19 juin 1097 : fin du siège et prise de Nicée.
Le 19 juin 1097, après cinq semaines de siège, la garnison turque de Nicée capitule. Mais elle ne se rend pas aux armées de la première croisade qui l’assiègent : elle remet la ville à l’Empire byzantin, à l’issue de négociations secrètes menées par un général grec. Au matin, les croisés découvrent l’étendard impérial flottant sur les remparts qu’ils s’apprêtaient à prendre d’assaut. C’est la première victoire d’envergure de l’expédition, et la première source de discorde durable entre Francs et Byzantins.
Nicée (aujourd’hui İznik, en Turquie) était passée sous contrôle turc en 1081, devenant aussitôt la capitale du sultanat de Roum, l’État seldjoukide d’Anatolie. Située à une soixantaine de kilomètres de Constantinople, sa possession par les Turcs était jugée intolérable par l’empereur byzantin Alexis Ier Comnène, qui avait appelé l’Occident chrétien à l’aide. Cet appel, relayé par le pape Urbain II au concile de Clermont en novembre 1095, est l’une des origines de la première croisade.
La ville était solidement défendue : un mur d’environ 6 km flanqué d’environ 200 à 240 tours, et, sur son flanc occidental, le lac Ascanios (lac d’İznik), qui interdisait l’accès de ce côté tout en assurant un approvisionnement en eau et en vivres par barques.
Lorsque les croisés arrivent, le sultan Kılıç Arslan Ier est absent. Il avait sous-estimé la menace et était parti vers l’est combattre son rival Danichmend dans la région de Malatya, laissant à Nicée sa famille et son trésor. L’année précédente, c’est lui qui avait écrasé près de la ville la « croisade populaire » de Pierre l’Ermite, massacrée en octobre 1096.
Le déroulement du siège (mai – juin 1097)
Les premiers contingents francs atteignent Nicée le 6 mai 1097 et investissent la place à partir du 14 mai. Les forces sont réparties autour des murailles : les Lorrains de Godefroy de Bouillon, les Normands d’Italie de Bohémond de Tarente, les Provençaux de Raymond IV de Saint-Gilles et le légat Adhémar de Monteil, évêque du Puy, rejoints par d’autres barons. Un contingent byzantin accompagnait les croisés, ainsi que les survivants de la croisade populaire.
Prévenu trop tard, Kılıç Arslan revient avec son armée mais son avant-garde est battue par les croisés. Le 20, puis surtout le 21 mai, il tente de percer les lignes franques au cours d’une bataille rangée qui se solde par un échec sanglant. Le sultan se replie alors vers Konya, abandonnant sa capitale à son sort. Selon plusieurs récits, il aurait conseillé aux assiégés de se rendre plutôt aux Byzantins qu’aux Francs.
Malgré cette victoire, le siège s’enlise. Les tentatives de sape des murailles et les machines de siège, dont une tour mise en œuvre par les Provençaux, ne percent pas les défenses. Surtout, le blocus reste incomplet : faute de navires, les croisés ne contrôlent pas le lac Ascanios, par lequel la garnison continue de se ravitailler. La place tient.
C’est l’intervention byzantine qui débloque la situation. Alexis Ier avait choisi de ne pas accompagner directement les croisés ; il établit son camp à Pélékanon, en retrait, et y suit le déroulement des opérations. Constatant que la ville ne tombe pas, il fait acheminer des embarcations par voie de terre, transportées sur des chariots, jusqu’au lac Ascanios afin d’en fermer l’accès.
La flottille arrive le 17 juin sous le commandement du général Manuel Boutoumitès. Un second officier, Tatikios, est dépêché avec environ 2 000 fantassins. Avec la fermeture du lac, l’encerclement de Nicée est enfin complet et l’ultime voie de ravitaillement de la garnison est coupée.
Alexis avait assigné à Boutoumitès une mission précise : obtenir la reddition de la ville à l’Empire, et non aux croisés, à l’insu de ces derniers. Dès les semaines précédentes, le général avait multiplié les contacts avec la garnison par courrier, alternant promesses d’amnistie et menaces de massacre si la ville était emportée de force par les Francs. Les défenseurs, isolés et privés de tout secours après la retraite du sultan, étaient enclins à traiter : une capitulation négociée auprès des Byzantins leur garantissait la vie sauve et la conservation d’une partie de leurs biens, sort préférable à un sac de la ville.
L’assaut simulé et la reddition du 19 juin
Pour masquer la nature de l’accord et donner le change aux croisés, l’opération du 19 juin est mise en scène. Tatikios et ses hommes se joignent aux Francs pour un assaut réel contre les murailles, tandis que, sur un autre secteur, Boutoumitès et ses troupes simulent une attaque, au son des trompes de guerre et sous les bannières impériales, de manière à faire croire à une prise de la ville par les armes. Ce jour-là, la garnison turque remet Nicée à Boutoumitès.
Les croisés sont pris de court. Alors qu’ils préparaient l’assaut décisif, ils voient au matin les étendards impériaux hissés sur les tours. Selon les récits, certains s’élançaient encore vers les remparts lorsque la vue des enseignes byzantines met fin aux combats. La ville est tombée, mais entre d’autres mains que les leurs.
Les termes accordés aux assiégés sont relativement cléments. La garnison reçoit de l’or et une partie des combattants est intégrée au service impérial ; seuls les chefs, jugés peu fiables, sont écartés. La famille de Kılıç Arslan, capturée dans la ville, est conduite à Constantinople puis libérée sans rançon. Boutoumitès est nommé duc (gouverneur) de Nicée et interdit aux croisés de pénétrer dans la place par groupes de plus de dix hommes à la fois.
Cette issue suscite une vive rancœur chez les Francs. Ils avaient enduré les fatigues et les pertes d’un siège de plusieurs semaines en escomptant le pillage de la ville, usage courant pour une place prise de force ; ils en sont privés. Alexis leur distribue de l’or, des chevaux et d’autres présents, mais beaucoup estiment qu’ils auraient obtenu davantage en s’emparant eux-mêmes de Nicée. Le différend oppose deux logiques : pour les croisés, une ville conquise se sacage ; pour Alexis, Nicée est une cité de son empire, momentanément perdue, qu’il convient de préserver. L’épisode envenime des relations déjà tendues entre Byzantins et Occidentaux et nourrira leur méfiance réciproque jusqu’aux croisades suivantes.
Avant de laisser partir les croisés, Boutoumitès exige de ceux qui ne l’avaient pas encore fait à Constantinople un serment de vassalité envers Alexis. Tancrède de Hauteville s’y refuse d’abord, avant de céder.
Le 26 juin 1097, les croisés quittent Nicée en deux corps : à l’avant-garde Bohémond, Tancrède, Robert II de Flandre et Robert Courteheuse, duc de Normandie, accompagnés de Tatikios ; à l’arrière Godefroy de Bouillon, Baudouin de Boulogne, Étienne de Blois et Hugues de Vermandois. Tatikios est chargé de veiller à la restitution à l’Empire des villes reconquises. Le moral est élevé : Étienne de Blois écrit à son épouse Adèle qu’il espère être à Jérusalem cinq semaines plus tard ; une estimation que la réalité de la traversée de l’Anatolie démentira.
Le 1er juillet 1097, les croisés battent de nouveau Kılıç Arslan à la bataille de Dorylée, levant le principal obstacle à leur progression. La prise de Nicée ouvre par ailleurs une phase de reconquête byzantine : profitant de l’engagement des Seldjoukides contre les croisés, Alexis reprend dans les mois suivants une grande partie des côtes de l’Asie Mineure. Le sultanat de Roum survit à ce revers, mais sa capitale et son prestige sont perdus.

19 juin 1157 : bataille du gué de Jacob (Galilée).
Baudouin III de Jérusalem, qui vient de lever le siège de Panéas, rentre à Jérusalem. Arrivé sur les bords du Jourdain au lieu-dit le Gué de Jacob, il tombe sur une embuscade tendue par l’émir de Damas Nur ad-Din. Le roi de Jérusalem parvient à s’échapper de justesse et à se réfugier seul dans la forteresse de Safed, mais son escorte de Templiers ainsi que la plupart des grands seigneurs présents sont fait prisonniers, parmi lesquels Hugues d’Ibelin, Eudes de Saint-Armand, Jean Guthman, Rohart de Jaffa et son frère Balian, et Bertrand de Blanquefort. Ce dernier est libéré avec plus de 10 000 captifs en , par une coalition marchant sur Alep, dirigée par Manuel 1er Comnène l’empereur byzantin, Baudouin III de Jérusalem et Renaud de Châtillon, prince d’Antioche.
Le suivi de ce chassé-croisé entre la 2e et la 3e croisade est particulièrement bien rendu par René Grousset dans son Épopée des croisades.

19 juin 1800 : bataille de Höchstädt (Allemagne).
Le général Moreau franchit le Danube et bat les Autrichiens du général Kay.
19 juin 1861 : naissance du futur maréchal britannique Douglas Haig.
Lors de la Première Guerre mondiale, il fut à la tête du corps expéditionnaire britannique en France de 1915 jusqu’à l’armistice en 1918. À ce titre, il commanda lors de la bataille de la Somme, la bataille la plus meurtrière de l’histoire britannique, la troisième bataille d’Ypres et l’offensive finale des Cent-Jours. Il est un des commandants les plus controversés de ce conflit.

19 juin 1864 : bataille navale américaine à Cherbourg.
Durant la guerre de Sécession, le CSS Alabama (sudiste) fait escale dans le port de Cherbourg pour des réparations. Depuis sa sortie des chantiers de Liverpool, il chasse les navires nordistes et en deux ans en a coulé 68. Cette guerre de course est livrée par les Confédérés à titre de représailles puisque leurs ports subissent un blocus draconien de la part des Nordistes. Insaisissable et craint, l’Alabama a créé une psychose dans la marine unioniste, aussi lorsque le consul américain en France apprend l’escale normande, il rend compte immédiatement. Le USS Kearsarge, dépêché en urgence se poste à la sortie du port. Averti par voie de presse, l’Alabama relève le défi et sort l’affronter. Il est envoyé par le fond devant un public assez nombreux venu assister au combat.

19 juin 1918 : mort du pilote et as italien Francesco Baracca.
Francesco Barracca est né le 9 mai 1888 à Lugo près de Ravenne. Il était le fils unique d’Enrico Baracca, un grand propriétaire terrien, et de la comtesse Paolina Biancoli. Il passa son enfance à s’adonner à la musique, à l’équitation et à la moto.
Baracca fut attiré par la carrière des armes et entra en 1907 à l’école militaire de Modène, où il choisit la cavalerie contre l’avis de ses parents qui l’appelaient cecchino (tireur d’élite). Il fit preuve d’une grande qualité pour l’équitation mais aussi d’un désintérêt pour l’enseignement théorique et pour la discipline. En 1912, intéressé par l’aviation naissante et avec l’accord de son état-major il se rendit en France, à l’école de pilotage de Bétheny, où les futurs pilotes italiens pouvaient suivre un stage d’entraînement. Il y effectua son premier vol le 4 mai 1912 et reçut son brevet de pilote d’aéroplane n° 1037 deux mois plus tard. Il regagna ensuite l’Italie pour poursuivre des vols et obtenir son brevet de pilote militaire à Turin.
Le , l’Italie entre en guerre aux côtés de l’Entente. Au cours de l’été alors qu’il venait à peine d’être formé sur Nieuport au Bourget, il est affecté à la 70e squadriglia chargé de défendre le comando supremo (haut commandement italien) basé à Udine. Il rencontra ses premiers adversaires mais à cette époque les combats tournaient toujours à l’avantage de l’ennemi, du fait de la supériorité de leur matériel. Le , alors qu’il pilotait un chasseur Nieuport 11, Baracca attaqua un Aviatik autrichien et le contraignit à atterrir. Il atterrit alors à son tour près de la victime et, selon la tradition « chevaleresque », le salua et lui serra la main. Il s’agissait alors de la première victoire de l’aviation italienne. Il enchaîna alors les succès : le 16 mai, il abattit un second appareil qui s’écrasa près de Gorizia. Mais l’action de l’aviation italienne ne se limitait pas aux duels aériens, Baracca participait aussi à des opérations de mitraillage à basse altitude des troupes autrichiennes. Il fait alors peindre sur les flancs de son Nieuport XI un cavallino rampante (cheval cabré) en l’honneur du Piemonte Reale où il a fait ses premières armes.
Faisant partie des as, il inaugura l’année 1917, en abattant un Albatros le premier de l’an. Au printemps, les Nieuport furent progressivement remplacés par des SPAD S.VII plus rapides. Baracca effectua alors des reconnaissances photographiques, photographiant même en compagnie du sous-lieutenant Olivari, le camp d’aviation autrichien de Bruneck. Le 23 mars, il abattit son septième avion près de Merna, le 26 avril vit Baracca faire une huitième victime près de Gradiscia et le 10 mai une dixième aux alentours de Gorizia. Puis en un mois, il descendit 4 appareils devenant le premier as au palmarès des pilotes italien après sa treizième victoire. Une partie de la 70e squadriglia est alors détachée pour devenir la 91e squadriglia surnommée plus tard « Squadriglia degli Assi » (escadrille des as).
Le 21 octobre 1916 pilotant son Nieuport XVII, il abat un Brandenbourg C.I. Le pilote Frantz Fuchs est tué, son observateur Kalman Sarkozy de Nagy-Bocsa est fait prisonnier. À l’été 1917, il fut nommé commandant de la 91e squadriglia, basée à Istrana et en août il est fait chevalier de l’ordre militaire de Savoie. À la fin du mois de septembre il totalisait 19 victoires confirmées. Après la défaite italienne de Caporetto en novembre 1917, son escadrille dut se replier sur Pordenone où elle fut rééquipée de SPAD XIII. Baracca multiplia alors les victoires, à la fin de 1917, il comptait 30 victoires à son palmarès. Il est alors envoyé à Turin pour participer à la mise au point du nouveau chasseur italien Ansalto SVA. Dans le même temps, il reçoit la médaille d’or de la valeur, la plus haute récompense remise par l’armée de l’air italienne, celle-ci lui fut remise lors d’une cérémonie solennelle à la Scala de Milan.
Il rejoignit sa squadriglia au printemps 1918. En mars, il fit mouvement avec son unité vers Trévise. Entre le 3 mai et le 15 juin il obtint encore quatre victoires, sa dernière victime était alors un Albatros qui bombardait les troupes italiennes près de Montello. Mais le , alors que la bataille du Piave faisait rage, il fut tué lors d’un vol de harcèlement à basse altitude au-dessus des positions autrichiennes avec un vieux SPAD VII. Son avion fut retrouvé là où il fut abattu, mais son corps ne fut découvert qu’après la retraite autrichienne. Personne ne sut exactement comment il était mort, d’aucuns prétendent qu’il s’était suicidé pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi. Il avait reçu une balle en plein front.
Au total, il a participé à 63 combats aériens et abattu 34 appareils ennemis se plaçant ainsi comme l’as des as italiens devant Silvio Scaroni avec 26 victoires.

19 Juin 1940 : évasion du cuirassé Jean Bart (Saint Nazaire).
En construction depuis 1936, le sister-ship du cuirassé Richelieu n’est toujours pas achevé lorsqu’éclate la guerre. 3 500 ouvriers travaillent dès lors, nuits et jours sur ce 35 000 tonnes pour lui permettre de prendre la mer. Dans la nuit du 18 au 19 juin, le Jean Bart appareille et après une série de manœuvres extrêmement audacieuses et délicates, s’échappe. Il arrive le 22 à Casablanca. Cette belle évasion commémore curieusement, 252 ans plus tard et presque jour pour jour, celle du corsaire Jean Bart.
Héros de la Royale, Jean Bart est fait prisonnier, avec Forbin (autre corsaire célèbre) en Mai 1689 par les Anglais après un combat naval inégal en Manche. Il escortait un convoi marchand lorsqu’une escadre anglaise attaque. Pour protéger le convoi, Bart et Forbin se sacrifient et livrent combat. Battus, ils sont faits prisonniers. Quelques semaines plus tard (début juin), ils réussissent à s’échapper de la prison de Plymouth et traversent la Manche en canot. Ils sont acclamés à leur retour en France.

19 juin 1940 : combat des Cadets de Saumur.
Le colonel Michon commandant l’école de cavalerie, réunit 2 500 hommes (dont les élèves officiers des écoles de cavalerie et du train et un bataillon de 350 hommes de l’école d’infanterie de Saint Maixent) issus de différentes unités) et organise la défense de 4 ponts sur la Loire. Avec peu de moyens, il arrête la progression de 40 000 Allemands pourtant appuyés par la Luftwaffe pendant près de 48 heures. Le général allemand commandant les troupes, favorablement impressionné par le courage et l’efficacité de cette poignée de soldats, leur rend les honneurs militaires à l’issue des combats.

19 juin 1974 : dissuasion nucléaire française et OTAN.
L’Alliance Atlantique reconnait lors de la déclaration d’Ottawa l’apport de la dissuasion nucléaire française à la stratégie globale de l’Alliance.







