Septembre 1945, les marsouins rétablissent l’ordre et la sécurité à Saigon


Après avoir suivi un entraînement aux Indes, les marsouins de la compagnie A du 5e RIC (corps léger d’intervention) atterrissent à Tan Son Nhut le 12 septembre 1945. En quelques jours, ils vont briser la terreur exercée par le Viêt-minh sur Saigon et rétablir l’ordre français.

(Theatrum Belli recherche des photos d’époque relatives à ce fait d’armes pouvant compléter cet article)

 

Le 15 août 1945, le Japon capitule. En Indochine, depuis le coup de force du 9 mars qui leur a permis de balayer l’armée et l’administration françaises, les Japonais règnent en maîtres absolus, favorisant la montée des nationalistes, des communistes et des extrémistes violemment hostiles à la France. Parqués dans des camps de concentration ou regroupés dans les villes, les résidents français sont en danger de mort.

Vous allez former une compagnie. Elle rejoindra Saigon avec les premiers éléments de la 20e division indienne.

Le lieutenant-colonel Huard commande le 5e régiment d’infanterie coloniale, nom donné au corps léger d’intervention à son départ d’Algérie pour Ceylan. Il reçoit cet ordre une semaine après la capitulation nippone, avant même l’arrivée du général Leclerc, désigné pour commander le corps expéditionnaire d’Extrême-Orient.

La France est bien résolue à revenir en Indochine. Le Nord, certes, livré aux Chinois par les accords de Potsdam, lui reste encore interdit. Dans le sud, en revanche, les Britanniques semblent disposés à lui faciliter la tâche. Un impératif : faire vite !

Or, pour l’instant, en dehors de la poignée d’hommes de la force 136, seul le 5e RIC est en mesure d’intervenir. Et encore, ses groupements de commandos sont-ils dispersés à Ceylan et dans toutes les Indes pour des stages de parachutisme, de jungle, de sabotage, de silent killing

Placés sous le commandement du capitaine Noirtin, la compagnie A, constituée par Huard, est prête dès le 26 août. Organisée en trois sections de combat et deux groupes de commandement et d’arme lourdes, elle compte 8 officiers, 4 aspirants, 48 sous-officiers et 61 hommes de troupe.

Experts en armement et en explosifs, rompus au tir instinctif, ces hommes maîtrisent parfaitement les techniques de combat de jungle et du combat de rue. Le 28, ils embarquent à Trincomalee à bord du porte-avions Sea Archer. Destination : Rangoon, première escale avant Saigon.

Prenant la tête des divers mouvements nationalistes pour les déborder et les neutraliser, Hô Chi Minh et le et le Viêt-minh s’apprêtent à proclamer l’indépendance du Viêt-nam. Ils bénéficient de la complicité passive des Japonais, chargés du maintien de l’ordre jusqu’à l’arrivée des Alliés, et de nombreux déserteurs nippons rejoignent leurs rangs. De plus, les Américains de l’OSS mènent un étrange jeu contre les Français.

En Cochinchine et à Saigon, le nouveau maître s’appelle Tran Van Giau, un communiste qui a ses fait classes en URSS. Il s’empare de tous les édifices publics, couvre la ville de slogans hostiles à la France, organise l’agitation, déchaîne une campagne de presse et de tracts. Les appels au meurtre, au massacre des Français se multiplient.

Les 4 500 soldats et marins français prisonniers à Saigon sont toujours gardés par les soldats nippons, pour l’essentiel à la caserne Martin des Pallières. Les civils sont pour la plupart cantonnés à l’intérieur d’un périmètre dont il leur est interdit de sortir.

Le 2 septembre, pour fêter l’indépendance, Giau organise une manifestation de masse à Saigon Quelques meneurs la transforment rapidement en émeute Dans le centre-ville, cinq Français, dont le père Tricoine, sont assassinés par la foule. Des dizaines d’autres sont blessés, des centaines sont arrêtés, leurs maisons pillées et saccagées. Dans les faubourgs, massacres et enlèvements sèment la terreur. Des mots d’ordre circulent, incitant à une tuerie généralisée. Seule l’intervention du haut-commandement britannique, qui rend la maréchal Terauchi responsable sur sa vie, amène les troupes japonaises à rétablir en partie l’ordre dans la ville.

Saigon est délivré

Dans la matinée du 12 septembre, bénéficiant enfin d’un potentiel aérien, la compagnie A atterrit à Tan Son Nhut en même temps que deux compagnies de Gourkhas. Avec elle, le lieutenant-colonel Rivier, nommé délégué militaire provisoire, un état-major réduit et plusieurs jeunes administrateurs coloniaux entraînés par le CLI. À cause des limitations de poids, les hommes débarquent des Dakota avec un minimum d’armes et de munitions.

À Saigon, Giau a fait pavoiser aux couleurs britanniques. Soudain, alors que les 400 hommes défilent en tenue de brousse anglaise, coiffés du chapeau de feutre Gourkhas, des cris d’enthousiasme jaillissent et se répercutent :

Des Français ! Il y a des Français !

Pour toute la population soumise aux vexations, aux mauvais traitements et aux enlèvements, c’est de nouveau l’espoir.

Durant plusieurs jours, la compagnie A reste cantonnée en réserve dans une ancienne école, rue Paul Blanchy, au grand désappointement des Français de Saigon. Moitié parce que le gouverneur Cédille, parachuté fin août depuis les Indes, croit encore pouvoir traiter avec le Viêt-minh, moitié parce qu’elle n’a pas les moyens de faire face à un soulèvement jetant des dizaines de milliers d’émeutiers dans les rues. Sa seule activité visible consiste en patrouilles qui, au gré des itinéraires, croisent d’autres patrouilles anglaises, japonaises, voire des miliciens du Viêt-minh.

En coulisse, discrètement, on s’organise. Parmi les prisonniers français de la caserne du 11e RIC, le tiers environ est physiquement en état de se battre, soit 1 500 hommes. Quatre bataillons sont ainsi constitués, dont un de marins. Les armes, on va les récupérer de nuit à la pyrotechnie, où les Japonais en avaient entreposé tout un stock. Grâce à leurs uniformes britanniques, les commandos de la compagnie A peuvent circuler facilement sans donner l’éveil.

Le 22 septembre, tout est prêt. Le secret est parfaitement gardé. Rien n’a filtré. Une trentaine d’objectifs ont été désignés, dans Saigon même et à la périphérie, avec des itinéraires d’approche bien définis : commissariat central et commissariats d’arrondissements, postes de police, mairie, PTT, immeubles de la Sûreté et du Trésor, gare de marchandises, ponts de l’arroyo de l’Avalanche, batterie de Binh Khan sur l’autre rive de la rivière de Saigon… L’effet de surprise est essentiel, une parfaite coordination indispensable. Pour accompagner chaque unité, trois commandos de la compagnie A, entraînés à ce genre d’opération coup de poing. En réserve au PC, la section d’armes lourdes du lieutenant Désaubliaux. Les trois autres sections des lieutenants Martin et Destré et du sous-lieutenant bard se répartissent au sein des bataillons reconstitués.

Heure H : 4 heures du matin. Rappelez-vous que tout dépend de la surprise. Ne tirez qu’en cas d’absolue nécessité…

L’opération doit s’effectuer sans faire couler une goutte de sang. Pour éviter de créer l’irréparable etde fournir un prétexte trop facile.

Dans la nuit chaude et moite de Saigon, alors que les horloges s’apprêtent à sonner le premier coup de 4 h, près de 1 500 hommes bandent leurs muscles amaigris par la captivité et les privations. Partout l’approche s’est déroulée sans incident. Le ne soupçonne rien.

Devant chaque objectif, les commandos bondissent par groupes de trois. Là où il y a des sentinelles, il faut les neutraliser en silence, mais sans les tuer. Puis, surgissant de l’obscurité comme des diables, les Français font brusquement irruption à l’intérieur des immeubles, Sten à la hanche ou pistolet au poing. La surprise est complète.

Quelques brèves tentatives de résistance sont promptement maîtrisées. Et, lorsque le jour se lève, Saigon est de nouveau français. Quelques bIessés de part et d’autre, mais aucun mort. Les Japonais n’ont pas bougé. Les Viets qui n’ont pas réussi à s’enfuir ont été capturés. Ils sont plusieurs centaines et, dans l’espoir d’une reprise des pourparlers, on les libère.

Giau n’a pas attendu pour quitter Saigon et déclare une guerre à outrance aux Français, à commencer par un blocus alimentaire total de la population européenne, déjà affamée. Dès le crépuscule, il commence à incendier les dépôts de caoutchouc et d’essence et lance ses troupes à l’assaut des positions françaises. À l’extérieur de la ville assiégée, enlèvements, assassinats, tortures et massacres reprennent de plus belle.

La compagnie A se déploie à l’intérieur d’un périmètre trop vaste pour son effectif et intervient aux endroits les plus menacés. À Phuc My, une section se porte au secours des coloniaux du 11e RIC, pressés par les Viets. Faute d’armement en quantité suffisante, les commandos récupèrent ce qu’ils trouvent, en particulier plusieurs mortiers japonais à détente.

Le 25 septembre à l’aube, sans que les Japonais chargés de la garde du secteur interviennent, le Viêt-minh franchit l’arroyo de l’Avalanche et massacre une partie des habitants de la cité Héraud, laissant derrière lui un spectacle insoutenable.

Le lendemain, après diverses tentatives nocturnes infructueuses, les Viets attaquent le pont de l’avenue Mac-Mahon. S’ils passent, un nouveau massacre risque d’avoir lieu.

Vers midi, les marsouins du 11e RIC sont en difficulté. Le capitaine Noirtin fonce aussitôt en renfort avec un groupe de commandos de la compagnie A. Le combat fait rage, et les tirs des Viets prennent le pont en enfilade. Presque tout de suite, le capitaine Otton Loyewski est blessé, puis le lieutenant Dévigne, un des administrateurs issus du CLI.

L’arrivée du lieutenant-colonel Dewey, protégé bar un immense drapeau américain et une escorte de Gourkhas, fait taire les armes. Il se rend à Tan Ion Nhut. Les Viets le laissent passer pour le mitrailler sans avertissement et le tuer quelques kilomètres plus loin.

Dès que les combats reprennent autour du pont, l’adjudant Deplaine est tué. Le pont et l’arroyo constituent un glacis totalement à découvert, mais Noirtin n’en a cure.

Les volontaires avec moi !

Les commandos disposent d’un camion japonais, sommairement protégé à l’arrière par un assemblage de tôles légères. Tandis que le caporal Meyer saute au volant, entièrement à découvert, Noirtin grimpe à côté de lui et commence à tirer rafale sur rafale avec sa Sten à travers le pare-brise. Le véhicule fonce au milieu d’un essaim de projectiles. Tirant à travers les tôles, un FM Bren fait baisser la tête aux Viets. Une fois le pont franchi, les commandos sautent à terre pour nettoyer le coin. Les Viets décrochent, mais l’un d’eux, en se laissant tomber du haut mur, poignarde le lieutenant Achard.

Jusqu’au 2 octobre, la compagnie A est sans cesse la brèche. Puis Giau et le Viêt-minh acceptent de conclure une trêve. Ils savent que le reste du 5e RIC, dont le SASB du capitaine de corvette Ponchardier, doit arriver le lendemain à Saigon.

Le 12, quand le SASB, le 11e RIC et les marins dégagent le nord de la ville assiégée, les commandos de la compagnie A sont en réserve au pont de Phu My. Ils protègent le général Leclerc qui, tranquillement, la canne à la main, s’avance au milieu des balles pour voir comment se déroulent les combats en première ligne.

Des chevauchées solitaires à la capitale impériale

Le groupement de marche de la 2e DB commence à débarquer le 19 octobre. Leclerc charge aussitôt le lieutenant-colonel Massu de dégager le grand axe routier Tan An-My Tho. La compagnie A, que le capitaine Lataste commande désormais, ouvrira la marche.

Refusant un combat où ils auraient le dessous, les Viets ont détruit une partie des ponts et parsemé la chaussée d’une multitude de coupures infranchissables, se contentant de tirs de harcèlement sur la longue colonne. Assis à côté du général Salan dans une Jeep, un adjudant-chef de spahis, tenue blanche et calot rouge, est tué net d’une balle en pleine poitrine tirée par un sniper.

Il faut deux longues journées pour atteindre My Tho. Le 26 octobre au soir, toujours en avant-garde, la compagnie A rejoint le SASB de Ponchardier, arrivé par le fleuve la veille avec les marins de la compagnie Merlet. Dans cet univers semi-aquatique de rizières entrecoupées d’une multitude de rachs et d’arroyos, les blindés restent paralysés sur les pistes ou sur les rares routes. Autonome, la compagnie A réquisitionne plusieurs jonques à vapeur pour pouvoir rayonner librement. Sur chacune d’elles, on installe une mitrailleuse 12,7 mm, servie par deux hommes de la 2e DB.

Durant près d’un mois, pataugeant dans les rizières ou sur ses jonques, isolément ou en liaison avec les autres unités, le commando Lataste écume le quadrilatère My Tho-Ben Tranh-Can Duoc-Go Cong. À six reprises, il se transforme en commando de débarquement pour s’emparer de positions tenues en force par les Viets, qui reçoivent parfois l’appui de Japonais.

Le 12 novembre, tout près de l’endroit où le lieutenant Giraudeau, du commando léger n° 1 du 5e RIC, est tué d’une balle dans la tête, le caporal Centlivre engage un duel singulier avec un officier japonais qui se précipite sur lui en hurlant, un sabre à lamain. Parant le coup d’une main avec un tube de mortier, Centlivre essaie vainement de l’abattre de l’autre avec un revolver modèle 92 de récupération, dont les cartouches refusent de fonctionner.

Dix jours plus tard, la compagnie A regagne Saigon pour se réorganiser en vue d’un raid sur Ban Mé Thuot, sur le plateau du Darlac, en plein pays moï, à 350 km de Saigon.

L’opération débute le 27 novembre. Les commandos ont reçu le renfort d’une trentaine d’hommes, officiers du 5e RIC ou des anciennes unités d’Indochine, gardes volontaires de la libération et plusieurs civils de la région. Deux automitrailleuses et un élément du 501e RCC fournissent une escorte et ramèneront le convoi. Le lieutenant-colonel Rivier commande le tout.

Après Budop, l’ancien camp du Rolland Brûlé et les Trois Frontières, où il faut trente-six heures pour rouvrir la route obstruée par les Viets, c’est la poursuite du raid. Le ler décembre, les commandos tombent sur la voiture d’un chef régional viet qui arrivait en sens inverse et s’en emparent. Lataste décide de l’utiliser et camoufle six commandos à l’intérieur. Fanion viet déployé à l’avant, elle repart à toute allure en avant du convoi.

À chaque poste viet, les commandos s’éjectent du véhicule en rafalant et foncent pour couper les fils téléphoniques. Derrière, le reste de la compagnie A déboule avec le convoi pour nettoyer le ter-zain. Puis le convoi repart aussitôt.

À 16 h 30, la voiture de tête atteint Ban Mé Thuot, capitale des Plateaux et cœur du dispositif adverse. Les Viets sont au repos, la surprise est totale. En une heure, tout est terminé, près d’une centaine de Viets ont été abattus, les autres se sont enfuis. Le groupement compte six blessés, dont l’aspirant Fabrège, qui mourra à l’hôpital Grall. Cinq otages français sont délivrés et un important stock d’armes saisi. La victoire est totale.

Interprétant de façon trop restrictive et timorée les messages radio qui arrivent avec un décalage inévitable, Rivier décide alors, contre l’avis de Lataste et des autres commandos, de se replier sans combat au lieu d’exploiter leur succès.

Quand arrive l’ordre de reprendre Ban Mé Thuot, le 5 décembre, les Viets se sont ressaisis. Ils ont mis la ville en état de défense et monté une série d’embuscades sur l’itinéraire d’approche. L’affaire est chaude, dure, coûteuse : six morts, dont le médecin-commandant Nouaille-Degorce, le sous-lieutenant Héricher et le première classe Geoffroy, et sept commandos blessés, dont le sous-lieutenant Icard, le sergent-chef Guinet et le deuxième classe Gross. Durant deux semaines, il faut encore tenir la ville encerclée par des milliers de Viets.

Ban Mé Thuot marque aussi la fin de la compagnie A en tant qu’unité autonome. Le 18 décembre, ayant gagné une citation collective à l’ordre de l’armée, elle est intégrée au commando léger n° 1 du commandant Lacroix qui remplace Rivier, renvoyé en France.

Désormais, son odyssée se confond avec celle du CLI : raids sur Ninh Hoa, Nha Trang et Dalat. Au Laos, devenue commando Emeyriat, elle opère à Muong Phine, Tchépone et au col de Lao Bao. Enfin, le 29 mars 1946, elle est dans la capitale impériale, Huê, et participe à la libération de 1 500 Français qui y étaient prisonniers.

En sept mois d’une campagne menée à toute allure, la compagnie A déplore 21 morts et a eu plus de 30 blessés, soit 45 % de son effectif. Lataste, chef vénéré, le conquérant, est tombé quelques jours plus tôt à la tête d’une autre unité. Parmi les survivants, plusieurs d’entre eux, dont le lieutenant Martin et le sous-lieutenant Icard, donneront leur vie sous le béret rouge des parachutistes coloniaux, dont le CLI aura été le précurseur.


Mort aux Français

Le 2 septembre, en jetant ses émeutiers dans les rues de Saigon, le Viêt-minh donne le coup d’envoi de la terreur organisée. Pillages, exactions, enlèvements et meurtres vont frapper toute l’Indochine. Si les Français sont les premiers visés, les Vietnamiens ne sont pas épargnés : femmes vivant avec des Européens, prêtres ou notables, coolies et paysans fidèles à la France. Durant trois semaines, autour de Saigon, des Français sont enlevés, battus, volés, emprisonnés, tués. Le 25 au matin, sous l’œil indifférent des Japonais chargés de garder le pont de Phunuan, une foule déchaînée se répand dans la cité Héraud. Coincé entre Ies quartiers annamites de Tandinh et de Dakao, l’endroit est habité par une majorité de gens de condition modeste.

Des signes inquiétants ont fait fuir une partie de la population, laissée sans protection. Les bandes d’assassins déferlent, enfonçant les portes, entraînant hommes, femmes, enfants et vieillards. Certains sont massacrés sur place, émasculés, dépecés. Plusieurs femmes sont violées avec des bambous acérés. L’une d’elles, enceinte, est éventrée et son enfant empalé. Les maisons sont saccagées, le sang gicle jusqu’au plafond. A l’aide d’un unique fusil, un petit groupe arrête les premiers assaillants. Les autres refluent. Le carnage général est évité. Sur les 64 personnes disparues à la cité Héraud, 20 sont retrouvées en vie les jours suivants. En un peu plus d’une semaine, 508 personnes sont enlevées. On en retrouvera 197 vivantes.


La formation des commandos

Le corps léger d’intervention suit un entraînement de base à Djidjelli, en Algérie. Devenu 5e RIC en arrivant à Ceylan, il est basé à Kurunegala. L’unité compte un grand nombre d’engagés pour la durée de la guerre et de réservistes, qui prolongeront souvent leur séjour en Indochine. Les commandos sont envoyés par rotation dans les diverses écoles spécialisées créées par les Britanniques pour entraîner leurs forces spéciales à la guérilla contre les Japonais. Les stages parachutistes ont lieu à Chaklala, près de Rawalpindi, ou à Jessore avec la force 136. L’Eastern, Warfare School de Poona dispense un enseignement complet dans toutes les techniques de combat : actions de nuit, connaissance et utilisation de l’ensemble des armes en dotation chez les principaux belligérants, explosifs, sabotage, liquidation silencieuse de sentinelles à l’arme blanche ou à mains nues, topographie, stage nautique pour les débarquements sur des côtes hostiles… Les commandos suivent également un stage de survie à la School of Jungle, près de Trincomalee. Durant plusieurs jours, ils doivent se débrouiller seuls, par leurs propres moyens, se nourrissant de serpents, de singes et d’iguanes qu’ils réussissent à capturer. Le sureffectif en officiers et sous-officiers s’explique par le nécessité d’agir parfois par petit groupes isolés et par leur rôle d’encadrement des partisans.

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