dimanche 26 mai 2024

CHRONICORUM BELLI du 8 mai


8 mai 1429 : Jeanne d’Arc oblige les Anglais à lever le siège d’Orléans.

Le 7 mai eut lieu la prise des Tourelles, à l’issue de laquelle les Anglais avaient perdu 400 ou 500 hommes, tués ou noyés, y compris leur capitaine William Glasdale. Dans tous ces épisodes, l’indomptable énergie de la Pucelle avait joué un rôle déterminant. Le soir du 7, les Orléanais, tout en adressant de « merveilleuses louanges » aux chefs de guerre qui avaient mené à bien l’opération, rendirent grâces à leurs protecteurs célestes, saint Euverte et saint Aignan. Restaient donc les fortes bastilles de la rive droite mais, le dimanche 8 mai, les Anglais, à l’issue d’un conseil de guerre, sortirent de leurs bastilles, les « désemparèrent », se mirent en ordre de bataille en présence des Français eux aussi prêts à combattre. Le face-à-face dura une bonne heure. En fait, ni d’un côté ni de l’autre on ne souhaitait l’engagement, et les Anglais purent opérer vers Meung une retraite en bon ordre. Alors eut lieu une grande procession d’action de grâces. Le lendemain, la Pucelle quitta Orléans pour rendre compte en personne à Charles VII des « nouvelles de la noble besogne » et l’inviter à « se mettre sur les champs » pour se faire sacrer à Reims. Le « saint voyage » de Jeanne d’Arc continuait.

Même si l’insuffisance de leurs effectifs les empêchait de faire le blocus de la place, les Anglais pouvaient raisonnablement espérer qu’à un moment donné le courage des assiégés fléchirait et que des négociations s’ouvriraient. Certes, après le milieu d’avril, la partie devint pour eux très compromise. Mais la manière classique de procéder à la levée d’un siège était l’arrivée d’une armée de secours attaquant de l’extérieur. Le propre de la libération d’Orléans fut donc que ce furent les assiégés eux-mêmes qui brisèrent de l’intérieur l’étau qui les enserrait : on peut penser que Jeanne d’Arc eut un rôle déterminant dans l’adoption inaccoutumée de cette tactique. Le même procédé fut employé l’année suivante pour la levée du siège de Compiègne, mais à cette date la Pucelle avait été faite prisonnière. Le brusque départ des assiégeants, au matin du 8 mai, provient d’une sorte d’effondrement psychologique : toutefois la discipline fut rigoureusement maintenue dans leurs rangs et cette retraite ne fut pas une fuite.

Philippe CONTAMINE


8 mai 1653 : naissance de Claude Louis Hector de Villars

Après de brillantes études au collège de Moulins, Louis-Hector, marquis de Villars, entre aux pages de la Grande Écurie en 1670, puis aux mousquetaires en 1671. Il servit comme aide de camp du maréchal de Bellefonds et suivit le Roi au siège d’Orsoy. Il se trouva aux sièges de Zutphen, Crèvecœur et Doesbourg. Le courage qu’il fit paraître au passage du Rhin, le fit nommer au grade de cornette à la compagnie de chevau-légers de Bourgogne, dont il fut pourvu par brevet du 22 juillet. Villars finit la campagne au sein de la gendarmerie d’ordonnance.

Il partit l’hiver suivant 1673 pour Madrid où il alla féliciter le Roi d’Espagne sur sa convalescence. De Madrid il se rendit auprès du Roi de France au siège de Maastricht, et acheva cette campagne avec le Vicomte de Turenne, sous lequel il se distingua.

Le , il est fait mestre de camp d’un régiment de cavalerie de son nom qui sera incorporé le  dans le régiment de Beaupré cavalerie. Son régiment est rétabli le .

Il servit en 1675 en Flandre sous le Maréchal de Luxembourg qui se tint sur la défensive, et se contenta d’envoyer quelques partis. Le Marquis de Villars en commanda un de 400 chevaux avec lequel il chargea la nuit un détachement de cavalerie ennemie, le renversa le mit en fuite et fit plusieurs prisonniers. S’étant approché à la pointe du jour de l’armée, du Prince d’Orange pour en enlever les gardes avancées il vit un gros corps des ennemis marcher de la gauche pour le couper. Il se retira dans les bois voisins reparut quelques heures après comme s’il eût été un parti de Hollande qui revenait de la guerre, enleva les gardes de cavalerie, tua ou prit les Capitaines qui se promenaient le long du camp. Toute l’aile gauche des ennemis monte à cheval, le Marquis de Villars rentre dans le bois passe un ruisseau, forme ses troupes et demeure en bataille. Les ennemis n’osant pas passer le ruisseau en sa présence, Villars se retire alors avec ses prisonniers.

En 1676, il servit aux sièges de Condé et d’Aire et se porta au secours de Maastricht.

En 1687, en qualité d’envoyé officieux, il est dépêché à Munich en vue d’entamer des négociations avec l’électeur de Bavière pour le convaincre, en vain, d’infléchir sa politique dans un sens plus favorable aux intérêts français. Son ascension est favorisée par Madame de Maintenon qui contrecarre son opposant, le ministre Louvois. Dans les années précédant la guerre de Succession d’Espagne, il est envoyé extraordinaire à Vienne où son action est appréciée par Louis XIV.

Il se démet de son régiment le , est fait brigadier de cavalerie le 24 août, puis Commissaire Général de la cavalerie le .

Nommé lieutenant général des armées du roi le , il est employé à l’armée d’Allemagne où il obtient le commandement de la cavalerie le 27 avril. En 1696, il est employé à l’armée d’Italie où il commande la cavalerie par commission du 17 avril. Il commande encore la cavalerie à l’armée du Rhin en 1697.

Villars sert à l’armée d’Allemagne sous le maréchal de Catinat le , et prend le commandement d’un corps détaché de cette armée le 18 septembre, devant faire la jonction avec les troupes de l’Électeur. Il se rend à Huningue le 30 septembre où il se retranche, puis prend Neubourg, sur la droite du Rhin, avec mille hommes le 11 octobre à la faveur d’un renseignement ; cette prise ouvrait le Brisgau et menaçait les communications du prince de Bade avec Fribourg.

Après sa victoire sur le prince de Bade à la bataille de Friedlingen le 14 octobre, il devient maréchal de France par état du . L’année suivante, il bat les Impériaux à Höchstädt. En mai 1703, déçu du manque de succès militaires significatifs depuis le début de la guerre et de l’échec des tentatives de désarmement des Cercles de Souabe et de Franconie, il propose à Louis XIV de revenir à la politique de la terre brûlée des décennies précédentes et d’ordonner de « dévaster » le pays.

En avril 1704, il part remplacer le maréchal de Montrevel dans la guerre contre les camisards afin de négocier la fin des combats. Il est fait duc de Villars en 1705.

En 1706, il fait construire, en basse Alsace la ligne de défense de la Lauter.

En 1709, il est blessé à la bataille de Malplaquet, où les alliés victorieux subissent plus de pertes que les Français vaincus. À la suite de cette action, il est fait pair de France.

Entre 1710 et 1712, il est nommé gouverneur de la ville de Metz. Ceci lui permet de continuer la perception de revenus, mais surtout de lui assurer sa convalescence.

En 1712, par sa victoire de Denain, il sauve les armées de Louis XIV de la défaite. La même année, il devient gouverneur de Provence, fonction qu’il conservera jusqu’à sa mort, et à laquelle son fils lui succède. En 1713, par la reprise de Landau, il met en échec son vieil adversaire Eugène de Savoie. Les deux généraux se retrouvent l’année suivante comme négociateurs du traité de Rastatt en mars et du traité de Baden en septembre. Les deux hommes s’estimaient mutuellement et Villars aurait dit à Eugène : « Mes ennemis sont à Versailles, et les vôtres à Vienne ».

En 1733, un an avant sa mort, il reçoit de Louis XV la dignité de maréchal général des camps et armées du roi, portée avant lui par Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne. En 1734, Villars, encore vert à quatre-vingt-un ans prenait, en Italie, le commandement de 40 000 Français, de 12 000 Piémontais et de 21 000 Espagnols pour conquérir en trois mois le Milanais lors de la guerre de Succession de Pologne. Mais, après être tombé malade, il demanda son rappel en France. Il n’eut pas le temps de revoir sa patrie et mourut dans son lit à Turin le .

Dans son testament, Villars a constitué près de 2 500 livres tournois de pension aux plus anciens soldats des régiments où il a servi ou qu’il a commandé. Ainsi, même proche de la mort, il se comporte en chef militaire.


8-9 mai 1769 : Bataille de Ponte-Novo (Corse)

Elle est le point final des affrontements entre les troupes de Pascal Paoli — composées de Corses et de mercenaires allemands et suisses — et les armées du roi de France, Louis XV, aidées de soldats corses du parti français. Ouvrant aux grenadiers français la route de Corte, capitale de la République corse, cette bataille marque la fin de la seconde et dernière phase de la conquête de la Corse par la France.


8 mai 1828 : Naissance de Henry Dunant, humaniste suisse fondateur de la Croix-Rouge

Pendant un voyage d’affaires en , il se trouve à proximité de la ville italienne de Solférino et découvre les dégâts humains de la bataille qui s’y est déroulée. À partir de cette expérience, il écrit un livre intitulé Un souvenir de Solférino qu’il publie en 1862. Une année plus tard, il participe à Genève à la fondation du Comité international de secours aux militaires blessés, désigné dès 1876 sous le nom de Comité international de la Croix-Rouge. La première convention de Genève est ratifiée en 1864 et se réfère largement à ses propositions. Il obtient avec Frédéric Passy le premier prix Nobel de la paix en 1901.


8 mai 1842 : Mort accidentelle à 52 ans du contre-amiral et explorateur Jules Dumont d’Urville

Il participa à plusieurs voyages d’exploration scientifique entre 1822 et 1840, notamment à bord de l’Astrolabe. Il fut le premier à signaler à l’ambassadeur français à Constantinople une statue récemment exhumée et dont il avait perçu immédiatement l’inestimable valeur. C’est la fameuse Vénus de Milo.

 


8 mai 1888 : Naissance de Maurice Boyau, as de l’aviation crédité de 35 victoires (la plupart sur des ballons d’observation allemands drachens) et joueur de rugby à XV (Mort le ).

La photo de couverture est inversée par erreur, les décorations se portant à gauche.

 


8 mai 1898 : Naissance du général, résistant, Compagnon de la Libération Henri Adeline

D’origine lorraine, fils d’un conducteur des ponts et chaussées, Henri Marie Charles Adeline suit des études secondaires au collège de Verdun puis au lycée de Troyes. Il est admis à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1916 (promotion des Drapeaux et de l’amitié franco-américaine). Il y reste un an et part pour le front comme aspirant du 278e régiment d’infanterie en août 1917. Il est blessé par un éclat d’obus en . De 1920 à 1922, il sert dans différentes affectations dans le service des transmissions au Maroc. Il va suivre ensuite des cours à l’école technique du Génie et est ensuite affecté à Nancy, au 18e régiment du génie. Il suit les cours de l’école de Guerre entre 1930 et 1932 puis est affecté à l’état-major de la 20e région militaire toujours à Nancy avant de partir au 6e régiment du génie à Angers.

En septembre 1939, il est affecté à l’état-major du 12e corps d’armée en Alsace, corps d’armée qui se retrouve encerclé en Alsace en . Le , refusant de se rendre, il prend la tête d’un petit groupe d’officiers et de sous-officiers et à pied, va rejoindre la zone libre à plus de 250 km de là.

Au sein de l’Armée d’armistice, il commande le 1er bataillon du génie à Bergerac. En novembre 1942, lorsque les Allemands envahissent la zone libre, il entre en contact avec l’Armée secrète (AS) et l’Organisation de résistance de l’armée (ORA) qu’il rejoint dès 1943.

En avril 1944, il commande un maquis à côté de Bergerac et est adjoint militaire au chef de l’Armée secrète pour le sud de la Dordogne.

En août 1944, dirigeant les maquis de l’Armée secrète et des FTP de Dordogne Sud, il poursuit les colonnes allemandes qui se replient sur Bordeaux. Il libère Bergerac, Libourne, puis Bordeaux, désertée par la Wehrmacht, le .

Puis début septembre, il prend le commandement de tous les groupements FFI du Sud-Ouest (environ 12 000 hommes) et commandera les opérations face à la poche allemande de La Rochelle et celle de Royan et de la pointe de Grave. Après une réunion le  avec le général de Gaulle dans son PC de Saintes, il doit réduire cette dernière pour permettre de dégager le port de Bordeaux et temporiser pour la Rochelle, De Gaulle craignant une destruction du port par les Allemands.

En octobre 1944, est créé le « front de l’Ouest » afin de réduire les poches de résistance allemande sur toute la façade atlantique française, commandé par le général de Larminat, sous le commandement duquel passe Adeline, toujours à la tête du front de Royan et de la Rochelle. Il commande l’attaque contre Royan à la tête de la division « Gironde » entre 14 et le .

Il est fait compagnon de la Libération le  par le général de Gaulle.

Il fut promu général de brigade le .

Après guerre, il est nommé chef des troupes du génie en Algérie1 puis dirige ensuite le génie de la 1re Région militaire où il va faire construire près de 1 500 logements pour les cadres militaires en région parisienne.

Il prend sa retraite militaire en 1955 et va alors diriger un bureau d’étude qui va superviser la construction de plus de mille appartements en région parisienne, à Strasbourg et à Saint-Georges-de-Didonne (Charente-Maritime).

Le général Adeline meurt le 1er, à la suite d’un accident de voiture, à Châlons-sur-Marne où son épouse Jeanne Fallet est tuée sur le coup. Il est inhumé à Sivry-sur-Meuse (Meuse), sa région d’origine et où il possédait une maison de vacances.

Source : Wikipedia


8 mai 1945 : Capitulation du IIIe Reich

Les actes de capitulation du Troisième Reich sont constitués par les deux versions de l’Acte de reddition militaire — en anglais : Act of military surrender — qui constituent le texte légal de la capitulation du Troisième Reich par lequel le Haut Commandement des forces armées allemandes s’est rendu de manière simultanée sans condition aux hauts commandements suprêmes des forces expéditionnaires alliées en Europe et de l’Union soviétique, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en Europe. La première capitulation a été signée à Reims le  à 2 h 41, la seconde à Berlin le 8 mai 1945 à 22 h 43, heure de Berlin, soit le  à 0 h 43, heure de Moscou.

***

Seul le texte en anglais fait autorité

Acte de reddition militaire
  1. Nous soussignés, agissant au nom du Haut Commandement allemand, déclarons par la présente que nous offrons la reddition sans condition au Commandant suprême des Forces expéditionnaires alliées et, simultanément au Haut Commandement soviétique, de toutes les forces de terre, de mer et de l’air qui sont à cette date sous contrôle allemand.
  2. Le Haut Commandement allemand transmettra immédiatement à toutes les autorités militaires navales et aériennes allemandes et à toutes les autorités militaires sous contrôle allemand, l’ordre de cesser de prendre part aux opérations actives à 23 h 1 heure d’Europe centrale le  et de rester sur les positions qu’elles occuperont à ce moment. Aucun navire ni avion ne sera sabordé et aucun dégât ne sera fait à leur coque, à leurs machines ou à leur équipement.
  3. Le Haut Commandement allemand adressera immédiatement aux commandants des forces intéressées tous les ordres donnés par le Commandant suprême des Forces expéditionnaires alliées et par le Haut Commandement soviétique, et s’assurera de leur exécution.
  4. Cet acte de reddition militaire ne préjuge pas de l’avenir et sera remplacé par tout autre instrument général de reddition qui sera imposé par ou au nom des Nations unies et applicable à l’ALLEMAGNE et aux forces armées allemandes dans leur ensemble.
  5. Dans le cas où le Haut Commandement allemand ou certaines forces sous son contrôle manqueraient d’agir conformément à cet acte de reddition, le Commandant suprême des Forces expéditionnaires alliées et le Haut Commandement soviétique prendront toutes actions punitives ou autres qu’ils jugeront appropriées.

Signé à Reims France à 2 heures 41, le .

  • Au nom du Haut Commandement allemand, Signature du général Jodl

en présence de

  • Au nom du Commandant suprême des Forces expéditionnaires alliées, Signature du général Bedell-Smith
  • Au nom du Haut Commandement soviétique, Signature du général Sousloparov
  • Général, Armée française (Témoin), Signature du général Sevez

 


8 mai 1981 : premier vol de l’Atlantic 2 (ATL2)

Au milieu des années 1970, compte tenu du vieillissement du parc des Br 1150 Atlantic et pour faire face à l’évolution des menaces nouvelles des sous-marins et navires de surface, la Marine française décide de mettre en service une nouvelle génération d’Atlantic. Deux prototypes Atlantique 2 (ATL2) sont réalisés à partir de deux Atlantic de première génération (n° 42 et 69). Le premier effectue son premier vol à Toulouse-Blagnac le  aux mains de Jacques Jesberger, de l’ingénieur d’essai Jean-Pierre Bussenot et du mécanicien d’essai Pierre Harquin. En , le ministère de la défense français annonce le lancement officiel de la production de l’Atlantique 2. Le marché d’industrialisation est notifié en . L’Atlantique 2 est produit, pour la cellule, par un consortium proche de celui qui avait produit l’ATL1 (Dornier et MBB pour la RFA, Dassault et l’Aérospatiale pour la France, Aeritalia pour l’Italie et SABCA-SONACA pour la Belgique). Mais aucun des pays européens participant à sa fabrication ne s’est porté acquéreur de cette nouvelle version. Alors qu’un total de 42 Atlantique 2 avait été initialement prévu pour la France, remplaçant à la fois les Br 1150 Atlantic et les P-2V7 Neptune ; le programme a été arrêté après la livraison du 28e exemplaire.

En 2007, les Atlantique 2 de la marine française ont subi une cure de jouvence en recevant notamment une nouvelle avionique de bord et un complément d’équipement du système d’armes. La nouvelle avionique de bord met l’appareil en conformité avec les normes OACI afin de faciliter ses vols de transit en circulation aérienne générale. Le premier appareil ainsi modifié porte le numéro de cellule M12. Après un chantier de modification de plus d’un an sur le site de la Direction des essais en vol de Dassault Aviation à Istres, il a effectué son premier vol, avec une nouvelle avionique réalisée par Thalès, le  aux mains d’Étienne Faurdessus, de Philippe Narbey de Dassault Aviation et du mécanicien de bord Patrick Chabanis du détachement du Centre d’expérimentations pratiques et de réception de l’aéronautique navale de Nîmes-Garons.

L’ATL2, produit à 28 exemplaires depuis sa mise en service en 1991, a réalisé plus de 100 000 heures de vol. C’est une version profondément modifiée de l’ATL1. Il en conserve la majeure partie de la cellule et les moteurs, à l’exception du groupe auxiliaire de puissance dont la puissance a été portée à 60 kW. Le système d’armes, à vocation anti-surface et anti-sous-marine, a été complètement modifié : tous les capteurs ont été changés, auxquels ont été adjoints un système de traitement de données et un bus numérique. L’ATL2 peut emporter, en soute exclusivement, jusqu’à 2 AM-39 Exocet, jusqu’à 8 torpilles Mk 46 ou MU90, ou un panachage (1 Exocet et 3 torpilles), des grenades, des bombes GBU12, GBU58, des lance-bombettes d’exercice, des conteneurs SAMAR ou SATER ; une capacité de largage de bombes guidées laser a été récemment ajoutée. La masse normale au décollage est portée à 46 tonnes, l’autonomie standard est de 12 h, dont 8 h de patrouille à la vitesse optimale (qui consomme 1 200 kg de kérosène à l’heure) de 180 nœuds (333 km/h) sur une zone à 500 nautiques de sa base avec 4 h de transit à 270 nœuds (500 km/h). La vitesse maximale est de 350 nœuds (648 km/h). Le domaine de vol autorisé va de 100 pieds d’altitude à 30 000 pieds, bien que les vols au-delà de 26 000 pieds soient exceptionnels. Les bouées peuvent être larguées jusqu’à 15 000 pieds mais l’altitude idéale pour obtenir une bonne précision de largage est 1 000 pieds, avec une limite basse de 500 pieds. Le radar DRAAA-10B Iguane à compression d’impulsion est capable de détecter des cibles de très faibles dimensions même par mer forte. La portée peut atteindre 30 nautiques sur un tube d’air de sous-marin, 60 nautiques sur un patrouilleur rapide et 120 nautiques sur un navire marchand.

Depuis le mois de , les Atlantique 2 ont reçu un complément de capacité de bombardement qui leur permet d’emporter en soute et de larguer quatre bombes à guidage laser GBU-12 Paveway II. Cette capacité, qui n’est pas intégrée au système d’armes, a été mise en œuvre lors de l’opération Serval pour la libération du Mali pendant laquelle les Atlantique 2 ont tiré plusieurs bombes à guidage laser sur des positions terroristes. La capacité de tirer en toute autonomie avec l’utilisation d’un pod de désignation laser ne sera acquise que lors de la livraison des ATL2 rénovés en 2017. En attendant l’éclairage laser nécessaire au guidage de la bombe est effectué par un autre avion, un drone ou un TacP (contrôleur aérien avancé) au sol. Depuis novembre 2014, l’Atlantique 2 a repris le guidage d’avions de reconnaissance et la frappe au sol initié en 1977 par le Breguet Atlantic en 1977 en Mauritanie et au Tchad. En juin 2015, l’Atlantique 2 fait le premier tir opérationnel de la torpille MU90. En août 2015, il largue ses premières bombes laser GBU-12 durant l’opération Chammal.

En 2013, la DGA a notifié une commande d’un coût de 700 millions d’euros pour rénover 15 des 22 ATL2 encore en ligne dans l’aéronavale française et leur permettre rester opérationnels au-delà de 2030. En 2018, le nombre d’avions à rénover a été porté à 18 appareils plus le traitement des obsolescence sur 4 appareils qui ne feront que des missions de surveillance maritime, pour un budget total de 845 millions d’euros. Le premier appareil rénové a été livré en 2019, le troisième en avril 2020, les suivants arrivant au rythme de deux à trois avions par an, le neuvième est livré le 21 juillet 2022, le quinzième devant être livré vers 2023, le dix-huitième vers 2025. Les principales améliorations sont :

  • Remplacement du radar DRAAA-10B Iguane par le nouveau radar à antenne active Searchmaster (AESA), qui utilise les technologies du radar RBE2 AESA du Rafale qui apporte de multiples améliorations : portée augmentée, couverture à 360° degrés, balayage électronique vertical, permettant de couvrir simultanément des distances courtes et longues avec une détection assurée dans des conditions d’environnement extrêmes. Ce radar multifonction, d’un poids très léger de 75 kg, assurera les missions de lutte anti-sous-marine, de lutte antisurface, de patrouille maritime, de lutte aéroterrestres et de support aérien tactique. Il est optimisé pour détecter à longue portée de petits mobiles de surface, y compris les périscopes de sous-marins par mer formée, une rotation rapide à 360° et produit une imagerie radar avec un niveau de résolution extrêmement élevé et jusqu’à une portée de 400 km. Il sera également en mesure de repérer des aéronefs, y compris de petits engins volant à très basse altitude, comme des drones. Il peut poursuivre simultanément 1 000 pistes et, selon la DGA, offrirait dans ce domaine aux ATL2 rénové des capacités comparables à celles des P-8A Poseidon américains. Le premier vol d’un ATL2 équipé d’un radar Searchmaster est effectué le 29 janvier 2016 ;
  • Ajout d’une boule optronique électro-optique Wescam MX-20D qui permet aussi la désignation de cibles et la réalisation de bombardement en autonomie grâce à l’emport de bombes guidées par laser GBU12 ;
  • Remplacement des consoles de visualisation tactique du système d’armes utilisant le LOTI (Logiciel opérationnel de traitement de l’information) par un nouveau modèle offrant une représentation plus élaborée de la situation tactique ;
  • Modernisation des moyens de lutte anti-sous-marine avec un nouveau sous-système de traitement acoustique numérique utilisant de nouvelles bouées acoustiques avec un système de traitement de données multistatique, avec positionnement par satellite et possibilité de les faire dialoguer entre elles afin d’améliorer l’analyse des bruits.

Source : Wikipedia

 

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