A LIRE : Chevaliers et bombardes (Azincourt 1415, Marignan 1515)


azincourt marignanL’exposition éponyme au musée de l’Armée est maintenant terminée, mais fort heureusement il nous en reste ce beau volume, presque davantage ouvrage en lui-même que catalogue d’exposition.

Publié sous la direction de Sylvie Leluc, Antoine Leduc et Olivier Renaudeau, commissaires de l’exposition, le livre ne compte pas moins de quinze textes, qui permettent de suivre l’évolution de l’organisation militaire « De l’ost féodal à l’armée royale », puis de s’intéresser à l’armement, à l’équipement et au souvenir de ces troupes, enfin de passer « De l’histoire à la mémoire ». Au fil des pages, toutes magnifiquement illustrées de superbes reproductions de matériels, armes et armures, cartes, gravures et tableaux, etc., nous passons de la fin du Moyen-âge à la Renaissance. Comme l’écrit Valérie Toureille dans son introduction, « La victoire de Marignan est aussi l’héritière de plusieurs décennies de guerres. A un siècle de distance, François Ier recueille les fruits de ce que ses prédécesseurs Valois ont semé. Il nous faut donc revenir sur ce lent cheminement par lequel Marignan s’éclaire des ombres d’Azincourt ». Le cheval d’une part, l’artillerie d’autre part, sont bien sûr particulièrement à l’honneur, en fil rouge en quelque sorte dans de nombreuses contributions. Les grands textes de la période sont évoqués (dont la diffusion des « Traités d’ingénieurs italiens et leur diffusion en France »), tout comme le renouveau du combat d’infanterie, la montée en puissance de l’artillerie, les armes médiévales, etc., et les objets et oeuvres qui furent exposés sont bien sûr présentés (dont un « orgue à douze canons », véritable précurseur du LRM). La dernière partie revient donc sur quelques personnages emblématiques de l’époque comme le maréchal de France Boucicaut, le seigneur de Bayard et sa conception de la guerre, ou Louis II de La Trémoille. On relève enfin un texte très intéressant sur le siège et la bataille de Castillon (1453), entre armée royale et bandes anglo-gasconnes.

Une production qui mérite pleinement de figurer dans cette collection « Beaux Livres » et qui séduira tout autant par la magnifique iconographie que par la qualité des textes. 

Gallimard, Paris, 2015, 271 pages, 35,- euros.

Feuilleter des extraits

Source : Guerres et Conflits

Previous La désinformation : un enjeu stratégique, par François-Bernard HUYGUE
Next L'islam, une religion conquérante ?, par l'islamologue Roger ARNALDEZ (1994)

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.