19 octobre : Armilustrium (Rome antique).
Dans la Rome antique, l′Armilustrium est une fête religieuse célébrée le 19 octobre près du Vicus Armilustri en l’honneur du dieu Mars, pour purifier les armes après les campagnes militaires de l’année.
Le mois d’octobre marquait dans la Rome archaïque la fin des actions militaires et la démobilisation des soldats, avec plusieurs cérémonies, le rituel du Cheval d’octobre (October equus) aux Ides d’octobre (15 octobre) et la purification des armes (Armilustrium, notée ARM sur le calendrier romain) le 19 octobre.
On sait assez peu de choses sur l’Armilustrium, à partir de seulement quelques brèves définitions des auteurs antiques. Varron donne plusieurs définitions du mot :
- la première : Armilustrium (lieu où se faisait la revue religieuse de l’armée) vient de ambire (aller autour) et de lustrum (purification, revue),
- la seconde : Armilustrium, jour férié, qui doit ce nom au lieu appelé armilustrium, où les soldats célèbrent des jeux sacrés, à moins plutôt que le lieu ne doive son nom à cette sorte de jeux ; mais, quelle qu’en soit l’origine, armilustrium dérive évidemment de ludere (jouer) ou de lustrare (parcourir), comme l’indique l’exercice auquel se livrent les soldats, et qui consiste à tourner en jouant, armés de boucliers.
L’origine du mot donnée par le dictionnaire Gaffiot est plus étymologique, en le tirant de arma, arme et du verbe lustro, -are, « purifier par un sacrifice expiatoire ».
Festus énonce que « c’était, chez les Romains, une fête dans laquelle ils accomplissaient armés les cérémonies divines, et sonnaient de la trompette durant le sacrifice ».
Sur la base de ces indications, Georges Dumézil synthétise la cérémonie de la façon suivante : des hommes en armes représentant l’armée faisaient des sacrifices au son des trompettes, puis les boucliers sacrés étaient promenés à travers la ville.
La nature du sacrifice n’est pas précisée dans les descriptions de l’Armilustrium, mais vraisemblablement un suovetaurile (sacrifice d’un porc, d’un mouton et d’un taureau) est offert au dieu Mars, comme il est d’usage pour les lustrations effectuées par les censeurs en préliminaire et en clôture des opérations de recensement.
L’emplacement de la cérémonie donne son nom au vicus armilustrium (vicus : quartier en latin). Il était localisé à proximité de la colline de l’Aventin, d’après une indication de Plutarque qui situe près du lieu nommé armilustrium l’emplacement de la tombe de Titus Tatius, collègue royal de Romulus. Cette appellation apparaît aussi sur quelques inscriptions lapidaires trouvées à Rome.

19 octobre -202 : bataille de Zama (Tunisie).
La bataille de Zama est l’affrontement final et décisif de la deuxième guerre punique survenu en – Elle voit s’affronter, d’une part, les armées romaines dirigées par Scipion l’Africain et la cavalerie numide menée par le roi massyle Massinissa et, d’autre part, les Carthaginois commandés par Hannibal Barca. Ce dernier y subit une lourde défaite et en perd la guerre. Peu après, le Sénat carthaginois signe un traité de paix qui met fin à 18 ans de guerre.
Le lieu de la bataille, Zama Regia, se trouverait près de Siliana (nord-ouest de la Tunisie). Une inscription trouvée à Thagaste (actuelle Souk Ahras) situe l’emplacement de Naraggara à 20 milles, sur la route de Carthage. Tite-Live situerait la bataille à proximité de Naraggara, alors que Polybe la situe un peu plus à l’est, à Margaron.
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Des deux côtés, les généraux ont élaboré un plan très précis d’attaque. Hannibal Barca fait placer en première ligne 80 éléphants, en deuxième ligne les mercenaires gaulois et ligures, en troisième ligne l’infanterie carthaginoise et africaine. À quelque distance, d’autres mercenaires, des vétérans recrutés lors de la campagne d’Italie, doivent servir de réserve. Aux deux ailes se trouve la cavalerie ; à droite, celle des Carthaginois, à gauche, celle des Numides.
On peut reconstituer le plan d’Hannibal : faire charger les éléphants, puis envoyer les mercenaires gaulois et ligures dans un premier assaut qui doit affaiblir les Romains, ensuite faire intervenir la ligne des Carthaginois (beaucoup plus solide) et enfin les vétérans italiens pour assurer la victoire. Dans cette armée composée d’hommes si différents par leurs nationalités, leurs langues, leurs armes et leurs modes de combat, il est difficile de parvenir à harmoniser les consignes traduites par des interprètes, et Hannibal s’efforce de motiver les combattants : aux mercenaires il promet une solde supplémentaire, aux Carthaginois et aux Numides il représente la ruine de leur pays en cas de défaite.
Cependant, les dispositions prises par Scipion rendent la tactique d’Hannibal totalement inefficace. En effet, rompant avec la formation compacte en quinconce de l’infanterie utilisée par l’armée romaine, Scipion laisse des passages libres entre les manipules (unités tactiques de la légion) et place dans ces intervalles des vélites (soldats d’infanterie légère) qui pourront évoluer facilement et désorienter les éléphants. Sur l’aile gauche, il dispose la cavalerie italienne et, à droite, la cavalerie des Numides conduite par Massinissa, allié des Romains.
Conformément au plan d’Hannibal, la charge des éléphants marque le début du combat mais, affolés par le vacarme des clairons et des cors romains, les pachydermes se retournent contre leur propre armée. Seuls quelques-uns continuent à avancer vers les troupes romaines. C’est alors que la disposition adoptée par Scipion montre sa supériorité : les cornacs engagent leurs bêtes dans les passages laissés libres et les vélites peuvent lancer leurs javelots sur les flancs des animaux, exposés des deux côtés à la fois. Les deux ailes de l’armée d’Hannibal, les cavaleries carthaginoise et numide souffrent de la débandade des éléphants. Lorsque, à leur tour, les deux infanteries s’affrontent, les forces sont déjà inégales. Les auxiliaires gaulois et ligures, comme Hannibal l’a prévu, ne peuvent longtemps résister et se mettent à reculer vers la troisième ligne, celle des Carthaginois et des Africains. Ceux-ci refusent de leur faire place dans leurs rangs et se battent pour repousser à la fois leurs mercenaires et les Romains.
Scipion adopte ensuite la tactique utilisée par Hannibal lors de la bataille de Cannes : les deuxième et troisième lignes des légionnaires sont envoyées aux ailes et commencent un mouvement tournant encerclant les Carthaginois qui continuent à se battre contre la première ligne. À partir de ce moment, la victoire est acquise pour les Romains, de plus, les cavaleries de Massinissa et Caius Laelius reviennent et prennent à revers l’infanterie carthaginoise qui est massacrée. Privés de l’aide des éléphants, de leur cavalerie et de leurs mercenaires, quelques rares Carthaginois prennent la fuite. Environ 20 000 hommes périssent dans leurs rangs et 10 000 sont faits prisonniers, ainsi que onze éléphants. Les Romains, quant à eux, n’ont à déplorer qu’environ 1 500 morts. Ayant pu regagner Carthage, Hannibal déclare à ses concitoyens qu’il vient de perdre non pas une bataille, mais la guerre. Carthage doit accepter un traité de paix désastreux pour elle : elle perd l’Espagne, doit livrer sa flotte et ses éléphants de combat, payer en cinquante annuités une indemnité de 10 000 talents et ne peut plus mener aucune guerre sans l’autorisation de Rome. Revenu à Rome, Scipion célèbre un triomphe magnifique et reçoit de ses soldats le surnom d’Africain.
Contrairement au traité de paix de la première guerre punique qui définissait les limites entre deux aires d’influence, la paix conclue par les Carthaginois après cette défaite sur leur sol sanctionne la fin de l’hégémonie de Carthage en Méditerranée occidentale. Carthage perd l’Espagne et n’a plus qu’un faible pouvoir de contrôle de sa périphérie proche. Or cette même aire d’influence est par la suite progressivement grignotée par Massinissa qui profite de l’impuissance de l’ancienne orgueilleuse cité et du soutien romain qu’il obtient en s’alliant à la République romaine. Toutefois, Carthage entreprend avec succès de développer son agriculture dans sa chôra (territoire continental) et se met à retrouver peu à peu une partie de son ancienne richesse.
Lors de la troisième guerre punique, Carthage ne sera plus dans les faits une véritable menace pour Rome. Mais, celle-ci prendra pour prétexte la tentative de riposte des Carthaginois aux grignotages incessants des Numides pour intervenir en Afrique et détruire la ville après un siège de trois ans, répondant au vœu de Caton l’Ancien : « Carthago delenda est » (« Carthage doit être détruite »).

19 octobre 439 : Genséric s’empare de Carthage.
Rompant le traité qui le liait à Rome depuis 435, le roi des Vandales et des Alains entre sans combat dans Carthage, capitale de l’Afrique romaine. La ville devient la capitale de son royaume, et les Vandales datent désormais leurs actes officiels à partir de ce jour.
Les Vandales sont passés d’Espagne en Afrique en mai 429, au nombre d’environ 80 000 personnes selon le chiffre avancé par Genséric lui-même. Ils ont battu le comte Boniface en Numidie en 430, assiégé Hippone, où mourut saint Augustin, et défait une armée de secours romano-orientale. En 435, un traité fait d’eux des fédérés de l’Empire, installés en Maurétanie et dans une partie de la Numidie. Carthage, Cirta et Hippone restent romaines.
Le 19 octobre 439, sans déclaration de guerre, Genséric surprend Carthage et s’en rend maître sans affrontement notable. Le clergé catholique et une partie de l’aristocratie sont bannis ou réduits en esclavage, les domaines de la région distribués aux guerriers vandales. Genséric fait démanteler les fortifications de la plupart des villes africaines pour priver ses adversaires de points d’appui, à l’exception de quelques places dont Carthage.
La perte de la province prive Rome de sa principale source de blé et offre aux Vandales un port et une flotte. En 442, un nouveau traité reconnaît leur souveraineté sur la Proconsulaire, la Byzacène et une partie de la Numidie. En 455, cette flotte permet à Genséric de piller Rome. Le royaume vandale d’Afrique durera jusqu’à la reconquête byzantine de Bélisaire, en 533-534.
19 octobre 1781 : capitulation de Cornwallis à Yorktown (Virginie).
Encerclé par terre par l’armée franco-américaine de Washington et Rochambeau, coupé de la mer par l’escadre du comte de Grasse, le général Cornwallis capitule avec un peu plus de 8 000 soldats et marins. C’est la dernière grande opération de la guerre d’Indépendance américaine.
Au printemps 1781, Cornwallis a remonté les Carolines vers la Virginie puis s’est retranché à Yorktown, sur la rivière York, pour attendre ravitaillement et renforts par mer. Washington et Rochambeau, alors devant New York, apprennent en août que de Grasse quitte les Antilles pour la baie de Chesapeake avec sa flotte et 3 000 hommes de troupe sous le marquis de Saint-Simon. Ils franchissent l’Hudson le 21 août et marchent vers le sud, pendant que La Fayette contient Cornwallis en Virginie.
Le 5 septembre, à l’entrée de la Chesapeake, de Grasse repousse l’escadre britannique de l’amiral Graves, qui regagne New York. L’armée de Cornwallis n’a plus d’issue maritime. L’escadre de Barras, venue de Newport, apporte l’artillerie de siège. Le 28 septembre, les armées alliées, fortes de plus de 16 000 hommes dont près de la moitié de Français, investissent la place.
La première parallèle est ouverte dans la nuit du 6 au 7 octobre, et le bombardement commence le 9. Dans la nuit du 14, deux colonnes de 400 hommes enlèvent les redoutes avancées : la n° 9 par les Français du régiment de Royal Deux-Ponts et des chasseurs de Gâtinais, la n° 10 par l’infanterie légère américaine d’Alexander Hamilton. Une sortie britannique le 16, puis une tentative d’évacuation par la rivière vers Gloucester Point, dispersée par un orage, échouent. Le 17, Cornwallis demande à parlementer.
Les articles de la capitulation sont signés le 19 octobre par Washington, Rochambeau et Barras (pour lui-même et pour de Grasse), et du côté britannique par Cornwallis et le capitaine de vaisseau Thomas Symonds. L’après-midi, la garnison sort drapeaux roulés entre une haie de soldats américains et une haie de soldats français. Cornwallis, se disant malade, délègue le général O’Hara. Celui-ci tente de remettre l’épée de son chef à Rochambeau, qui le renvoie vers Washington ; Washington le dirige à son tour vers son adjoint, le général Benjamin Lincoln. Selon les décomptes le plus souvent cités, 7 087 officiers et soldats, environ 900 marins, 144 canons, une frégate et une trentaine de transports tombent aux mains des alliés.
La défaite fait tomber le cabinet de Lord North au printemps 1782 et ouvre les négociations qui aboutiront aux traités de Paris et de Versailles du 3 septembre 1783, par lesquels la Grande-Bretagne reconnaît l’indépendance des États-Unis.
19 octobre 1783 : premier vol humain en montgolfière (à la Folie Titon – aujourd’hui rue de Montreuil – Paris).
Dans le jardin de la manufacture de papiers peints de Réveillon, faubourg Saint-Antoine, Pilâtre de Rozier enchaîne plusieurs ascensions à bord d’une montgolfière retenue par des cordes. Pour la première fois, deux hommes s’élèvent ensemble dans les airs. Ce n’est pas le premier vol humain : Pilâtre s’était déjà élevé seul quatre jours plus tôt.
Le 19 septembre 1783, une montgolfière a emporté devant Louis XVI, à Versailles, un mouton, un canard et un coq, retrouvés vivants à Vaucresson. Étienne Montgolfier fait ensuite construire à la Folie Titon, propriété de Réveillon située sur l’actuelle rue de Montreuil, un ballon d’environ 23 mètres de haut et 15 mètres de diamètre. Une galerie circulaire entoure la base, et un réchaud suspendu dans l’ouverture permet d’entretenir le feu de paille en vol.
Le 15 octobre, Pilâtre de Rozier, jeune physicien, prend place seul dans la galerie et s’élève d’environ 25 mètres, retenu par des cordes, pendant un peu plus de quatre minutes : c’est la première ascension humaine attestée. Il renouvelle l’essai le 17. Le 19 octobre, il monte d’abord seul, à plusieurs dizaines de mètres, en apprenant à régler l’altitude par l’alimentation du foyer. Il embarque ensuite André Giroud de Villette, et l’aérostat atteint une centaine de mètres. Une troisième ascension se fait avec le marquis d’Arlandes, officier d’infanterie, selon plusieurs sources ; d’autres citent Réveillon, sans confirmation solide.
Giroud de Villette publie peu après une lettre dans laquelle il souligne qu’un tel appareil, peu coûteux, permettrait à une armée d’observer les positions ennemies. L’idée sera reprise en 1794 avec la création de la première compagnie d’aérostiers, engagée à Fleurus. Le 21 novembre 1783, Pilâtre de Rozier et d’Arlandes réalisent le premier vol libre, du château de la Muette à la Butte-aux-Cailles, soit environ 9 km en 25 minutes.
19 octobre 1812 : Napoléon évacue Moscou (Russie).
35 jours après son entrée dans une ville que l’incendie a en grande partie détruite, et sans réponse du tsar à ses offres de paix, Napoléon quitte Moscou avec environ 100 000 hommes. La retraite de Russie commence.
La Grande Armée est entrée à Moscou le 14 septembre, au lendemain de la bataille de la Moskova. Dès la nuit suivante, des incendies attribués aux Russes ravagent une ville bâtie surtout en bois. L’Empereur s’installe au Kremlin et attend une négociation qu’Alexandre Ier refuse d’ouvrir. Les premières neiges tombent le 13 octobre. Le 18, Koutouzov surprend à Winkowo, près de Taroutino, l’avant-garde de Murat, qui perd plusieurs milliers d’hommes.
Le 19 au matin, l’armée sort de Moscou par la route de Kalouga. Napoléon veut gagner le sud, plus riche en vivres, avant de remonter vers Smolensk par une route qui n’a pas été dévastée à l’aller. Les colonnes traînent un convoi de plusieurs milliers de voitures chargées de blessés, de vivres et de butin. Le maréchal Mortier reste au Kremlin avec l’ordre de le faire sauter avant de partir, ce qu’il fait en partie dans la nuit du 22 au 23 octobre.
Le 24 octobre, le corps d’Eugène de Beauharnais se heurte aux Russes à Maloïaroslavets. La ville change de mains plusieurs fois et reste aux Français, mais Napoléon renonce à forcer le passage et reprend la route de Mojaïsk et de Smolensk, celle de l’aller, ravagée. Le froid, la faim, les cosaques et les partisans font le reste. Après le passage de la Bérézina (26-29 novembre), les restes de l’armée repassent le Niémen à la mi-décembre. Sur plus de 500 000 hommes engagés en juin, quelques dizaines de milliers en reviennent.

19 octobre 1813 : fin de la bataille de Leipzig (Allemagne) et mort du maréchal Poniatowski.
Après trois jours de combats contre les armées russe, prussienne, autrichienne et suédoise, Napoléon ordonne la retraite vers l’ouest. L’unique pont sur l’Elster saute alors que l’arrière-garde est encore dans Leipzig. Des dizaines de milliers d’hommes sont pris, et le prince Józef Poniatowski, maréchal depuis 3 jours, se noie en tentant de franchir la rivière.
La « bataille des Nations » oppose près de 200 000 hommes de l’Empereur à plus de 300 000 coalisés. Le 16 octobre, à Wachau, Napoléon tient tête à Schwarzenberg, et récompense Poniatowski, qui commande le VIIIe corps polonais sur l’aile droite, du bâton de maréchal. Le 17, les deux camps se renforcent : Bennigsen et Bernadotte rejoignent la coalition. Le 18, l’étau se resserre, et une partie des troupes saxonnes et wurtembergeoises passe à l’ennemi en pleine bataille.
Dans la nuit du 18 au 19, le gros de l’armée commence à évacuer la ville vers Lindenau par la seule chaussée qui franchit l’Elster et ses bras. Macdonald commande l’arrière-garde, formée des corps de Reynier, Lauriston, Poniatowski et du sien, qui doit tenir les faubourgs. Le pont a été miné, avec l’ordre de ne le détruire qu’après son passage. Vers midi, les coalisés forcent la porte de Halle et leurs tirailleurs approchent du pont. Le caporal de sapeurs chargé de la mise à feu, laissé sans officier, déclenche l’explosion. Tout ce qui reste sur la rive est est perdu : près de 30 000 hommes, dont une trentaine de généraux parmi lesquels Lauriston et Reynier, et environ 260 canons. Macdonald traverse à la nage.
Poniatowski, blessé, tente de passer l’Elster à cheval. Atteint de nouveau, il disparaît dans la rivière. Son corps est repêché le 24 octobre, inhumé à Varsovie, puis transféré en 1817 dans la cathédrale du Wawel à Cracovie, auprès des rois de Pologne. Il est le seul étranger élevé à la dignité de maréchal sous l’Empire, et son nom figure sur l’arc de triomphe de l’Étoile.
Les pertes sont estimées à environ 54 000 à 60 000 hommes chez les coalisés. Côté français, aux 38 000 à 45 000 tués et blessés s’ajoutent les prisonniers de la dernière journée, ce qui porte le total à 70 000 hommes environ selon les estimations. Napoléon doit abandonner l’Allemagne. Il bat les Bavarois à Hanau le 30 octobre et repasse le Rhin avec environ 70 000 hommes.

19 octobre 1864 : bataille de Cedar Creek (Virginie).
Surprise à l’aube dans ses camps par l’armée confédérée de Jubal Early, l’armée fédérale de la Shenandoah reflue en désordre. Son chef, Philip Sheridan, revenu à bride abattue de Winchester, la regroupe et lance l’après-midi une contre-attaque qui disperse les confédérés. La vallée de la Shenandoah ne servira plus de base pour menacer Washington.
Depuis septembre, Sheridan a battu Early à Winchester puis à Fisher’s Hill, et ravagé les récoltes et les moulins de la vallée, épisode que les habitants appellent « l’Incendie ». Persuadé qu’Early n’est plus en état d’attaquer, il s’est absenté pour une réunion à Washington. Ses trois corps (VIe, VIIIe et XIXe), environ 31 600 hommes, campent derrière la rivière Cedar Creek, au nord de Strasbourg (Virginie).
Avant l’aube du 19 octobre, à la faveur du brouillard, les colonnes d’Early, environ 15 000 hommes, contournent le flanc gauche fédéral et tombent sur des soldats encore endormis. Le VIIIe puis le XIXe corps sont mis en déroute ; le VIe se replie en combattant au nord de Middletown. Les confédérés, épuisés et affamés, s’arrêtent pour piller les camps.
Sheridan, qui a passé la nuit à Winchester, entend le canon et parcourt une vingtaine de kilomètres au galop en ralliant les fuyards. Vers 16 h 00, il lance une contre-attaque générale ; la cavalerie de Custer et de Merritt déborde la gauche d’Early, dont l’armée se débande. Les fédéraux reprennent leurs canons et s’emparent de la plupart de ceux de l’adversaire. Les pertes s’élèvent à 5 764 hommes côté nordiste (dont 569 tués) et environ 3 000 côté sudiste ; le général confédéré Stephen Ramseur est mortellement blessé.
Trois semaines avant l’élection présidentielle du 8 novembre, la victoire, après la prise d’Atlanta en septembre, conforte la réélection d’Abraham Lincoln.
19 octobre 1914 : début de la première bataille d’Ypres (Belgique).
La « course à la mer » s’achève en Flandre. Le 19 octobre, les armées allemandes lancent une offensive générale de l’Yser à la Lys, au moment où le corps expéditionnaire britannique prend position autour d’Ypres. Un mois de combats fixe le front et crée le saillant qui restera disputé jusqu’en 1918.
Après la Marne, chaque camp a tenté de déborder l’autre par le nord. La chute d’Anvers, le 10 octobre, libère des forces allemandes, et Falkenhayn forme une nouvelle 4e armée, composée en grande partie de corps de réserve récemment levés. Il veut percer vers Calais et Boulogne. Le maréchal French amène le corps expéditionnaire britannique de l’Aisne en Flandre, l’armée belge s’accroche à l’Yser, et Joffre confie à Foch la coordination des forces alliées du Nord.
Le 19 octobre, la 7e division britannique, sur la route de Menin, et le Ier corps de Haig, qui débarque, se heurtent à des forces allemandes bien supérieures à ce qu’avait estimé French. Les historiens découpent la bataille en phases : combats de rencontre (19-21 octobre), Langemarck (21-24 octobre), où des régiments de jeunes réservistes attaquent en masse et perdent jusqu’à 70 % de leurs effectifs, Gheluvelt (29-31 octobre), puis la dernière poussée allemande de Nonne Bosschen, le 11 novembre. Au nord, les Belges arrêtent l’avance en inondant la plaine de l’Yser à la fin octobre, tandis que les fusiliers marins de l’amiral Ronarc’h tiennent Dixmude. Les corps d’armée français envoyés en renfort occupent une part croissante du front.
Les combats s’éteignent le 22 novembre. Le corps expéditionnaire britannique d’avant-guerre y laisse environ 58 000 hommes, soit l’essentiel de son infanterie de métier. Les pertes allemandes dépassent 130 000 hommes ; les pertes françaises, mal établies, se comptent en dizaines de milliers. Le front se fige de la mer du Nord à la Suisse, et la guerre de tranchées commence.
19 octobre 1917 : début de la guerre électronique (Paris – Lyon).
11 Zeppelin de la marine allemande partent bombarder les régions industrielles du nord de l’Angleterre. Un vent violent les disperse et les pousse vers la France, où le brouillage des émissions et la neutralisation de la tour Eiffel par le général Ferrié compliquent leur navigation. 4 dirigeables ne rentrent pas.
Les Zeppelin du raid sont des appareils de haute altitude, capables de monter au-dessus de 5 000 m pour échapper aux chasseurs. Le 19 octobre, partis de leurs bases du nord de l’Allemagne, ils doivent viser Sheffield, Manchester et Liverpool. À cette altitude, un vent de nord de près de 80 km/h les déporte vers le sud. Moteurs inaudibles depuis le sol, ils bombardent au hasard, d’où le nom de « raid silencieux ». Le L 45 lâche ses bombes sur Londres, sans l’avoir visée : une bombe de 300 kg tue dix personnes à Camberwell. Le raid fait au total environ 35 morts en Angleterre.
Incapables de remonter contre le vent, plusieurs dirigeables dérivent au-dessus de la France dans la matinée du 20 octobre. Le L-44 est abattu en flammes par la défense antiaérienne près de Saint-Clément, au sud-est de Lunéville, sans survivant. Le L-49, intercepté par des chasseurs Nieuport, se pose à Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne) : c’est le premier Zeppelin capturé intact, et ses plans inspireront plus tard les dirigeables rigides américains. Le L-45, à court d’essence, s’écrase dans la vallée du Buëch, près de Mison et Laragne, où l’équipage l’incendie. Le L-50 touche le sol, perd une partie de son équipage, puis s’envole avec quatre hommes vers la Méditerranée, où on perd sa trace.
Le rôle de la tour Eiffel est rapporté par Louis Ribedeau-Dumas, ancien ingénieur des transmissions. Les écoutes françaises repéraient les essais de TSF qui précédaient chaque raid et suivaient les relèvements goniométriques que demandaient les dirigeables. Ce soir-là, selon lui, Ferrié fait taire la station de la tour Eiffel, que les navigateurs allemands utilisaient comme repère, et la remplace par celle de Lyon-La Doua, équipée du même matériel, ce qui fausse leurs calculs de position. Le raid illustre l’emploi coordonné de l’écoute, de la radiogoniométrie et de la déception radioélectrique ; il n’est pas pour autant le point de départ de la guerre électronique, pratiquée dès 1914.
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19 octobre 1935 : la Société des Nations adopte des sanctions contre l’Italie (Éthiopie).
16 jours après l’invasion de l’Éthiopie, le comité de coordination de la SDN adopte un embargo sur les importations de produits italiens et sur certaines exportations vers l’Italie. Le pétrole, le charbon et l’acier en sont exclus, et le canal de Suez reste ouvert : les sanctions n’arrêtent pas la guerre.
Le 3 octobre 1935, les troupes italiennes du général De Bono franchissent la frontière depuis l’Érythrée, tandis qu’un second front s’ouvre depuis la Somalie italienne. Le 7, le Conseil de la SDN reconnaît que l’Italie a eu recours à la guerre en violation du Pacte. L’Assemblée crée un comité de coordination de 52 États chargé d’appliquer l’article 16.
Le comité procède par propositions successives. Le 11 octobre, il lève l’embargo sur les armes à destination de l’Éthiopie et l’impose à l’Italie. Le 14, il interdit les prêts et crédits. Le 19 octobre, il adopte trois mesures : l’interdiction d’importer des marchandises italiennes, l’embargo sur une liste de produits stratégiques à destination de l’Italie (caoutchouc, minerais et métaux comme l’aluminium ou le nickel), et l’organisation d’une assistance mutuelle entre États lésés. L’Autriche et la Hongrie, proches de Rome, s’abstiennent. Les États membres sont invités à fixer leur date d’application ; les sanctions entrent en vigueur le 18 novembre.
La portée de ces mesures reste limitée. L’Italie continue de recevoir du pétrole, les États-Unis et l’Allemagne ne sont pas membres de la SDN, et la Grande-Bretagne et la France, soucieuses de ménager Mussolini face à Hitler, négocient en décembre le plan Hoare-Laval, qui aurait cédé à l’Italie une grande partie de l’Éthiopie. Le maréchal Badoglio entre dans Addis-Abeba le 5 mai 1936, après une campagne marquée par l’emploi de gaz toxiques. Les sanctions sont levées le 15 juillet 1936.
19 octobre 1940 : raid italien sur Bahreïn, de Rhodes à l’Érythrée (golfe Persique).
4 bombardiers italiens partis de Rhodes bombardent pendant la nuit la raffinerie de Bahreïn et, par erreur, le camp pétrolier de Dhahran, en Arabie saoudite, avant de se poser en Érythrée, colonie italienne. C’est l’un des raids de bombardement les plus longs de la guerre à cette date.
L’Italie, en guerre depuis juin 1940, cherche à frapper l’approvisionnement de la Royal Navy en carburant. Le projet, proposé par un pilote d’essai, consiste à atteindre le Golfe depuis le Dodécanèse sans escale, puis à rejoindre l’Afrique orientale italienne au lieu de revenir. Des trimoteurs Savoia-Marchetti SM.82, appareils de transport adaptés au bombardement, sont choisis pour leur autonomie.
Les 4 avions décollent de Rhodes dans l’après-midi du 18 octobre, survolent le Levant et l’Irak de nuit et atteignent Bahreïn après 9 heures de vol environ. 3 d’entre eux bombardent les installations de la Bahrain Petroleum Company ; le quatrième, égaré, attaque Dhahran, qu’il prend pour sa cible. Les avions se regroupent et se posent sur la piste de Zula, en Érythrée, le 19 au matin, après plus de 15 heures de vol.
Les dégâts sont faibles. La radio italienne annonce la destruction des installations, mais la production n’est guère affectée. Le ministre d’Italie en Arabie présente des excuses au gouvernement saoudien, neutre. Les Britanniques renforcent la défense antiaérienne de Bahreïn, et la compagnie pétrolière américaine de Dhahran rapatrie femmes et enfants. Le raid montre surtout l’allonge de l’aviation italienne depuis ses bases d’Afrique orientale, perdues l’année suivante.
19 octobre 1950 : Pyongyang tombe, les « volontaires » chinois franchissent le Yalu (Corée).
Le même jour, les forces des Nations unies entrent dans la capitale nord-coréenne et les premières armées chinoises passent la frontière en secret. Six jours plus tard, elles frappent les unités sud-coréennes qui foncent vers la Chine.
Après le débarquement d’Inchon (15 septembre) et la reprise de Séoul, les forces de l’ONU franchissent le 38e parallèle début octobre. Le Ier corps américain progresse sur Pyongyang par Kaesong et Sariwon. La 1re division sud-coréenne du général Paik Sun-yup, originaire de la région, et la 1re division de cavalerie américaine se disputent l’honneur d’y entrer les premières. Le 19 octobre, les Sud-Coréens franchissent le pont du Taedong et pénètrent dans la ville une demi-heure environ avant les Américains, qui y entrent par le sud. Le gouvernement de Kim Il-sung s’est replié vers le nord. Le lendemain, 4 000 parachutistes américains sont largués à Sukchon et Sunchon pour couper la retraite nord-coréenne.
À Pékin, Mao Zedong a décidé l’intervention début octobre, contre l’avis d’une partie des dirigeants, et confié le commandement à Peng Dehuai. Le 8 octobre, les forces de la frontière du Nord-Est deviennent l’« Armée des volontaires du peuple chinois », appellation qui permet à la Chine d’éviter une déclaration de guerre aux États-Unis. Le soir du 19 octobre, les 38e, 39e, 40e et 42e armées franchissent le Yalu à Andong (Dandong), Changdian et Ji’an. Elles marchent de nuit, se camouflent le jour et échappent à la reconnaissance aérienne.
Le 25 octobre, elles attaquent les divisions sud-coréennes près d’Onjong et d’Unsan, ouvrant la première offensive chinoise. Le commandement de MacArthur sous-estime longtemps l’ampleur de l’intervention. Fin novembre, la deuxième offensive chinoise rejette les forces de l’ONU au sud du 38e parallèle, et Pyongyang est reprise début décembre.
19 octobre 1950 : reddition de Chamdo (Tibet).
Douze jours après le franchissement du Yangzi supérieur par l’Armée populaire de libération, le gouverneur tibétain du Kham oriental, Ngapo Ngawang Jigme, se rend avec ses troupes. L’armée tibétaine n’a plus les moyens de défendre Lhassa.
Après l’échec de négociations avec le gouvernement du Dalaï-Lama, environ 40 000 soldats chinois franchissent le Jinsha le 7 octobre 1950 et pénètrent dans la région de Chamdo, que Pékin rattache alors à la province du Xikang. L’armée tibétaine, environ 8 500 hommes mal équipés, est débordée en quelques jours ; les voies de retraite vers l’ouest sont coupées. Le 19 octobre, Ngapo capitule. Libéré, il conduit plus tard la délégation tibétaine qui signe à Pékin l’accord en 17 points du 23 mai 1951, ouvrant la voie à l’entrée des troupes chinoises à Lhassa à l’automne suivant.
19 octobre 1977 : « Black Wednesday » en Afrique du Sud.
5 semaines après la mort de Steve Biko en détention, le gouvernement sud-africain interdit d’un coup les organisations de la Conscience noire, deux quotidiens et l’Institut chrétien, et fait arrêter des dizaines de militants et de journalistes. La journée est aujourd’hui commémorée comme celle de la liberté de la presse.
Depuis le soulèvement de Soweto, en juin 1976, le mouvement de la Conscience noire anime la contestation de la jeunesse. Arrêté en août 1977, son principal inspirateur, Steve Biko, meurt le 12 septembre à Pretoria des suites des coups reçus pendant ses interrogatoires. Les journaux noirs de Johannesburg, The World et Weekend World, dirigés par Percy Qoboza, en rendent largement compte.
Le 19 octobre, le ministre de la Justice, Jimmy Kruger, use de la loi sur la sécurité intérieure pour interdire dix-huit ou dix-neuf organisations selon les décomptes, parmi lesquelles la Convention du peuple noir, l’Organisation des étudiants sud-africains fondée par Biko et l’Union des journalistes noirs. The World, Weekend World et la revue Pro Veritate sont fermés, tout comme l’Institut chrétien, dont le directeur, le pasteur Beyers Naudé, est frappé d’une mesure de bannissement. Percy Qoboza est détenu 5 mois sans jugement.
La répression accélère l’isolement du régime. Le 4 novembre 1977, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 418, premier embargo obligatoire sur les livraisons d’armes à destination de l’Afrique du Sud.
19 octobre 1983 : exécution de Maurice Bishop à Fort Rupert (Grenade).
Libéré par la foule après six jours de résidence surveillée, le Premier ministre grenadien se réfugie au quartier général de l’armée. Une unité fidèle à son rival Bernard Coard reprend le fort, tire sur la foule et fusille Bishop avec 7 de ses proches. 6 jours plus tard, les États-Unis envahissent l’île.
Arrivé au pouvoir par un coup de force le 13 mars 1979, le New Jewel Movement de Maurice Bishop a rapproché Grenade de Cuba et de l’URSS. En 1983, une crise oppose Bishop à son vice-Premier ministre, Bernard Coard, partisan d’une ligne plus dure. Le 13 octobre, le comité central et la direction de l’Armée révolutionnaire du peuple le placent en résidence surveillée.
Le 19 octobre au matin, plusieurs milliers de manifestants conduits par le ministre des Affaires étrangères, Unison Whiteman, libèrent Bishop et l’accompagnent à Fort Rupert, au-dessus de Saint-George’s, siège de l’état-major, dont les soldats sont désarmés. Depuis Fort Frederick, les officiers favorables à Coard envoient 3 véhicules blindés de transport de troupes. La fusillade fait de nombreuses victimes civiles, dont le nombre n’a jamais été établi avec précision. Bishop, la ministre de l’Éducation Jacqueline Creft, Unison Whiteman, le ministre Norris Bain, le syndicaliste Fitzroy Bain et 3 autres de ses partisans sont alignés dans la cour du fort et fusillés. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés.
Le soir même, le général Hudson Austin annonce à la radio la formation d’un Conseil militaire révolutionnaire et un couvre-feu de quatre jours, avec ordre de tirer à vue. Invoquant la sécurité de près de 600 étudiants américains et l’appel de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale, Ronald Reagan lance le 25 octobre l’opération Urgent Fury. En 1986, 17 dirigeants civils et militaires, dont Coard et Austin, sont condamnés pour ces meurtres ; les derniers sont libérés en 2009. Fort Rupert a depuis repris son nom de Fort George.
19 octobre 1986 : mort de Samora Machel à Mbuzini (Afrique du Sud).
Le Tupolev présidentiel mozambicain, qui ramène Samora Machel d’une réunion en Zambie, s’écrase de nuit sur les monts Lebombo, en territoire sud-africain, à quelques centaines de mètres de la frontière. Le président et 33 autres occupants sont tués. La cause de l’accident, attribuée à une erreur de l’équipage par l’enquête sud-africaine, reste contestée.
Premier président du Mozambique indépendant depuis 1975, Samora Machel mène une guerre contre la RENAMO, soutenue par l’Afrique du Sud. L’accord de Nkomati, signé avec Pretoria en 1984, n’a pas tari ce soutien. Le 19 octobre, Machel rencontre à Mbala, dans le nord de la Zambie, les présidents Kenneth Kaunda et José Eduardo dos Santos ; les discussions portent sur le Malawi de Hastings Banda et le Zaïre de Mobutu, accusés d’aider la rébellion.
Le Tupolev Tu-134A, piloté par un équipage soviétique, décolle de Mbala à 18 h 38 pour Maputo. Vers 21 h 20, alors qu’il entame sa descente, l’avion vire d’environ 37 degrés vers la droite et percute une colline près de Mbuzini, à environ 65 kilomètres de Maputo. Sur les 44 personnes à bord, une dizaine survivent. La police sud-africaine n’arrive sur les lieux que plusieurs heures après l’accident.
La commission d’enquête sud-africaine présidée par le juge Cecil Margo conclut que l’appareil était en état de vol et retient une faute de l’équipage, qui n’aurait pas tenu compte de l’alarme de proximité du sol. Les experts soviétiques refusent ces conclusions et avancent l’hypothèse d’une fausse balise VOR, émettant sur la fréquence de celle de Maputo, qui aurait attiré l’avion hors de sa route. La Commission vérité et réconciliation, dans les années 1990, n’a pas tranché mais relevé de nombreuses questions sans réponse. L’Afrique du Sud a annoncé en 2006 la réouverture de l’enquête. Joaquim Chissano succède à Machel. Un mémorial, inauguré en 1999 par Nelson Mandela et Joaquim Chissano, marque le lieu de l’accident.
19 octobre 1987 : opération Nimble Archer (golfe Persique).
En représailles à un tir de missile iranien contre un pétrolier battant pavillon américain, quatre destroyers de l’US Navy détruisent au canon 2 plates-formes pétrolières iraniennes du champ de Rashadat, utilisées par les Gardiens de la révolution comme postes de surveillance et de commandement.
En pleine guerre Iran-Irak, les États-Unis escortent depuis juillet 1987 les pétroliers koweïtiens passés sous pavillon américain (opération Earnest Will). Le 16 octobre, un missile antinavire Silkworm tiré depuis la péninsule de Fao, occupée par l’Iran, frappe le Sea Isle City au mouillage dans les eaux koweïtiennes et blesse plusieurs membres de l’équipage.
Le 19 octobre, en début d’après-midi heure locale, les destroyers Kidd, John Young, Leftwich et Hoel laissent une vingtaine de minutes au personnel iranien pour évacuer, puis tirent plusieurs centaines d’obus de 127 mm sur les plates-formes de Rashadat, ancien champ de Rostam. Des commandos de la marine montent sur une plate-forme voisine abandonnée et y détruisent les équipements de surveillance. Ronald Reagan qualifie l’opération de riposte « prudente mais mesurée ».
Les affrontements reprennent en avril 1988 avec l’opération Praying Mantis. En 2003, la Cour internationale de justice, saisie par l’Iran, juge que les attaques de 1987 et 1988 ne pouvaient être justifiées au titre de la légitime défense, tout en rejetant la demande de réparation iranienne fondée sur le traité de 1955.









