lundi 27 mai 2024

CHRONICORUM BELLI du 4 mai

4 mai 1471 : Bataille de Tewkesbury

Elle marque la fin d’une phase de la guerre des Deux-Roses et oppose une armée royale légitime, comprenant 6 000 hommes de guerre, commandée par Marguerite d’Anjou, épouse d’Henri VI, à celle, inférieure en nombre, de l’ancien roi Édouard IV d’Angleterre, chef de la maison d’York à la rose blanche, récemment déposé par la maison de Lancastre à la rose rouge.

Pilonnée par l’artillerie de bombardes yorkiste, l’aile droite lancastrienne commandée par le duc de Somerset quitte ses positions, puis passe à l’offensive sur le flanc gauche commandé par le jeune duc de Gloucester, frère d’Édouard. Mais elle est repoussée par une forte résistance ennemie, puis taillée en pièces par une attaque surprise de la cavalerie adverse d’Édouard, qui, renforcée par les troupes mobiles du duc de Gloucester, cause la dispersion des combattants royaux. L’armée des Lancastre prend alors la fuite, laissant plus de 2 000 morts sur le champ de bataille, et Édouard IV remporte une victoire décisive.

La maison de Lancastre n’a plus d’espoir de reprendre le trône d’Angleterre. Édouard de Westminster, prince de Galles et seul héritier de la maison de Lancastre, a été tué lors des combats. De nombreux captifs, dont le duc de Somerset, sont exécutés à l’issue de la bataille. Marguerite d’Anjou est faite prisonnière. Henri VI, mentalement inapte et incarcéré à la tour de Londres, meurt, sans doute assassiné, quelques semaines plus tard. Marguerite d’Anjou, captive désormais inutile, est libérée contre rançon en 1476. La victoire du clan yorkiste, se saisissant de la couronne, restaure une stabilité politique précaire sur l’Angleterre jusqu’à la mort d’Édouard IV en 1483.

 


4-10 mai 1869 : Début de la bataille de la baie de Hakodate (Japon) 

entre les restes de la marine du shogunat Tokugawa, consolidés par les forces de la république d’Ezo, et la toute récente Marine impériale japonaise. Elle fait partie de la grande bataille de Hakodate de la guerre de Boshin au Japon, et a eu lieu près de Hakodate sur l’île de Hokkaidō.

La flotte impériale a débarqué des troupes sur l’île de Hokkaidō, a détruit les fortifications terrestres et a attaqué les bateaux rebelles. Le 4 mai, le Chiyodagata (en) a été capturé par les forces impériales après s’être échoué et abandonné par son équipage, et le 7 mai, le Kaiten a été fortement endommagé. Le Banryū est parvenu à couler le Chōyō impérial, mais il a plus tard coulé à son tour en raison de lourds dommages. La marine impériale japonaise a gagné la bataille, menant finalement à la reddition de la république d’Ezo à la fin du mois de mai 1869.

Les bateaux des marines étrangères — le HMS Pearl britannique et le Coëtlogon français — sont restés neutres pendant le conflit. Le capitaine français Jules Brunet qui avait formé les rebelles et avait aidé à organiser leurs défenses, s’est sauvé avec le Coëtlogon le 8 juin 1869. Le futur amiral Heihachiro Togo a participé à la bataille du côté impérial en tant que canonnier à bord du Kasuga.

Naufrage du Chōyō touché par le Banryū des rebelles.

4 mai 1906 : Naissance de Louis Le Bastard, officier des Forces françaises libresCompagnon de la Libération.

Il effectue son service militaire dans l’infanterie, de mai 1926 à novembre 1927. Il décide de s’engager un an plus tard, et part au Tonkin de 1930 à 1932 ; il devient sergent. Le Bastard passe deux ans en Tunisie, de 1934 à 1936, au 18e régiment de tirailleurs sénégalais.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Louis Le Bastard est adjudant, chef de poste au Cameroun, à la frontière avec le Gabon. Il se rallie avec ses hommes à Philippe Leclerc et à la France libre le 27 août 1940.

En octobre suivant, il prend part à la campagne du Gabon pour rallier ce territoire à la France libre, formant l’Afrique française libre. Promu sous-lieutenant en décembre 1941, il s’entraîne pendant quatre mois près de Yaoundé avec le 3e bataillon du nouveau régiment de tirailleurs du Cameroun. Son bataillon devient en mars 1942 le bataillon de marche n° 5, il part avec lui en Syrie puis en Égypte où le bataillon fusionne dans la 2e brigade de la 1re division française libre (1re DFL).

Il participe alors à la guerre du Désert comme chef de section de Bren Carriers et prend part en octobre 1942 aux combats de la seconde bataille d’El Alamein. Il capture à lui seul une dizaine de prisonniers au cours de cette campagne. Il participe ensuite à la campagne de Tunisie et aux combats de Takrouna, puis est promu lieutenant.

Le Bastard débarque en Italie en avril 1944 et se distingue dans la campagne d’Italie, notamment les 18 et 19 mai à l’attaque du Rio Forma Quesa. Il est blessé le 13 juin en résistant à une contre-attaque allemande, refuse d’être évacué et parvient à stopper les allemands jusqu’à l’arrivée de renforts.

Il participe au débarquement de Provence d’août 1944 et à la bataille pour la libération de Toulon. Il remonte ensuite la vallée du Rhône puis prend part à la campagne des Vosges et à la bataille d’Alsace. Sa division prend au sud de Strasbourg la relève de la 2e DB, début janvier 1945.

Le , il mène sa section de mitrailleuses en accompagnant une attaque vers l’Ill pour réduire la poche de Colmar. Il fait avancer ses pièces d’artillerie en première ligne et règle lui-même des tirs précis. En installant une nouvelle position, il est gravement blessé par un obus, ne peut pas être évacué et meurt sur place en forêt d’Illwald, au sud de Saint-Hippolyte dans le Haut-Rhin et près de Sélestat dans le Bas-Rhin. Il est enterré dans le village où il est né, à Lignol, dans le Morbihan. Il est fait Compagnon de la Libération à titre posthume, par le décret du .


4 mai 1924 : Premier vol en circuit fermé d’un hélicoptère par Étienne Œhmichen.

il effectue à Courcelles-lès-Montbéliard (pays de Montbéliard, Doubs) le premier kilomètre en circuit fermé en hélicoptère avec son quadrirotor n° 2 à décollage et atterrissage à la verticale, sur un terrain propriété des usines Peugeot. Les quatre rotors à axe vertical se répartissaient par deux de chaque côté du fuselage tandis que cinq petites hélices assuraient la stabilité horizontale, complétées par une hélice de direction et deux hélices de propulsion alimentées par un moteur Rhône de 88 kW. C’est le premier record homologué pour un « hélicoptère » par la Fédération aéronautique internationale. Il développe en tout sept appareils jusqu’en 1937.


4-8 mai 1942 : Bataille de la mer de Corail

Elle opposa la marine impériale japonaise et les forces alliées navales et aériennes des États-Unis et de l’Australie. Cet affrontement est la première bataille uniquement aéronavale de l’histoire, dans laquelle les forces navales en présence s’affrontèrent par avions interposés sans jamais être à portée de canon.

Pour renforcer leur dispositif défensif dans le Pacifique Sud et isoler l’Australie, les Japonais avaient décidé d’envahir Port Moresby, au sud de la Nouvelle-Guinée, et Tulagi, au sud-est des îles Salomon. Les forces déployées par la marine du Japon pour cette opération, de nom de code MO, sous le commandement général de Shigeyoshi Inoue, comprenaient plusieurs éléments importants de la force aéronavale japonaise dont deux porte-avions et un porte-avions léger pour fournir une couverture aérienne aux flottes d’invasion. Les États-Unis, dont les services d’écoute avaient percé le plan ennemi, dépêchèrent deux groupes de porte-avions et une force de croiseurs américains et australiens, sous le commandement de l’amiral Frank J. Fletcher.

Les  et , les forces japonaises envahirent et occupèrent Tulagi, même si plusieurs navires de guerre furent surpris et endommagés ou coulés par les appareils de l’USS Yorktown. Conscient de la présence des porte-avions américains dans la zone, le groupe aéronaval japonais entra dans la mer de Corail avec l’intention de les détruire.

Les attaques aériennes menées par les deux groupes aéronavals commencèrent le  et durèrent les deux jours suivants. Le premier jour, les Américains coulèrent le porte-avions léger Shoho, tandis que les Japonais détruisaient un destroyer et un pétrolier américain. Le lendemain, le porte-avions japonais Shokaku fut lourdement endommagé, l’USS Lexington coulé, et l’USS Yorktown légèrement endommagé. Les pertes étaient également lourdes dans les escadrilles aériennes et les deux flottes se retirèrent de la zone de bataille. Désormais privé de sa couverture aérienne, Inoue reporta l’invasion de Port Moresby.

Même si cette bataille fut une victoire tactique pour les Japonais en termes de navires coulés, elle représenta pour plusieurs raisons une victoire stratégique pour les Alliés. L’expansion japonaise, jusque-là irrésistible, fut pour la première fois stoppée. De plus, les porte-avions japonais Shokaku et Zuikaku, l’un gravement endommagé et l’autre avec une escadrille réduite, ne purent participer à la bataille de Midway le mois suivant, alors que les Américains parvinrent à y engager l’USS Yorktown. La perte de quatre porte-avions à Midway empêcha les Japonais de tenter à nouveau une invasion maritime de Port Moresby. Deux mois plus tard, les Alliés profitèrent de la faiblesse japonaise pour déclencher la bataille de Guadalcanal.

Explosion du porte-avions USS Lexington après l’attaque aérienne japonaise.

4 mai 1945 : Un détachement de la 2e division blindée (DB) du général Leclerc arrive à Berchtesgaden et investit le Berghof d’Hitler.

Dans leur Jeep, le capitaine Laurent Touyeras et son chauffeur, le brigadier François Borg, dépassèrent les autochenilles de la 2e DB qui peinaient à gravir la pente. Ils furent ainsi les premiers soldats alliés à atteindre le chalet qui se consumait encore. Les Français y découvrirent des kilomètres de bunkers souterrains abritant des objets d’art pillés dans toute l’Europe, mais aussi des milliers de bouteilles de grands crus, des tonnes de victuailles et des pièces plus insolites.


4 mai 1955 : Mort à 75 ans de Louis Charles Breguet, constructeur d’avions français et l’un des fondateurs de la société Air France, titulaire du brevet de pilote civil n° 52 depuis le .

Durant la Première Guerre mondiale il fournit des avions notamment de reconnaissance et le bombardier Breguet XIV, son record de production avec plus de 8 000 exemplaires. Il est l’un des premiers à construire un avion presque entièrement en aluminium.

, il fonde la Compagnie des messageries aériennes, qui est à l’origine d’Air France et fournit de nombreux avions pour l’Aéropostale. À partir de 1924, il connaît un autre grand succès, le Breguet 19 construit à plus de 2 000 exemplaires, bombardier spécialisé dans les grands raids qui favoriseront la mise sur le marché de variantes civiles.

La Société se spécialise en vol à grand rayon d’action et détiendra plusieurs records de distance franchissable. Du 1er au , un Breguet 19 spécialement modifié désigné TF Super Bidon et baptisé  » ? «  (Point d’Interrogation) réussi le premier vol transatlantique est en ouest. Le vol de Paris à New York dura plus de 39 heures.

Avec René Dorand, il produit en 1933 un hélicoptère coaxial appelé le « Gyroplane Laboratoire » qui battra des records en 1936.

En 1967, la société d’avions Breguet fusionne avec la société des avions Marcel Dassault.


4 mai 1996 : Mort à 87 ans du général d’armée Jean Crépin, Compagnon de la Libération

Commandant en chef de l’artillerie divisionnaire de la 2e Division blindée et bras droit du Maréchal Leclerc pendant la Deuxième Guerre mondiale, Jean Crépin, gaulliste de toujours, eut un rôle déterminant dans de nombreux conflits du XXe siècle.

Il joue un rôle capital lors de la Libération de Paris : c’est lui qui rédige et signe le fameux message « Tenez bon, nous arrivons », lancé par avion le  aux FFI massés dans la cour de la préfecture de police. Deux jours plus tard, le , il obtient la capitulation du point d’appui du Luxembourg après avoir négocié avec le chef d’État-major de la garnison allemande. Il économise ainsi de nombreuses vies humaines.

Entre 1955 et 1958, il co-organise dans le secret avec Pierre Guillaumat, la conception du projet de bombe atomique française.

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