30 septembre 1891 : suicide du général Boulanger sur la tombe de sa maîtresse (Ixelles, Belgique).
Deux ans après avoir renoncé à marcher sur l’Élysée, l’homme qui avait fédéré tous les adversaires de la IIIe République se tire une balle dans la tête au cimetière d’Ixelles, près de Bruxelles.
Né à Rennes en 1837, Georges Boulanger sort de Saint-Cyr en 1856. Il est blessé en Italie en 1859, fait campagne en Cochinchine, puis est de nouveau blessé en 1870-1871, contre les Prussiens puis contre la Commune. Général de brigade à 43 ans, il doit à l’appui de Clemenceau d’entrer comme ministre de la Guerre dans le cabinet Freycinet en janvier 1886 ; il conserve le portefeuille dans le cabinet Goblet jusqu’en mai 1887.
Son passage au ministère le rend très populaire : amélioration de l’ordinaire du soldat, autorisation du port de la barbe, adoption du fusil Lebel, radiation de l’armée des princes des familles ayant régné sur la France. C’est également sous son ministère qu’est mis en place le « carnet B », fichier des suspects d’espionnage ou d’agitation antimilitariste à arrêter en cas de mobilisation. Lors de l’affaire Schnaebelé (avril 1887), il pousse à l’intransigeance face à l’Allemagne, ce qui lui vaut le surnom de « général Revanche » et inquiète le gouvernement, qui l’écarte du ministère puis le met à la retraite d’office en 1888.
Devenu éligible, il est élu dans plusieurs départements, les candidatures multiples étant alors autorisées, et triomphe à Paris le 27 janvier 1889. Ses partisans, où se côtoient radicaux déçus, bonapartistes et monarchistes, le pressent de prendre le pouvoir ; il s’y refuse. Menacé d’arrestation pour complot, il s’enfuit à Bruxelles le 1er avril 1889 avec sa maîtresse, Marguerite de Bonnemains, puis gagne Londres et Jersey. Le 14 août 1889, le Sénat, constitué en Haute Cour, le condamne par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée. Le mouvement boulangiste s’effondre aux législatives de l’automne.
Marguerite de Bonnemains meurt de la tuberculose à Bruxelles le 16 juillet 1891. Deux mois et demi plus tard, Boulanger se donne la mort sur sa tombe. Clemenceau aurait résumé : « Il est mort comme il a vécu : en sous-lieutenant. »
30 septembre 1895 : prise de Tananarive par la colonne légère du général Duchesne (Madagascar).
Après une marche forcée de deux semaines sur les Hautes Terres, les troupes françaises bombardent le palais royal. La reine Ranavalona III fait hisser le drapeau blanc dans l’après-midi ; le protectorat est imposé dès le lendemain.
Le corps expéditionnaire, environ 15 000 hommes, a débarqué à Majunga, sur la côte nord-ouest, au début de 1895. Sa progression vers la capitale, à plus de 400 km dans l’intérieur, est ralentie par la construction d’une route destinée aux voitures Lefebvre, inadaptées au terrain, et surtout par le paludisme et la dysenterie. À la mi-septembre, le général Duchesne renonce à faire avancer le gros de ses forces et forme à Andriba une colonne légère d’environ 4 000 hommes, qui part le 14 septembre.
Les forces merina, mal commandées, reculent de position en position. Le 29 septembre, la colonne est en vue de Tananarive, qu’elle aborde par le nord et l’est après un mouvement tournant. Le 30 au matin, plusieurs colonnes convergent vers la ville. L’artillerie, installée notamment sur les hauteurs d’Ambohidempona, ouvre le feu sur la ville haute ; quelques obus à la mélinite atteignent l’enceinte du palais de la reine. Vers 15 h 30, le pavillon royal est amené et remplacé par un drapeau blanc. Les troupes françaises entrent dans la ville dans la soirée.
Le traité imposant le protectorat est signé le 1er octobre. La victoire est acquise au prix de pertes au combat très faibles, mais l’expédition a coûté quelque 5 000 à 6 000 morts, presque tous victimes de maladies (chiffres sous réserve, variables selon les sources). L’insurrection qui éclate dès la fin de 1895 conduit à l’annexion de l’île (loi du 6 août 1896), à l’exil de la reine et à l’envoi du général Gallieni.
Aller au contenu PDF30 septembre 1916 : le général Estienne prend la tête de l’Artillerie spéciale, future artillerie d’assaut.
La décision confie à un artilleur la mise sur pied de la première arme blindée française, quinze jours après l’engagement des premiers chars britanniques sur la Somme.
Jean-Baptiste Estienne, polytechnicien, pionnier du réglage de l’artillerie par avion, commande en 1914 le 22e régiment d’artillerie. Frappé par l’impuissance de l’infanterie devant les réseaux de barbelés et les mitrailleuses, il propose dès l’été 1915 de construire des « cuirassés terrestres » sur la base du tracteur à chenilles Holt. Il obtient une entrevue avec Joffre en décembre 1915 ; une première commande de 400 chars Schneider CA1 est passée à la fin de janvier 1916, puis 400 Saint-Chamond au printemps.
Après avoir commandé l’artillerie du 3e corps d’armée à Verdun, Estienne est promu général (la date de sa promotion varie selon les sources, entre août et octobre 1916) et nommé le 30 septembre commandant de l’Artillerie spéciale (AS). Le rattachement à l’artillerie est délibéré : le char est alors conçu comme un moyen d’accompagner l’infanterie en détruisant les nids de mitrailleuses. Estienne installe ses centres d’instruction à Marly-le-Roi (le Trou d’Enfer), puis à Champlieu, en forêt de Compiègne. Le terme « tank » n’est pas repris : l’usage français retient « char d’assaut ». Le premier groupe de chars est créé le 7 octobre 1916.
Engagée pour la première fois le 16 avril 1917 à Berry-au-Bac, l’AS y subit de lourdes pertes, dont celle du commandant Bossut. Estienne obtient ensuite la production en masse du char léger Renault FT, qui devient l’arme la plus efficace de l’AS en 1918.

30 septembre 1918 : l’armistice de Salonique entre en vigueur ; la Bulgarie sort de la guerre (Macédoine).
À midi, les armes se taisent sur le front bulgare. Premier des Empires centraux à capituler, le royaume de Bulgarie ouvre aux Alliés la route du Danube.
L’offensive lancée le 15 septembre par l’armée d’Orient du général Franchet d’Espèrey a percé le front au Dobro Pole, où les divisions serbes et françaises ont exploité la rupture. Talonnée par la cavalerie française, qui atteint Uskub (Skopje) le 29 septembre, l’armée bulgare se désagrège. Sofia demande une suspension d’armes dès le 26.
La convention est signée le 29 septembre au soir à Salonique entre Franchet d’Espèrey, qui négocie seul au nom des Alliés, et une délégation bulgare conduite par le ministre Andreï Liaptchev et le général Ivan Loukov. Elle impose la démobilisation de l’armée bulgare, l’évacuation des territoires grecs et serbes occupés, la remise des armes et du matériel, le départ sous quatre semaines des troupes allemandes et austro-hongroises, et l’usage du territoire bulgare par les Alliés.
L’armistice prend effet le 30 septembre à midi. Le tsar Ferdinand abdique le 3 octobre au profit de son fils Boris III. L’effondrement bulgare isole l’Empire ottoman et découvre le flanc sud de l’Autriche-Hongrie ; le traité de Neuilly du 27 novembre 1919 en tire les conséquences territoriales.
30 septembre 1929 : premier vol de l’Opel RAK propulsé par des fusées.
30 septembre 1938 : signature des accords de Munich (Allemagne).
Peu après une heure du matin, Hitler, Chamberlain, Daladier et Mussolini signent un texte qui livre au Reich les Sudètes tchécoslovaques. Les Tchécoslovaques, tenus à l’écart des discussions, se voient notifier le résultat.
La conférence s’est ouverte le 29 septembre au Führerbau, à l’initiative de Mussolini sollicité par Londres. Aucun représentant tchécoslovaque ni soviétique n’y participe. Le texte, daté du 29 septembre mais signé dans la nuit, reprend pour l’essentiel les exigences formulées par Hitler à Godesberg : évacuation par la Tchécoslovaquie des territoires à majorité allemande entre le 1er et le 10 octobre, occupation par la Wehrmacht en quatre étapes, commission internationale pour fixer la frontière définitive, garantie franco-britannique des nouvelles frontières.
Le 30 au matin, Chamberlain obtient de Hitler la signature d’une courte déclaration anglo-allemande affirmant la volonté des deux pays de ne plus jamais se faire la guerre. De retour à Londres, il la brandit à sa descente d’avion. Daladier, accueilli par la foule au Bourget, se montre plus lucide sur la portée de l’accord.
À Prague, le gouvernement accepte les conditions le jour même. La Pologne (région de Teschen) puis la Hongrie (arbitrage de Vienne, 2 novembre) obtiennent à leur tour des territoires. Privée de ses fortifications frontalières et de ses industries des Sudètes, la Tchécoslovaquie est démembrée sans combat en mars 1939.
30 septembre 1939 : formation du gouvernement polonais en exil (Paris).
Un mois après l’invasion allemande et deux semaines après l’entrée de l’Armée rouge, la continuité de l’État polonais est assurée depuis la France.
Le président Ignacy Mościcki, interné en Roumanie avec son gouvernement, transmet ses pouvoirs à Władysław Raczkiewicz, qui prête serment à l’ambassade de Pologne à Paris le 30 septembre 1939. Le même jour, le général Władysław Sikorski, adversaire du régime des colonels, est désigné président du Conseil ; il prend aussi le commandement des forces armées polonaises reconstituées en France. Ces forces combattent en Norvège et en France en 1940, puis, après le repli du gouvernement à Londres, en Afrique du Nord, en Italie et en Europe du Nord-Ouest. Le gouvernement en exil perd la reconnaissance des Alliés occidentaux en juillet 1945, au profit du gouvernement pro-soviétique de Varsovie.

30 septembre 1941 : ouverture de l’opération Typhon, l’offensive allemande sur Moscou (URSS).
Le Panzergruppe 2 de Guderian attaque au sud, deux jours avant le reste du groupe d’armées Centre. Il s’agit d’emporter Moscou avant l’hiver.
Après la bataille de Kiev, le groupe d’armées Centre du maréchal von Bock réunit près de 2 millions d’hommes et la majorité des blindés allemands engagés à l’Est. Guderian, dont les unités doivent parcourir une distance plus longue, lance son attaque le 30 septembre en direction de Briansk et d’Orel ; les 3e et 4e Panzergruppen et les armées d’infanterie s’engagent le 2 octobre. Orel tombe dès le 3 octobre. Les doubles encerclements de Viazma et de Briansk anéantissent plusieurs armées soviétiques et font plusieurs centaines de milliers de prisonniers.
L’offensive est ensuite freinée par la raspoutitsa d’automne, puis par le froid et par les réserves soviétiques réunies par Joukov. La contre-offensive du 5 décembre 1941 éloigne définitivement la menace sur la capitale.
30 septembre 1942 : mort de l’as allemand Hans-Joachim Marseille (Égypte).
L’« Étoile d’Afrique », crédité de 158 victoires, se tue en sautant de son Messerschmitt en feu, au sud de Sidi Abd el-Rahman. Il avait 22 ans.
Né à Berlin le 13 décembre 1919, dans une famille d’ascendance huguenote, Marseille débute pendant la bataille d’Angleterre. Son indiscipline lui vaut plusieurs sanctions et une mutation au Jagdgeschwader 27, envoyé en Afrique du Nord au printemps 1941. Il y développe une technique de tir en virage serré, à courte distance et en déflexion, qui lui permet d’abattre plusieurs appareils au cours d’un même engagement. Le 1er septembre 1942, il revendique 17 victoires dans la journée.
Le 30 septembre, au retour d’une mission d’escorte, un incident mécanique sur son nouveau Bf 109 G-2 provoque un dégagement de fumée dans le cockpit. Guidé par ses équipiers jusqu’aux lignes allemandes, il retourne l’appareil pour sauter. L’avion part en piqué ; Marseille heurte l’empennage, qui le tue ou l’assomme. Son parachute ne s’ouvre pas. Il est retrouvé à 7 km au sud de Sidi Abd el-Rahman.
Marseille a volé exclusivement sur Bf 109 (versions E, F puis G). Sur ses 158 victoires revendiquées, 151 l’ont été en Afrique du Nord, presque toutes contre des appareils de la Desert Air Force ; il n’a jamais affronté l’aviation soviétique. On lui attribue 382 missions de guerre. Une pyramide commémorative se dresse près du lieu de sa chute. Le film Der Stern von Afrika (1957), d’Alfred Weidenmann, retrace librement son parcours.

30 septembre 1943 : prise du col de San Stefano par le 1er régiment de tirailleurs marocains (Corse).
La 1re compagnie du capitaine Morand enlève à l’aube le col qui barre au sud-ouest l’accès à Bastia, dernier port d’où les Allemands évacuent leurs troupes de l’île.
Après l’insurrection du 9 septembre 1943, le 1er corps d’armée du général Henry Martin fait passer en Corse, depuis Alger, des éléments de la 4e division marocaine de montagne : tirailleurs du 1er RTM, goumiers du 2e groupe de tabors, artilleurs. Avec l’appui de l’armée italienne, désormais cobelligérante, et des partisans corses, ils engagent la poursuite des forces allemandes — dont la brigade SS Reichsführer — qui refluent vers Bastia pour rembarquer vers l’Italie et l’île d’Elbe.
Trois cols verrouillent la ville : San Leonardo au nord, Teghime au centre, San Stefano au sud. Le 29 septembre, le Ier bataillon du 1er RTM libère le village de Rutali, dont les habitants fournissent des mulets pour transporter vivres et munitions. Guidée par des patriotes, la 1re compagnie du capitaine Morand attaque de nuit le col, à 349 m d’altitude, tenu par une cinquantaine d’Allemands appuyés par deux canons de 75. Au terme d’un combat rapproché, elle atteint le col à l’aube du 30 et capture les onze survivants de la garnison. La compagnie tient ensuite la position face aux réactions allemandes, avec l’appui des mortiers (le détail de la contre-attaque (volume d’un bataillon et demi, 7 ou 8 chars) est donné sous réserve, faute de source concordante).
Le col de Teghime est enlevé par les goumiers le 2 octobre au terme de combats plus durs. Bastia est libérée le 4 octobre. La Corse est le premier département français métropolitain libéré.
30 septembre 1944 : l’ordonnance du gouvernement provisoire crée l’Agence France-Presse.
Le texte régularise une situation de fait : l’AFP diffuse ses dépêches depuis le 20 août, date à laquelle des journalistes résistants ont investi les locaux de l’ancienne agence de Vichy.
L’agence fondée à Paris en 1835 par Charles-Louis Havas s’était imposée au XIXe siècle comme l’une des trois grandes agences mondiales avec Reuters et Wolff. En novembre 1940, sa branche information est rachetée par l’État et devient l’Office français d’information (OFI), organe de Vichy installé place de la Bourse à partir de 1942. Pendant ce temps, des journalistes de Havas passés à la France libre ont fondé à Londres une Agence française de presse, puis à Alger l’agence France-Afrique.
Le 20 août 1944, pendant l’insurrection parisienne, un groupe de journalistes résistants s’empare du siège de l’OFI et diffuse la première dépêche de l’« Agence France-Presse ». L’ordonnance du 30 septembre 1944, signée par le général de Gaulle, lui confère à titre provisoire le statut d’établissement public doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière, tout en prévoyant son remplacement ultérieur par une agence coopérative. Ce provisoire dure jusqu’à la loi du 10 janvier 1957, qui donne à l’AFP un statut autonome sous le contrôle conjoint de l’État et de la presse. Le même jour, une autre ordonnance interdit les titres de presse ayant paru sous l’Occupation.
L’AFP est aujourd’hui l’une des trois principales agences d’information mondiales avec l’Associated Press et Reuters, et diffuse en 6 langues.
30 septembre 1946 : le Tribunal militaire international de Nuremberg commence la lecture de son jugement (Allemagne).
Pendant deux jours, les juges lisent un texte de plusieurs centaines de pages. Le 30 septembre est consacré aux faits et à la responsabilité des organisations ; les peines individuelles sont prononcées le 1er octobre.
Ouvert le 20 novembre 1945, le procès a jugé 22 des principaux dirigeants du IIIe Reich présents ou jugés par contumace (Martin Bormann). 4 chefs d’accusation étaient retenus : plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Seuls les crimes de guerre reposaient sur un droit préexistant, les conventions de La Haye de 1907 et de Genève de 1929. Les crimes contre la paix et les crimes contre l’humanité ont été définis pour la circonstance par le statut du tribunal, annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 (article 6). L’expression « crimes contre l’humanité » avait déjà été employée dans la déclaration franco-anglo-russe du 24 mai 1915 sur les massacres d’Arméniens, mais sans définition juridique ni juridiction pour les juger. La défense a contesté cette application rétroactive, contraire au principe nullum crimen sine lege. Le tribunal y a répondu en ne retenant les crimes contre l’humanité que s’ils étaient liés aux crimes de guerre ou aux crimes contre la paix, ce qui excluait les persécutions commises avant le 1er septembre 1939.
Le 30 septembre, le tribunal expose l’historique du régime, l’agression contre les pays voisins et le traitement des populations occupées, et se prononce sur les organisations : le corps des dirigeants du parti national-socialiste, la Gestapo et le SD, et la SS sont déclarés criminels ; la SA, le cabinet du Reich, l’état-major général et le haut commandement ne le sont pas. Le 1er octobre, 12 accusés sont condamnés à mort, dont Bormann par contumace, 3 à la réclusion à perpétuité, 4 à des peines de 10 à 20 ans ; 3 sont acquittés (Schacht, von Papen, Fritzsche).
Göring se suicide dans sa cellule le 15 octobre ; les 10 autres condamnés présents sont pendus dans la nuit du 15 au 16 octobre 1946.
30 septembre 1949 : dernier vol américain du pont aérien de Berlin (Allemagne).
4 mois et demi après la levée du blocus soviétique, l’US Air Force met un terme au ravitaillement aérien de Berlin-Ouest. La Royal Air Force poursuit jusqu’au 6 octobre.
Le 24 juin 1948, l’URSS coupe tous les accès terrestres et fluviaux aux secteurs occidentaux de Berlin, qui comptent plus de deux millions d’habitants. Américains et Britanniques y répondent par un pont aérien (opérations Vittles et Plainfare), avec la participation d’équipages français, australiens, canadiens, néo-zélandais et sud-africains. Sous la direction du général William Tunner, les rotations des C-54 atteignent une cadence sans précédent : le 16 avril 1949, 1 398 vols acheminent près de 13 000 tonnes en 24 heures.
Moscou lève le blocus le 12 mai 1949. Les Alliés maintiennent le pont aérien pendant l’été pour constituer des stocks, puis l’arrêtent progressivement. Au total, environ 278 000 vols ont transporté quelque 2,3 millions de tonnes, dont près des deux tiers de charbon. Les accidents ont fait une centaine de morts parmi les équipages et le personnel au sol. Première crise majeure de la guerre froide, le blocus a accéléré la création de l’OTAN (avril 1949) et celle de la RFA (mai 1949).

30 septembre 1954 : admission au service actif de l’USS Nautilus, premier sous-marin à propulsion nucléaire (Groton, Connecticut).
Le bâtiment, lancé en janvier, est armé par la marine américaine sous le commandement d’Eugene Wilkinson. Son réacteur lui permet de rester en plongée sans limite d’autonomie énergétique.
Le programme a été porté par le capitaine de vaisseau, puis amiral, Hyman Rickover, qui a imposé un réacteur à eau pressurisée compact, développé par Westinghouse. Construit par Electric Boat, le Nautilus (SSN-571) signale « Underway on nuclear power » lors de sa première sortie, le 17 janvier 1955. Il bat ensuite tous les records de vitesse et de durée en immersion et, le 3 août 1958, devient le premier navire à atteindre le pôle Nord en passant sous la banquise. Retiré du service en 1980, il est devenu navire-musée à Groton.
30 septembre 1956 : attentats terroriste du Milk-Bar et de la Cafétéria (Alger).
En fin d’après-midi, 2 bombes posées par des militantes du FLN explosent dans deux établissements fréquentés du centre européen d’Alger. Ces attentats sont généralement considérés comme le début de la bataille d’Alger.
L’été 1956 a vu la violence s’installer à Alger : exécution de deux condamnés du FLN en juin, suivie d’une vague d’assassinats d’Européens ordonnée par la direction de la zone autonome d’Alger, puis, le 10 août, attentat contre-terroriste de la rue de Thèbes, dans la Casbah, qui fait plusieurs dizaines de morts musulmans. Yacef Saâdi, chef militaire de la zone autonome, décide de porter les bombes dans les quartiers européens et recrute pour cela de jeunes femmes capables de franchir les contrôles sans éveiller les soupçons.
Le dimanche 30 septembre, dernier jour des vacances scolaires, Zohra Drif dépose une bombe au Milk-Bar, glacier de la place Bugeaud, où se pressent des familles revenant de la plage ; Samia Lakhdari en dépose une à la Cafétéria de la rue Michelet ; une troisième, à l’aérogare Air France du Maurétania, confiée à Djamila Bouhired, n’explose pas en raison d’un défaut de minuterie. Le bilan le plus souvent retenu est de 3 à 5 morts et d’une soixantaine de blessés, dont plusieurs enfants amputés.
La multiplication des attentats à l’automne conduit le gouvernement Guy Mollet à confier en janvier 1957 les pouvoirs de police à Alger à la 10e division parachutiste du général Massu.
30 septembre – 1er octobre 1965 : tentative de coup de force du « Mouvement du 30 septembre » (Jakarta, Indonésie).
Dans la nuit, un groupe d’officiers enlève et tue 6 généraux de l’état-major de l’armée de terre. La riposte du général Suharto ouvre l’une des plus vastes vagues de massacres politiques du XXe siècle.
Le groupe, qui se présente comme le « Mouvement du 30 septembre » (G30S), est conduit par le lieutenant-colonel Untung, de la garde présidentielle. Il affirme agir pour prévenir un coup d’État d’un « conseil des généraux » contre le président Sukarno. 6 généraux, dont le chef d’état-major Ahmad Yani, et un lieutenant sont tués ; leurs corps sont jetés dans un puits à Lubang Buaya, près de la base aérienne d’Halim. Le général Nasution, ministre de la Défense, parvient à s’échapper, mais sa fille est mortellement blessée.
Le général Suharto, commandant de la réserve stratégique (Kostrad), reprend le contrôle de Jakarta dès le 1er octobre. L’armée impute l’opération au Parti communiste indonésien (PKI). Dans les mois qui suivent, l’armée et des milices exterminent entre 500 000 et un million de communistes réels ou supposés, selon les estimations. Sukarno est progressivement dépouillé de ses pouvoirs au profit de Suharto, qui dirige le pays jusqu’en 1998. Le rôle exact du PKI et les responsabilités dans l’organisation du G30S restent débattus.
30 septembre 1966 : indépendance du Botswana (Afrique australe).
L’ancien protectorat britannique du Bechuanaland devient une république indépendante, présidée par Seretse Khama. Le pays se dote d’une armée 11 ans plus tard seulement.
Enclavé entre l’Afrique du Sud, la Rhodésie et le Sud-Ouest africain sous administration sud-africaine, le Botswana choisit à l’indépendance de ne pas créer de forces armées et s’en remet à une police mobile. Les incursions répétées de l’armée rhodésienne, qui poursuit les guérilleros nationalistes jusque sur son territoire, conduisent à la création de la Botswana Defence Force en avril 1977, sous le commandement de Ian Khama, fils du président. Elle participe depuis à plusieurs opérations de paix (Somalie, Mozambique, Lesotho) et à la mission de la SADC au Mozambique contre l’insurrection du Cabo Delgado.
30 septembre 1975 : premier vol du prototype YAH-64, futur hélicoptère d’attaque AH-64 Apache (Californie, États-Unis).
À l’aéroport de Palomar (Carlsbad), les pilotes d’essai de Hughes Helicopters font décoller le deuxième prototype du programme, la veille du premier vol de son concurrent, le Bell YAH-63.
Au début des années 1970, l’US Army cherche un hélicoptère antichar capable d’opérer de nuit et par mauvais temps pour contrer les divisions blindées du pacte de Varsovie en Europe. Le Lockheed AH-56 Cheyenne, jugé trop complexe et coûteux, a été abandonné en 1972 ; le Bell AH-1 Cobra, utilisé au Vietnam, n’est qu’une solution de transition. Le programme Advanced Attack Helicopter retient en 1973 deux concurrents : Bell (YAH-63) et Hughes (YAH-64).
Le Hughes Model 77 comprend un équipage en tandem, le pilote assis en arrière et au-dessus du tireur, deux turbomoteurs General Electric T700 installés dans des nacelles latérales, un train classique à roulette de queue et un canon de 30 mm en position ventrale. Le premier exemplaire construit (AV-01) sert aux essais au sol ; c’est l’AV-02 qui vole le 30 septembre 1975, piloté par Robert Ferry et Raleigh Fletcher. L’appareil porte alors un empennage en T, le stabilisateur étant fixé au sommet de la dérive ; il sera remplacé au cours du développement par un stabilisateur monobloc à incidence variable implanté en bas de la dérive, configuration des appareils de série.
Le YAH-64 est choisi le 10 décembre 1976. La production en série est approuvée en 1982 et le premier AH-64A est remis à l’Army en janvier 1984. La même année, Hughes Helicopters est racheté par McDonnell Douglas, lui-même absorbé par Boeing en 1997 ; la production est concentrée à Mesa (Arizona). Environ 937 AH-64A sont construits jusqu’en 1997.
Engagé pour la première fois au Panama en décembre 1989, l’Apache tire les premiers coups de la guerre du Golfe dans la nuit du 17 janvier 1991 contre des radars irakiens. Il est ensuite employé en Bosnie, au Kosovo, en Afghanistan, en Irak, en Libye (britanniques) et au Yémen (saoudiens et émiriens). La version AH-64D Longbow, dotée d’un radar de conduite de tir au-dessus du rotor, est livrée à partir de 1997. L’AH-64E Guardian, désigné ainsi en 2012 et livré depuis fin 2011, apporte des moteurs plus puissants, une avionique numérique et la capacité de contrôler des drones. L’Apache est en service dans une quinzaine de pays ; la Pologne en a commandé 96 en 2024. L’annulation, en février 2024, du programme d’hélicoptère de reconnaissance FARA prolonge le rôle de l’Apache dans l’aviation légère de l’US Army pour les décennies à venir.
30 septembre 2015 : premières frappes aériennes russes en Syrie.
Quelques heures après l’autorisation donnée par le Conseil de la Fédération, les avions russes déployés à Hmeimim frappent les provinces de Homs et de Hama. Pour la première fois depuis l’Afghanistan, Moscou engage ses forces dans un conflit hors de l’espace post-soviétique.
Au cours de l’été 2015, l’armée syrienne recule face aux groupes rebelles et à l’État islamique. Un accord signé le 26 août avec Damas accorde à la Russie l’usage de la base aérienne de Hmeimim, près de Lattaquié, où sont déployés en quelques semaines des Su-24, Su-25, Su-30 et Su-34, des hélicoptères, des moyens de défense aérienne et une force de protection.
Le 30 septembre, à la demande du président Assad, Vladimir Poutine obtient du Conseil de la Fédération l’autorisation d’employer les forces armées à l’étranger. Les premières frappes ont lieu dans l’après-midi. Moscou affirme viser l’État islamique, mais les capitales occidentales constatent que les premiers objectifs se trouvent dans des zones tenues par d’autres groupes rebelles. La campagne, appuyée en octobre par des tirs de missiles de croisière depuis la Caspienne, permet au régime de reprendre l’initiative, puis Alep-Est en décembre 2016. La présence russe à Hmeimim et Tartous est remise en cause par la chute du régime Assad, en décembre 2024.
30 Septembre 2016 : cérémonie de création du COM LOG (Lille).
Trois mois après sa création administrative, le commandement de la logistique des forces, l’un des « piliers » du modèle « Au contact », reçoit ses traditions.
Le COM LOG est créé le 1er juillet 2016 à Lille à partir de la division logistique du commandement des forces terrestres et de l’état-major de la 1re brigade logistique de Montlhéry. Il est l’un des quatre commandements spécialisés de niveau divisionnaire du modèle d’armée « Au contact ». Il a vocation à garantir la cohérence de la logistique opérationnelle de l’armée de Terre, de la formation à l’engagement, et à armer les postes de commandement logistiques en opération. Sa devise est « Quoi qu’il en coûte ».
Il regroupe notamment le poste de commandement de force logistique (PCFL) de Montlhéry, l’école du Train et de la logistique opérationnelle, le centre des transports et transits de surface et huit régiments : les 121e, 503e, 511e, 515e et 516e régiments du train, le 519e groupe de transit maritime (devenu 519e régiment du train), le régiment de soutien du combattant et le régiment médical, auxquels s’ajoute le 24e régiment d’infanterie, seul régiment de réserve de l’armée de Terre.
Dans le cadre de la transformation « armée de Terre de combat », le COM LOG disparaît en 2024 : une brigade logistique est créée le 26 mars 2024 à partir de son état-major et du PCFL. Elle relève du commandement de l’appui et de la logistique de théâtre (CALT), aux côtés de la brigade du génie et de la brigade de maintenance.








