mercredi 21 février 2024

CHRONICORUM BELLI du 18 juin

18 juin 860 : 200 navires de la Rus‘ de Kiev viennent piller Constantinople.

Le premier contact entre les Byzantins et les Rús remonte à 839. La coordination exceptionnelle de l’attaque maritime russe contre la Paphlagonie, dans la tradition auparavant varègue, suggère que les Rús connaissaient les faiblesses des ports de cette région, conséquence d’échanges commerciaux antérieurs. Néanmoins, l’expédition russe de 860 surprend l’Empire : elle est aussi soudaine et inattendue « qu’un essaim de guêpes », selon les dires de Photios. À la même époque, l’empire lutte pour contenir l’avancée arabe en Anatolie. En , la garnison de la forteresse de Loulon, élément clé de la défense byzantine, se rend aux Arabes. En avril ou en mai, les deux parties s’échangent des prisonniers, et les hostilités cessent brièvement ; cependant, au début du mois de juin l’empereur Michel III abandonne Constantinople pour l’Anatolie en vue de contre-attaquer le califat abbasside.

Le . Au coucher du soleil, une flotte d’environ 200 navires russes réussit à pénétrer dans le Bosphore en trompant la vigilance des dromons de garde, et se livre au pillage des faubourgs maritimes de Constantinople (ancien slave : Tsarigrad, vieux norrois : Miklagarðr). Les assaillants mettent le feu aux maisons, noient ou poignardent les résidents. Dans l’impossibilité de trouver des unités militaires pour repousser les envahisseurs, le patriarche Photios exhorte ses fidèles à implorer la Vierge Marie (en grec Theotokos) pour sauver la cité. Après avoir dévasté les faubourgs (les portes de la capitale étant fermées), les Rús pénètrent dans la mer de Marmara et arrivent aux îles des Princes, où l’ancien patriarche Ignace de Constantinople se trouve alors en exil. Là aussi les Rús pillent les habitations et les monastères, et exécutent les prisonniers : ils emmènent 22 serviteurs du patriarche à bord de leurs navires qu’ils découpent à la hache en morceaux.

L’attaque prend les Byzantins par surprise, « comme un coup de tonnerre tombé du ciel », comme le déclare le patriarche Photios dans son célèbre discours écrit pour l’occasion. L’empereur Michel III est alors absent de la ville, de même que sa marine redoutée pour son utilisation du meurtrier feu grégeois : l’armée impériale (y compris les troupes stationnées en temps normal près de la capitale) étant en train de combattre les Arabes en Anatolie. La marine byzantine est alors occupée à se battre contre les Arabes et les Normands dans la mer Égée et la mer Méditerranée. En l’absence de ces garnisons, les défenses terrestres et maritimes de la ville sont diminuées. Tous ces facteurs combinés laissent les rivages et les îles de la mer Noire, du Bosphore et de la mer de Marmara, vulnérables à une attaque. L’invasion se poursuit jusqu’au 4 août, lorsque, dans un autre de ses sermons, Photios remercie les cieux pour avoir miraculeusement soulagé la ville d’une telle menace.

Peinture de Nicholas Roerich (1874-1947).

18 juin 1155 : Frédéric Barberousse est couronné empereur romain germanique.

Il possède également les titres de roi de Germanie, roi d’Italie, roi de Bourgogne et comte palatin de Bourgogne, après avoir été un temps duc de Souabe et d’Alsace. Deuxième membre de la maison de Hohenstaufen à accéder à la dignité impériale, il est également, par sa mère, un Welf. C’est sous son règne que, pour la première fois, le terme de sacrum (« saint ») est employé pour qualifier l’Empire romain germanique.

Il reste célèbre pour son conflit face aux communes d’Italie du Nord et ruine la ville de Milan en 1162.

À la suite de la victoire de la Ligue lombarde lors de la bataille de Legnano de 1176, la paix de Constance assure aux communes une large autonomie. Dans le même temps, sa lutte contre la papauté — ce qui lui vaut d’être excommunié en 1165 — marque le déclin de la doctrine théocratique du Saint-Siège et contribue à l’essor du droit romain dans l’Europe médiévale.

Le , pendant la Troisième croisade, il se noie dans le Göksu Nehri (Anatolie) alors qu’il mène ses armées vers la Palestine. Sa longévité ainsi que sa volonté de restaurer l’honneur de l’Empire (honor imperii) et d’accroître l’autorité impériale, avec Charlemagne pour modèle, en font l’un des empereurs les plus connus du Moyen Âge, jusqu’à devenir, au XIXe siècle, un héros du mouvement national allemand.


18 juin 1429 : bataille de Patay (près d’Orléans).

Événement majeur de la guerre de cent ans qui voit la victoire de Charles VII et Jeanne d’Arc sur les troupes anglaises de Talbot. Les archers anglais n’ont pas eu le temps de se protéger derrière les épieux taillés qu’ils disposent habituellement autour d’eux pour se protéger d’une attaque. Les reconnaissances françaises repèrent leurs positions suite à une maladresse anglaise et donnent l’alerte : l’avant-garde française (1 500 hommes) commandée par les capitaines La Hire, de Loré et de Xaintrailles attaque les archers anglais qui fuient. Ensuite, la cavalerie lourde française charge et parvient pour la première fois depuis la défaite d’Azincourt à obtenir un franc succès.

Les 180 chevaliers de l’avant-garde française menés par les capitaines La Hire, Ambroise de Loré, Jean Poton de Xaintrailles et le connétable Arthur de Richemont, attaquèrent les archers par les flancs qui n’étaient pas protégés (par manque de temps). Ceux-ci se débandèrent rapidement. Tandis que l’élite des archers était taillée en pièces par les chevaliers français, les chevaliers anglais fuyaient la charge de cavalerie française. La tactique française de la charge de cavalerie lourde l’emportait. C’est le capitaine Jean Dagneau, sous les ordres du Grand-Écuyer Poton de Xaintrailles, qui fit prisonnier le célèbre John Talbot. Ce fait d’armes lui rapporta ses lettres de noblesse, qui lui furent délivrées en mars 1438, et sont à l’origine du nom de Dagneau de Richecour. Le reste de l’avant-garde française composée de l’infanterie arriva peu de temps après afin de seconder les chevaliers et tuer le reste des soldats anglais toujours présent sur le champ de bataille. L’avant-garde anglaise, n’ayant pas connaissance de la bataille en cours, voyant un de ses commandants courir vers eux, crut que l’armée anglaise avait été vaincue et se replia à son tour, battant en retraite.

Les historiens militaires anglais indiquent 2 500 morts du côté anglais sur les 5 000 engagés, 3 morts et une centaine de blessés du côté français. Le corps d’élite des archers anglais fut mis hors de combat ; il ne sera pas reconstitué. Outre Talbot, de nombreux officiers furent capturés par les Français. Fastolf, accompagné d’une petite troupe, parvint à s’enfuir mais fut dès lors disgracié : le duc de Bedford mit la défaite sur son compte et le radia de l’ordre de la Jarretière. Ainsi prit naissance la fâcheuse réputation qui devait faire de lui le prototype du personnage de Falstaff.


18 juin 1635 : la Martinique devient française (Mer des Caraïbes).

Venant de Saint Christophe, les deux colons français Jean du Plessis d’Ossonville et Lienard de l’Olive prennent possession de l’île au nom du roi de France. Celle-ci, bien que découverte en 1493 par les Espagnols n’est pas encore colonisée et est peuplée par les Caraïbes. Un mois plus tard, d’Esnambuc envoie 100 hommes affermir la prise de possession.


18 juin 1694 : bataille de Camaret (Bretagne).

Informé qu’un débarquement anglo-hollandais se prépare dans la région de Brest, Louis XIV envoi le lieutenant-général Vauban organiser les préparatifs de défense. Les Anglais ont choisi de débarquer plusieurs milliers d’hommes à Camaret, profitant de l’absence de la flotte et pensant l’opération aisée. Vauban a si bien préparé et organisé les défenses de la côte que le débarquement est un fiasco. Quasiment aucun anglais ne parvient à prendre pied à Camaret pris sous le feu des batteries côtières, des compagnies de gardes de la Marine et des milices garde-côtes du capitaine Le Gentil de Quélern.


18 juin 1812 : les USA déclarent la guerre à la Grande-Bretagne.

Le président des États-Unis James Madison déclare la guerre à la Grande-Bretagne au nom de la défense du principe de liberté des mers, car la marine anglaise, sous prétexte de combattre l’Empire napoléonien, entrave le commerce américain. C’est la première fois que le Congrès américain vote une déclaration de guerre. Les combats auront lieu sur la mer et les Grands Lacs. La paix sera signée en décembre 1814.


18 juin 1815 : défaite de Waterloo (Belgique).

Napoléon 1er, revenu de son exil sur l’île d’Elbe depuis moins de 100 jours, doit affronter la septième coalition. Il choisit d’attaquer les Anglais (Wellington) avant qu’ils ne se regroupent avec les Prussiens (Blücher) mais se heurte à une forte résistance. Le combat est indécis jusqu’à l’arrivée des Prussiens qui débandent l’armée française. Erreurs (de Ney et Napoléon), retards (Grouchy qui s’entête à Wavre) et trahisons (de Bourmont) alliés à la belle combativité des alliés, expliquent la défaite française. C’est la fin. Quatre jours plus tard, l’empereur abdique. 


18 juin 1855 : échec du premier assaut de Malakoff (Crimée).


18 juin 1917 : décret créant la DGGSM.

La direction générale de la guerre sous-marine placée sous l’autorité du contre-amiral Merveilleux du Vignaux est créée pour faire pièce à la menace allemande. 


18 juin 1940 : appel radiophonique du général de Gaulle (Londres).

C’est le premier discours prononcé par le général de Gaulle à la BBC depuis Londres dans lequel il appelle à ne pas cesser le combat contre l’Allemagne national-socialiste. Ce discours – très peu entendu sur le moment mais publié dans la presse française le lendemain et diffusé par des radios étrangères – est considéré comme le texte fondateur de la Résistance française, dont il demeure le symbole.


18 juin 1940 : à peine terminé, le cuirassé Richelieu s’échappe in extremis des arsenaux de Brest pour rejoindre Dakar, quelques heures avant l’arrivée des colonnes allemandes.

Le Richelieu, à l’automne 1943, après sa refonte aux États-Unis.

18 juin 1940 : évacuation des réserves d’or de la Banque de France (Brest).

Face à l’avance allemande inexorable, les réserves d’or de la banque de France sont transférées par train à Brest (mi- mai 1940), comme en 1870 d’ailleurs. Ces près de 2000 tonnes d’or (dont 170 de la Banque de Belgique) sont finalement chargées à bord de la première division de croiseurs auxiliaires commandée par le contre-amiral Cadart, lorsqu’il devient évident que les Allemands ne peuvent plus être contenus. Une partie de cet or est déjà en route pour Halifax (Canada) depuis quelques jours. L’autre partie ne quitte Brest que quelques heures avant l’arrivée des troupes allemandes et se dirige vers Dakar. Le trésor connait tout au long de la guerre un périple intéressant, excitant les convoitises les plus diverses.


18 juin 1953 : décès de l’as des as (Paris).

René Fonck, caporal au début de la Première Guerre mondiale, la termine lieutenant et totalise 75 victoires aériennes homologuées (144 victoires probables).


18 juin 1964 : Tabarly remporte la transat

L’enseigne de vaisseau Eric Tabarly remporte la transat en solitaire Plymouth-Newport à bord de Pen Duick II.


18 juin 1974 : Mort du maréchal Gueorgui Joukov, officier général le plus décoré de l’histoire de l’Union soviétique.


18 juin 2010 : décès du général Bigeard (Toul).

Marcel Bigeard a débuté dans l’armée comme soldat de 2e classe en 1936 et a terminé son parcours comme général de corps d’armée (1974) puis secrétaire d’Etat à la Défense (1975-1976. Véritable légende militaire dès son vivant, il est l’une des figures les plus illustres des parachutistes, ayant été de presque tous les combats de son époque (Campagne de France, Résistance, Indochine, Algérie). Ses cendres reposent à Fréjus au Mémorial des guerres en Indochine.

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