Le gaz naturel, la vraie cause de l’agressivité diplomatique et militaire de la Turquie en Méditerranée ?


Avec la nécessité de trouver une source d’énergie plus propre que le pétrole ou le charbon, le gaz naturel a pris de plus en plus d’importance. Il est en effet considéré comme l’un des combustibles fossiles les plus propres parce qu’il émet moins de carbone, soit environ 50% de moins que le charbon. La consommation mondiale de gaz continue donc d’augmenter de manière significative, soit de 4,6 % en 2018. L’organisation maritime internationale s’est donnée par exemple pour objectif de réduire ces émissions de CO2 de 50 % en 2050 par rapport à 2008 et les marines du monde entier se transforment pour abandonner le fuel très polluant au profit du gaz[1].

Outre cette réalité environnementale, le gaz naturel contribue surtout à définir indirectement de nouveaux rapports de forces au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Méditerranée que ce soit pour des raisons économiques ou géopolitiques (Cf. Mon billet du 15 juillet 2020 : « La Turquie, une nouvelle menace militaire pour l’Union européenne ? »).

Un hydrocarbure qui suscite les convoitises

Quatre-vingts billions de M3 des réserves mondiales déclarées et estimées à environ 200 billions de mètres cubes sont localisés dans la région du Moyen-Orient.

Les réserves de gaz à l’Est de la Méditerranée dans les ZEE d’Égypte, de Palestine (Gaza), d’Israël, du Liban[2], de Syrie et de Chypre, sont évaluées à environ 50 billions de mètres cubes, l’équivalent des réserves du Qatar, premier exportateur en gaz naturel liquéfié (GNL) et 3ème réserve du monde. Depuis 2010, les découvertes de gaz en Méditerranée se sont multipliées au large d’Israël, du Liban, de Chypre et de l’Égypte[3]. Fin 2019, Israël a commencé à extraire du gaz du gisement Leviathan, soit neuf ans après sa découverte. Chypre a autorisé la construction d’une infrastructure de GNL indispensable à la commercialisation du GNL.

En outre, en 2017, les États-Unis ont ravi à la Russie[4] le titre de plus grand producteur mondial de gaz qu’il soit liquéfié ou sous forme gazeuse. Cette exploitation du gaz de schiste a fait chuter drastiquement les prix et a généralisé l’usage du gaz dans l’industrie. En 2017, les exportations de gaz des États-Unis ont surpassé les importations pour la première fois depuis 1957. Les États-Unis devraient devenir le 3ème exportateur de GNL dès 2021, après le Qatar et l’Australie, bien que les conséquences de la pandémie COVID-19 pourraient remettre en question ce positionnement. L’Agence internationale de l’énergie prévoit pour l’instant que ces États approvisionneront près des deux tiers du marché mondial du GNL d’ici 2023.

La croissance du marché mondial du gaz est stimulée en partie par la demande de la Chine. Première importatrice mondiale de gaz naturel dont la moitié est constituée de GNL, elle devrait en 2024 consommer 40% de la demande mondiale[5]. D’ici 2050, sa consommation devrait augmenter de 150 %, notamment pour remplacer le charbon trop polluant.  Constatons surtout que la moitié de ces États producteurs sont concernés plus ou moins directement par les conflits au Moyen-Orient et en Méditerranée orientale.

Les dix principaux producteurs de gaz naturel en 2017

(https://fr.statista.com/statistiques/565249/principaux-pays-en-termes-de-production-de-gaz-naturel-au-monde-en/)

La mainmise sur les réserves de gaz en Méditerranée

Le contrôle de l’exploitation et la vente du gaz naturel donnent une explication des tensions actuelles. Ils expliquent en partie la création de l’axe Turquie-Qatar qui s’appuie sur plusieurs facteurs. La Turquie a apporté sa protection au Qatar contre ses voisins saoudien et émiratis depuis juin 2017. Le Qatar était impliqué militairement dans la chute de Kadhafi de 2011 à 2014. Cette alliance permet aujourd’hui un retour de la Turquie en Afrique du Nord, mais aussi en Méditerranée dans cette revendication turque sur les ressources en gaz. Ce positionnement est à la fois géopolitique et économique, avec ce besoin d’accéder à des sources d’énergie la rendant moins dépendante d’Etats gaziers exportateurs.

Aujourd’hui, la Turquie est en effet dépendante des gaz russe et iranien. Dans le passé, elle avait tenté de construire avec Israël un gazoduc entre Tel-Aviv et Ankara. Des accords régionaux avaient été signés en 2011 pour construire des gazoducs, l’un reliant le Qatar à la Turquie en passant par l’Arabie saoudite et la Syrie, l’autre, reliant l’Iran à la Turquie via l’Irak et la Syrie, restés sans suite en raison des crises du Moyen-Orient.

De fait, le soutien politique officiel de la Turquie au gouvernement libyen de Faïez Sarraj, chef du gouvernement d’union nationale se comprend mieux. Reconnu par les Nations unies mais ne contrôlant qu’une partie du territoire libyen, il est soutenu par Ankara et Doha. Or, son opposant, le gouvernement de Tobrouk du maréchal Khalifa Haftar, est soutenu par le Caire, Riyad et Abou Dhabi et contrôle l’ensemble des champs pétroliers et gaziers en Cyrénaïque.

C’est pourquoi la Turquie a signé le 27 novembre 2019 un accord maritime avec Tripoli. Selon cet accord, les nouvelles limites du plateau continental turc apparaissent considérablement élargies en Méditerranée, aux dépens de Chypre mais aussi de la Grèce et de ses îles (Crète et Rhodes). Il légitime la recherche des gisements de gaz par la Turquie en s’appuyant sur le rejet du droit international.

Cette situation n’est cependant pas nouvelle mais jusqu’à présent Ankara maintenait un profil relativement modéré. La Turquie a certes déclaré à maintes reprises ne pas reconnaître les accords concernant la délimitation des frontières maritimes et des zones économiques exclusives signés entre l’Égypte, Israël et le Liban. Elle a menacé les entreprises ayant signé des accords avec ces pays en vue de l’exploration, de l’extraction et de la commercialisation de leur gaz.

En février 2018, la marine turque a bloqué l’accès d’un navire d’exploration de la firme italienne ENI à des gisements offshore. En novembre 2019, des navires de guerre turcs ont ordonné à un navire de recherche israélien de quitter les eaux contestées. Ainsi, le 11 décembre 2019, le ministre des affaires étrangères turc déclarait que son pays pourrait utiliser la force militaire pour s’opposer aux forages au large de Chypre dont elle conteste 44 % de la zone économique exclusive (ZEE). Le 22 juillet 2020, la Turquie déploie dans les eaux grecques 18 navires de guerre protégeant un navire d’exploration d’hydrocarbures. Le 10 août 2020, elle récidive avec cinq navires de guerre dans une autre partie de la ZEE grecque.

Une crise géopolitique qui s’étend au-delà de la Méditerranée orientale

En guise de réaction, le Congrès américain a levé l’embargo le 17 décembre 2019 sur la vente d’armes à Nicosie à travers deux projets de loi en soutien à la République de Chypre dans ses différends territoriaux et énergétiques avec la Turquie. Il renforce l’aide à la sécurité pour Chypre tout en condamnant la Turquie pour ses activités de forage au large de l’île.

Pour sa part, l’Union européenne a décidé d’imposer à la Turquie un certain nombre de sanctions économiques, financières et politiques, compte tenu que la partie de Chypre[6] représentée par les Chypriotes grecs est membre de l’Union européenne. Surtout, la sécurité énergétique de l’Union européenne est menacée par cette agressivité turque qui menace désormais le lancement du projet de gazoduc Eastmed de 2 000 kilomètres. Projet initié en 2010, il vise à transporter entre 9 milliards et 11 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an depuis les réserves offshore au large de Chypre et d’Israël vers la Grèce, puis vers le reste de l’Union européenne. Il répond à l’objectif européen de diversifier les sources d’approvisionnement en gaz et d’indépendance face aux fournisseurs russes.

.

Le Point du 16 juillet 2020. La complexité géopolitique de la Méditerranée orientale (carte remarquable !)

En effet, le rôle de la Russie, grand producteur de gaz, ne peut être ignoré. En Libye, elle est présente avec les « mercenaires » du groupe Wagner et des forces aériennes « confiées » au maréchal Haftar (Cf. Ouest-France du 20 mai 2020). Elle est surtout un acteur majeur dans le conflit économique concernant le gazoduc Nordstream2 qu’elle construit avec l’Allemagne et fait l’objet de sanctions américaines pour empêcher sa réalisation (Cf. Le Figaro du 19 décembre 2019 et du 10 août 2020).

Ce « conflit géoéconomique » étend la crise en Méditerranée orientale et la complexifie. Il rend encore plus difficile la médiation potentielle de l’Allemagne au nom de l’Union européenne avec la Turquie. Zone de rivalité entre la Russie et les Etats-Unis, la crise ukrainienne s’intègre à ce conflit en Méditerranée orientale par le gaz naturel puisque Nordstream 2 vise à diminuer les taxes de transit dues à l‘Ukraine, soit trois milliards de dollars par an.

Pour conclure

Sans qu’il ne soit la principale cause des tensions en Méditerranée orientale, le gaz est un facteur qui ne peut être écarté. Il reste cependant au moins le prétexte, sinon la raison profonde de l’agressivité diplomatique et militaire de la Turquie.

Le gaz vaut-il une guerre en Méditerranée ? L’avenir le dira mais l’inquiétude exprimé par les Etats-Unis sur la tension franco-turque d’une part, sur les relations particulières américano-turques interpellent. Les Etats-Unis ne soutiennent pas vraiment la France d’autant que d’importantes manœuvres navales ont rassemblé fin juillet les marines américaines et turques, symbole bien gênant de la solidarité transatlantique.

Quant à la France, le président Macron a décidé de renforcer les moyens militaires navals et aériens en Méditerranée. Cette décision répond à plusieurs objectifs :

  • D’abord, mettre en application le partenariat stratégique que la France et la Grèce ont signé en 2020. Les souverainetés grecque sinon chypriote doivent être garanties ;
  • Ensuite, donner un coup de semonce à la politique agressive sinon militariste de la Turquie en Méditerranée orientale ;
  • Enfin, montrer l’inquiétude de la France devant une situation internationale qui se dégrade en Méditerranée.

Dans ce contexte tendu, l’OTAN a montré sa grande réserve à s’impliquer mais la France agit. Elle attend sans aucun doute un réel soutien de l’Union européenne qui paraît bien timide dans la protection de ses Etats-membres que sont la Grèce et Chypre. Pourtant l’article 42 du traité de Lisbonne impose un devoir d’assistance mutuelle si l’un des membres de l’Union européenne est agressé sur son territoire et ne faut-il pas s’y préparer ?

Ne pas réagir avec fermeté maintenant pourrait mettre l’Union européenne demain dans une situation diplomatique sinon militaire difficile

[1]Tsafos, N. (2020). Center for Strategic and International Studies. https://www.csis.org/analysis/gas-line-q4-2019

[2] Les études ont estimé la part du Liban en gaz naturel offshore à environ 11 billions de mètres cubes.

[3]Ces gisements géants baptisés « Tamar » et « Léviathan » ont été découverts dans les eaux israéliennes en 2009 et 2010, « Aphrodite » au large de Chypre en 2011, « Zohr » en 2015 au large de l’Égypte.

[4]Plus de 94 % de la production de gaz naturel en Russie est contrôlée par Gazprom, une société appartenant au gouvernement russe, qui fournit 40 % du gaz de l’Union européenne.

 [5]Lauer, S. (2019). Poutine ou la diplomatie du gazoduc, Le Monde. http://lirelactu.fr/source/le-monde/ef3c6398-29cd-469c-a090-de4d64483277

[6]En juin 1974, la Turquie est intervenue à Chypre sous prétexte que le coup d’état contre le président Makarios menaçait les Chypriotes turcs de l’île, dont elle a fini par occuper le tiers du territoire.

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27 Comments

  1. Frédéric
    16 août 2020
    Répondre

    Excellent article François, j’ajouterai la partie du Liban et nous aurons la trajectoire.
    De vous à moi l’OTAN ne correspond plus aux enjeux actuels et les intérêts de l’OTAN ne sont pas les intérêts de l’Europe.
    Il faut faire évoluer ou l’OTAN sans les états Unis et la Turquie et faire une coopération européenne.
    Ensuite il peut y avoir des accords de coopération bilatéraux avec les pays hors union ponctuellement.

    La maturité n’est pas là pour une armée européenne. Je pense plus à un système de financement d’actions militaires de la France pour le compte de l’union européenne avec une diplomatie portée par l’Allemagne pour l’Europe.

    • Bonjour Frédéric.
      Je partage votre point de vue. L’otan doit servir nos intérêts de sécurité et donc se modifier, notamment en instaurant une clause d’exclusion pour les Etats qui, manifestement, sont opposés à la défense de nos intérêts mais ce n’est pas gagné, hormis une mise en quarantaine créant une situation de crise. Néanmoins, je préfère la structure otanienne à la structure européenne de défense qui n’est qu’un ectoplasme destiné à faire croire aux citoyens européens que l’UE les défendra. La crise avec la Turquie montre de fait et pour l’instant que c’est faux. L’UE ne protégera pas les Grecs et les chypriotes qui doivent se sentir bien seuls!
      Pour préserver notre “autonomie stratégique” et défendre nos intérêts nationaux, la France doit aussi être capable d’agir seule ou en alliance “bilatérale”. L’effort militaire doit être maintenu et amélioré mais deux frégates et deux rafales comme aujourd’hui feront-ils reculer la Turquie qui est capable de déployer 18 navires de guerre en une seule opération.

      Quant aux financements européens, le fonds européen pour la défense n’a-t-il pas déjà été amputé de près de la moitié en 2020 soit 7 milliards d’euros au lieu de 13 milliards? N’est ce pas le symbole de l’hypocrisie d’une défense de l’Europe par les Européens?
      Que fait l’état-major européen à Bruxelles (EMUE? A-t-il reçu une directive pour planifier une opération commune visant la défense des frontières communes de l’UE comprenant Chypre et Grèce, en application de l’article 42 en cas d’agression contre l’un de ses membres?

      Comme on ne peut plus, pour l’instant, avoir confiance dans les USA, il est temps de se réveiller sans se lier par ces accords qui, finalement, n’engagent que ceux qui veulent bien les respecter comme le montrent à nouveau les tensions avec la Turquie.

      Bien cordialement

      • rocbalie
        5 septembre 2020
        Répondre

        <>
        les USA sont une des colonies de l’empire britannique !
        Trump est venu interférer dans la main mise de la city sur la colonoe et les service secret anglais ont produit un faux rapport d’intervention Russe dans la campagne électorale pour 2016 !
        les anglais tentent de chasser le Donald du pouvoir en novembre 2020 pour y remettre les élites compradore (démocrate) !

        • 10 septembre 2020
          Répondre

          Bonjour Merci pour cette contribution que vous devriez sourcer pour rendre vos affirmations crédibles. Pouvez-vous donc partager vos sources d’information? Cordialement

  2. Bonjour,
    une lectrice m’a fait remarquer que la carte réalisée par le Point avait intégré la Palestine comme un Etat. Effectivement, cette insertion est en partie inexacte. N’étant pas reconnue par l’ONU dans son ensemble, elle ne peut être présentée ainsi. Sans entrer dans une polémique qui ne concerne pas cet article, son intitulé aurait dû être “Autorité nationale palestinienne”. L a question qui se pose pour l’infographie du Point: erreur volontaire ou manque de connaissances?
    Quelques dates
    – En 2011, la Palestine est acceptée par l’UNESCO en tant qu’organisation.
    – Le 29 novembre 2012 , l’État de Palestine est reconnu comme État observateur non-membre de l’ONU.
    – En 2017, l’État de Palestine est reconnu par 136 États (70,5 %) des 193 États membres que compte l’Organisation des Nations unies.

    Bonne journée

  3. harry
    18 août 2020
    Répondre

    Vous citez le projet EAST MED comme un gazoduc exutoire de gisements situés en Afrique du Nord. Ne s’agit-il pas plutôt de zones de la Méditerranée Orientale ?
    La recherche maritime de gisements gaziers par la Turquie ne donnera des résultats qu’à moyen et long termes, si résultats positifs il y a. Comme vous le soulignez, neuf ans ont été nécessaires pour un début d’exploitation du gisement israélien Leviathan. Les autres possibilités d’extraction gazière se situent dans des zones plus profondes et les trajets possibles du gazoduc EAST MED passent par des fosses marines semble-t-il. Or les sociétés détentrices des permis ont actuellement de grosses difficultés financières et réduisent leurs investissements de prospection-exploitation. Reste bien sûr la possibilité de transport maritime du GNL mais les investissements industriels demeurent énormes et risqués en fonction d’une conjoncture économique mondiale peu prévisible. il devrait s’écouler des dizaines d’années avant que ce gaz alimente chaudières et cuisinières européennes et turques.
    Dans ce contexte la vision d’Erdogan se place dans le court terme, à savoir 2023, date prévue pour les prochaines présidentielles .Promettre indépendance énergétique à son pays grâce à ses revendications actuelles peut faire pencher la balance pour son maintien au palais d’Ankara.
    Erdogan est un joueur de poker et il avance des cartes (trumps comme dirait son”ami” de la Maison Blanche) en jouant sur la pusillanimité de l’Europe et de l’OTAN. La situation économique et financière de la Turquie devient de plus en plus grave et semble s’instaurer une dollarisation et une” eurorisation” chez les acteurs économiques et des achats massifs d’or dans les ménages .
    Dans ce contexte Erdogan joue sur la fibre nationaliste très forte de la société turque qui dépasse les clivages politiques…..sauf pour les Kurdes…encore que!!.
    Un exemple récent illustre ce point essentiel. Biden, que l’on qualifie de gaffeur extrême, a fait une déclaration publique pour condamner la proximité entre Trump et Erdogan mais a ajouté qu’il fallait que Washington soutienne le plus vite et le plus ardemment possible l’ opposition légale. Scandale dans toute la société turque y compris chez les opposants à l’AKP devant cette ingérence étrangère qui, en plus, peut justifier les soupçons de soutien tacite de la base d’Incirlik aux aviateurs putschistes de juillet 2016.
    Erdogan est conscient de son isolement diplomatique dans la région et au delà, mais il en joue pour en tirer avantage sur l’opinion. “On nous en veut à l’extérieur et ces ennemis ont des complices chez nous” . Raisonnement primaire sans doute mais à la portée immédiate du peuple turc.
    Or les Turcs souffrent actuellement économiquement(inflation, chômage, niveau éducatif en baisse et Covid peu maitrisée……).Des sanctions économiques importantes sont le seul moyen de faire péricliter le régime AKP.L’UE, premier partenaire, a cet atout en main.
    Est-elle capable de le jouer?
    A court terme il faudra surveiller la situation en République Chypre Nord où sont stationnés 30000 soldats turcs et qui financièrement est soutenue par Ankara qui seule la reconnait diplomatiquement. Les “vrais ” chypriotes turcs sont de plus en plus agacés par l’arrivée d’Anatoliens et par une islamisation qui n’est pas dans leur culture. Le président actuel Akinci est en très mauvais termes avec Erdogan et si son courant remporte les élections d’octobre prochain ce sera un mauvais signe pour l’AKP….Surtout que Biden ne s’en mêle pas !!!!!!

  4. Hugues
    21 août 2020
    Répondre

    Les combustibles “fossile”,ça n’existe pas :
    https://www.youtube.com/watch?v=vBk0EARky9c

  5. Vlad
    2 septembre 2020
    Répondre

    Bonsoir,
    Si la Turquie s’est montrée agressive, c’est qu’elle a un blanc-seing américain, notamment sur la Libye:
    http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/06/le-grand-manege-energetique.html

    Elle ne reculera que lorsque Washington dira “Stop”.
    https://www.meta-defense.fr/2020/03/06/les-etats-unis-font-pression-sur-les-europeens-pour-un-soutien-a-la-turquie/

    Très cordialement.

    • 2 septembre 2020
      Répondre

      Bonsoir merci pour ces liens. Cependant, je ne suis pas sûr que ce soutien américain à la Turquie soit bien réel. en revanche, qu’il y ait une attirance entre “hommes forts”, donc Trump et Erdogan, me semble plus plausible. Je ne vois pas l’intérêt des USA dans cet éventuel soutien. La Turquie subit des sanctions économiques (F35) mais en même temps des manoeuvres navales franco-turques ont lieu. Difficile de comprendre le réel objectif de Trump dans l’état des connaissances actuelles hormis peut-être un front plus ou solide contre la Russie.
      Bien cordialement

  6. Vlad
    3 septembre 2020
    Répondre

    Bonjour,
    L’Allemagne s’approprie la construction européenne sous les yeux énamourés de nos décideurs politiques:
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-bulle-economique/gazoduc-nord-stream-2-peut-faire-confiance-a-lallemagne-pour-defendre-les-interets-europeens

    Bien malin celui qui devine aujourd’hui le devenir de Nord Stream 2:
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/faut-il-avoir-peur-du-gazoduc-nordstream-2

    Les pays européens sont entre le marteau et l’enclume:
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/07/13/l-europe-prise-en-etau-dans-la-bataille-du-gaz-entre-moscou-et-washington_6046047_3234.html

    Très cordialement.

  7. Mike
    3 septembre 2020
    Répondre

    Mes devoirs mon général,
    Merci pour ce très bel article très instructif.

    Pensez-vous que la théorie de Spykman soit toujours comprise par les conseillers de l’ombre entourant Trump ou que le succès aidant la simple russophobie l’a remplacée ?
    https://youtu.be/L3ueDKUfUcU

    http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/06/ou-l-on-ressort-spykman.html

    https://youtu.be/uV8wisgI08c

    Merci d’avance.
    Très respectueusement.

  8. NiQo
    4 septembre 2020
    Répondre

    Erdogan a une politique tournée vers son électorat, il n’y a pas de deal possible:
    https://club.bruxelles2.eu/2020/09/la-turquie-fonce-lalliance-atlantique-senrhume-la-relation-otan-ue-bloquee/

  9. Vlad
    10 septembre 2020
    Répondre

    Bonjour,
    “L’orient compliqué” s’est très bien implanté dans toute l’Afrique preparant l’après-pétrole.

    Mais le billet aurait été trop long, merci pour votre excellent article.

    Je rajoute ce lien-ci qui a aussi un bon croquis explicatif:
    http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/06/alliances-mesalliances-tableau-synoptique-du-moyen-orient.html

    Bien à vous.

  10. Stat
    11 septembre 2020
    Répondre

    Mes respects mon général,
    Le Liban a une position-clé dans cette affaire, non?
    https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/le-liban-cle-de-voute-indispensable-de-la-france-dans-l-est-mediterraneen-854895.html

    Merci d’avance.

    Respectueusement.

    • 11 septembre 2020
      Répondre

      merci d’attirer l’attention sur cet article. Certes, le retour de la France au Liban pourrait être lié à cette situation de “guerre pour le gaz”. cependant, il ne faut pas retirer le rôle historique de la France au Liban (Napoléon III, 1860 pour protéger les chrétiens massacrés – 12000 le seront – par les Druzes… soutenus par les Turcs puisque le Liban faisait partie de l’empire ottoman). Les autres sujets sont des suites logiques et non des causes au moins dans le contexte actuel.
      Maintenant, concernant le gaz, ne négligez pas l’étude de ceux qui ont rédigé cet article. En particulier Stéphane Boussois a un tropisme certain pour le Qatar, l’un des principaux producteurs de gaz et exportateur en gaz naturel liquéfié. et si on ait que la qatar a été et est impliqué en Libye, je vous laisse dérouler le fil hypothétique des intérêts.
      Bien cordialement

  11. Stat
    17 septembre 2020
    Répondre

    Merci beaucoup mon général d’avoir répondu !

    Je profite encore de vos éclairages, que pensez-vous de ceci ?
    https://orientxxi.info/magazine/libye-tchad-la-france-lache-les-toubous-et-etend-la-guerre,2941

    C’est plus bas que le sujet de votre article, mais c’est apparemment lié…

    Très respectueusement.

    • 18 septembre 2020
      Répondre

      Bonjour, normal que je réponde. Il suffit d’avoir quelque chose à dire et d’avoir le temps de le dire ce qui n’est pas toujours le cas pour ces deux conditions.
      vous m’envoyez un article dense et intéressant du 13 mars 2019, donc daté d’il y a 18 mois. Je pense que le contexte actuel permet de vous apporter des éléments de réponse. cela montre aussi que notre connaissance de ces régions où il n’y a pas d’Etat-nation mériterait d’être améliorée pour avoir une lecture moins occidentale des rapports de force et d’influence. Cela permettrait d’avoir sans doute une stratégie plus aboutie.
      Bien cordialement

  12. Vlad
    17 septembre 2020
    Répondre

    Mes respects mon général,
    Les pudeurs de l’OTAN ne sont pas à l’avantage de cette organisation vu de la France:
    http://www.opex360.com/2020/09/17/otan-lenquete-sur-lincident-de-la-fregate-courbet-restera-confidentielle-pour-menager-ankara/

    Très respectueusement.

    • 18 septembre 2020
      Répondre

      L’OTAN n’est pas bien considérée en France. Cette décision est-elle opportune de classifier une enquête? Qu’apporte la Turquie à la défense de l’Europe? Mieux vaut protéger la Turquie et ne pas “l’humilier” alors que l’OTAN humilie la France sans vergogne a contrario? Et d’ailleurs la France ne baisserait-elle pas les yeux? Cela laisse rêveur sur la fermeté affichée du président Macron face à la Turquie en espérant qu’il ne s’agit que d’une stratégie pour répondre au bon moment dès que nous serons prêts à le faire mais je rêve peut-être
      bien cordialement

  13. Max
    18 septembre 2020
    Répondre

    Bonjour,
    La crainte des américains de voir la Turquie basculer vers le camp russo-chinois est-elle crédible?
    https://www.lopinion.fr/edition/international/dela-bassin-levantin-l-avenir-incertain-l-alliance-turque-tribune-jean-223473

    Très cordialement.

    • 18 septembre 2020
      Répondre

      merci pour cet article très intéressant de JS Mongrenier dans l’opinion. j’en partage l’analyse sur les ambitions turques.
      Sur les hésitations américaines à agir, l’administration Trump joue sur plusieurs tableaux où le seul point commun est l’intérêt américain et finalement l’objectif, celui d’être un arbitre pour tous les sujets afin d’en retirer le maximum de bénéfices.

      En face, le camp anti-occidental se construit. l’Occident n’est rien sans la puissance américaine. l’UE parle et l’otan s’agite avec le message commun “retenez-moi ou je fais un malheur”. La France dans ce contexte fait preuve de responsabilité et de vision stratégique. Erdogan ne s’arrêtera que s’il est mis en situation potentielle d’échec.
      Un front “Europe du Sud” peut se créer autour de la France avec des Etats hier sous la domination turque, aujourd’hui membres de l’OTAN et de l’UE, soucieux aussi ne pas voir l’islamisation cette fois par la Turquie progresser. L’histoire peut aider à mobiliser au même titre qu’Erdogan l’instrumentalise pour sa vision néo-ottomane (on peut lui rappeler Vienne et surtout la bataille navale de Lépante…)

      Je conclurai sur un dernier point. Le front occidental montre surtout que les principes démocratiques de l’UE ne sont pas tous acceptés, de moins en moins universelle. L’application de ces principes nuit par ailleurs à l’exercice du pouvoir dans ces Etats autoritaires Russie, Turquie mais qui organisent pourtant des élections. La question est de savoir si, pour faire face aux problèmes géopolitiques, climatiques, économiques, une UE moralisatrice est le meilleur exemple à prôner pour faire face. C’est ce que nous montrent aujourd’hui la Turquie et la Russie, pour ne parler que d’elles. A ce titre, détruire ou affaiblir l’UE devient un objectif stratégique pour en faire une source de financements de tous les projets (l’UE est riche), en situation de vassalité car incapable de faire preuve de fermeté, y compris par l’action militaire pour défendre ses intérêts. Peut-on faire le pari que l’UE versera de l’argent à la Turquie pour les réfugiés syriens après la réunion de l’UE les 24/25 septembre?
      Bien cordialement

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