variant) est la version d’interception du Tornado, l’avion de combat à géométrie variable conçu par le Royaume-Uni, la RFA et l’Italie. Londres l’a développé seul pour remplacer le Lightning et le Phantom dans la défense aérienne du Royaume-Uni. Sa mission principale est d’intercepter, loin au-dessus de la mer du Nord et de l’Atlantique Nord, les bombardiers soviétiques à long rayon d’action. Il lui faut donc une grande autonomie.
Par rapport à la version d’attaque, le fuselage est allongé d’environ 1,30 m, pour loger en semi-encastré 4 quatre missiles Sky Flash sous le ventre. Cet allongement laisse aussi de la place pour un réservoir interne supplémentaire. Le F3, qui succède en 1986 aux 18 premiers exemplaires F2, reçoit des réacteurs RB199 Mk 104 à tuyère de postcombustion allongée et un calculateur de vol amélioré.
Le 24 septembre 1987, le ZE155 décolle de la base canadienne de Goose Bay, au Labrador. Il est en configuration de convoyage, avec des réservoirs externes largables, et vise l’usine British Aerospace de Warton, où les Tornado britanniques sont assemblés. Il se pose 4 heures 45 minutes plus tard, sans avoir ravitaillé en vol. La distance directe entre les deux terrains est d’environ 3 700 km, soit 2 300 miles, ce qui donne une vitesse moyenne proche de 780 km/h. Jusque-là, les convois de chasseurs de la RAF à travers l’Atlantique se faisaient avec l’appui d’avions ravitailleurs Victor ou VC10.
Ce vol n’a pas de valeur opérationnelle directe : en mission, le F3 comptera toujours sur le ravitaillement en vol. Il sert surtout à démontrer l’autonomie de l’appareil, dont la mise au point a été difficile. Le radar Foxhunter a pris un retard considérable : les premiers F3 ont été livrés avec, dans le nez, un lest de béton surnommé « Blue Circle », du nom d’une marque de ciment. La première unité, le 29e escadron de Coningsby, n’est déclarée opérationnelle qu’en novembre 1987.
Le Tornado F3 est engagé pendant la guerre du Golfe, puis en ex-Yougoslavie et en Irak. Il est retiré du service de la RAF en mars 2011 et remplacé par l’Eurofighter Typhoon.

24 septembre 2004 : mort à 94 ans du lieutenant-colonel Pierre de Hauteclocque, compagnon de la Libération.
Cousin du général Leclerc, légionnaire de Norvège, de Koufra et d’El Alamein, Pierre de Hauteclocque meurt à Toulon à 94 ans. Il avait été fait compagnon de la Libération dès juillet 1941.
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Pierre de Hauteclocque naît le 10 février 1910 à Alençon. Son père, lieutenant-colonel, est tué au combat le 22 août 1914. Il entre à Saint-Cyr en 1930 (promotion Joffre), sert au 117e régiment d’infanterie, suit en 1936 et 1937 les stages de l’école des chars de Versailles, puis demande la Légion étrangère. La déclaration de guerre le surprend à Tabelbala, dans le Sud algérien, à la compagnie automobile du 1er régiment étranger d’infanterie.
Avec la 13e demi-brigade de Légion étrangère, il fait la campagne de Norvège. Au débarquement de Meby, près de Narvik, il entraîne sa section sous le feu des armes automatiques allemandes, atteint d’un bond son objectif et s’y maintient, contribuant à la chute du camp d’Elvegårdsmoen. Revenu à Brest avec son unité, il est évacué vers l’Angleterre le 19 juin 1940 et s’engage le 1er juillet dans les Forces françaises libres sous le nom de Rennepont. Affecté à l’état-major du général de Gaulle, il participe à l’expédition de Dakar en septembre 1940.
En octobre, il rejoint au Tchad le régiment de tirailleurs sénégalais que commande son cousin, le colonel Leclerc, qui lui confie la compagnie portée. Pendant l’opération contre Koufra, en février 1941, il déborde à deux reprises les éléments motorisés italiens et dégage des unités amies accrochées par des véhicules appuyés par l’aviation. Il réorganise ensuite la compagnie à Faya-Largeau et assure la défense de l’oasis conquise. Ces actions lui valent d’être fait compagnon de la Libération par décret du 14 juillet 1941.
À sa demande, il retrouve la 13e DBLE à Damas en novembre 1941, commande la 1re compagnie du 1er bataillon, sous les ordres de Jacques de Bollardière, et combat en Libye puis à El Alamein. En désaccord avec le général Koenig, il quitte la demi-brigade en décembre 1942. Il sert ensuite au Levant, aux services spéciaux à Afrine, dans les compagnies légères du désert à Palmyre et à Dmeir, puis aux services spéciaux du Levant jusqu’en août 1945.
Après la guerre, il est affecté à Madagascar (1946-1949), puis au 4e régiment étranger d’infanterie à Fès (1949-1951). Chef de bataillon, il sert en Indochine à la 13e DBLE et au 5e régiment étranger (1952-1954), avant de commander le 1er bataillon du 4e REI à Meknès en 1954-1955. Il quitte l’armée en 1958 avec le grade de lieutenant-colonel, entre en 1962 à la Compagnie française de distribution Total et prend sa retraite en 1971.
Il meurt à Toulon le 24 septembre 2004 et y est inhumé. Il était commandeur de la Légion d’honneur, compagnon de la Libération, titulaire de la croix de guerre 1939-1945, de la croix de guerre des TOE et de la croix de guerre norvégienne.







