Paix ou guerre en Europe (1)


Semaine qui montre que les questions militaires ne sont pas anodines et qu’elles doivent être appréhendées avec sérieux, expertise et dans le long terme. La guerre est loin d’être morte. Elle a seulement muté.

Pour ne pas être frustré, les nombreux sujets de cette semaine me conduisent à rédiger quatre billets (je ne recule devant aucun sacrifice) qui cependant se complètent.

Guerre en Europe : Minsk 2015 ou Munich 1938 ? L’avenir nous le dira

La géopolitique s’est réveillée sur le continent européen pour arrêter une guerre et éloigner le risque de son expansion. La guerre est revenue en Europe. Tout en essayant de l’attribuer à une action européenne, le couple franco-allemand était cette semaine à la manœuvre à Minsk, capitale de la dictature biélorusse… .

Il faut effectivement se poser la question de l’absence du Service européen d’action extérieure que nous aurions pu voir en première ligne. Que ce soit Lady Ashton ou l’italienne Federica Mogherini, l’Europe est toujours en seconde ligne, montrant que la gestion des crises est une chose bien trop sérieuse pour la laisser entre ses mains.

De même, les Britanniques qui avaient largement soutenu les événements en Ukraine il y a quelques mois, sont tout aussi absents. Attendent-ils que l’Allemagne et la France soient mis en état d’échec ou d’en recueillir tous les bénéfices si cette crise se résolvait positivement ?

Dans tous les cas, ce que l’on ne dit pas est que l’Ukraine a perdu la guerre contre les séparatistes et la Russie. L’armée ukrainienne que des commentateurs considèrent comme corrompue a été battue et incapable de défendre son territoire, encore moins d’imposer la volonté du président ukrainien. L’assistance militaire américaine n’a pas changé l’issue de la guerre.

Le grand vainqueur est Poutine. Il a rappelé que les Russes étaient des négociateurs habiles ce que beaucoup avaient manifestement oublié dans leur russophobie habituelle.

On verra si Minsk 2014 ne devient pas Munich 1938 et si les négociations de cette semaine n’étaient pas seulement un moyen au service d’une stratégie russe bien plus ambitieuse et bien conçue qui s’appuyait sur le concept de la « guerre hybride ». De toute façon, hier nous ne sommes pas morts pour Dantzig. Nous n’allons pas mourir pour Kiev aujourd’hui, n’est-ce pas ?

Une vente inespérée de Rafale et d’une FREMM

Apprécions cette inespérée vente de Rafales à l’Egypte. Je ne peux que souligner l’implication discrète mais constante et efficace du ministre de la défense (je n’attends rien), loin de la représentation politicienne à laquelle nous étions souvent habitués de la part d’un certain nombre de ministres à la tête du ministère dans le passé. Il est sur le terrain et engrange les résultats même si cela ne doit pas nous empêcher de scruter ce que fait son cabinet…

L’armée de l’air a sans aucun doute pu souffler devant cette commande qui lui évite d’acheter de nouveaux avions destinés à entretenir la chaîne de montage et donc à soutenir l’industrie de défense. Il reste à profiter de la trêve en Ukraine, si elle dure, pour rapidement délivrer les Mistral à la Russie ! En revanche, il n’est pas certain que la Marine apprécie la perte d’une FREMM… Elle en a déjà tellement perdu depuis le projet signé en 2002 (Cf. Wikipedia).

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