mercredi 22 mai 2024

Le débarquement en Provence de 1944 et réponse de l’ASAF au CGA Yché

Avant toute chose, le blog « défense et sécurité » a un an. Lorsque je me suis lancé dans cette aventure il y a tout juste un an, je répondais à un besoin de réfléchir d’une manière différente, de travailler les questions militaires hors de mon champ d’activité doctrinal habituel, de partager aussi une expérience relativement riche issue de plus de 37 ans de service, finalement d’améliorer mes connaissances par un travail personnel. Je travaillais ma pierre !

Alors, effectivement, le fait d’être un officier supérieur en activité, s’exprimant librement sur le site d’un grand quotidien sous la forme de billets le plus souvent hebdomadaires a dû interpeller quelques militaires et quelques civils parfois surpris du ton et des propos émis mais n’engageant que son auteur. Le fait que les colonels en activité s’exprimant sous leur nom et librement sont rares. Ils existent d’ailleurs à ma connaissance seulement dans l’armée de terre. La République et ses fondements en ont-ils été modifiés ou perturbés ? Eh bien non et heureusement.

Donc, ce blog a rempli son rôle à la fois d’amélioration de ma réflexion et de banalisation d‘une forme d’expression militaire adaptée à son temps même si j’ai pu ressentir parfois quelques grincements. Une prise de parole, sauf à être consensuel, est aussi une prise de risques mais à laquelle tout officier a été préparé.

Maintenant, ce billet du 17 août me permet d’aborder un point historique d’actualité. Les commémorations du débarquement de Provence, que mes permissions me permettent d’apprécier, ont débuté. Ayant lieu le 15 août 1944 sur les côtes varoises, ce débarquement a permis à l’armée française B commandée par le général De Lattre de Tassigny, armée devenue la Première armée française ensuite, de prendre pied sur les côtes varoises sur une portion de littoral s’étendant de Toulon à Cannes (voir Chemins de mémoire : www.cheminsdememoire.gouv.fr). La VIe flotte américaine basée à Naples était représentée comme l’an dernier par son navire amiral, le Mount Whitney, dont la caractéristique est d’être armée à la fois par des civils et par des militaires, approche intéressante. Cette année, aucun navire français n’était en revanche présent.

Pour en revenir au général de Lattre de Tassigny, je souhaiterai simplement attirer l’attention sur un autre point, la dernière lettre de l’Association de Soutien à l’Armée Française (ASAF) qui a pris pour guide justement la phrase célèbre de ce chef militaire : « Ne pas subir ». Elle réagit à une interview donnée dans le Point à Jean Guisnel par le contrôleur général des armées André Yché le 1er août 2012. La lecture de ses propos m’avait un petit peu agacé à l’époque mais on ne peut répondre à tout.

André Yché, ayant appartenu au cabinet du ministre de la défense Alain Richard, est un ancien aviateur exerçant une responsabilité aujourd’hui dans le civil comme directeur de la Société Nationale Immobilière (SNI) depuis plus de dix ans. Même s’il a publié un ouvrage récemment sur la défense de la France (ceci expliquant peut-être cela), ses propos sur l’emploi des forces terrestres m’ont semblé à la fois déplacés et orientés. La vision des armées est « interarmées » et l’armée de l’air n’a pas montré sa capacité à gagner seule les conflits Elle ne le revendique pas non plus à ma connaissance. Cela m’a aussi rappelé ce 14 juillet 2012 où cet officier supérieur de l’armée de l’air commentant le défilé sur TF1 énonçait sans état d’âme un certain mépris de l’armée de terre notamment de ses officiers saint-cyriens…

Je vous invite donc à lire la lettre de l’ASAF qui répond à André Yché.

Général (2S) François CHAUVANCY
Général (2S) François CHAUVANCY
Saint-cyrien, breveté de l’École de guerre, docteur en sciences de l’information et de la communication (CELSA), titulaire d’un troisième cycle en relations internationales de la faculté de droit de Sceaux, le général (2S) François CHAUVANCY a servi dans l’armée de Terre au sein des unités blindées des troupes de marine. Il a quitté le service actif en 2014. Consultant géopolitique sur LCI depuis mars 2022 notamment sur l'Ukraine et sur la guerre à Gaza (octobre 2023), il est expert sur les questions de doctrine ayant trait à l’emploi des forces, les fonctions ayant trait à la formation des armées étrangères, la contre-insurrection et les opérations sur l’information. A ce titre, il a été responsable national de la France auprès de l’OTAN dans les groupes de travail sur la communication stratégique, les opérations sur l’information et les opérations psychologiques de 2005 à 2012. Depuis juillet 2023, il est rédacteur en chef de la revue trimestrielle Défense de l'Union des associations des auditeurs de l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale (IHEDN). Il a servi au Kosovo, en Albanie, en ex-Yougoslavie, au Kosovo, aux Émirats arabes unis, au Liban et à plusieurs reprises en République de Côte d’Ivoire où, sous l’uniforme ivoirien, il a notamment formé pendant deux ans dans ce cadre une partie des officiers de l’Afrique de l’ouest francophone. Il est chargé de cours sur les questions de défense et sur la stratégie d’influence et de propagande dans plusieurs universités. Il est l’auteur depuis 1988 de nombreux articles sur l’influence, la politique de défense, la stratégie, le militaire et la société civile. Coauteur ou auteur de différents ouvrages de stratégie et géopolitique., son dernier ouvrage traduit en anglais et en arabe a été publié en septembre 2018 sous le titre : « Blocus du Qatar : l’offensive manquée. Guerre de l’information, jeux d'influence, affrontement économique ». Il a reçu le Prix 2010 de la fondation Maréchal Leclerc pour l’ensemble des articles réalisés à cette époque. Il est consultant régulier depuis 2016 sur les questions militaires au Moyen-Orient auprès de Radio Méditerranée Internationale. Animateur du blog « Défense et Sécurité » sur le site du Monde à compter d'août 2011, il a rejoint en mai 2019 l’équipe de Theatrum Belli.
ARTICLES CONNEXES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

THEATRUM BELLI a fêté ses 18 ans d’existence en mars dernier. 

Afin de mieux vous connaître et pour mieux vous informer, nous lançons une enquête anonyme.

Nous vous remercions de votre aimable participation.

Nous espérons atteindre un échantillon significatif de 1 000 réponses.

Stéphane GAUDIN

Merci de nous soutenir !

Dernières notes

COMMENTAIRES RÉCENTS

ARCHIVES TB