Tribune : Pour la création d’un grand parc muséal de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) à Châteaudun

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Dans une tribune libre publiée dans le magazine Marianne, Fabien Verdier, maire (DVG) de Châteaudun et président de la Communauté de communes du Grand Châteaudun, appelait l’État à intervenir pour la reconversion de l’ancienne base aérienne militaire de Châteaudun dont la cérémonie de fermeture doit intervenir le 21 juillet prochain.

Le site de Châteaudun est connu des passionnés d’aéronautique militaire pour abriter la collection de la CANOPEE (Conservatoire d’aéronefs non opérationnels préservés et exposés), un ensemble unique de conservation d’une quarantaine de modèles d’avions de combat utilisés par l’AAE au cours des soixante dernières années. L’avenir de cette collection se pose avec la dissolution prochaine du site.

Or, il existe une opportunité unique de créer enfin le parc muséal de l’aéronautique militaire qui rassemblerait tous les types d’aéronefs utilisés par nos forces aériennes depuis la Première Guerre mondiale et dont la CANOPÉE pourrait avantageusement constituer le noyau. Dispersés comme pots de fleur à l’entrée de sites militaires ou conservés dans les collections et les réserves d’autres musées français, des dizaines d’autres modèles ne demandent qu’à être mis en valeur en un lieu unique et grandiose, digne de l’épopée militaire et technique qu’ils portent depuis plus d’un siècle.

Ce parc pourrait englober le projet de l’association dunoise Mémoire et Histoire qui « a déjà réalisé une exposition permanente sur l’histoire de la base aérienne, l’histoire de l’aéronautique et l’histoire militaire (guerre de 1870 et Seconde Guerre mondiale). »

Ce grand musée national constituerait le pôle d’attraction d’autres activités centrées sur l’aéronautique et pourrait accueillir sur son site très adapté des manifestations (meetings, salons, rencontres, symposiums internationaux), des activités industrielles (réparations, drones, sous-traitance) et de services (taxis aériens, pilotage, formation, livraison par air dronique, liaisons aériennes régulières). Ce pôle irriguerait tout ce territoire situé à une heure d’autoroute de l’Ile de France et idéalement situé entre Chartres et Orléans. 

Ce parc muséal serait la vitrine de l’AAE qui pourrait y développer tous les aspects de ses métiers et de ses spécialités grâce à des espaces consacrés aux écoles, aux techniques et aux formations.

Les industriels pourraient disposer d’espaces d’expositions (permanents ou temporaires) mettant en valeur leur maîtrise technologique auprès de prospects et de clients, avec la possibilité d’un hébergement et d’une restauration sur place.

Notre très riche histoire aérospatiale laisse largement la place à deux grands musées nationaux, celui du Bourget qui pourrait se consacrer à l’aviation civile, à l’espace, aux avions de raids, aux aéronefs étrangers et aux prototypes, et celui de Châteaudun qui aurait l’exclusivité des aéronefs qui ont servi dans nos forces. Sur ce dernier point on pourrait utilement lancer la réflexion d’un regroupement des collections de l’Aéronavale de Rochefort et de l’ALAT de Dax.

Ce nouvel espace muséographique de grande envergure (450 ha) avec une prestigieuse collection d’aéronefs et de matériels serait une formidable vitrine touristique pour la région Centre Val-de-Loire. Le parcours devra être varié pour capter le maximum de public et montrer l’incroyable richesse de l’aéronautique militaire. Il faudra éviter des présentations trop statiques mais bien élaborer un concept immersif et interactif novateur afin de toucher la part de « rêve » que l’aviation a toujours représenté. L’aspect tactile est également important, surtout pour les enfants qui pourront vivre une expérience particulièrement marquante pour ensuite la partager sur les réseaux sociaux et ainsi donner envie à d’autres enfants de venir sur le site. Une salle de drone « indoor » pourrait fortement attirer les enfants et les initier au pilotage.

Le site doit s’inscrire dans la vie locale proposant à la population des services aux habitants qui prendront l’habitude de venir régulièrement mais aussi devenir un référent culturel international. Une médiathèque et un centre d’archives aéronautiques pourrait être proposés).

Il faut saisir cette opportunité. Notre patrimoine le mérite et sa mise en valeur, souvent négligée, est source de richesse économique.

Marc CHASSILLAN, consultant international senior chez SPAD (Systèmes & Programmes A la Défense)

Stéphane GAUDIN, directeur de THEATRUM BELLI

>> Tribune au format PDF

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