Les municipales ou le retour « en politique » ?


Quand on a servi pendant de longue années la France sous l’uniforme, pourquoi ne pas se mettre à la disposition de ses concitoyens en s’engageant dans l’action publique une fois la retraite venue. Ce sont plusieurs dizaines d’officiers qui se sont lancés dans cette aventure électorale. À eux d’éviter les écueils qui ne manqueront pas de se dresser sur leur route.

Si l’on compte les candidats qui figurent sur une liste municipale, et ceux qui briguent la fonction même de « Maire », on en dénombre près d’une centaine ! La très grande majorité a appartenu au corps des officiers. La plupart a fait une carrière dans l’armée de Terre et une majorité est issue de Saint-Cyr ! Ce sont des faits révélateurs d’un état d’esprit, qui rend hommage à leur engagement, et qui donne une belle image de la place de l’officier dans la Nation !

En effet, la plupart des candidats militaires a atteint l’âge de la retraite, au moment où ils se sont décidés. Ils auraient pu espérer un repos mérité, alors que la gestion d’une municipalité, quelle que soit sa taille, est loin d’être un « long fleuve tranquille ». On peut même ajouter qu’en regard du monde de l’entreprise, la fonction n’est pas particulièrement rémunératrice, surtout si l’on tient compte du temps passé, des soucis accumulés, du poids des responsabilités et de la diversité des problèmes rencontrés !

Les camarades qui se lancent dans cette aventure font preuve – il faut le reconnaître – d’un vrai courage, car il s’agit d’un environnement entièrement nouveau pour un ancien militaire. Et, au vu de ce que l’on peut voir, lire ou entendre dans les médias, que ce soit au niveau local ou national, si les combats sont moins sanglants et sans doute moins dramatiques que sur nos théâtres d’opérations, ils n’en sont pas moins rudes et sans aucune concession, comme on a pu le voir à Paris…

Cet engagement honore les Armées à travers leurs cadres. En effet, il révèle la capacité des militaires, et notamment des officiers, à savoir « inspirer » la société et même y jouer un rôle actif, et cela au-delà de toute implication dans les querelles de politique politicienne. Or, le niveau municipal, hormis sans doute dans les plus grandes agglomérations, reste certainement un terrain « à hauteur d’hommes » !

L’expérience, la générosité, le sens de l’intérêt général et même du bien commun, ainsi que la prise en compte permanente du facteur humain de « nos » candidats pourront se développer au-delà des querelles internes partisanes et y seront unanimement appréciés.

Pour préserver leur propre liberté, deux écueils sont à prendre en compte, car ils peuvent fragiliser nos camarades, que ce soit comme candidats, voire ultérieurement comme élu. D’abord, il convient de veiller à ne pas se laisser « enfermer » dans son dernier grade, surtout si l’on a terminé sa carrière comme officier-général. Ensuite, il faut bien réfléchir avant de rejoindre un parti politique ou d’accepter qu’un parti se propose de rejoindre leur équipe de campagne, car il y aura le plus souvent un intérêt caché…

Espérons simplement que les résultats seront à la hauteur de leur générosité et de leur engagement, et que ce nombre ira toujours en s’accroissant, au fur et à mesure des élections municipales à venir, car un mandat municipal reste aussi une autre manière, différente mais concrète, de servir son pays !

Général d’armée (2S) Bruno DARY

Previous HISTOIRE : Chronique culturelle du 4 mars
Next HISTOIRE : Chronique culturelle du 5 mars

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.