La cavalerie romaine des Sévères à Théodose

L’histoire militaire du monde méditerranéen antique est indissociablement liée à celle de l’infanterie lourde. La phalange hoplitique, la phalange macédonienne et la légion romaine ont successivement régné sur les champs de bataille des guerres médiques à la disparition de l’Empire romain d’Occident. Mais ces armées anciennes ne sauraient être réduites à un seul type de formation.

À l’époque romaine, les légionnaires, principaux outils de la conquête, sont accompagnés d’unités de cavaliers. Tandis que la légion polarisait l’essentiel des recherches, la cavalerie, toujours perçue comme une simple arme de soutien, n’a pas vraiment su trouver grâce aux yeux des chercheurs. Pourtant cette cavalerie semble sortir de l’ombre à partir de la toute fin du IIe siècle lors du conflit opposant Septime Sévère et Pescennius Niger pour la succession de Pertinax. Les armées des belligérants se rencontrent dans la plaine d’Issus en 194 p.C. Tandis que les légions se préparent au choc frontal, Anullinus et Valerianus, généraux de Septime Sévère, choisissent de contourner les positions de l’armée orientale avec leurs forces de cavalerie. Cette manœuvre est couronnée de succès. Le concurrent au trône est totalement défait et les légions d’Orient, bien que supérieures en nombre et bénéficiant des avantages du terrain, sont vaincues par l’action cruciale de contournement des cavaliers.

Quelques années plus tard, Septime Sévère doit à nouveau sa victoire à l’intervention des troupes montées de Laetus à Lyon en 197 p.C. tandis que ses troupes fléchissaient face aux légions de Clodius Albinus. Issus, Lyon mais aussi Nish, Immae, Emèse, le Pont Milvius ou encore Andrinople sont autant de grandes batailles qui doivent leur issue à l’intervention décisive de la cavalerie. En l’espace de deux siècles, la cavalerie démontre qu’elle peut non seulement remplir des missions de reconnaissance et de harcèlement sur les flancs, mais aussi suppléer et remplacer l’infanterie lourde comme arme déterminante sur le champ de bataille.

Corentin Méa

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