27 mars 1794 : création de l’US Navy (Washington).
Le président George Washington, critiqué après la dissolution des milices dans les États du Sud, décide en 1790 de relancer la marine. La création de l’United States Navy passe alors par l’endettement et l’émergence de marchés financiers rivaux à Philadelphie et New York.
Les problèmes récurrents de piraterie sur les côtes d’Afrique du Nord, particulièrement la demande de la Régence d’Alger de payer une taxe en cas de passage au sein de ses eaux territoriales et la dégradation des relations diplomatiques avec la France révolutionnaire amènent le Congrès des États-Unis à voter le l’Act to provide a Naval Armament, pour recréer une nouvelle marine de guerre autour de 6 frégates par 50 voix contre 39.
Le , le congrès américain vote à nouveau des crédits militaires, cette fois pour la construction de douze navires de guerre, car à l’issue de la guerre d’indépendance, en 1784, les Anglais avaient conservé l’essentiel de leurs navires de guerre. Les Américains ont surtout des navires marchands, qu’ils tentent d’armer à nouveau. Le Congrès américain porte le la première « taxe directe » sur les propriétaires terriens et la détention d’esclaves. Ces nouvelles taxes, ensuite étendues aux maisons à 2 millions de dollars pour financer la construction d’une marine de guerre, sont brocardées par la « Fries Rebellion » de 1799 dans le sud de la Pennsylvanie du nom de John Fries, qui organise un groupe armé de 400 hommes pour s’y opposer.
Malgré cet effort, la marine américaine reste embryonnaire, avec seulement 14 bâtiments de guerre, dont neuf frégates, appuyés par 365 navires-corsaires, pour la plupart des navires marchands de la côte est. Des captures de navires marchands et plusieurs combats navals durèrent jusqu’à ce que la France du Consulat s’accorde à un règlement honorable, la Réparation aux dégâts des pirates français, qui se produit simultanément à la vente de la Louisiane.

27 mars 1809 : bataille de Ciudad Real.
Le 4e corps français (avec une division polonaise rattachée sous les ordres du général Valance) devait franchir le pont sur le Guadiana, défendu par le corps espagnol du comte Urbina Cartaojal. Les lanciers polonais de la Légion de la Vistule, sous le commandement du colonel Jan Konopka, chargèrent le pont par surprise, puis contournèrent l’infanterie espagnole et l’attaquèrent par derrière tandis que le gros des forces franco-polonaises franchissait le pont et attaquait les lignes espagnoles.
La bataille prit fin lorsque les soldats espagnols indisciplinés se dispersèrent et commencèrent à battre en retraite en direction de Santa Cruz. Józef Rudnicki, adjudant-major du 4e régiment d’infanterie de la Légion, décrivit la bataille dans ses journaux) : dès que les régiments français du 4e corps rencontrèrent notre division, nous nous précipitâmes immédiatement vers Consuegra et Ciudad Real, devant laquelle nous trouvâmes le corps espagnol, qui nous attendait en position avantageuse. Nous étions en infériorité numérique, mais grâce aux ordres judicieux du général Sebastiani, en environ quatre heures, le 27 mars 1809, les Espagnols furent vaincus et dispersés. Ils battaient en retraite dans le chaos vers Almagro, où se trouve le siège de l’ Ordre de Calatrava, vers Santa Cruz de Mudela, et même plus loin, dans la Sierramorena.
Le corps espagnol perdit environ 2 000 hommes, tués ou blessés, et beaucoup d’autres furent faits prisonniers. Après la bataille, le comte de Cartojal fut démis de son commandement pour incompétence et remplacé par le général Venegas , héros de la guerre d’indépendance espagnole et futur vice-roi de Nouvelle-Espagne.

27 mars 1814 : bataille d’Horseshoe Bend (États-Unis – Alabama).
Tecumseh (moitié écossais par son père), le chef de la tribu Creek tente sans succès depuis des années de créer une insurrection générale des tribus contre les Américains. Il opte pour le harcèlement et massacre les 500 occupants de Fort Mims.
Le général Jackson lève une armée de miliciens et de professionnels (3 000 hommes) et part à la recherche des 1 000 guerriers Creeks. Ces derniers se sont solidement fortifiés dans un des méandres de la Tallapoosa et à l’abri des tirs de l’artillerie américaine, repoussent les premiers assauts. Deux légendes américaines naissent alors : Samuel Houston (marié à une Cherokee, futur président du Texas) pourtant blessé, conduit un assaut que le général Andrew Jackson (futur président des USA) exploite efficacement en enfumant les derniers résistants. Seuls 200 Creeks survivent. Les Américains ne déplorent que 49 morts.
27 mars 1854 : début de la guerre de Crimée.
La France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à la Russie. Les deux nations européennes combattent côte à côte pour l’une des premières fois. Il faut remonter à la bataille des Dunes (14 juin 1658) et à la Triple alliance (4 janvier 1717) pour les retrouver dans le même camp.
Quelques articles traitant de la guerre de Crimée dans la RHA :
- La guerre de Crimée : les transports, pp. 3-10 et la guerre de Crimée : les opérations, pp. 11-22 du CV Murracciole, RHA N° 169 (décembre 1987).
- Les rapports franco-britanniques à travers la peinture militaire représentant la guerre de Crimée de Aude Nicolas, pp. 19-31, RHA N° 264 (3e trimestre 2011).

27 mars 1883 : prise de Nam Dinh (Indochine –Tonkin).
Le capitaine de vaisseau Rivière prend la position de Nam Dinh tenue par les Pavillons noirs durant la guerre franco-chinoise. Il laisse un détachement puis repart pour Hanoi. En raison du manque d’effectifs, les Français sont chassés de Nam Dinh puis Hanoi assiégé. Rivière meurt le 19 mai suivant lors d’une contre-attaque. Sa mort décide le gouvernement à donner plus de moyens à l’expédition française.

27 mars 1898 : naissance de Pierre FOURCAUD, agent secret, résistant et compagnon de la Libération.
Pierre Fourcaud est né le 27 mars 1898 à Saint-Pétersbourg, en Russie, d’un père médecin français et d’une mère russe. Militaire, agent de renseignement, résistant de la première heure et figure centrale des services secrets français pendant près de quatre décennies, il demeure l’un des personnages les plus singuliers — et les plus controversés — de l’histoire du renseignement en France. Il est mort le 2 mai 1998 à Paris, à l’âge de cent ans.
La famille Fourcaud, dont la branche maternelle est russe, s’installe à Nice, où Pierre effectue ses études secondaires au lycée de la ville. En avril 1916, à 18 ans, il s’engage volontaire pour la durée de la guerre et sert dans les chasseurs à pied, au sein du 116e bataillon. Il est cité pour sa conduite lors de l’attaque de Bezonvaux, le 15 décembre 1916, en pleine offensive de Verdun. Promu caporal, puis sergent et adjudant au cours de l’année 1917, il est muté en avril au dépôt des troupes russes, puis affecté en janvier 1918 comme agent de liaison interprète entre la Légion russe, le 8e Zouaves et le 7e régiment de tirailleurs, au sein de la 1re division marocaine.
Le 26 avril 1918, dans la Somme, il est grièvement blessé à la tête par une balle de mitrailleuse après avoir pris le commandement de sa section en remplacement d’un officier touché. Promu sous-lieutenant, il est blessé à nouveau le 2 septembre, puis une troisième fois le 9 septembre 1918. Affecté au 24e régiment d’infanterie, il termine la guerre sur la Baltique et n’est démobilisé qu’en avril 1920, après quatre années de service marquées par trois blessures et quatre citations.
L’entre-deux-guerres : une période obscure
Après sa démobilisation, Fourcaud est approché par le 2e Bureau de l’état-major de l’armée, le service de renseignement militaire de la IIIe République. Ses compétences linguistiques — il parle couramment le russe, l’anglais, l’allemand et des langues baltes — en font un agent précieux. Il est employé dans les pays baltes et scandinaves, où il mène, selon ses propres dires, des opérations en collaboration avec les services britanniques dans le cadre de la lutte antisoviétique.
La période de l’entre-deux-guerres reste cependant mal documentée pour ce qui le concerne. D’après l’historien Sébastien Albertelli, il occupe parallèlement des fonctions de direction à la Standard Oil Company tout en poursuivant ses activités de renseignement. D’autres sources, comme les mémoires de Georges Loustaunau-Lacau, le décrivent comme ingénieur urbaniste, tandis que le colonel Passy (André Dewavrin), qui s’opposera violemment à lui après la guerre, affirme qu’il n’était que représentant de commerce. Fourcaud lui-même a toujours affirmé avoir été en activité continue au sein du renseignement français depuis 1919, mais avoir prêté serment de ne rien révéler.
Des soupçons, jamais confirmés par des preuves formelles, ont pesé sur une éventuelle appartenance à La Cagoule, le mouvement conspirationniste d’extrême droite des années 1930. À Londres, Maurice Duclos, ancien membre avéré de La Cagoule et futur agent du BCRA, aurait reconnu en Fourcaud un ancien compagnon. Toutefois, l’historien Jean-Louis Crémieux-Brilhac a conclu que ces accusations relevaient d’une légende colportée par André Labarthe, et que la culture politique de Fourcaud était en réalité proche des socialistes.
1939–1940 : mobilisation et ralliement à de Gaulle
Rappelé à l’activité le 24 août 1939 avec le grade de capitaine, Fourcaud est affecté au 348e régiment d’infanterie, où il commande la compagnie cycliste dans la région de Sarreguemines. Cité pour avoir repoussé une reconnaissance allemande le 10 mai 1940, il est blessé par balle le 16 juin, au nord de Nancy. Évacué vers l’hôpital militaire de Nancy, puis vers le centre hospitalier de Biarritz, il prend alors la décision de rejoindre le général de Gaulle, dont il vient tout juste d’entendre parler.
Le bras en écharpe, il embarque clandestinement à Sète sur un navire rapatriant des troupes tchèques vers l’Angleterre via Gibraltar. Lors de la traversée, il fait la connaissance du lieutenant André Manuel, futur cadre important des services de renseignement de la France libre. Il débarque à Liverpool le 13 juillet 1940.
Arrivé à Londres vers le 15 juillet 1940, Fourcaud se présente à Saint Stephen’s House devant le capitaine André Dewavrin, alias « Passy », qui dirige les services de renseignement de la France libre (le futur Bureau central de renseignements et d’action, BCRA). Dewavrin, appréciant immédiatement son expérience et ses compétences linguistiques, l’intègre sans délai dans ses services. Sous le pseudonyme de « Barbès », Fourcaud devient l’un des deux adjoints de Passy, l’autre étant Maurice Duclos, dit « Saint-Jacques ».
Premières missions en France (1940–1941)
Fourcaud est l’un des tout premiers agents envoyés en mission en France occupée. Le 2 septembre 1940, il part pour Lisbonne et Madrid, puis gagne Marseille et Vichy. À Marseille, il crée le réseau « Fleurs », qui deviendra par la suite le réseau « Brutus », l’un des réseaux de résistance les plus importants liés à la France libre.
De retour en Angleterre en décembre 1940, il fait son rapport directement au général de Gaulle, qui le renvoie en mission en janvier 1941. Sous le pseudonyme « Lucas », il reprend contact avec les milieux résistants. Il recrute notamment son frère Boris, mais aussi des personnalités de tendance politique différente de la sienne, comme les socialistes André Boyer et Gaston Defferre. C’est par son intermédiaire que s’établit le premier contact entre les Forces françaises libres et le Comité d’action socialiste de Félix Gouin.
Dans un long rapport adressé à Londres, Fourcaud détaille la présence sur le sol français, en zone libre comme en zone occupée, de nombreux groupes de résistants. Il propose une coordination de l’ensemble de ces groupes sous l’autorité du général de Gaulle, plaidant pour une aide directe de la France libre aux mouvements résistants. Avec André Boyer, il formule dès mai-juin 1942 un premier projet de Conseil national de la Résistance, que Jean Moulin jugera prématuré lors d’une réunion à Toulouse en juin de la même année.
Le 28 août 1941, Fourcaud est arrêté à la gare Saint-Charles de Marseille. Son frère Boris lui succède à la tête du réseau. Interrogé, il est conduit à Vichy le 2 septembre, puis incarcéré à la prison de Clermont-Ferrand. Déplacé de prisons en hôpitaux pendant près d’un an, il parvient à fausser compagnie à ses gardiens le 10 août 1942.
S’ensuit une évasion spectaculaire : du 15 au 23 août, il parcourt 1 245 kilomètres à bicyclette, de Vichy à l’Auvergne, de l’Auvergne à Marseille, de Marseille à Genève, et de Genève à Perpignan. Le 21 septembre 1942, il embarque clandestinement à Canet-Plage pour Gibraltar, via les Baléares. Le 30 septembre, une forteresse volante le ramène à Londres en compagnie d’Emmanuel d’Astier de La Vigerie et de Henri Frenay.
De retour à Londres, Fourcaud est affecté à la tête du 1er Bataillon d’Infanterie de l’Air (1er BIA). Il se casse une jambe au cours d’un exercice d’entraînement parachutiste près de Daventry, le 6 janvier 1943. Rappelé à Londres en novembre 1943, il se voit confier la mission de superviser la coordination des maquis de Savoie.
Le 8 février 1944, il part en avion pour le Jura et entame une tournée des maquis, au cours de laquelle il rencontre les principaux responsables de la résistance savoyarde dans un climat rendu difficile par la répression nazie et vichyste.
Le 19 mai 1944, il est arrêté à Albertville. Le lendemain, lors d’une tentative d’évasion, le lieutenant Moog, un officier agissant sous les ordres de Klaus Barbie, lui tire dessus. Grièvement blessé de deux balles de revolver, Fourcaud est soigné par les Allemands à des fins d’interrogatoire. Transféré à la prison de Chambéry, il parvient néanmoins à s’en évader le 6 août 1944. Il regagne Londres le 28 août en avion, puis rentre définitivement en France libérée le 17 septembre 1944.
L’après-guerre : numéro deux des services secrets français
Le 1er juin 1945, Pierre Fourcaud est promu colonel. Il est alors l’adjoint d’André Dewavrin, devenu directeur de la Direction générale des études et recherches (DGER), qui a pris la suite du BCRA. Le 28 décembre 1945, la DGER est transformée en Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), futur ancêtre de la DGSE, et s’installe boulevard Mortier à Paris.
Le 21 janvier 1946, après le départ du général de Gaulle du pouvoir, le nouveau président du Conseil, le socialiste Félix Gouin — que Fourcaud connaît bien depuis 1940, grâce à ses contacts avec la Résistance socialiste — nomme Henri Ribière à la tête du SDECE en remplacement de Dewavrin. Ribière conserve Fourcaud comme adjoint, bien que leurs rapports soient notoirement difficiles. Fourcaud occupe ainsi le poste de directeur général adjoint du SDECE.
En 1947, dans le contexte de la guerre froide et après l’affaire dite du « Plan bleu », le président du Conseil Paul Ramadier charge Ribière et Fourcaud de mettre en place le réseau « Rose des Vents », une structure clandestine destinée à constituer une armée anticommuniste secrète. Cette mission s’inscrit dans le climat de tension Est-Ouest qui caractérise l’immédiat après-guerre, marqué par la création de l’OTAN en 1949 et la diffusion en France de la peur anticommuniste.
L’affaire dite « des généraux » ou « du rapport Revers » constitue l’un des scandales politico-militaires les plus retentissants de la IVe République. En mai 1949, le général Georges Revers, chef d’état-major général de l’armée de terre, est envoyé en mission d’inspection en Indochine. Son rapport, classifié secret-défense, est retrouvé en septembre 1949 entre les mains d’agents vietnamiens proches du Viet Minh, lors d’un contrôle de routine effectué par la DST.
L’enquête révèle le rôle d’un certain Roger Peyré, personnage trouble officiellement négociant en tissus, en réalité agent du SDECE sous le nom de code AP 15, et proche des généraux Revers et Mast. Fourcaud, en tant que numéro deux du SDECE, est directement impliqué dans les suites de l’affaire. Devant la commission d’enquête parlementaire, le capitaine Girardot déclare que le colonel Fourcaud lui a demandé de « laver Revers et de salir la SFIO » — accusation que l’intéressé dément, affirmant que les consignes avaient été mal comprises.
Le scandale a des conséquences politiques majeures : les généraux Revers et Mast sont mis à la retraite d’office, et le gouvernement Bidault finit par tomber en mai 1950. Le 21 juin 1950, Pierre Boursicot remplace Ribière à la tête du SDECE. Hostile à Fourcaud, il le relève de ses fonctions.
La création du GCMA (17 avril 1951)
Malgré sa mise à l’écart du SDECE, Pierre Fourcaud participe, avec le colonel Maurice Belleux, à la création du Groupement de commandos mixtes aéroportés (GCMA), le 17 avril 1951, dans le contexte de la guerre d’Indochine.
Contexte : La guerre d’Indochine, entrée dans une phase critique après le désastre de Cao Bang (octobre 1950) et l’intervention chinoise en soutien au Viet Minh, impose aux autorités françaises de repenser leur stratégie. Les colonels Belleux et Fourcaud, s’inspirant de leur expérience dans la Résistance française et des opérations de type Jedburgh menées avec les Alliés en 1944, proposent dès la fin de l’année 1950 la mise en place d’un service action chargé de nouer des contacts avec les populations autochtones hostiles au Viet Minh et de constituer des maquis de guérilla derrière les lignes ennemies.
Le colonel Maurice Belleux, saint-cyrien et ancien créateur du réseau de renseignement « Hunter » au sein du BCRA pendant la Seconde Guerre mondiale, dirige depuis décembre 1947 les opérations du SDECE en Indochine, où il reste en poste jusqu’en 1956. C’est l’un des officiers de renseignement français les plus expérimentés du théâtre indochinois.
Le général Jean de Lattre de Tassigny, commandant en chef et haut-commissaire en Indochine, approuve officiellement la création d’un Service Action pour l’Indochine le 7 avril 1951. L’unité de couverture prend le nom de Groupement de commandos mixtes aéroportés (GCMA) le 17 avril 1951, sur la base des propositions du capitaine Déodat du Puy-Montbrun.
Placé sous le commandement du colonel Edmond Grall, puis du commandant Roger Trinquier à partir de mi-1953, le GCMA a pour mission de développer la guérilla française derrière les lignes du Viet Minh en s’appuyant sur les minorités ethniques des hauts plateaux — Hmong, Tai, Nung, Laotiens — hostiles au mouvement communiste. Ses cadres européens proviennent principalement des unités parachutistes, et notamment du 11e Choc, l’unité d’élite du Service Action du SDECE.
Le GCMA bénéficie d’un important soutien financier et matériel de la CIA, dans le cadre de la coopération franco-américaine en Asie du Sud-Est. Il actionne le centre d’entraînement de Ty Wan, près du cap Saint-Jacques, destiné à la formation des cadres autochtones, et dispose de deux sections opérationnelles aéroportées, l’une au sud à Saigon, l’autre au nord à Hanoï.
En décembre 1953, le GCMA est rebaptisé Groupement mixte d’intervention (GMI). À son apogée, l’unité encadre environ 20 000 partisans autochtones menant des opérations clandestines en territoire contrôlé par le Viet Minh. Le 20 juillet 1954, quelques heures avant la signature des accords de Genève, l’ordre est donné de mettre les maquis en sommeil. Le 31 août 1954, le GCMA/GMI cesse officiellement d’exister, laissant derrière lui des milliers d’alliés issus des minorités ethniques, abandonnés à leur sort face au régime communiste.
Après son éviction du SDECE, Fourcaud continue de diriger ce que certaines sources décrivent comme une petite officine de renseignement rattachée à la présidence du Conseil, et ce jusqu’à la fin de la IVe République. Au printemps 1957, le ministre de la Défense Maurice Bourgès-Maunoury tente d’imposer le retour de Fourcaud à la direction adjointe du SDECE, mais le général Paul Grossin, nouveau patron du service, oppose un refus catégorique.
Fondateur et directeur de l’Amicale des réseaux action de la France combattante, Fourcaud est également membre de la direction du Comité d’action de la Résistance (CAR).
Un personnage controversé
Pierre Fourcaud est demeuré tout au long de sa carrière un personnage clivant. Pierre Péan le qualifie de « comploteur-né ». Il s’est attiré l’animosité durable de plusieurs de ses anciens chefs et collègues du BCRA et du SDECE, parmi lesquels Roger Wybot (directeur de la DST), André Dewavrin (« Passy ») et Henri Ribière. L’historien Jean-Louis Crémieux-Brilhac note cependant que sa culture politique était proche des socialistes et que les accusations de sympathies cagoulards portées contre lui reposaient sur des fondements fragiles.
Marie-Madeleine Fourcade, qui l’avait rencontré en septembre 1940, le décrivait comme un personnage tout droit sorti d’un roman de Tolstoï — à la fois hâbleur et renfermé, bavard et méfiant, pessimiste mais ne désespérant jamais de l’avenir. Elle l’avait surnommé « Capitaine Foudroyant ».
Pierre Fourcaud est décédé le 2 mai 1998 à Paris, dans le 7e arrondissement. Ses obsèques se sont déroulées en l’église Saint-Louis-des-Invalides. Il a été inhumé au Lavandou, dans le Var.
Décorations françaises
- Grand Officier de la Légion d’honneur
- Compagnon de la Libération (décret du 25 mai 1943)
- Croix de guerre 1914–1918 (4 citations)
- Croix de guerre 1939–1945 (5 citations)
- Médaille de la Résistance avec rosette
- Croix du combattant 1914–1918
- Croix du combattant volontaire 1914–1918
- Médaille commémorative 1914–1918
- Médaille interalliée 1914–1918
- Médaille des évadés
- Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
Décorations étrangères
- Croix de Saint-Georges (Russie)
- Distinguished Service Order (Royaume-Uni)
- Officer of the Order of the British Empire (Royaume-Uni)
- Distinguished Service Cross (États-Unis)
- Commandeur de l’Ordre d’Orange-Nassau (Pays-Bas)
- Officier de l’Ordre de Léopold (Belgique)
- Croix de guerre avec palme (Belgique)
- Grand Officier de l’Ordre du Million d’Éléphants (Laos)
- Officier de l’Ordre de l’Aigle blanc (Yougoslavie)

27 mars 1943 : bataille des îles Komandorski (îles Aléoutiennes).
Les Américains ayant intercepté une communication japonaise annonçant un convoi de ravitaillement vers les bases nipponnes des Aléoutiennes, envoient 2 croiseurs et 4 destroyers pour le couler. Lors de la jonction, les Américains découvrent que le convoi japonais est puissamment défendu (près du double de bâtiments de guerre). Un duel d’artillerie s’engage : c’est l’un des rares combats navals à vue de la guerre du Pacifique. En raison de l’éloignement des Aléoutiennes, aucun appui aérien ni sous-marin n’a été prévu. L’amiral Hosogaya inflige, sans en prendre la réelle mesure, des dégâts importants aux Américains et rompt le combat craignant un renfort de l’adversaire. Le contre-amiral MacNorris est de ce fait victorieux contre toute attente. Les Japonais renonceront aux ravitaillements d’ampleur de ces îles.
27 mars 1968 : mort accidentelle de Gagarine (ex URSS).
Le colonel Youri Gagarine, pilote de chasse soviétique et premier homme dans l’espace à bord de Vostok 1 (avril 1961) se crashe avec son MiG 15 lors d’un vol d’entraînement.

27 mars 1999 : Un missile sol-air S-125 yougoslave parvient à abattre un avion furtif F-117 pendant la guerre du Kosovo.





