jeudi 7 juillet 2022

Ukraine 04 mars : Vladimir Poutine « consolide ses gains ». Enlisement, épuisement, pièges des combats urbains. Lequel des deux « boxeurs » tombera le premier ?

En apparence les Russes progressent toujours. Mais on est sans doute à 24 ou 48h d’une pause majeure. Les renseignements glanés ça et là suggèrent que l’armée russe aurait devant elle, ce samedi matin, environ deux jours de ravitaillement en munitions et carburant. Il faudra du temps pour ramener des stocks aux unités. Les Ukrainiens ne sont pas mieux lotis. On peut espérer un cessez-le-feu ce dimanche.

Plus globalement, la poussée sur Kyiv (1) avance depuis l’Est, mais la faiblesse numérique des forces russes et l’arrivée dans les zones urbaines fait que l’encerclement sera long et laborieux.

À l’Est du pays, l’encerclement de Kharkiv n’avance pas (2). Les Russes bombardent et s’engagent dans les combats urbains. Sans encerclement, prendre la ville pourrait être long. Très long.

D’autant que les Russes semblent concentrer de gros efforts sur Marioupol (3). Ont-ils compris que le temps tourne et qu’ils vont « devoir » arrêter l’offensive faute de munitions et en raison du poids des sanctions ? Consolider les gains territoriaux dans le sud est sans doute assez « sage », pour assurer la continuité territoriale de la Crimée et la prise complète de la Mer d’Azov, « lac russe ». C’est aussi le sens de la prise de la centrale nucléaire de Zaporizhia (6) : un précieux « gage » et une source d’énergie qui sera utile à la Crimée et manquera à l’Ukraine.

Dans le sud-ouest (4) et au nord de Kiev (5), les Russes consolident aussi, avancent un peu, mais tout cela semble déjà bien ralenti. A ce stade, on voit mal comment ils pourraient menacer Odessa, ville d’un million d’habitants.

Vladimir Poutine a de quoi proclamer un nouvelle « république » à Kherzon, et incorporer les territoires du nord et ceux contigus à la Crimée à la fédération de Russie. Faute de triompher, les Russes pourraient être « enkystés » durablement en Ukraine.

Stéphane AUDRAND
Stéphane AUDRAND
Stéphane AUDRAND est consultant indépendant spécialiste de la maîtrise des risques en secteurs sensibles. Titulaire de masters d’Histoire et de Sécurité Internationale des universités de Lyon II et Grenoble, il est officier de réserve dans la Marine depuis 2002. Il a rejoint l'équipe rédactionnelle de THEATRUM BELLI en décembre 2019.
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3 Commentaires

  1. Odessa, j’ai cru lire par ailleurs que les navires russes en contrôlent l’accès maritime (des tentatives de débarquement auraient même eu lieu ?). Quoiqu’il en soit c’est l’exportation du blé ukrainien (10% des exportations mondiales) qui est sinon bloquée du moins contrôlée (en plus du contrôle des 20% russe). C’est une « belle » prise de guerre et un moyen de pression « efficace » en dehors du terrain militaire proprement dit.
    https://farm-fr.desigusxpro.com/posadka/ogorod/zlaki/pshenitsa/samye-krupnye-strany-eksportery.html

  2. Re, je ne suis pas spécialiste militaire mais si je me refaire à votre carte les Russes sembleraient éviter Mykolaiv pour passer au nord. Dans votre premier article vous faite référence à une « bataille du rail », je vous suis … A l’ouest de cette ville il y a jonction de 2 rails (vers Migaï) qui « alimentent » Odessa. En plus d’un blocus maritime, la maitrise des voies ferrées … De plus il me semble qu’il y a des troupes russes en Transnistrie (chaud pour Odessa ! coupée du reste de l’Ukraine)

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