28 juin 1098 : la victoire de Bohémond de Tarente sur l’atabey Kerbogha lors de la bataille d’Antioche livre toute la Syrie aux croisés.
Le lundi 28 juin, les croisés sortirent d’Antioche. La surprise du chef de l’armée turque, Kerbogha, fut telle qu’il resta un bon moment cloué sur place ; lui qui s’attendait voir sortir un « seul petit bataillon au moral complètement abattu », quelle ne fut pas sa surprise d’en voir sortir en trombe non pas un mais six bataillons en excellente condition et que c’étaient eux qui menaient l’attaque ; il en restait ébahi, incapable de réagir tant leur sortie était foudroyante, redoutable et massive.
Emmenés par le très fougueux Anselme II d’Ostrevent, seigneur de Ribemont, au lieu de se mettre en ligne pour un dernier combat, Kerbogha vit soudainement suivre non pas une petite bande mais un premier bataillon, celui d’Hugues 1er de Vermandois, suivi de Raymond d’Aguilers qui portait la Sainte Lance, puis un autre, etc.
Kerbogha, contre l’avis de ses généraux, avait fait l’erreur de préférer attendre pour attaquer ensuite en bloc un unique bataillon et pouvoir se délecter de les voir se faire tailler en pièces. L’énorme erreur du Turc était d’en avoir très fortement sous-estimé le nombre. Il tentera bien d’attirer les croisés en terrain rocheux, afin que ses archers en criblent les premiers rangs de flèches. Un détachement les attaqua sur leur aile gauche, non protégée, mais Bohémond constitua rapidement une septième division qui les prit à revers.
Les Turcs leur infligèrent bien de nombreuses pertes parmi lesquelles le porte étendard d’Adhémar de Monteil. Kerbogha fit même mettre le feu à la prairie face aux croisés. Mais rien ne les découragera, mus par l’idée que saint Georges, saint Démétrios et saint Maurice combattaient à leur côté. Les premiers croisés atteignaient déjà la garde de Kerbogha, quand Duqâq de Damas s’enfuit avec les renforts qu’il amenait à Kerbogha. La plupart des Turcs paniquèrent et bientôt, toute l’armée musulmane battit en retraite.
Comme Kerbogha fuyait, la citadelle se rendit, mais à Bohémond plutôt qu’à Raymond. Comme prévu, Bohémond réclama la ville pour son compte, bien qu’Adhémar et Raymond s’y opposassent. Hugues de Vermandois et Baudouin de Hainaut furent envoyés à Constantinople, mais Baudouin fut tué dans une embuscade. Cependant, Alexis ne fut pas intéressé d’envoyer un détachement pour réclamer la cité aussi tardivement dans l’été. À Antioche, Bohémond plaida qu’Alexis avait déserté la croisade et que cela invalidait les serments. Les Français du Nord, les Provençaux du Sud de la France et les Normands d’Italie se considéraient comme trois peuples distincts et chacun voulait augmenter son influence, causant des frictions, mais l’ambition personnelle fut aussi une source de friction.
Bientôt une épidémie, probablement de typhus, se déclara, et le légat Adhémar mourut le 1er. En septembre, les chefs de la croisade écrivirent à Urbain II, lui demandant de prendre personnellement le contrôle d’Antioche, mais celui-ci refusa. Le reste de l’année fut passée à prendre le contrôle de la région autour d’Antioche, bien qu’ils n’avaient que peu de chevaux, et que les paysans musulmans refusaient de les approvisionner. Les chevaliers et les soldats commencèrent à demander de poursuivre leur route vers Jérusalem. Finalement Raymond prit la tête de la croisade, laissant la principauté d’Antioche à Bohémond.
Le siège d’Antioche devint rapidement légendaire, et au XIIe siècle fut le sujet d’une chanson de geste, la chanson d’Antioche.


28 juin 1651 : début de la bataille de Berestechko, entre les cosaques zaporogues et la République des Deux Nations.
La bataille a été disputée entre les cosaques ukrainiens, dirigés par l’hetman Bohdan Khmelnytsky, aidés de leurs alliés tatars de Crimée, et une armée polonaise dirigée par le roi Jean II Casimir Vasa, du 28 au 30 juin 1651. La bataille se déroula dans la province de Volhynie, dans la plaine vallonnée au sud de la rivière Styr. On considère qu’il s’agit d’une des plus grandes batailles terrestres du XVIIe siècle.

Le nombre de troupes polonaises est incertain. Le duc Bogusław Radziwiłł, l’un des hauts responsables polonais, a écrit que l’armée polonaise comptait 80 000 soldats, dont 40 000 réguliers et 40 000 nobles de la levée en masse (Pospolite ruszenie), accompagnés d’un nombre similaire de serviteurs et fantassins. Certains historiens modernes, tels que Zbigniew Wójcik, Józef Gierowski et Władysław Czapliński, estiment que le nombre était plus proche de la fourchette 60 000 – 63 000.
Il n’existe aucune source fiable sur le nombre des troupes cosaques et de Tatars de Crimée. Les estimations possibles vont de 80 000 à 200 000 hommes. Le gros de l’armée cosaque se constituait de douze régiments nommés d’après les villes dans lesquelles ils étaient postés (conformément au Traité de Zboriv de 1649) :
- Régiment de Tchyhyryne (Colonel Mykhailo Krysa ) – 3220 Cosaques
- Régiment de Tcherkassy (Colonel Yakiv Voronchenko ) – 2990 cosaques
- Régiment de Korsoun (Colonel Ivan Gulyanitsky ) – 3470 cosaques
- Régiment de Bila Tserkva (Colonel Mykhailo Gromyka ) – 2990 cosaques
- Régiment d’Ouman (Colonel Yosyp Glukh ) – 2977 cosaques
- Régiment de Bratslav (Colonel Danylo Nechay ) – 2662 cosaques
- Régiment de Vinnytsia (Colonel Ivan Bohun ) – 2050 cosaques
- Régiment de Pereïaslav (Colonel Fedir Loboda ) – 2986 cosaques
- Régiment de Kropyvna (Colonel Filon Dzhelaliy ) – 1993 cosaques
- Régiment de Myrhorod (colonel Matviy Hladky ) – 3009 cosaques
- Régiment de Poltava (Colonel Martyn Pushkar ) – 2970 cosaques
- Régiment de Prylouky (Colonel Tymofiy Nosach ) – 1996 cosaques
Soit au total 33 313 cosaques. Cinq régiments cosaques supplémentaires (de Kiev, Kaniv, Tchernihiv, Nijyn et Pavoloch) n’ont pas participé à la bataille et ont été envoyés contre les forces lituaniennes de Janusz Radziwiłł avançant sur Kiev. Les cosaques étaient appuyés par un grand nombre de paysans ukrainiens armés de faux ou de fléaux, indisciplinés et mal organisés. Les forces de la horde de Tatars de Crimée est estimée à 28 000–33 000 hommes, mais pourrait être inférieure. Il y avait aussi 2 000 Cosaques du Don et quelques milliers de Turcs et de Valaques .
Le 19 juin 1651, l’armée polonaise comptait 14 844 cavaliers polonais, 2 250 cavaliers allemands, 11 900 fantassins et dragons allemands, 2 950 fantassins hongrois (Haïdouk), 1 550 volontaires lituaniens et 960 Lipars. Il y avait aussi 16 000 mercenaires allemands qui, mal payés, ont souffert de faim et de maladies. Un certain nombre de cosaques sont restés fidèles à la Pologne et participent à la bataille du côté polonais. Beaucoup de magnats amènent leurs grandes armées privées. En outre, les miliciens étaient très nombreux, comptant 30 000 nobles issus de la levée en masse (Pospolite ruszenie), mais d’une valeur militaire limitée.
Les commandants polonais espéraient briser les rangs cosaques en faisant charger les Hussards ailés, la cavalerie lourde d’élite, selon une tactique qui avait fait ses preuves dans de nombreuses batailles précédentes, y compris à Kircholm et Kłuszyn (et postérieurement à la bataille de Vienne de 1683 contre les Turcs).
L’armée cosaque était habituée aux tactiques polonaises, et préférait combattre autour d’un camp fortifié que sur un champ de bataille dégagé.
À la suite de la bataille, le roi Jean Casimir rentre à Varsovie célébrer la victoire et ne poursuit pas les Cosaques en fuite, ce qui est généralement considéré comme une erreur. Les Polonais devront à nouveau combattre les Cosaques et les Tatars à la bataille de Bila Tserkva en 1651. La paix est finalement obtenue au traité de Bila Tserkva du 28 septembre 1651, qui réduit considérablement l’importance des Cosaques telle qu’elle avait été accordée au traité de Zboriv. La révolte ukrainienne se poursuit cependant pendant plusieurs années, et finalement le traité de Pereïaslav et la guerre russo-polonaise qui s’ensuit font passer l’Ukraine et les Cosaques dans l’aire d’influence de la Russie.

28 juin 1811 : prise de Tarragone par le général en chef Suchet.
Le siège de Tarragone oppose les Français commandés par le maréchal Suchet aux Espagnols sous les ordres du général Senen de Contreras, gouverneur militaire de la ville. Le siège débute le . La prise de Tarragone a lieu le .
Ayant obtenu la reddition de Tortose après six jours de siège, Suchet remonte vers le nord pour assiéger une des dernières places fortes encore aux mains des Espagnols en Catalogne et investit Tarragone le . Au bout de 55 jours de siège, la ville fut prise d’assaut le .
Une source donne des pertes de côté français s’élevant à 4 300 tués ou blessés pour une armée de 21 634 hommes, y compris le général de division Jean-Baptiste Salme tombé au champ d’honneur le 27 mai. Les pertes espagnoles s’élèvent entre 14 000 et 15 000 personnes qui se répartissent entre 8 000 qui ont été capturées et le reste tué, blessé, ou mort de maladie. Durant le massacre précédant l’assaut final, les assaillants français ont massacré de nombreux civils dont 450 femmes et enfants2. Une seconde source affirme que le total des pertes espagnoles était de 15 000 personnes, dont 7 000 auraient été massacrées. Les pertes françaises étaient de 1 000 tués et 3 000 blessés ou malades.

28 juin 1835 : bataille de la Macta (Algérie).
Elle s’est déroulée près de la rivière de la Macta, entre les troupes françaises du général Camille Alphonse Trézel et une coalition de guerriers tribaux de l’émir Abdelkader.
La colonne française, qui avait subi des pertes lors d’une bataille peu concluante avec Abdelkader quelques jours plus tôt, se repliait vers Arzew pour se ravitailler, lorsque Abdelkader l’attaqua dans les marais sur les rives de la Macta dans l’actuel ouest algérien. Les troupes françaises ont paniqué et se sont enfuies à Arzew dans une retraite désorganisée. Les Algériens firent une pyramide avec la tête des Français vaincus, prétendument des centaines au total.
Le sergent-major François Achille Bazaine, futur général, est blessé au poignet au cours de la bataille.
Après l’affrontement, l’émir Abdelkader installe sa capitale à Tagdemt. En France, le désastre conduisit au rappel du général Trézel et du comte d’Erlon, premier gouverneur général d’Algérie, et permit à Abdelkader d’acquérir de l’influence sur les tribus dans toute l’Algérie.

28 juin 1873 : naissance d’Alexis Carrel.
Prix Nobel de médecine 1912, il sauva des milliers de vie pendant la Grande Guerre, grâce à une méthode imaginée avec le chimiste Henry DAKIN pour stériliser les plaies et enrayer la gangrène. En , atteint par la limite d’âge inflexible de l’Institut Rockefeller, il rentre en France, deux mois avant le début de la Seconde Guerre mondiale. En guise de soutien à l’effort de guerre, il développe des techniques de conservation du sang et conçoit un hôpital militaire mobile, qui sera utilisé pour la première fois par les Britanniques en Afrique du Nord.
Il publie en 1935 livre L’homme, cet inconnu, qui aura un énorme succès.

28 juin 1914 : attentat de Sarajevo (actuelle Bosnie-Herzégovine).
L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’empire austro-hongrois par Gravilo Princip, provoque l’étincelle qui va déclencher la Première Guerre mondiale. Le matin même vers 10 h 15, l’archiduc et son épouse viennent d’échapper à un attentat à la bombe artisanale perpétré par un jeune typographe de 21 ans, nommé Cabrinovitch. François-Ferdinand se rend malgré tout à l’Hôtel de ville pour une réception en son honneur puis à l’issue décide d’aller réconforter les blessés de la première tentative d’assassinat. Le chauffeur de tête du cortège officiel n’ayant pas été prévenu de ce changement dans le programme, conserve l’itinéraire initial, que les 6 terroristes serbes postés en différents endroits sur le trajet ont pu étudier (grâce au journal !).

28 juin 1918 : création du Chemical Corps américain.
L’arme chimique moderne apparaît le 22 avril 1915, lorsque l’armée allemande relâche un nuage de chlore sur les lignes françaises près d’Ypres, en Belgique. Au cours des années suivantes, Allemands, Britanniques et Français échangent des tirs d’obus chimiques sur le front occidental. Les États-Unis, eux, restent à l’écart du conflit jusqu’en avril 1917 et entrent en guerre sans capacité chimique, ni offensive ni défensive.
Lorsque le Corps expéditionnaire américain (American Expeditionary Forces) débarque en France à l’été 1917, il dépend entièrement de ses alliés. Faute d’équipement de protection national, les soldats américains utilisent les masques britanniques et français, ainsi que les munitions chimiques alliées, et reçoivent des Britanniques et des Français leur instruction initiale, individuelle comme collective. Pendant toute la guerre, les forces américaines tireront essentiellement des obus chimiques étrangers – pour l’essentiel des projectiles français chargés au phosgène et à l’ypérite, et des projectiles britanniques chargés à l’ypérite et à la lewisite – sans jamais employer au combat un agent chimique de production nationale.
La réponse américaine s’organise dans le désordre, à travers plusieurs administrations distinctes. La recherche démarre en mars 1917 avec la création d’une unité d’étude des gaz de guerre (War Gas Investigations) au sein du Bureau des Mines, rattaché au ministère de l’Intérieur. Des laboratoires sont mis en place dans une vingtaine d’universités, plusieurs entreprises chimiques et quelques installations gouvernementales, mobilisant plus d’une centaine de chimistes. La station expérimentale de l’American University à Washington devient le siège de cette recherche, future division Recherche du Chemical Warfare Service. Parallèlement, le Medical Department prend en charge la formation défensive et la production des masques, tandis que l’Ordnance Department se voit confier la production et le chargement des obus chimiques, à Edgewood, dans le Maryland.
Lire le texte complet sur Theatrum Belli.

28 juin 1919 : traité de Versailles entre l’Allemagne et les Alliés à l’issue de la Première Guerre mondiale.
Élaboré au cours de la conférence de Paris, le traité est signé le , date anniversaire de l’attentat de Sarajevo, dans la galerie des Glaces du château de Versailles, et promulgué le . Il annonce la création de la Société des Nations (SDN) et détermine les sanctions prises à l’encontre de l’Allemagne et de ses alliés. Celle-ci, qui n’est pas représentée au cours de la conférence, est amputée de certains territoires et privée de ses colonies, et astreinte à de lourdes réparations économiques et à d’importantes restrictions de sa capacité militaire.
28 juin 1940 : naissance de la « France Libre ».
La France libre est le régime de résistance extérieure fondé à Londres par le général de Gaulle à la suite de son appel du . La veille, le , face à la progression allemande, Philippe Pétain, chef du gouvernement de la IIIe République, avait appelé l’armée française à cesser les combats pendant les négociations de l’armistice avec les Allemands, qui les signèrent cinq jours plus tard, le .
Quelques semaines plus tard, le , l’Assemblée nationale, réunie à Vichy, vota une loi constitutionnelle en vue de rédiger une nouvelle Constitution et délégua les pleins pouvoirs constituants à Pétain.
Le lendemain, Pétain se déclare, par le premier des actes constitutionnels de Vichy, « chef de l’État français » (régime de Vichy). Ce même jour, le général de Gaulle, pour qui le régime de Vichy est « illégitime, nul et non avenu », forma le gouvernement de défense de l’Empire (Conseil de défense de l’Empire) de la France libre. Les forces armées ralliées à la France libre sont appelées Forces françaises libres (FFL).
Le , la « France libre » est renommée « France combattante » par le Comité national français pour marquer l’adhésion de la France libre et « des groupements qui à l’intérieur du pays participaient activement à la résistance ».
Le 3 juin 1943, la France libre (ou France combattante) devint l’une des composantes du Comité français de libération nationale (CFLN). La capitale de la France libre est alors transférée de Brazzaville à Alger. La séance inaugurale de l’Assemblée consultative provisoire se tient au palais Carnot d’Alger, le . La même année, le 1er août 1943, les Forces françaises libres (FFL) fusionnent avec l’Armée d’Afrique giraudiste pour former l’Armée française de la Libération.

28 juin 1949 : premier vol de l’hélicoptère « Abeille » (SNCAC NC.2001).
Le 28 juin 1949, un appareil à la silhouette inhabituelle décollait pour la première fois en France : le SNCAC NC.2001 Abeille, hélicoptère expérimental conçu par l’ingénieur René Dorand pour la Société nationale des constructions aéronautiques du Centre. Trois exemplaires furent achevés, mais un seul vola, le développement s’arrêtant avec la fermeture de la SNCAC.
Le projet remonte à 1946, lorsque la SNCAC demanda à René Dorand de lancer l’étude d’un hélicoptère destiné aux opérations navales. Ingénieur passé avant guerre chez Breguet, où il avait développé le Gyroplane Laboratoire en 1932 puis le Gyroplane G.20 cinq ans plus tard, Dorand fut recruté comme ingénieur en chef par la SNCAC.
Pour ce nouvel appareil, il opta pour une architecture à rotors engrenants plutôt qu’une formule à rotor de queue. Ce choix suivait les exemples du Flettner Fl 265 allemand de 1939 et du Kellett XR-8 américain de 1944. Le Kellett XR-8, développé peu avant pour l’US Army Air Force, avait démontré à Dorand que la solution du double rotor engrenant était viable au-delà de l’Allemagne. La difficulté n’était pas mince : aucun hélicoptère à rotors engrenants n’avait jamais été développé en France.
L’Abeille était un hélicoptère monomoteur à deux rotors bipales engrenants, entraînés par des arbres inclinés sortant des flancs du fuselage côte à côte. Les pales, qui démarraient à quelque distance du moyeu, présentaient un fort effilement.
Le pilotage reposait sur une combinaison de commandes propres à cette formule. Le tangage et le roulis étaient réglés depuis le manche par variation du pas cyclique via deux plateaux oscillants, et le lacet par modification du pas collectif relatif des deux rotors au moyen du palonnier. L’inclinaison vers l’avant des arbres rotor était automatiquement liée à la vitesse de déplacement. Un levier unique commandait à la fois le pas collectif et les gaz par une liaison électrique.
La structure adoptait une formule à poutre et nacelle. Le fuselage était entièrement métallique, le nez intégralement vitré avec deux sièges d’équipage côte à côte, devant une cabine dotée d’une banquette pour trois passagers. Le moteur et les boîtes de transmission étaient placés à l’arrière. L’empennage, porté par une poutre haute, se présentait sur le premier prototype sous la forme d’un grand empennage en T à dérive étroite ; sur le second appareil, le plan horizontal fut abaissé au sommet du fuselage et flanqué de deux dérives à ses extrémités. La motorisation reposait sur un moteur Renault 12S, V-12 inversé, l’ensemble étant de construction entièrement métallique pour le fuselage.
Le premier prototype ne vola jamais. Il fut détruit par le feu avant d’avoir pris l’air ; selon d’autres sources, lors de ses essais au sol. Le second effectua son vol inaugural le 28 juin 1949, piloté par Claude Dellys.
Les récits de ce vol divergent selon les sources : certaines évoquent un essai d’environ une heure jugé agréable par l’équipage, tandis que d’autres décrivent un court vol stationnaire prudent, à quelques centimètres du sol.
Le calendrier scella le sort du programme. La SNCAC fut fermée le mois même, ses actifs répartis entre les firmes d’État restantes ; l’Abeille fut abandonné, le deuxième appareil ne revola pas et le troisième ne vola jamais. La SNCASE assurait déjà le développement des voilures tournantes pour le Sud-Ouest, et la SNCAN privilégiait son propre hélicoptère N.1710 Norélic ; le programme fut arrêté à Noël 1949. René Dorand reprit alors sa collaboration avec Louis Breguet, qui déboucha sur l’hélicoptère Breguet G.111 à rotors coaxiaux.

28 juin 1978 : le Super-Étendard est opérationnel.
À la fin des années 1960, la Marine nationale lance des études pour remplacer ses Étendard IV M et ses Vought F-8 Crusader, qui équipent l’aéronautique navale embarquée à bord des porte-avions Clemenceau et Foch. Plusieurs pistes sont explorées. En 1969, la Marine retient le projet du Jaguar M, version navalisée du Jaguar franco-britannique, mais l’appareil est jugé sous-motorisé pour la mise en œuvre depuis les porte-avions français — sensiblement plus courts que leurs équivalents américains — et son adoption supposait des aménagements importants des bâtiments. Le programme est abandonné en 1973.
L’achat d’avions américains, notamment le Douglas A-4 Skyhawk ou le Vought A-7 Corsair II, est également examiné. Le gouvernement français retient finalement la proposition de Dassault d’une modernisation profonde de l’Étendard IV. La décision est officialisée le 19 janvier 1973 ; une commande de 100 exemplaires est passée le 4 septembre 1973 par le ministre de la Défense de l’époque, Michel Debré. Ce volume sera ramené à 71 appareils livrés à la Marine nationale entre 1977 et 1983.







