Irak : un chasseur alpin, l’adjudant-chef Arnaud Frion du 7e BCA, tué dans une attaque de drones, six autres blessés.

L’adjudant-chef Arnaud Frion, du 7e BCA de Varces, déployé en Irak depuis le 24 janvier 2026, a été tué lors d’une frappe nocturne sur la base de Mala Qara, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d’Erbil. Six autres militaires français ont été blessés. Il est le premier soldat français tué depuis l’ouverture du conflit au Moyen-Orient, le 28 février.

La frappe aurait impliqué au moins deux drones. Elle a visé le site de Mala Qara, une base utilisée conjointement par les forces peshmergas kurdes et des contingents de plusieurs nations membres de la coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington. Le gouverneur de la province d’Erbil a confirmé la localisation de l’attaque et le recours à des engins aériens sans pilote. La prise en charge médicale des blessés a été « immédiate », selon l’état-major, qui a précisé que les soldats avaient été évacués vers le centre de soins le plus proche.

Les soldats concernés participaient à des missions d’instruction au profit de partenaires irakiens dans le cadre de la lutte contre le terrorisme djihadiste, mission que la France conduit en Irak depuis 2015 au sein de l’opération Chammal.

Crédit : 7e BCA. L’adjudant-chef Arnaud Frion était membre du GCM (Groupement de commandos de montagne) comme le sergent Maxime Blasco, également du 7e BCA, mort au combat au Mali le 24 septembre 2021.

Le groupe Ashab al-Kahf cible explicitement les forces françaises

Si aucune revendication officielle de l’attaque n’avait été publiée dans les premières heures suivant les faits, le groupe armé pro-iranien Ashab al-Kahf avait néanmoins annoncé, dans les jours précédents, son intention de prendre pour cible l’ensemble des intérêts français déployés en Irak et dans la région. La milice invoquait à cet égard le déploiement du groupe aéronaval centré sur le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale et dans le Golfe. Dans le même contexte, une base militaire italienne se trouvant dans une enceinte voisine à Erbil avait subi, peu avant l’attaque mortelle, une frappe de drone qui n’avait fait aucun blessé.

La région autonome du Kurdistan irakien est soumise depuis le début du conflit à une pression croissante de ces factions. La majorité des tirs de drones et de roquettes qui ont visé Erbil et ses environs au cours des deux premières semaines de guerre ont été interceptés par les systèmes de défense antiaérienne de la coalition. L’attaque du 12 au 13 mars est la première à avoir causé des pertes au sein des contingents occidentaux.

La France maintient plusieurs centaines de militaires en Irak dans le cadre de l’opération Chammal, volet national de l’opération Inherent Resolve. Leur mission principale consiste à former et conseiller les forces irakiennes et les unités peshmergas dans leur capacité à combattre les réseaux djihadistes. Le territoire irakien, et le Kurdistan en particulier, se trouvent ainsi placés au carrefour d’une double tension : celle, résiduelle mais persistante, liée à Daech, et celle, nouvelle et volatile, née de l’escalade régionale autour de l’Iran.

Biographie de l’adjudant-chef Frion (MinArm).

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