samedi 23 octobre 2021

Un ballon captif français T-C350L de surveillance bientôt déployé au Niger au profit de l’armée allemande

L’entreprise française A-NSE (Aero-Nautic Services & Engineering) est sélectionnée par la société Rheinmetall pour la fourniture d’un ballon captif de type « Eye in the Sky » (œil volant) qui sera prochainement déployé au Niger au profit de l’armée allemande (la Bundeswehr).

Ce projet majeur dans le domaine des aérostats, une première en Europe, fait entrer la PME française dans la catégorie des fournisseurs d’aérostats dits « stratégiques », où aujourd’hui seuls règnent les nord-américains.

A-NSE va ainsi fournir un ballon de la gamme T-C350L pouvant embarquer une charge utile importante et déployée à une altitude opérationnelle élevée. Un système de cette dimension n’est à la portée que d’une poignée de fabricants dans le monde.

UN BALLON CAPTIF POUR PROTEGER

Cette commande est liée aux récentes activités de la Bundeswehr en Afrique, et plus spécifiquement au Sahel. Dans le cadre de la participation allemande à l’EUTM Mali, la mission de formation conduite par l’Union européenne au profit des forces armées maliennes (Fama).

Intégralement conçu et intégré par A-NSE, ce ballon captif sera intégré dans le système de protection de cette nouvelle base d’opérations avancée via son système de capteurs de reconnaissance très longue portée.

« Capables de rester au-dessus de l’installation à protéger pendant de longues périodes, nos aérostats peuvent repérer des éléments hostiles à grande distance grâce à leurs capteurs très performants » (Baptiste Regas, A-NSE).

Si ce contrat est exécuté pour la Bundeswehr par Rheinmetall, l’entreprise française A-NSE est, quant à elle, chargée de la fourniture complète du sous-ensemble ballon captif permettant sur le plan opérationnel de détecter des éléments hostiles à de très grandes distances.

En effet, plus des assaillants sont repérés en amont, plus une force de protection a le temps de lancer les contre-mesures nécessaires. Au Niger, ce système est ainsi prévu de fonctionner 24 heures sur 24, et 7 jours sur 7.

UN BALLON CAPTIF POUR RENSEIGNER

En France et dans le monde, l’idée d’avoir recours à des ballons captifs commencent à s’imposer aux forces militaires ou de sécurité. Les aérostats offrent en effet la capacité unique de pouvoir rester en l’air de manière permanente et discrète, sans aucune dépense d’énergie (un ballon ne vole pas, il flotte). Cette persistance en altitude associée à des senseurs performants, en font des capteurs de renseignement particulièrement efficace.

Complétés ensuite par d’autres vecteurs aériens, comme des avions, des drones ou des hélicoptères, pour la levée de doute, les ballons captifs constituent une base solide sur laquelle construire un système de recueil du renseignement redoutable.

À ce titre, le système commandé par la Bundeswehr offrira une autonomie de plusieurs dizaines de jours consécutifs sans ravitaillement. Ramené à l’heure de vol, qui est une unité de mesure communément utilisée lorsqu’il est question d’aéronef, le ballon captif va ainsi offrir un coût global de possession sans équivalent avec des avantages opérationnels supplémentaires comme sa permanence, sa capacité d’emport ou sa rusticité.

UN USAGE ENCORE PEU RÉPANDU

L’utilisation de ballons captifs à des fins de surveillance militaire est nouvelle pour la Bundeswehr, mais elle est en pratique depuis des années dans d’autres pays, comme les États-Unis, Israël, les Émirats Arabes Unis, le Koweït ou encore le Canada.

Pour l’heure, côtés français, les projets demeurent de niveau expérimental et n’ont pas encore franchi l’étape du programme d’armement malgré le fait que le sujet soit à l’étude depuis plusieurs années. Le ministère des Armées a néanmoins mené des expérimentations avec une capacité expérimentale de Renseignement d’Origine Électromagnétique (ROEM) pour la Direction Générale de l’Armement (DGA) ou avec une capacité opérationnelle de relais de communication au bénéfice des hélicoptères de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT).

A-NSE est aujourd’hui l’un des leaders mondiaux dans son domaine. Ses ballons sont utilisés par plusieurs pays dans le renseignement, la surveillance terrestre et maritime militaire, civile et commerciale, publique et privée. Récemment, l’un d’entre eux a d’ailleurs été déployé au profit des Marins-Pompiers de Marseille afin de détecter les départs feux dans le parc national des Calanques.

Ce succès commercial complète une belle série et impose A-NSE comme une référence du secteur après avoir récemment remporté plusieurs appels d’offres, notamment pour le Ministère de la Défense du Niger en 2018, pour Frontex en 2019, ou encore pour le Ministère de la Défense de la Côte d’Ivoire en 2021. 

« Ce contrat est un réel motif de satisfaction pour l’entreprise et ses collaborateurs. Nous sommes une PME française en plein essor dans le domaine des aérostats. Ce projet représente un gage de confiance et une reconnaissance pour nous car nous avons été sélectionnés par une institution allemande qui fait référence, la Bundeswehr, et par un grand intégrateur, Rheinmetall AG. Ce projet confirme la présence d’A-NSE sur les théâtres d’opération extérieur avec des conditions climatiques hostiles, comme on peut parfois trouver en Afrique », Baptiste Regas, A-NSE.

 

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