mardi 25 juin 2024

CHRONICORUM BELLI du 18 mai

18 mai 1291 : mort du grand-maître du Temple lors de la prise de Saint Jean d’Acre par les Mamelouks

Le vendredi , à l’aube, les Musulmans lancent l’assaut. Ils prennent pied sans difficulté dans la Tour Neuve, puis se divisent en deux groupes pour s’emparer de la zone entre les deux enceintes et bombarder les assiégés de feux grégeois et de flèches.

Armoiries de Guillaume de Beaujeu.

Guillaume de Beaujeu, grand maître du Temple, et Jean de Villiers, grand maître de l’ordre des Hospitaliers, longtemps rivaux et réconciliés à l’heure du danger, défendent le point le plus menacé, la porte Saint-Antoine. Atteint d’une flèche sous l’aisselle, Guillaume se retire du combat. Des croisés lui crient : « Pour Dieu, sire, ne partez pas, car la ville sera bientôt perdue ! », ce à quoi Guillaume répond « Seigneurs, je ne peux plus, car je suis mort, voyez le coup. » On l’emporte à la commanderie du Temple où il expire quelques heures plus tard. Jean de Villiers, également grièvement blessé, est transporté sur un navire en direction de Chypre. Les Mamelouks prennent alors la porte Saint-Antoine et se ruent dans la ville, massacrant les habitants. Certains tentent de fuir avec les navires dont quelques-uns, surchargés, coulent.

Dix mille habitants ont pu se réfugier dans la Voûte d’Acre, la citadelle des Templiers, qui tient encore et dont la défense est assurée par Thibaud Gaudin et Pierre de Sevry, maréchal du Temple. Cette citadelle donne sur la mer et les rescapés peuvent embarquer pour se réfugier à Chypre. Pendant dix jours, la citadelle résiste aux bombardements incessants, avant de succomber à son tour, le .

Cette conquête marque la fin de la présence franque en Terre sainte. En effet, la bailli de Tyr et sa garnison évacuent peu après cette place-forte, l’une des mieux fortifiées de Terre Sainte aux yeux des chrétiens. Le nouveau grand maître des Templiers, Thibaud Gaudin, ainsi que les Templiers se sont repliés à Sidon. Sa population est évacuée et Thibaud part pour Chypre, prétendant aller chercher des renforts, mais ne revient pas. Sidon est prise le . Se fiant aux promesses de paix du sultan, les habitants de Beyrouth lui ouvrent les portes le  et le système de capitation fut mis en place, et seuls les Templiers de la commanderie furent pendus haut et court.

Les 3 et  suivants, les places fortes de Tortose et de Château-Pèlerin sont évacuées sans combat. Seules deux cités en Terre sainte restent chrétiennes : l’îlot d’Arouad, au sud de Tortose, est tenu par les Templiers, et la ville de Gibelet, confiée au seigneur, Pierre Embriaco, ami du sultan. Celui-ci la lui avait rendue en 1289 après l’avoir prise au comte de Tripoli. Ces deux ports sont abandonnés en 1302.

Le sultanat mamelouk est un royaume médiéval qui s’étendait sur l’Égypte, le Levant et le Hedjaz. Il dura de la chute de la dynastie ayyoubide en 1250 à la conquête ottomane de l’Égypte en 1517.


18 mai 1302 : matines de Bruges.

La garnison française de Bruges est attaquée dans son sommeil par les rebelles flamands de Peter de Conincke qui refusent l’autorité de Philippe Le Bel. Mille Français sont assassinés au petit matin alors qu’ils sont hébergés par l’habitant.


18 mai 1565 : début du siège de Malte.

Soliman le Magnifique envoie près de 40 000 hommes commandés par Mustapha Pacha pour s’emparer de l’île de Malte. Île stratégique posée au milieu de la Méditerranée, elle permet aux chevaliers Hospitaliers de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem de contrôler le trafic maritime mais aussi d’appuyer les corsaires du camp chrétien. Rejetés de l’île de Rhodes par Soliman en 1522, les Hospitaliers de Jean Parisot de La Valette mettent un point d’honneur à tenir Malte.  Les Ottomans, vaincus, sont obligés de battre en retraite en septembre après 4 mois de siège très meurtrier. 

Lire La Religion de Tim Willocks.

Levée du siège de Malte assiégé par le général ottoman Mustapha en septembre 1565. Don Garcia de Tolède, vice-roi de Sicile, mène l'opération. Charles Philippe Larivière - RMN Château de Versailles
Levée du siège de Malte assiégé par le général ottoman Mustapha Pacha en septembre 1565. Don Garcia de Tolède, vice-roi de Sicile, mène l’opération. Charles Philippe Larivière – RMN Château de Versailles

18 mai 1756 : l’Angleterre déclare la guerre à la France (début de la guerre de Sept Ans).

Les Français et les Anglais s’affrontent violemment depuis 1754 dans le Nouveau Monde pour contrôler le futur Canada, appelé alors Nouvelle France. Maîtrisant les voies maritimes, les Anglais empêchent les Français de ravitailler et renforcer leurs colonies. Faute de soldats et de moyens, le marquis de Montcalm commandant des troupes françaises sera vaincu. Il obtiendra cependant quelques victoires sur le terrain. Le traité de Paris en 1763 officialise la perte du Nouveau Monde pour la France.


18 mai 1794 : bataille de Tourcoing.

Le général Moreau bat les anglo-autrichiens qui doivent reculer et laissent ainsi les Français se réorganiser face à l’invasion des monarchies coalisées contre la Révolution.

Cette victoire sur les coalisés permit de dégager la frontière de l’Escaut à la mer, effaçant la prise de Landrecies par Cobourg. Ainsi, les coalisés durent reculer, permettant aux forces françaises de se réorganiser : l’armée des Ardennes et l’armée de la Moselle furent regroupées (future armée de Sambre-et-Meuse) et dirigées vers Charleroi.

Fresque murale de Paul-Émile Boutigny – Hôtel de ville de Tourcoing (Détail).

18 mai 1799 : mort de Beaumarchais (Paris).

Auteur de théâtre (Le mariage de Figaro,…), inventeur (d’un mécanisme d’horlogerie) et espion des rois Louis XV (chasse aux pamphlets visant la couronne) et Louis XVI (aide aux insurgés américains dans la guerre d’indépendance).


18 mai 1800 : Mort à 69 ans du généralissime russe Alexandre Souvorov

Souvorov est l’un des rares généraux à n’avoir jamais été vaincu, à l’instar d’Alexandre le Grand, de Sylla, de Khalid ibn al-Walid, de Gengis Khan, de Yi Sun-sin et du Maréchal Davout. Il devint également célèbre pour son ouvrage, La Science de la Victoire, où il compila et résuma ses principes militaires en formules simples et accrocheuses : « La balle est une chose folle, seule la baïonnette sait ce qu’il en est », « Meurs, mais sauve ton camarade ! » ou encore « Ce qui est dur à l’entraînement sera facile pendant la bataille ». Il enseigna à ses hommes à être excessivement offensifs, une nouvelle citation le confirmant : « Attaquez avec le fer ! Poussez avec la baïonnette ! ». Il était particulièrement proche de ses hommes, les gratifiant du titre de « frères », et rendait « l’inspiration » à l’origine de ses plans et stratégies géniaux.


18 mai 1804 : naissance du 1er Empire :

Sénatus-consulte du 18 mai : « Article premier. Le gouvernement de la République est confié à un empereur, qui prend le titre d’Empereur des Français… ».


18 mai 1922 : Mort du médecin militaire Alphonse Laveran

Né le 18 juin 1845, Charles Louis Alphonse Laveran est un médecin militaire et parasitologiste français, pionnier de la médecine tropicale, qui a découvert, en 1880, le parasite protozoaire responsable du paludisme. Pour la première fois était mis en évidence que les protozoaires pouvaient être la cause de maladies. Ses travaux lui ont valu de recevoir le prix Nobel de physiologie ou médecine de 1907.

Un Hôpital d’Instruction des Armées (HIA) porte son nom.


18 mai 1995 : Mort du commandant Jacques MORIN, père fondateur des unités parachutistes de la Légion étrangère

Ses études à Moulins le menèrent en classe préparatoire à Sainte Geneviève au début de la guerre 39/45 où il a croisé pour la première fois Hélie de Saint Marc. Il a réussi le concours de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, premier de la zone Sud, y effectuant en 1942 sa scolarité dans la promotion « Croix de Provence » à Aix-en-Provence. À la suite de l’invasion allemande de la zone libre, l’école est fermée et les élèves mis en congé. Il s’inscrit alors à l’université.

Après diverses tentatives infructueuses pour rejoindre l’armée d’Afrique, il a rejoint la résistance dans les maquis de la Drome puis avec l’Organisation de résistance de l’Armée (ORA). À la suite d’une trahison, il est arrêté par la Gestapo lors d’une liaison à Paris le  au lendemain du débarquement allié en Normandie, déporté au camp de concentration nazi de Buchenwald, où il retrouve son ancien condisciple de « corniche » : Hélie de St Marc; il fut affecté au travail forcé d’un camp satellite au Kommando Laura en Bavière. Après avoir rejoint Allach près de Dachau, le kommando est délivré par l’avance américaine le . Il s’en évade grâce à l’aide de marins français dans un total épuisement physique du camp gardé par les Américains qui craignaient le typhus.

Nommé sous-lieutenant rétroactivement au 1er  puis lieutenant le , après un passage à l’École Militaire Inter Armes de Coëtquidan en 1946, il est breveté parachutiste à Pau en 1947 et choisi la Légion étrangère.

En 1956, il participe avec le 1er REP à l’expédition de Suez.

Promu Chef de Bataillon (Commandant) le . Il prend le commandement par intérim du 1er REP après la mort au combat du colonel Jeanpierre le . Au cours de cette campagne, il reçoit plus de 5 citations. Il est alors promu commandeur de la Légion d’honneur.

En , il prend le commandement du 2e bataillon de l’EOA à l’ESMIA de Coëtquidan puis est affecté comme chef d’état-major à la 10e DP.

Par suite d’un désaccord avec le général Saint-Hillier, il est muté en métropole à l’inspection des troupes aéroportées le , mutation qui, probablement, lui évitera de participer au putsch d’Alger.

Son amitié avec Hélie de Saint Marc, à la tête du 1er REP lors du putsch, l’amena à témoigner en sa faveur devant Tribunal Spécial Militaire, malgré les pressions de l’Armée qui lui proposa une nomination immédiate au grade de lieutenant-colonel et le commandement du régiment de son choix s’il n’intervenait pas. Cette déposition lui a valu d’être suspecté d’être membre actif de l’OAS. D’où des sanctions et mesures à son encontre : d’abord le Ministère des Armées le mit en congés renouvelés ; ensuite une enquête fut menée sur lui ; par décret du , il est mis en non-activité par retrait d’emploi, mais dans cette position il demeure soumis à l’autorité militaire et aux règles de discipline imposées aux officiers.

Jacques Morin n’accepta pas les mesures prises à son encontre, qui lui paraissaient un déni de justice et porter atteinte à son honneur. Il introduisit donc une requête en Conseil d’Etat, qui lui donna gain de cause. Il a donc été réintégré dans les cadres de l’Armée mais mis sur une voie de garage jusqu’à ce qu’il fasse valoir ses droits à la retraite le .

Jacques Morin a fondé et présidé l’Amicale des légionnaires parachutistes.

Il a décoré des plus hautes distinctions militaires avec 16 citations.

18 mai 2001 : Mise en service du porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle, qui a remplacé le porte-avions Clemenceau.

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