Le débarquement en Provence de 1944 et réponse de l’ASAF au CGA Yché


Avant toute chose, le blog « défense et sécurité » a un an. Lorsque je me suis lancé dans cette aventure il y a tout juste un an, je répondais à un besoin de réfléchir d’une manière différente, de travailler les questions militaires hors de mon champ d’activité doctrinal habituel, de partager aussi une expérience relativement riche issue de plus de 37 ans de service, finalement d’améliorer mes connaissances par un travail personnel. Je travaillais ma pierre !

Alors, effectivement, le fait d’être un officier supérieur en activité, s’exprimant librement sur le site d’un grand quotidien sous la forme de billets le plus souvent hebdomadaires a dû interpeller quelques militaires et quelques civils parfois surpris du ton et des propos émis mais n’engageant que son auteur. Le fait que les colonels en activité s’exprimant sous leur nom et librement sont rares. Ils existent d’ailleurs à ma connaissance seulement dans l’armée de terre. La République et ses fondements en ont-ils été modifiés ou perturbés ? Eh bien non et heureusement.

Donc, ce blog a rempli son rôle à la fois d’amélioration de ma réflexion et de banalisation d‘une forme d’expression militaire adaptée à son temps même si j’ai pu ressentir parfois quelques grincements. Une prise de parole, sauf à être consensuel, est aussi une prise de risques mais à laquelle tout officier a été préparé.

Maintenant, ce billet du 17 août me permet d’aborder un point historique d’actualité. Les commémorations du débarquement de Provence, que mes permissions me permettent d’apprécier, ont débuté. Ayant lieu le 15 août 1944 sur les côtes varoises, ce débarquement a permis à l’armée française B commandée par le général De Lattre de Tassigny, armée devenue la Première armée française ensuite, de prendre pied sur les côtes varoises sur une portion de littoral s’étendant de Toulon à Cannes (voir Chemins de mémoire : www.cheminsdememoire.gouv.fr). La VIe flotte américaine basée à Naples était représentée comme l’an dernier par son navire amiral, le Mount Whitney, dont la caractéristique est d’être armée à la fois par des civils et par des militaires, approche intéressante. Cette année, aucun navire français n’était en revanche présent.

Pour en revenir au général de Lattre de Tassigny, je souhaiterai simplement attirer l’attention sur un autre point, la dernière lettre de l’Association de Soutien à l’Armée Française (ASAF) qui a pris pour guide justement la phrase célèbre de ce chef militaire : « Ne pas subir ». Elle réagit à une interview donnée dans le Point à Jean Guisnel par le contrôleur général des armées André Yché le 1er août 2012. La lecture de ses propos m’avait un petit peu agacé à l’époque mais on ne peut répondre à tout.

André Yché, ayant appartenu au cabinet du ministre de la défense Alain Richard, est un ancien aviateur exerçant une responsabilité aujourd’hui dans le civil comme directeur de la Société Nationale Immobilière (SNI) depuis plus de dix ans. Même s’il a publié un ouvrage récemment sur la défense de la France (ceci expliquant peut-être cela), ses propos sur l’emploi des forces terrestres m’ont semblé à la fois déplacés et orientés. La vision des armées est « interarmées » et l’armée de l’air n’a pas montré sa capacité à gagner seule les conflits Elle ne le revendique pas non plus à ma connaissance. Cela m’a aussi rappelé ce 14 juillet 2012 où cet officier supérieur de l’armée de l’air commentant le défilé sur TF1 énonçait sans état d’âme un certain mépris de l’armée de terre notamment de ses officiers saint-cyriens…

Je vous invite donc à lire la lettre de l’ASAF qui répond à André Yché.

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