lundi 16 mai 2022

De la fierté d’être français !

Il est indéniable qu’une équipe de France de football qui se bat sur le terrain et est exigeante dans son comportement suscite l’adhésion du peuple français et sa fierté.

Les qualités d’une équipe qui gagne

Exemplarité, sens de l’engagement collectif, simplicité, humilité mais aussi goût de l’effort, respect de l’autre et de soi-même, loyauté et solidarité envers le groupe et le pays, toutes ces vraies valeurs rassemblent et rendent fort face à l’adversité. Je remarquerai que l’humilité française a su rejeter l’arrogance médiatique allemande, tout un symbole dans la crise européenne.

Cela n’aurait pas pu se faire sans un leader qui fédère, choisit, prend des risques, décide. Cela a été le cas de Didier Deschamps qui a su faire une équipe de France pour la France malgré les polémiques sur la composition de son équipe « pas assez multiethnique », commentaire bien stupide qui montre aussi des revendications ethniques sinon indirectement religieuse inacceptables mais que notre société a toléré depuis bien trop longtemps. Etre français ne se limite pas à la possession d’une carte d’identité. Être français signifie exprimer son attachement de cœur à ce que représente le pays : sa place dans le Monde, ses institutions, son histoire, sa culture.

Réflexion sur la place des généraux au sein de notre société

Puis-je adapter cet exemple à la situation de la France et de son armée en cette veille de fête nationale ? Sans aucun doute. Une nation peut-elle rayonner sans leadership, sans hommes ni femmes capables de s’engager pour les autres et la grandeur du pays ? A ce titre, il est intéressant de lire dans les médias les réactions suscitées par le départ du général Puga (Cf. Le Monde du 6 juillet 2016). J’ai l’impression d’un décryptage erroné, « mode civil », du militaire au contact du pouvoir politique où il est attribué au général Puga, et aux généraux en général, un goût du pouvoir et de sa conquête, au même titre que les politiques.

J’ai connu le général Puga, à cette époque colonel au CPCO. Officier soucieux des autres, d’un calme exemplaire dans la tempête, sa réputation depuis qu’il avait commandé un bataillon de saint-Cyr était déjà élogieuse pour ses qualités humaines et professionnelles. L’amiral Rogel, son successeur, un de mes camarades à l’école de guerre, a des qualités similaires, l’un et l’autre bien loin des caricatures de l’officier telles que je les ai lues çà et là.

Même s’il peut toujours avoir des exceptions ou que les choix dans une crise peuvent être discutés après coup (c’est plus facile)  – le général De Gaulle qui a su désobéir légitimement … et illégalement – ou, autre choix, le Maréchal Pétain qui a reçu tous les pouvoirs d’une manière légale mais jugée illégitime par la suite, l’officier d’aujourd’hui est fidèle comme hier à sa tradition de service de la Patrie, de la Nation, de la France avec justement à un moment donné des choix graves à faire en fonction de circonstances exceptionnelles.

Durant ces périodes, ce sens du service et de la loyauté prend tout son sens. S’étonner qu’un général serve plusieurs présidents de la République aux colorations politiques différentes montre une méconnaissance profonde de ce qui pousse un citoyen français à devenir officier. Même si l’officier peut avoir des convictions, il sert d’abord, faut-il le rappeler. Un ouvrage exprime parfaitement et simplement la situation de l’officier français à travers les siècles. Il s‘agit de « Trois siècles d’obéissance militaire » écrit par le maréchal Juin en 1964. J’invite à lire cet ouvrage d’un grand soldat qui a, à mon avis, bien cerné ce qu’a été, est et sera un officier.

Le sens de la loyauté a fait que l’Armée reste le dernier recours des institutions quand celles-ci sont menacées. L’opération Sentinelle le prouve et l’opinion publique ne s’y est pas trompée avec ce sondage (Cf. Sondages publié par la Dicod du 7 juillet 2016). 87 % des Français (+7 points) ont une bonne image des armées. En janvier 2016 un autre sondage faisait des armées la deuxième organisation dans laquelle les Français avaient le plus confiance (à 81%, derrière les hôpitaux).

Des religions qui doivent être soumises aux lois de la République et adhérées à ses symboles

Pour revenir au contexte actuel, je constate que, lorsque le pouvoir politique veut maintenir l’ordre, il y arrive : peu de troubles « houliganistes », pas d’attentats malgré des foules rassemblées en de multiples lieux. Le peuple français a aussi été présent. La Marseillaise, entonnée par des dizaines de milliers de personnes, les drapeaux français flottant dans les stades, chez les particuliers, ont sans aucun doute été un message fort d’unité nationale, une réponse magistrale aux salafistes et autres terroristes.

Finalement le ramadan en France a été calme même je pourrai toujours m’étonner de ces dérogations à la laïcité lors d’épreuves du bac pour des questions religieuses. Cette fois, cela a concerné l’islam mais la religion juive a aussi eu droit à ces dérogations dans le passé. La religion, quelle qu’elle soit, ne doit pas régler le fonctionnement de la République n’en déplaise par exemple à François Fillon (Cf. Huffingtonpost)

Enfin, le 14 juillet arrive et l’armée française va défiler. Les promesses de son renforcement par un budget en hausse en 2017 sont annoncées. Pourtant, des crédits auraient été gelés. Marché de dupes ? A voir.

Maintenant que tous les Français ou presque ont acquis un drapeau français pour l’euro 2016, il serait opportun que chacun pavoise sa maison ou son appartement aux couleurs de la France pour cette fête nationale.

Pour conclure

Il est temps de se réapproprier ces trois couleurs nationales qui symbolisent l’unité et la force de la Nation.

François CHAUVANCY
François CHAUVANCY
Saint-cyrien, breveté de l’École de guerre, docteur en sciences de l’information et de la communication (CELSA), titulaire d’un troisième cycle en relations internationales de la faculté de droit de Sceaux, le général (2S) François CHAUVANCY a servi dans l’armée de Terre au sein des unités blindées des troupes de marine. Il a quitté le service actif en 2014. Il est expert des questions de doctrine sur l’emploi des forces, sur les fonctions ayant trait à la formation des armées étrangères, à la contre-insurrection et aux opérations sur l’information. A ce titre, il a été responsable national de la France auprès de l’OTAN dans les groupes de travail sur la communication stratégique, les opérations sur l’information et les opérations psychologiques de 2005 à 2012. Il a servi au Kosovo, en Albanie, en ex-Yougoslavie, au Kosovo, aux Émirats arabes unis, au Liban et à plusieurs reprises en République de Côte d’Ivoire où, sous l’uniforme ivoirien, il a notamment formé pendant deux ans dans ce cadre une partie des officiers de l’Afrique de l’ouest francophone. Il est chargé de cours sur les questions de défense et sur la stratégie d’influence dans plusieurs universités. Il est l’auteur depuis 1988 de nombreux articles sur l’influence, la politique de défense, la stratégie, le militaire et la société civile. Coauteur ou auteur de différents ouvrages de stratégie et géopolitique., son dernier ouvrage traduit en anglais et en arabe a été publié en septembre 2018 sous le titre : « Blocus du Qatar : l’offensive manquée. Guerre de l’information, jeux d'influence, affrontement économique ». Il a reçu le Prix 2010 de la fondation Maréchal Leclerc pour l’ensemble des articles réalisés à cette époque. Il est consultant régulier depuis 2016 sur les questions militaires au Moyen-Orient auprès de Radio Méditerranée Internationale. Animateur du blog « Défense et Sécurité » sur le site du Monde depuis août 2011, il a rejoint depuis mai 2019 l’équipe de Theatrum Belli.
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