lundi 24 juin 2024

CHRONICORUM BELLI du 8 juin


8 juin 793 : le monastère de Lindisfarne est pillé par les Vikings, c’est le plus ancien raid viking, relaté dans la Chronique anglo-saxonne.

Le monastère est pillé par les Vikings le , plongeant le monde chrétien occidental dans la consternation. Il s’agit d’un des premiers raids vikings relatés par la Chronique anglo-saxonne et cette date est souvent utilisée par les historiens pour définir le début de l’époque viking : « Cette année-là, de terribles présages apparurent partout en Northumbrie et effrayèrent le peuple au plus haut point : il s’agissait d’immenses tornades et éclairs, et on vit des dragons de feu voler dans les airs. Une grande famine suivit immédiatement ces signes ; et, peu après, au cours de la même année, le 8 juin, les misérables dévastations des païens, pillant et massacrant, détruisirent l’église de Dieu à Lindisfarne. » — Chronique anglo-saxonne

La date du 8 janvier figurant dans cette chronique est toutefois improbable, les Vikings ne partant jamais en expédition en hiver. Le 8 juin serait beaucoup plus probable. Cet évènement est également décrit par le moine northumbrien Alcuin dans cinq lettres qu’il envoie à diverses personnalités anglaises de l’époque, ainsi que dans son poème De clade Lindisfarnensis monasterii. Les moines fuient l’île en emportant avec eux les reliques de saint Cuthbert. Ils finissent par s’établir à Durham en 995.

Le prieuré de Lindisfarne est rétabli durant la période normande sous la forme d’un établissement bénédictin. Il est supprimé sous le règne de Henri VIII, en 1536, dans le cadre de la dissolution des monastères.


8 juin 1758 : début du siège de Louisbourg.

Le siège de Louisbourg est un épisode de la guerre de Sept Ans et de la guerre de la Conquête au cours duquel les forces anglaises assiègent l’établissement français de Louisbourg, sur l’île Royale en Nouvelle-France. Le siège se déroule entre le  et . Il mobilise des moyens considérables dans les deux camps et s’achève par la reddition de la place avec la capture de la garnison. C’est la première défaite importante de la France en Amérique du Nord lors de ce conflit.


8 juin 1815 : création de la Confédération germanique

La Confédération germanique (en allemand : Deutscher Bund ; nom officiel en français, langue du congrès de Vienne) est une confédération européenne ayant existé de 1815 à 1866. Elle est formée lors du congrès de Vienne, en remplacement de la confédération du Rhin sous protectorat de Napoléon 1er. La Confédération germanique reprend en grande partie les limites du Saint-Empire romain germanique, incluant donc des populations non germanophones (notamment en Bohême et en Moravie). Restent hors de la Confédération les territoires autrichiens relevant du royaume de Hongrie et les territoires prussiens à l’est du Brandebourg (notamment la Prusse-Orientale).

La Confédération est prévue pour être une composante importante du nouvel ordre de l’Europe ; mais son histoire est marquée par la rivalité constante entre la Prusse et l’Autriche (le « dualisme allemand »), par les avis divergents des différents États au sujet de la mise en place d’une constitution de la confédération et par les conséquences de la révolution de mars 1848.

L’acte fondateur de la confédération (Deutsche Bundesakte) est signé par 38 États : 34 principautés et 4 villes libres. Le landgraviat de Hesse-Hombourg s’y joint en 1817. Par la suite, malgré plusieurs autres adhésions, le nombre des membres diminue en raison d’échanges et d’héritages et atteint 35 en 1863. À la création, sa superficie est de 630 100 km2 et sa population de 29,2 millions d’habitants. En 1865, cette dernière atteint environ 47,7 millions d’habitants.

On peut diviser l’histoire de la confédération en plusieurs phases :

  • la première s’étend de 1815 à 1848, on la désigne par les termes de « Vormärz » ou de « Restauration » ;
  • la seconde correspond à la révolution de mars en 1848 et 1849, elle voit le Parlement de Francfort donner sa première constitution à l’Allemagne ; toutefois, le refus du roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV de porter le titre d’empereur marque l’échec de cette tentative d’unification ;
  • la troisième phase est l’« ère de la Réaction » (Reaktionsära) pendant laquelle les souverains allemands tentent de rétablir la situation antérieure à la révolution au moyen de la répression à l’encontre de tous les mouvements d’opposition.

Le différend entre la Prusse et l’Autriche quant à la question des duchés du Schleswig-Holstein conduit à la guerre austro-prussienne en 1866 qui se solde par la défaite de l’Autriche et la dissolution de la confédération lors du traité de Prague. Elle est remplacée par la confédération de l’Allemagne du Nord.


8 juin 1913 : Naissance de l’aviateur et Compagnon de la Libération Max Guedj, mort en service aérien commandé au-dessus de la Norvège le 15 janvier 1945.

Max Guedj est né le  dans une famille juive à Sousse en Tunisie. Il grandit à Casablanca au Maroc dans une famille juive, sioniste, de nationalité française. Son père, Félix Guedj, avocat, devient bâtonnier de l’Ordre des avocats du barreau de Casablanca.

Bien que passionné d’aviation, Max Guedj suit des études de droit à Paris, jusqu’à devenir docteur en droit, puis être diplômé avocat. Il fait ensuite de nombreux voyages en Russie et en Allemagne.

Ayant effectué son service militaire dans l’armée de terre à Metz, il est mobilisé à la déclaration de guerre, en 1939, comme soldat de 2e classe au 2e régiment de zouaves à Meknès. En 1940, il est sergent dans une unité de la DCA (1940).

Démobilisé en août de la même année, Max Guedj retrouve le barreau mais toujours inspiré par l’aviation, il s’inscrit à l’aéroclub de Casablanca et obtient son brevet de pilote civil en 1938.

Déçu par l’Armistice de juin 1940 et voulant rejoindre la France Libre, il se munit d’un faux passeport et prétexte une plaidoirie à Tanger, qui lui permet de quitter le continent africain pour rejoindre Lisbonne, en territoire neutre. De là, il gagne l’Angleterre le 6 septembre 1940, via Gibraltar, et s’engage immédiatement dans les FAFL (section aviation des FFL) comme élève pilote, le 26 septembre 1940. Il adopte le surnom de « Maurice » pour éviter des représailles contre sa famille restée en Afrique du Nord.

Après une période d’entraînement sur les écoles de la RAF, notamment à école de pilotage d’Odiham où il est promu sous-lieutenant en août 1941 ; il est détaché au Squadron 248 en . Il rejoint le Coastal Command où il pilote des chasseurs-bombardiers bimoteurs Bristol Beaufighter et De Havilland Mosquito. Ce sont, d’après ses propres mots, les plus heureux moments de sa vie.

Il prend part à l’attaque du croiseur allemand Prinz Eugen (), puis effectue de nombreuses missions en Norvège, en Méditerranée, dans l’Atlantique.

La bravoure et la valeur exceptionnelles valurent au Pilot Officer Maurice le respect et l’admiration des Britanniques. Il fut promu au grade de Wing Commander (lieutenant-colonel) en , l’un des plus élevés qu’un étranger eût atteint dans la RAF. Il fut décoré de deux DFC (Distinguished Flying Cross) et d’une DSO (Distinguished Service Order). Il fut cité six fois à l’Armée de l’air et aux Forces françaises libres et reçut les plus hautes décorations françaises.

Il apprend la mort de son père, torturé à mort par ordre du gouvernement de Vichy.

Le , il décolle pour sa dernière mission : l’attaque d’un pétrolier de 6 000 tonnes apportant de l’essence d’aviation à haut degré d’octane pour les avions stationnés sur les aérodromes ennemis du nord de la Norvège. Cette mission peut raccourcir de deux mois la durée de la guerre. La difficulté est que le navire se trouve dans le port de Leirvik. Max Guedj attaque à la tête de ses 19 De Havilland Mosquito appartenant aux Squadrons 235 et 248, en dépit d’un barrage de Flak tendu par quatre navires d’escorte et de l’interception organisée vingt chasseurs Focke-Wulf Fw 190. L’avion du Wing Commander « Maurice », le K/143, sera vu une dernière fois avec trois FW 190 à ses trousses. Touché au moteur gauche, l’avion de Max Guedj disparaît dans l’eau à 11 h 36.


8 juin 1940 : naufrage du HMS Glorious (au large de la Norvège).

Pendant l’évacuation des forces alliées de la Norvège, les croiseurs de bataille allemands Scharnhorst et Gneisenau coulent au canon le porte-avions HMS Glorious (et ses deux destroyers d’escorte, HMS Acasta et HMS Ardent). Sur les 1 472 marins, 45 survivants.


8 juin 1940 : les Alliés quittent la Norvège

L’opération Alphabet consista en l’évacuation le  des troupes alliées (Britanniques, Français, Polonais) du port de Narvik (Nord de la Norvège) sanctionnant le succès de l’Allemagne national-socialiste pendant l’opération Weserübung du 6 avril et la fin de la campagne britannique en Norvège. L’évacuation fut terminée le .

L’évacuation a été motivée par l’assaut de la Wehrmacht sur le Benelux et la France au printemps 1940 qui a relativement réduit l’importance stratégique de la Scandinavie concernant l’approvisionnement en minerai de fer pour l’Allemagne.

Plusieurs nuits après l’évacuation militaire, les civils de la ville ont été sauvés par le sous-lieutenant britannique Patrick Dalzel-Job. En désobéissant aux ordres, il a organisé l’évacuation de la population en bateaux de pêche juste avant un bombardement allemand de représailles. La ville a été en grande partie détruite, mais seulement quatre personnes ont été tuées. La marine royale a voulu mettre à pied Patrick Dalzel-Job mais ne put le faire après que le roi Haakon VII de Norvège lui attribua la croix des chevaliers de l’ordre de Saint-Olaf. Plus tard dans la guerre, il a servi avec Ian Fleming. Beaucoup de sources citent Patrick Dalzael-Job comme inspiration du personnage de James Bond.


8 juin 1941 : combat franco-français en Syrie.

Les raisons de l’intervention alliée en Syrie sont multiples : Pour les Français libres, il s’agit de rallier à de Gaulle l’armée du Levant (Vichy). Pour les Britanniques, le but est d’empêcher la Syrie de tomber aux mains des Allemands mais dans un deuxième temps de supplanter les Français dans une zone stratégique qu’ils n’auraient jamais dû occuper avant-guerre. Le 8 juin, 5 000 Français libres aux ordres du général Catroux et du général Legentilhomme entrent en Syrie avec 30 000 britanniques. Les troupes du général Dentz (Vichy) résistent vaillamment jusqu’au 11 juillet. Les combats sont très intenses mais leur caractère fratricide (1 066 morts pour l’armée du Levant – 650 pour la France Libre) explique qu’aucun fait d’armes n’a été retenu par la mémoire collective. De Gaulle n’accordera aucune citation ni décoration pour ces combats que certains, puisant aux sources classiques, ont comparé à celui des Curiaces contre les Horaces. Chacun des camps français qui s’oppose a à cœur de montrer à l’autre qu’il n’est pas lâche, sait se battre et accomplit son devoir… d’où l’aspect cornélien de cette affaire. A noter que c’est au cours de ces combats fratricides que le lieutenant Jean Simon (13e DBLE), futur Grand Chancelier de l’Ordre de la Libération, perd un œil, d’une balle française.

—-

En avril 1941, les Britanniques sont chassés de Grèce, et, en mai, ils perdent la Crète. Les positions britanniques en Palestine et en Égypte sont menacées par la possibilité directe des Allemands d’envahir la Palestine par la Syrie et donc de prendre le canal de Suez, axe stratégique. En effet le 1er avril 1941, en Irak, Rachid Ali al-Gillani, premier ministre d’Irak pro-allemand, tente un coup d’État.

Les Allemands veulent soutenir Rachid Ali et demandent à Vichy de disposer de l’aérodrome d’Alep en Syrie. Philippe Pétain envoie François Darlan à Berlin pour donner son accord et envoie le 15 mai 1941 un courrier au général Dentz, commandant les troupes au Levant.

Charles de Gaulle, prévenu par les Britanniques, décidera de proposer alors à Winston Churchill de reprendre la Syrie vichyste pour neutraliser les forces vichystes et allemandes qui soutiennent le putsch irakien. De son côté, Adolf Hitler a déjà pris quelques dispositions pour préparer le terrain : — envoi de matériel, visite d’officiers ou de « spécialistes » en civil, installation de baraquements et d’une base militaire sur la base de Neirab, près d’Alep. Le service secret britannique a alors alerté Churchill, qui a décidé de franchir le pas. Il a nommé Archibald Wavell commandant en chef, chargé le général Maitand « Jumbo » Wilson de mener à bien l’opération, et fait prévenir de Gaulle.

L’attaque doit se dérouler selon trois axes depuis la Palestine : le premier longe la côte jusqu’à Beyrouth ; le deuxième plus à l’est, sur Damas ; le troisième pique au centre au milieu des montagnes pour couvrir le flanc des deux premiers.

La marine britannique doit couvrir le premier axe avec sa puissante artillerie navale. Les Britanniques ont quelque 70 avions en Palestine à opposer aux 92 Français de Syrie. Sur ces 92 avions, un tiers est défectueux, et un autre tiers sera détruit par les forces britanniques. Ils peuvent aussi compter sur leur aviation basée à Chypre.

Les troupes alliées sont composées de : 18 000 Australiens (commandés par le lieutenant-général John Lavarack), 9 000 Britanniques, 2 000 Indiens (du général Lloyd), 5 000 membres des Forces françaises libres, qui sont commandées par le général Paul Legentilhomme. Le 26 mai, De Gaulle en personne passe ses troupes en revue au camp de Qastina : 7 bataillons et une compagnie de chars, présentés par Legentilhomme.

Au 1er juin 1941, les troupes de Vichy de l’armée du Levant commandées par le général Henri Dentz, regroupent 50 000 hommes dont 12 000 Français, 20 000 soldats « indigènes » nord-africains et coloniaux et 17 000 autochtones syriens et libanais. L’infanterie de l’armée régulière compte 20 bataillons :

  • 10 bataillons de tirailleurs nord-africains
    • 3 bataillons du 16e régiment de tirailleurs tunisiens
    • 3 bataillons du 22e régiment de tirailleurs algériens
    • 3 bataillons du 29e régiment de tirailleurs algériens
    • 1 bataillon du 1er régiment de tirailleurs marocains
  • 4 bataillons du 6e régiment étranger d’infanterie
  • 3 bataillons du 17e régiment de tirailleurs sénégalais
  • 3 bataillons du 24e régiment d’infanterie coloniale

Elles ont donc l’avantage du nombre, et surtout de 90 chars opérationnels (contre 9 pour les FFL).

L’attaque commence à 2 h du matin le 8 juin. Dentz crut qu’il s’agit d’une intimidation britannique visant à faire évacuer les Allemands et fait donc rapatrier les Allemands par avion, en vain. Un peu avant 14 h, les Australiens sont déjà devant Tyr, où ils sont bien accueillis (comme à Tibnine). Ils ont plus de mal à franchir le Litani où les vichystes ripostent. Les marines britannique et française s’affrontent le long des côtes. Le 10 juin, la 7e division australienne d’infanterie du général australien Sir John Lavarack avance le long de la côte de Saint-Jean-d’Acre (Palestine) vers Beyrouth, couverte par les canons de la marine britannique, la 5e brigade indienne d’infanterie et les Français libres progressant à l’intérieur vers Damas. Le 14 juin, les troupes britanniques constatent l’absence de troupes allemandes en Syrie, mais continuent néanmoins leur offensive. Le 15 juin, les Forces françaises libres subissent de lourdes pertes devant Néjah, quelques kilomètres au sud de Damas. Le même jour, la Luftwaffe réalise des frappes sur les positions navales britanniques. Le 16 juin, le Chevalier Paul, un contre-torpilleur venu de Toulon de la classe Vauquelin, se fait torpiller par des avions Swordfish basés à Chypre, et des avions français endommagent deux destroyers britanniques.

Cependant, à partir du 17 juin, la bataille de Kissoué s’enlisant, de nouvelles forces sont engagées (6e division britannique d’infanterie qui intègre alors la 5e brigade indienne, 10e division indienne d’infanterie et la Habforce). Lavarack prend alors le commandement terrestre des opérations menées dans le Sud de la Syrie et au Liban. À compter du 18 juin, il commande toutes les unités sauf la Habforce, la 10e division indienne et la 1re division légère française libre du général Legentilhomme. La Habforce et la Légion arabe pénètrent en Syrie, par l’Irak, le 21 juin.

Les Forces françaises libres entrent à Damas le samedi 21 juin 1941.

Le 25 juin, le sous-marin français Souffleur est coulé par le sous-marin britannique HMS Parthian au large de Beyrouth.

Les combats cessent le 12 juillet à 0 h 1. L’armistice de Saint-Jean-d’Acre est signé entre le général Henry Maitland Wilson représentant les Alliés et le général Joseph de Verdilhac représentant Vichy le 14 juillet 1941, à Saint-Jean-d’Acre en Palestine mandataire. Pour le général Dentz, les soldats étaient « isolés et sans secours possible ». Le général Georges Catroux représentant la France libre est présent aux négociations mais n’est pas invité à signer l’accord.

Les pertes sont lourdes pour les Australiens, qui ont fait la partie la plus dure de la bataille : 416 tués ; 600 tués et blessés pour les Britanniques et Indiens et 300 tués et blessés parmi les Forces françaises libres qui ont engagé pour cette opération presque toutes leurs forces terrestres.

Les vichystes enregistrent des pertes de plus de 3 300 soldats, sous-officiers et officiers : 1 094 tués et 2 350 blessés. Parmi ces 1 094 tués, 1038 étaient de l’armée de terre (76 officiers, 256 sous-officiers et 704 soldats) et 56 étaient membres de l’aviation (7 officiers et 13 officiers disparus, ainsi que 23 sous-officiers et 13 disparus). Environ 3 000 militaires des forces vichystes sont de plus faits prisonniers. Il est proposé à ces militaires de rejoindre les Forces françaises libres pour continuer le combat contre l’Allemagne et ses alliés, mais très peu se rallient alors à la France libre (quelques dizaines seulement).

Habforce.

8 juin 1944 : 48 heures après le débarquement allié sur les côtes normandes.

Frank D. Peregory.

Les deux têtes de pont d’Omaha Beach et de Gold Beach effectuent leur jonction à Port-en-Bessin au Nord de Bayeux, qui est libéré ce même jour par les troupes Britanniques. La jonction entre les troupes débarquées à Utah et à Omaha n’est toujours par réalisée. C’est, dans les heures qui suivent, un des objectifs majeurs pour les forces américaines. L’infanterie du 116th Régiment du 29th Infantry, appuyée par les chars Sherman, accède à la Pointe du Hoc où les Allemands s’apprêtaient à donner le coup de grâce aux 90 Rangers survivants, dont un grand nombre est blessé. Un bataillon de 225 Rangers avait débarqué devant la batterie allemande du Hoc le 6 juin et est resté cloué sur place.

Le même jour le sergent Franck Peregory du 116e Régiment d’infanterie accomplit un acte de guerre d’une audace incroyable en attaquant victorieusement une tranchée allemande.

Au soir du 6 juin, les hommes du 116e régiment de la 29e Division d’infanterie sont chargés d’une mission très urgente : se frayer un chemin vers Grandcamp pour renforcer les Rangers combattant à la Pointe du Hoc. Ces derniers débarquèrent le mardi 6 juin après 7 heures du matin et furent chargés de détruire les redoutables canons allemands. Mais aucun renfort ne peut leur être envoyé par voie maritime, et ils sont désormais encerclés par les Allemands, ne contrôlant plus qu’une fine bande de terre s’enfonçant à un petit kilomètre à l’intérieur des terres. Face à des contre-attaques incessantes, la petite centaine de Rangers survivants réclament le soutien de la marine, qui procède à de nombreux tirs dans la zone.

Selon les plans initialement prévus, les Rangers doivent avancer jusqu’à Osmanville, renforcés par les hommes d’Omaha, à savoir les soldats du 116e Régiment de la 29e Division d’infanterie appuyés par des chars Sherman. Le carrefour doit avoir lieu le 6 juin. Mais, aguerris par le débarquement sur Omaha, les renforts n’atteignent que la périphérie ouest de Vierville-sur-Mer, à près de 10 kilomètres de distance de la pointe du Hoc. Dans la nuit du 6 au 7 juin, des patrouilles allemandes franchissent les faibles lignes américaines et sèment la confusion.

Le renfort du 116e reprend le lendemain, mais la nature du terrain est propice à la défense, et les soldats allemands profitent de cette opportunité, empêchant les troupes américaines d’avancer rapidement et infligeant de lourdes pertes. Et ce n’est que deux jours plus tard, au matin du 8 juin 1944, que l’infanterie du 116e, appuyée par les chars Sherman, atteint la Pointe du Hoc où les Allemands s’apprêtent à donner le coup de grâce contre les 90 survivants, dont de nombreux blessés, sur 225 ayant débarqué devant la batterie allemande le 6 juin.

Après avoir rejoint les Rangers du colonel Rudder, Frank Peregory et ses compagnons d’armes du 116e prennent la tête des villages de Grandcamp et Maisy, respectivement à 3 et 4 km de la Pointe du Hoc.

Le village de Grandcamp est situé sur une petite colline, et les Allemands ont profité de cette situation géographique pour installer des nids de mitrailleuses, des tranchées, des réseaux de barbelés et de petits bunkers, interdisant l’accès à la ville. Les éléments avancés du 3e Bataillon du 116e sont arrêtés par le tir rasant d’une mitrailleuse lourde allemande, située dans un tobrouk (petit bunker circulaire en béton armé avec ouverture à 360° pour recevoir une mitrailleuse ouvert sur l’extérieur dans la partie haute) en haut de la route à l’entrée est de Grandcamp.

Immédiatement, les Américains demandent le soutien de leur artillerie et de leurs chars blindés à proximité. Malgré ce soutien et les assauts répétés des soldats du 116e, la position allemande résiste et ses défenseurs interdisent l’accès au village.

De sa propre initiative, le sergent Frank Peregory progresse vers le point fortifié allemand malgré les tirs. Arrivé au sommet de la colline, il découvre l’entrée d’un réseau de tranchées qui mène au centre du point d’appui, situé deux cents mètres plus loin. Sans hésiter une seconde, il pénètre dans la tranchée principale et progresse à l’intérieur en étant accroupi. Soudain, il rencontre un groupe de fantassins ennemis et sans perdre de temps il attaque les Allemands à la baïonnette et en lançant des grenades. 8 soldats ennemis sont tués, 3 se rendent. Mais ce n’est pas encore fini pour Frank Peregory, qui continue d’avancer dans le réseau de tranchées. Il oblige 32 soldats allemands supplémentaires, ainsi que des serviteurs de mitrailleuses lourdes, à se rendre, permettant aux éléments du 3e bataillon d’avancer et de sécuriser la zone.

Au total, Frank Peregory obtient à lui seul la reddition de près d’une quarantaine de soldats ennemis et grâce à son action il permet aux hommes de son unité de libérer le village de Grandcamp tout en s’emparant des mitrailleuses allemandes.

Frank Peregory est tué six jours plus tard lors de la défense de la ville de Couvains le 14 juin 1944. Il avait 29 ans.


8 juin 1959 : premier vol (sans utilisation des moteurs) du North American X-15, l’avion avec pilote le plus rapide du monde.

Le North American X-15 est un avion-fusée hypersonique expérimental de vol suborbital américain, construit dans le cadre d’un programme de recherche sur les vols à très haute vitesse et très haute altitude. De 1960 à 1968, les trois exemplaires construits ont effectué environ 200 vols d’essais pour le compte de la NASA et de l’US Air Force, pulvérisant tous les records de vitesse et d’altitude détenus par un aéronef piloté à aile fixe.

Le X-15 a établi des records définitifs de 7 272,68 km/h pour la vitesse (le ) et de 107,96 km pour l’altitude (le ). Il a permis aux Américains de récolter de très nombreuses données sur le comportement des flux d’air, le frottement aérodynamique, le contrôle et la stabilité d’un aéronef à grande vitesse et hors de l’atmosphère, ainsi que sur les techniques de rentrée dans l’atmosphère.


8 juin 1966 : collision aérienne (Californie).

« Le second prototype du North American B-70A-2-NA Valkyrie 62-0207, s’écrase dans le secteur de Edwards AFB, à la suite d’une collision avec un Lockheed F-104 « Starfighter », le NASA 813, anciennement 013. Les deux avions évoluaient ensemble, avec d’autres appareils, afin que le F-104 puisse prendre des photos pour le compte de General Electric ». LCL Pierre B. (CFA).


8 juin 1967 : attaque israélienne de l’USS Liberty.

Durant la guerre des Six-Jours, les forces israéliennes attaquent dans les eaux internationales au large de l’Egypte, un navire américain de guerre électronique. 34 américains sont tués. Israël reconnaîtra une erreur et présentera ses excuses au gouvernement américain ainsi qu’aux familles des victimes.


8 juin 1972 : bombardement du village de Tran Bang (Vietnam).

Tenu par les Nord-vietnamiens, le village est bombardé par l’armée Sud-Vietnamienne avec du napalm. Le photographe Nick Ut (Associated press) est présent comme beaucoup de journalistes et prend une photo qui lui vaut, la même année, le prix Pulitzer. Sur la photo, une enfant en larmes et nue fait face au photographe. La nudité de Kim Phuc, 9 ans, brûlée par le napalm, fait débat dans la rédaction jusqu’au 12 juin : a-t-on le droit de publier cette photo ? Lorsqu’elle parait, la photo fait le tour du monde.

ARTICLES CONNEXES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Merci de nous soutenir !

Dernières notes

COMMENTAIRES RÉCENTS

ARCHIVES TB